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des syndicats de l'enseignement public



 

Bureau National de la FSU du 20juin 2022

Intervention du représentant du courant Front Unique



Les élections législatives ont été marquées par une forte abstention et par l’élection d’un très fort contingent de députés du Rassemblement National. La coalition Nupes obtient presque un quart des députés. La coalition macroniste, à défaut de majorité absolue aura, et de loin, le premier groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale.

Pour mener sa politique de dévastation des conquêtes sociales, Macron doit chercher les appuis qui lui sont nécessaires, en particulier au sein du groupe LR, parti qui partage en grande partie son programme.

Il y a deux domaines pour lesquels Macron a été d’une clarté absolue et d’une détermination sans réserve :

- D’abord sur les retraites, l’objectif principal de son projet de contre-réforme, c’est le recul à 65 ans de l’âge de départ à la retraite. Et le ministre Attal a déclaré : « C’est sur cette base que vont s’entamer les discussions avec les partenaires sociaux. »

Du point de vue des travailleurs, ce projet de contre-réforme ne doit pas être discuté, il doit être combattu. La responsabilité des organisations syndicales est de réaliser un front uni pour imposer son retrait pur et simple.

- Ensuite pour l’école, les déclarations de Macron à Marseille, début juin, sont limpides. Il a indiqué sa volonté de généraliser l’expérimentation de Marseille à tout le pays. Avec son « école du futur », ce serait la fin du cadre national de l’enseignement public pour l’attribution des moyens et des personnels. Les chefs d’établissement choisiraient « leurs » enseignants avant de décider de leurs rémunérations. Toutes les garanties en matière de recrutement, de formation, de nomination et de rémunération seraient anéanties et les statuts seraient pulvérisés.

Le rapport Longuet prouve que le Sénat partage les objectifs de Macron – ceux de la bourgeoisie – : en finir avec les statuts, diviser les personnels et privatiser le système.

La responsabilité de notre fédération, c’est d’exiger le retrait pur et simple de l’expérimentation de Marseille, d’en refuser toute généralisation et donc d’exiger le retrait du projet d’« école du futur ».

En plus des retraites et de l’enseignement public, la coalition macroniste et le parti LR ont pour cible la santé et la sécurité sociale.

Macron sait que de ses objectifs à leur réalisation, il va devoir ruser et trouver des alliés. Il a avancé une méthode : la concertation. Cette méthode n’a rien de nouveau et lui a déjà permis de faire passer sa loi de destruction de la fonction publique, dite loi de transformation de la FP.

Il lui faut donc faire mieux encore. C’est l’objet de son Conseil National de la Refondation. Refonder, c’est établir à la place de ce qui existe et qui doit donc disparaître, c’est-à-dire les systèmes des retraites, de l’assurance maladie, de l’assurance chômage et bien sûr l’enseignement public. Et sur les ruines de ces acquis sociaux, Macron veut fonder des systèmes privatisés, conformes aux intérêts et aux appétits des grands groupes capitalistes.

Le CNR n’est en rien un « machin » mais bel et bien une « machine », une véritable machine de guerre pour associer, instrumentaliser les représentants syndicaux à l’entreprise de démolition des acquis sociaux.

Les syndicats ont été édifiés pour arracher des revendications, pour conquérir des droits, pas pour cautionner ceux dont le seul objectif est de les anéantir.

Au moment où Macron et sa coalition ont subi un revers, la responsabilité des dirigeants syndicaux n’est pas de les soutenir.

Leur responsabilité, c’est de défendre bec et ongles les acquis sociaux.

Leur responsabilité, c’est de préparer les combats indispensables.

Leur responsabilité, c’est de refuser de se rendre à l’Élysée le 22 juin [réunion dont on vient d’apprendre qu’elle était reportée sine die] pour cautionner le CNR de Macron.

C’est ce refus que notre BN doit entériner. C’est ce refus qui doit être communiqué aux autres organisations syndicales, en particulier CGT, FO et Solidaires, pour que ces organisations fassent de même.



Motion du courant Front Unique au Bureau national de la FSU (20 juin 2022)

Le Bureau National de la FSU, réuni le 20 juin 2022, n’est pas dupe de l’objectif poursuivi par Macron avec son Conseil National de la Refondation.

Pour lui, le CNR vise à tenter d’instrumentaliser les syndicats alors que son programme destructeur contre les retraites et l’école est clairement affiché.

Le Bureau National décide de refuser de participer au CNR.

La FSU s’adressera aux directions de organisations syndicales, en particulier de la CGT, de FO et de Solidaires, pour qu’elles fassent de même.

Résultat du vote : 1 pour ; 25 contre ; 2 abstentions ; 2 refus de vote

 

 

 

 


 

Lettre de Liaison N° 331 - 14 juin 2022 :

[Version pdf]

 

Intervention du délégué du courant Front Unique

au 12ème Congrès national du SNUipp-FSU (Mulhouse, le 14 juin 2022)

 

Malgré son échec au 1er tour des législatives, Macron devrait obtenir les moyens politiques pour engager son programme de guerre contre l’enseignement public et les retraites. Il veut amplifier sa destruction méthodique et brutale de tous les acquis sociaux. D’autant plus que le capitalisme français connaît une grave crise que le gouvernement veut faire payer aux travailleurs, aux jeunes et aux retraités.

D’abord avec sa nouvelle contre-réforme, Macron veut porter à 65 ans l’âge de départ à la retraite. Le ministre Attal a indiqué dans le journal Le Monde : « Il y aura un recul progressif de l'âge légal du départ à la retraite. C'est sur cette base que vont s'entamer les discussions avec les partenaires sociaux. Un texte de loi sera préparé dans les prochains mois. » C’est clair : le gouvernement veut que les représentants syndicaux acceptent de discuter de son projet contre les retraites.

Notre congrès doit condamner clairement ce projet et en exiger le retrait pur et simple.

Notre congrès doit se prononcer pour le refus de toute discussion sur ce projet et préparer le combat uni pour l’empêcher d’aboutir.

Contre l’enseignement public, Macron a avancé son projet de « L’école du futur ». Pour lui, le futur, c’est un retour de 150 ans en arrière. Ses objectifs : briser le cadre national de l’enseignement public ; en finir avec l’attribution des moyens et des personnels selon des normes égalitaires ; cesser le recrutement d’enseignants en fonction de diplômes et par des concours anonymes ; liquider ce qui reste de formation ; détruire les statuts qui préservent de l’arbitraire en matière de rémunération, de déroulement de carrière et de nominations ; généraliser le recours à des contractuels sans formation, taillables et corvéables à merci.

Macron a déjà bien avancé dans cette voie avec la loi de transformation de la FP. Et l’adoption de la loi Rilhac, sans combat sérieux de notre syndicat pour dresser la profession contre cette attaque historique, a envoyé un message de résignation.

Macron s’est appuyé sur cette victoire sans combat pour lancer l’expérimentation de Marseille qu’il veut aujourd’hui généraliser. Expérimentation pour détruire l’attribution égalitaire des moyens aux écoles et pour donner aux directeurs le recrutement des adjoints. Bref, créer la division au sein des équipes et la concurrence entre les écoles. Avec cette école « du futur », ce serait la privatisation de l’école publique et la destruction complète du statut de l’école et de celui des enseignants.

Le SNUipp-FSU est le 1er syndicat des écoles. Notre congrès a donc une responsabilité particulière dans la défense de l’enseignement public, gravement menacé par les projets de Macron.

Notre congrès doit exiger :

- l’arrêt immédiat de l’expérimentation de Marseille et le refus de sa généralisation.

- le retrait pur et simple du projet dit de « l’école du futur », arme de destruction massive de l’école publique.

Notre congrès doit refuser toute discussion sur ce projet et appeler à la réalisation du front uni des syndicats du 1er degré pour imposer son retrait.

Avec le blocage du point d’indice depuis 10 ans et l’envolée de l’inflation, notre pouvoir d’achat s’est effondré. Si le SMIC a été revalorisé de presque 6 % depuis un an, les enseignants, eux, n’ont rien obtenu.

Notre congrès doit exiger l’augmentation immédiate et sans conditions de 10 % du point d’indice. Et simultanément, pour que notre pouvoir d’achat ne soit plus rogné, nous devons exiger l’indexation du point d’indice sur l’évolution de l’inflation mesurée par les organisations syndicales.

Je conclurai par la guerre en Europe. Poutine a engagé la Russie dans une guerre contre l’Ukraine. Nous condamnons vigoureusement cette intervention et exigeons le retrait sans délai des troupes russes d’Ukraine. Et nous apportons notre soutien au mouvement anti-guerre durement réprimé, en Biélorussie et en Russie.

Mais nous ne sommes pas dupes des responsabilités des pays de l’Otan, à l’est de l’Europe. Nous devons exiger le retrait des troupes françaises de Roumanie et d’Estonie, et l’arrêt de la livraison d’armes à l’Ukraine. Dans ce domaine comme dans les autres, aucun soutien à Macron !

 

 

 


 

Congrès départementaux du Snuipp (mai 2022)

Congrès départemental du Puy-de-Dôme (17 et 18 mai 2022)

Intervention du représentant du courant Front Unique

Dans un contexte où la pandémie et la guerre en Ukraine accentuent la crise économique mondiale avec des effets dévastateurs sur les populations mondiales, Macron vient d’être réélu président.

Après 5 ans d’attaques ininterrompues contre les travailleurs, les fonctionnaires, les chômeurs, les retraités, les étudiants et les migrants, il prépare ses nouvelles offensives avec en particulier: le recul à 65 ans de l’âge de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisations, la liquidation des statuts des enseignants, la liquidation des grilles de carrière des fonctionnaires vers une rémunération « au mérite ».

Avec son ministre Blanquer, Macron s’est acharné contre le premier degré : expérimentation de Marseille, loi Rilhac sur la direction d’école, développement du caporalisme et multiplication d’injonctions incessantes. Avec la loi de transformation de la fonction publique, les enseignants sont privés de l’intervention des organisations syndicales dans la défense de leurs intérêts. Ainsi le déplacement d’office l’an dernier en cours d’année scolaire de notre collègue de Bobigny, Hélène Careil et celui le 9 mai des 6 collègues de l’école Pasteur de Saint-Denis ont été exécutés sans examen en commission paritaire.

Ces mesures de répressions réalisées en tout début du nouveau quinquennat de Macron sont plus que symboliques d’une volonté de poursuivre les restrictions drastiques des droits syndicaux et des libertés démocratiques. Et quand Macron indique vouloir utiliser une nouvelle méthode pour atteindre ses objectifs, celle de la concertation, il faut bien sûr comprendre qu’il veut pouvoir compter sur la caution que lui apporteraient les responsables syndicaux en acceptant de discuter de ses projets destructeurs.

Même si les élections législatives sont encore à venir, le plus probable est que Macron y obtiendra une majorité lui permettant d’avancer vers la réalisation de ses objectifs. C’est donc en fonction de cette situation à venir, la plus vraisemblable, que nous devons fonder notre orientation. Nous devons dès à présent nous opposer clairement inconditionnellement aux projets de Macron contre les retraites, contre les fonctionnaires et contre les statuts des enseignants et nous devons exiger l’abrogation de la loi Rilhac.

Quelle que soit l’appréciation que l’on peut avoir sur la « Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale », ce serait une terrible erreur de nous lier les mains dans l’attente de son hypothétique victoire aux prochaines élections législatives !

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Motion retraites

Macron a annoncé vouloir imposer une contre-réforme des retraites visant notamment à repousser l’âge légal de départ à 65 ans, et pour arriver à ses fins il compte s’appuyer sur la participation des représentants des organisations syndicales aux concertations sur son projet.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont-Ferrand

- se prononce dès à présent contre le projet de réforme des retraites porté par E. Macron,

- refuse toutes discussions à ce sujet avec le gouvernement,

- appelle le congrès national à reprendre à son compte cette position.

(résultat du vote : 1 Pour ; 9 Contre ; 1 abstention)

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Motion Ukraine

La décision prise sous la houlette de Biden auquel se sont associés les représentants de toutes les puissances impérialistes occidentales dont Macron de livrer des armes lourdes à l'Ukraine constitue un pas en avant inquiétant vers la généralisation de la guerre.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont Ferrand

- rappelle son attachement au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,

- condamne l’offensive mené par Poutine en Ukraine,

- se prononce pour le rappel des soldats français déployés dans la région et pour l’arrêt immédiat des livraisons d’armes à l’Ukraine.

Le congrès départemental demande au congrès national de reprendre à son compte ces positions.

(résultat du vote : 1 Pour ; 4 Contre ; 6 abstentions)

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Motion Défense de nos statuts

Les cinq années de politique en matière d’éducation menée par JM Blanquer, dans le strict respect des choix d’E. Macron, se soldent par une accélération sans précédent dans la voie de la destruction des statuts des enseignants. Les lois Blanquer, Rilhac, la mascarade du Grenelle de l’éducation, la baisse des dotations aux concours de recrutement, les évaluations d’école, l’expérimentation de Marseille, le choix fait de privilégier les primes plutôt que le dégel et la revalorisation du point d’indice notamment n’ont pour but que de fragiliser jusqu’à destruction les statuts des enseignants du premier degré.

Aussi, le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont-Ferrand exige :

- l’abrogation de la loi Rilhac,

- l’abandon de l’expérimentation de Marseille et des évaluations d’écoles.

Le congrès départemental demande au congrès national de reprendre à son compte ces exigences.

(résultat du vote : 3 Pour ; 6 Contre ; 3 abstentions)

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Motion salaires

Depuis 2010, en tant que fonctionnaires, nous subissons le blocage de notre point d’indice. Avec l’envolée de l’inflation (près de 6 % en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.

Le congrès départemental du SNUipp 63, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont-Ferrand exige :

- l’augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice permettant le rattrapage des pertes de traitements depuis 2010.

- la garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires implique l’indexation des traitements sur la hausse des prix calculée par les syndicats.Le congrès départemental demande au congrès national de reprendre à son compte ces exigences.

(résultat du vote : 5 Pour ; 4 Contre ; 3 abstentions)

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Congrès départemental des Hauts-de-Seine (16 et 17 mai 2022)

 

Motion Front Unique sur la contre-réforme des retraites

Macron a annoncé vouloir imposer une contre-réforme des retraites visant notamment à repousser l’âge légal de départ à 65 ans, et pour arriver à ses fins il compte s’appuyer sur la participation des représentants des organisations syndicales aux concertations sur son projet.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 92 réuni les 16 et 17 mai 2022 à Malakoff :

- se prononce dès à présent contre le projet de réforme des retraites porté par E. Macron,

- refuse toutes discussions à ce sujet avec le gouvernement,

- appelle le congrès national à reprendre à son compte cette position.

(résultat du vote : 7 Pour ; 14 Contre ; 4 abstentions ; 1 refus de vote)

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Motion Front Unique sur les salaires

Depuis 2010, en tant que fonctionnaires nous subissons le blocage de notre point d’indice. Avec l’envolée de l’inflation (près de 6 % en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 92 réuni les 16 et 17 mai 2022 à Malakoff exige :

- l’augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice permettant le rattrapage des pertes de traitements depuis 2010.

- la garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires implique l’indexation des traitements sur la hausse des prix calculée par les syndicats.

(résultat du vote : 7 Pour ; 10 Contre ; 7 abstentions ; 1 refus de vote)

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Modification statutaire visant à restreindre l’intervention de FU au congrès national

(résultat du vote : 17 Contre ; 11 abstentions)

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Congrès départemental de l’Hérault (17 et 18 mai 2022)

Motion salaires

Depuis 2010, les fonctionnaires subissent le blocage du point d’indice.

Avec l’envolée de l’inflation (près de 6 % en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.

Le congrès départemental du SNUipp-FSU 34, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Montpellier exige :

- l’augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice permettant d’aller vers le rattrapage des pertes de traitements depuis 2010.

- la garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires par l’indexation des traitements sur la hausse des prix mesurée par les syndicats.

(résultat du vote : adoptée à l’unanimité des 21 présents)

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Motion retraites

Macron a annoncé vouloir imposer une contre-réforme des retraites visant notamment à repousser l’âge légal de départ à 65 ans.

Pour parvenir à ses fins, il espère obtenir la participation des représentants des organisations syndicales aux concertations sur son projet.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 34, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Montpellier, se prononce dès à présent :

- contre le projet de réforme des retraites porté par Macron,

- pour que les représentants syndicaux refusent toute discussion avec le gouvernement sur ce projet.

Le Congrès départemental appelle le congrès national du SNUipp-FSU de Mulhouse à reprendre à son compte ces positions.

(résultat du vote : adoptée, 16 Pour ; 4 abstentions)

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Motion contre la guerre

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 34, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Montpellier, condamne la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine.

Depuis plusieurs semaines, sous la houlette de Biden, les représentants des puissances occidentales, dont Macron, ont commencé à livrer des armes lourdes à l'Ukraine. Cela constitue un pas en avant inquiétant vers la généralisation de la guerre.

Le congrès départemental se prononce contre la livraison d'armes lourdes à l'Ukraine et pour l'arrêt immédiat de ces livraisons par la France. Il dénonce également le déploiement des troupes de l’OTAN à l’est de l’Europe et exige le retrait des soldats français d’Estonie et de Roumanie.

Le soutien au peuple ukrainien et à sa souveraineté doit s’accompagner de la solidarité  à tous ceux qui, en Russie et en Biélorussie,  combattent la guerre d'agression de Poutine en Ukraine.

Le congrès estime que les organisations syndicales doivent engager une mobilisation pour la libération des manifestants russes et des syndicalistes biélorusses emprisonnés pour leur engagement contre la guerre.

(résultat du vote : 4 Pour, 4 Contre ; 13 abstentions)

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Modification statutaire visant à restreindre l’intervention de FU au congrès national

(résultat du vote : 20 Contre ; 1 refus de vote)

 

 

 


 

Interventions et motions du courant Front Unique au Conseil National de la FSU des 17 et 18 mai 2022

 

Intervention du représentant Front Unique dans le débat général (17 mai)

Castex n’a pas manqué de le signifier hier à son successeur : aujourd’hui, toute la situation, y compris notre situation de travailleurs, de fonctionnaires, est dominée par la question de la guerre.

Car cette guerre, au-delà de la catastrophe pour les peuples qui en subissent directement les conséquences, signifie d’ores et déjà à l’échelle mondiale une brutale dégradation des conditions d’existence pour des centaines de millions de personnes, des menaces de famine, de pénurie de produits vitaux. Dans les pays occidentaux, elle signifie une accélération de l’inflation et une rapide baisse du pouvoir d’achat. Et elle signifiera demain de nouvelles coupes des dépenses publiques pour compenser la hausse des budgets militaires, parfois vertigineuse.

Mais la catastrophe est peut-être devant nous avec la décision des puissances impérialistes dont la France, sous la houlette de Biden, de gaver l’Ukraine d’armes lourdes, faisant courir le risque de généralisation du conflit. C’était une chose, fort juste, que de condamner et de combattre l’invasion de l’Ukraine par Poutine. C’en serait une autre, en réalité parfaitement contradictoire, que de se ranger de manière affichée ou tacite du côté des nouveaux belligérants.

Les organisations syndicales et celles attachées aux libertés démocratiques doivent prendre toutes initiatives unitaires visant à arrêter de telles livraisons [d’armes lourdes] et se prononcer contre l’accumulation des troupes de l’OTAN à l’est de l’Europe, à commencer par les troupes françaises d’Estonie et de Roumanie.

Pour nous, le combat contre la guerre et pour la souveraineté du peuple ukrainien implique le soutien à tous ceux qui en Russie, en Biélorussie combattent la guerre d’agression de Poutine, ce qui suppose concrètement de prendre toutes initiatives en direction des ambassades des pays concernés pour exiger la libération des personnes arrêtées. C’est aussi de dénoncer les « sanctions » qui affligent les étudiants et les travailleurs russes jusqu’en France.

La crise du capitalisme, aggravée par l’épidémie de Covid, les menaces d’extension de la guerre en Ukraine vont pousser les gouvernements en place et celui de Macron en particulier à porter les coups les plus graves aux travailleurs et à la jeunesse. La défense des intérêts des capitalistes l’exige.

Macron avec son programme de guerre contre les conquêtes des travailleurs et de la jeunesse a été élu d’autant plus confortablement que les dirigeants du PS, du PCF, de l’Union populaire et des syndicats, y compris la FSU, ont appelé sous une forme ou sous une autre à voter pour lui. La nomination de Borne au poste de 1er ministre, elle qui a déjà à son actif le saccage du statut des cheminots ou celui de l’assurance-chômage, en est la première expression.

Il a donc tous les moyens pour mettre en œuvre la politique qu’il a annoncée avant les élections : passage à 65 ans des retraites, obligation de travailler gratuitement 20 heures pour les bénéficiaires du RSA, remise en cause brutale des obligations de service des enseignants et soumission totale de ces derniers aux chefs d’établissement, y compris dans leur recrutement, instauration du salaire au mérite dans la Fonction Publique, expulsion de centaines de milliers de jeunes du droit aux études via l’augmentation des frais d’inscription à l’université, menaces de transfert de pans entiers des prestations de la sécu vers les mutuelles, etc.

Et ceux qui s’imaginent qu’il peut y avoir une majorité de la NUPES au soir du 19 juin risquent fort de se réveiller le 20 au matin avec la gueule de bois. Peut-on vraiment imaginer que Macron et son programme soient empêchés par la désignation d’un premier ministre, nouvel homme providentiel, Mélenchon, cohabitant avec le Bonaparte élu à la présidence ? Qui plus est quand on sait que le programme de la NUPES ne touche pas un cheveu du système capitaliste.

Le rôle du syndicat est donc de se disposer par rapport à l’inévitable offensive qui vient et qu’a annoncée Bruno Le Maire : « Nous allons vers des difficultés économiques considérables, le pire est devant nous. »

D’ores et déjà, nous sommes confrontés à une brutale baisse du pouvoir d’achat, en particulier chez les fonctionnaires dont le point d’indice est bloqué. Alors que le patron du Medef s’est déclaré hostile jeudi 12 mai à une hausse générale des salaires, les fédérations de fonctionnaires doivent combattre pour une augmentation du point d’indice à minima équivalente à celle du SMIC, soit 6% et bien sûr pour l’échelle mobile des salaires. C’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires indexée sur les prix, un mot d’ordre qui permet de combattre l’écrasement des grilles.

Se disposer face à l’offensive qui vient, c’est se déterminer d’ores et déjà par rapport aux projets Macron :

Et non seulement il faut rejeter tous ces projets de casse, mais il faut rejeter toute concertation sur leur élaboration et leur mise en œuvre.

Car oui camarades, si Macron a pu avancer aussi rapidement, a pu infliger des défaites aussi importantes, parfois sans combat, c’est parce qu’il s’est appuyé sur une méthode : le dialogue social.

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Intervention de présentation de la motion Front Unique sur les salaires (18 mai)

Tous les travailleurs le mesurent au quotidien : l’inflation s’est envolée entraînant une forte baisse de leur pouvoir d’achat.

Pour les fonctionnaires la situation est aggravée par le blocage du point d’indice depuis 10 ans. Comme seuls les agents au-dessous du Smic obtiennent l'ajout de points, on assiste à un tassement incroyable des carrières. Ainsi, les enseignants qui sont au-dessus du Smic n’ont eu aucun gain de points. Les PE ou certifiés débutent désormais à 1,11 % du Smic après PPCR et "revalorisation".

Ces salaires de misère contribuent à diminuer l’attractivité des concours, aubaine pour Macron qui veut liquider les statuts et les grilles indiciaires qui leur sont attachées.

Le seul moyen de lutter contre la baisse récurrente du pouvoir d’achat c’est l’échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires sur la hausse des prix calculée par les syndicats.

Motion salaires

Depuis 2010, en tant que fonctionnaires, nous subissons le blocage de notre point d’indice. Avec l’envolée de l’inflation (près de 6% en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.

C’est pourquoi, le CDFN de la FSU exige :

- l’augmentation générale des salaires au moins à hauteur de l’augmentation du SMIC (presque 6% depuis le début de l’année)

- et, bien sûr, l’échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires sur la hausse des prix calculée par les syndicats, seul moyen de garantir le pouvoir d’achat des fonctionnaires.

(résultat du vote : 3 Pour ; 61 Contre ; 16 abstentions ; 18 refus de vote)

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Intervention de présentation de la motion Front Unique sur l’Ukraine (18 mai)

Le 24 février ,la Russie de Poutine envahissait l’Ukraine causant des dégâts considérables avec des millions de morts civils et militaires, des infrastructures détruites. Mais les conséquences sont encore plus considérables avec une dégradation d’existence de centaines de millions de personnes, des famines, une baisse du pouvoir d’achat etc… Mais hélas ce n’est qu’un début : la volonté des impérialistes occidentaux avec Biden en tête (il accorde 40 milliards d’aide soit la moitié du budget de l’armée russe), mais aussi de Macron, de faire plier les Russes, de ramener le peuple russe des années en arrière, de le mettre à genoux. De plus, cela va entraîner une nouvelle dégradation du niveau de vie du prolétariat et de la jeunesse en Europe et aux USA (car c’est eux qui vont payer la hausse des budgets militaires en plus du reste).

Oui il faut aider le peuple ukrainien, oui il faut aider le peuple russe à se débarrasser de Poutine mais qui peut le faire ?

Sûrement pas les impérialistes occidentaux avec leurs livraisons d armes lourdes qui vont détruire encore plus. Biden et Macron qui massent des troupes à l’est de l’Europe seraient les libérateurs de

l’Ukraine : c’est une farce, c’est un mensonge !

Oui il faut aider les peuples russes, biélorusses, ukrainien et pour cela il faut soutenir les cheminots ukrainiens qui sabotent les chemins de fer pour empêcher l’acheminement des troupes et du matériel russe vers l’Ukraine, oui il faut aider le syndicat russe Solidarité Universitaire qui combat la censure, la guerre et la répression en Russie avec des risques considérables .

Oui il faut aider les étudiants russes en France qui n’ont plus de ressources.

C’est le sens de la motion Front Unique qui propose de combattre le militarisme de l ´OTAN, d’exiger le retrait des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie et qui considère que le soutien à la souveraineté du peuple ukrainien passe par le soutien à tous ceux qui, en Russie, en Biélorussie, combattent la guerre d’agression de Poutine en Ukraine.

La FSU doit prendre l’initiative d’un rassemblement devant l’ambassade biélorusse pour exiger la libération des syndicalistes emprisonnés.

 

Motion Ukraine

La décision prise sous la houlette de Biden, auquel se sont associés les représentants de toutes les puissances impérialistes occidentales dont Macron, de livrer des armes lourdes à l'Ukraine constitue un pas en avant inquiétant vers la généralisation de la guerre.

C’est pourquoi, le CDFN se prononce contre la livraison d'armes lourdes à l'Ukraine et pour l'arrêt immédiat de la livraison de telles armes par la France. Il se prononce pour toute initiative unitaire des organisations du mouvement ouvrier et organisations attachées aux libertés démocratiques et à la paix  visant à arrêter de telles livraisons. Il se prononce contre l’accumulation des troupes de l’OTAN à l’Est de l’Europe et pour le retrait des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie.

Le CDFN considère que le soutien à la souveraineté du peuple ukrainien passe par le soutien  à tous ceux qui, en Russie, en Biélorussie,  combattent la guerre d'agression de Poutine en Ukraine.

Informé par le secrétariat de la FSU de l'arrestation de militants syndicalistes biélorusses  pour leur combat contre l'engagement de leur gouvernement dans la guerre d'agression contre l'Ukraine, en particulier Alexandre Yaroshuk, il propose que la FSU prenne l'initiative d'un rassemblement et d'une délégation à l'ambassade biélorusse pour exiger leur libération.

(résultat du vote : 5 Pour ; 84 Contre ; 2 abstentions ; 7 refus de vote)

 

 


 

Communiqué du courant Front Unique du 27 mai 2022

Pour une organisation syndicale,

informer les personnels des attaques qui les menacent est une obligation impérative, pas une option.



Le courant Front Unique est amené à s’exprimer sur des faits ayant eu lieu au sein du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS) affilié à la Fédération syndicale unitaire (FSU).

En décembre 2020, lors des élections internes qui précédaient le 47ème congrès national du SNCS, Front Unique a obtenu 16,5 % des suffrages exprimés. Depuis, notre courant occupe 4 des 24 sièges de la Commission Administrative (CA) qui est, entre deux congrès nationaux, l’instance délibérative de ce syndicat.

Nos représentants ont appris, il y a quelques semaines, que les doctorants étaient menacés par un projet d’arrêté gouvernemental. Lors de la CA du SNCS du 18 mars, l’existence de ce projet d’arrêté a été confirmée par les dirigeants de ce syndicat qui ont reconnu en discuter avec les représentants du gouvernement. FU a sommé les dirigeants du SNCS d’informer les doctorants du contenu de cet arrêté qui les menace et de se prononcer pour son retrait pur et simple. Ceux-ci bafouant leur devoir d’informer et d’organiser la défense des étudiants menacés – futurs chercheurs – ont refusé de le faire.

Pour le courant Front Unique, pour ses militants et représentants, la loyauté envers les personnels est la première des vertus d’une organisation syndicale. Cette loyauté devrait donc être pleinement respectée par celles et ceux qui assument la direction du syndicat.

Bien entendu, notre courant a aussitôt informé les doctorants des menaces qui les concernaient en publiant une Lettre de liaison de notre courant (N° 327, spéciale ESR du 24 mars 2022 sur le site frontunique.com : http://www.frontunique.com/ll_327_ESR.pdf).

Des dirigeants du SNCS ont exigé de nos représentants, au cours de la CA du 13 mai, qu’ils fassent retirer de notre site cette Lettre de liaison au prétexte qu’elle comporterait « des informations fausses ». Ceux qui prétendent l’existence d’informations fausses dans notre publication ont la possibilité d’en apporter la preuve à notre courant qui, le cas échéant, rectifierait. Bien sûr, en aucun cas, cette Lettre de liaison ne sera retirée du site Front Unique.

Le courant Front Unique exprime sa pleine solidarité et son entière confiance à ses représentants au sein de la CA du SNCS en butte à des attaques inadmissibles et inacceptables. Nous condamnons vigoureusement de tels agissements de la part des dirigeants qui les perpètrent.

Ces dirigeants devraient plutôt se concentrer – enfin – sur leur responsabilité première : la défense intransigeante des personnels face aux assauts constants des gouvernements qui se succèdent.

 

 

 

 

 


 

Lettre de Liaison N° 330 - 16 mai 2022 :

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Intervention au titre de la liste Front Unique

à l’ouverture du 10ème Congrès national du SNASUB-FSU, le 16 mai 2022

 

Ce n’est que quelques jours avant que les deux listes de ce congrès aient dû rendre leur motion d’orientation que les troupes russes de Vladimir Poutine ont envahi l’Ukraine, causant déjà au moins 3000 morts civiles et des dégâts considérables. Aujourd’hui toute la situation, y compris notre situation de personnels non enseignants de l’Éducation nationale ou de la Culture, est dominée par cette question.

Car cette guerre, au-delà de la catastrophe pour les peuples qui en subissent directement les conséquences, signifie, d’ores et déjà à l’échelle mondiale, une brutale dégradation des conditions d’existence pour des centaines de millions de personnes, des menaces de famine, de pénurie de produits vitaux. Dans les pays occidentaux, elle signifie une accélération de l’inflation et une rapide baisse du pouvoir d’achat. Et elle signifiera demain de nouvelles restrictions pour compenser la hausse des budgets militaires, parfois vertigineuse.

Mais la catastrophe est peut-être devant nous avec la décision des puissances impérialistes, dont la France, et sous la houlette de Biden, de gaver l'Ukraine d'armes lourdes, faisant courir le risque de la généralisation de la guerre.

Les organisations syndicales et celles attachées aux libertés démocratiques doivent prendre toutes initiatives unitaires visant à arrêter de telles livraisons. Il est indispensable également de se prononcer contre l’accumulation des troupes de l’OTAN à l’Est de l’Europe, ce qui signifie en premier lieu, l’exigence du retrait des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie.

La crise du capitalisme, aggravée par l’épidémie de Covid, les menaces d’extension de la guerre en Ukraine vont pousser les gouvernements en place, et celui de Macron en particulier, à porter les coups les plus graves aux travailleurs et à la jeunesse. La défense des intérêts des capitalistes l’exige.

Macron avec son programme de guerre contre les conquêtes des travailleurs de la jeunesse a été élu d'autant plus confortablement que les dirigeants du PS, du PCF, de l’Union populaire et des syndicats, y compris la FSU, ont appelé sous une forme ou une autre à voter pour lui.

Il a donc tous les moyens sur le plan des institutions de mettre en œuvre la politique qu'il a annoncée avant les élections, un programme d’une brutalité inouïe : passage à 65 ans des retraites, obligation de travailler gratuitement 20 heures pour les bénéficiaires du RSA, remise en cause brutale des obligations de service des enseignants, instauration du salaire au mérite dans la Fonction publique, expulsion de centaines de milliers de jeunes du droit aux études via l’augmentation des frais d’inscriptions à l’université, menaces de transferts de pans entiers de prestations de la Sécu vers les mutuelles, etc.

Se disposer à combattre ce programme de guerre exigeait en premier lieu de se prononcer au second tour pour « Pas une voix pour Le Pen ! Pas une voix pour Macron ! », ce que seul le courant Front Unique a défendu dans la FSU et le SNASUB.

Et ceux qui s'imaginent qu'il peut y avoir une majorité de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, au soir du 19 juin risquent fort de se réveiller le 20 au matin avec la gueule de bois. Et peut-on vraiment imaginer que Macron et son programme soient empêchés par la désignation d’un premier ministre, nouvel homme providentiel – Mélenchon – cohabitant avec le Bonaparte élu à la présidence ? Qui plus est quand on sait que le programme de la NUPES ne touche pas un cheveu du système capitaliste comme l'indiquent ses supporters eux-mêmes.

Le rôle du syndicat est donc de se disposer par rapport à l'inévitable offensive qui vient et qu'a annoncé Bruno Le Maire cité dans Le Monde du 10 mai : « Nous allons vers des difficultés économiques considérables. Le pire est devant nous. »

 

D'ores et déjà, nous sommes confrontés à une brutale baisse du pouvoir d'achat. Alors que le patron du Medef s’est déclaré hostile, jeudi 12 mai, à une hausse générale des salaires, les fédérations de fonctionnaires doivent combattre pour une augmentation générale du point d'indice à minima équivalente dès maintenant à celle du SMIC, soit 6% et bien sûr pour l'échelle mobile des salaires. C'est-à-dire l'augmentation automatique des salaires indexée sur les prix, augmentation qui doit être appréciée par les organisations syndicales. Un mot d'ordre qui permet de combattre contre l'écrasement des grilles.

Se disposer face à l'offensive qui vient, c'est se déterminer d'ores et déjà par rapport aux projets Macron :

- rejet total du projet de réforme Macron des retraites

- défense inconditionnelle du statut de la FP.

 

Ce qui suppose le rejet des projets de « réforme complète des grilles et de l’organisation » de la Fonction publique annoncée par Macron dans l’entre-deux-tours, ce qu’Acteurs Publics a qualifié de Big bang pour les carrières et les rémunérations ! Ces projets comprennent l’instauration du salaire au mérite, préconisé par le rapport Peny-Simonpoli issu de la Conférence salariale, rapport explosif dont les syndiqués n’ont pour l’instant pas entendu parler. Mais l’attaque entend aller plus loin, Macron disant vouloir remettre en cause l’existence des catégories A, B, et C et les principes de progression de carrière. Regardons ce qui se fait dans le privé où les conventions collectives ont fait disparaître la notion de progression par ancienneté pour ne prendre en compte que les compétences.

Non seulement il faut rejeter tous ces projets de casse, mais il faut rejeter toute concertation sur leur élaboration et leur mise en œuvre.

Car oui camarades, si Macron a pu avancer aussi rapidement, a pu infliger des défaites aussi importantes, parfois sans combats, c’est parce qu’il s’est appuyé sur une méthode : le dialogue social.

Au lendemain des élections, Macron n’a renoncé à aucun point de son programme, il a au contraire dit que pour que celui-ci passe, il fallait qu’il soit lui-même moins vertical, plus horizontal, bref, qu’il renforce les concertations.

Il faut dénoncer ces manœuvres !

Car, qu’y a-t-il à négocier sur un projet de retraite à 65 ans et de liquidation du Code des pensions  ou sur la mise en place du salaire au mérite ?

Camarades, il est impératif de tirer les enseignements de la méthode Macron, en particulier pour ce qui a été le coup le plus sévère porté à nos droits durant ce quinquennat, la loi du 6 août 2019 dite de transformation de la FP.

Or, si le rapport d’activité et la motion d’orientation de la liste « Rassembler » reviennent sur les conséquences destructrices de cette loi, ils évacuent totalement pourquoi une telle défaite et pourquoi il n’y eut pas combat.

Durant près d’un an, les directions syndicales, celle du SNASUB et de la FSU en particulier, ont accepté de concerter sur un projet dont chacun connaissait la brutalité sans précédent, plutôt que d’appeler à son retrait. Au final, une défaite majeure, sans combat !

C’est grâce à cette méthode associant de façon toujours plus étroite les directions syndicales à des diagnostics partagés sur la nécessité des réformes, à des concertations voire à la mise en place de ces contre-réformes suite à la signature d’accord, que le gouvernement a pu emporter de telles victoires.

Après la loi du 6 août 2019, l’exemple le plus frappant, celui qui aura des conséquences sans doute considérables puisque touchant aux droits liés à la Sécurité sociale, est l’accord sur la protection sociale complémentaire (PSC) signé par l’unanimité des syndicats fin janvier 2022.

Quel syndiqué a été informé du contenu de cet accord puis consulté avant la CAN du SNASUB de janvier puis le congrès FSU de février ?

Derrière la carotte d’une prise en charge mensuelle de 15 € par l’État employeur de nos cotisations de mutuelle, cet accord ouvre la voie à la liquidation de la Sécu puisqu’il place à côté de l’Assurance maladie obligatoire, une complémentaire santé obligatoire privée. En signant, les syndicats permettent au gouvernement d’opérer demain un transfert des prises en charge de la Sécu vers les Mutuelles qui augmenteraient leurs tarifs et réduiraient leurs prestations. Tout cela est aux antipodes de nos mandats de congrès en faveur du 100% Sécu !

Le projet de motion revendicative justifie cette signature, en rupture totale de notre mandat de congrès qui est pour le 100% Sécu, au motif d’éviter le pire promis par un chantage de Macron. Mais depuis quand, une organisation syndicale, constituée pour défendre les intérêts et la dignité des personnels, devrait céder au chantage au lieu de le dénoncer publiquement et le combattre ?

Va-t-on demain signer tous les accords au motif qu’il faudrait éviter le pire ? Continuer sur cette ligne, cela s’appelle l’accompagnement.

 

Nous entendons lors de ce congrès et ensuite à la CAN défendre une autre orientation, ouvrir d’autres perspectives car inévitablement les travailleurs ou la jeunesse de ce pays vont se dresser contre cette politique de casse systématique.

Pour que Macron soit affronté, il faut rompre ce dialogue social, exiger le retrait pur et simple des réformes, refuser d’en discuter le contenu.

C’est à cette nécessité que tournent le dos les directions syndicales comme l’atteste une nouvelle fois le projet de lettre de l’intersyndicale fonction publique à Macron qui se conclut ainsi :

« Cette mandature étant annoncée avec une large dimension sociale, nous ne pourrions comprendre que cette lettre n'ait pas de réponse concrète dans les délais les plus brefs. Pour notre part, nous sommes d'ores et déjà disponibles afin de définir ensemble les réponses positives qui ne sauraient être différées. »

 

C’est cette soumission à l’arme du dialogue social qui est le 1er obstacle à la volonté des personnels, des travailleurs d’affronter Macron et sa politique.

Dans un contexte d’une crise sans précédent de la représentation politique des intérêts du prolétariat et de la jeunesse, la place occupée par les organisations syndicales revêt une importance majeure.

Notre congrès n’a pas à lui seul les moyens de renverser les rapports de force. Mais il peut prendre les mesures immédiates de rupture avec le gouvernement Macron.

Il peut de manière immédiate se disposer contre l’offensive qui se prépare en prenant position, en rejetant l’ensemble des projets de contre-réformes d’ores et déjà annoncées.

 

C’est cette perspective que les délégués Front unique défendront dans ce congrès.

 

 

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 329 - 13 avril 2022 :

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Avant le 2ème tour des présidentielles, la responsabilité de la FSU est de se prononcer sans la moindre ambiguïté pour :

- Pas une voix pour Macron, pas une voix pour le Pen !
- Rejet intégral des programmes des deux candidats !
- Refus de s’associer sous quelque forme que ce soit à la mise en œuvre de ces programmes : ce qui signifie refus de tout « dialogue social » sur ce terrain !

 

Intervention du représentant du courant Front Unique

au Bureau national de la FSU, le 13 avril 2022

Les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle ne laissent en présence pour le second tour que Macron et Le Pen : deux candidats bourgeois, deux ennemis jurés des travailleurs et de la jeunesse, deux partisans affirmés de la marche à l’État policier, de la liquidation des libertés démocratiques, des lois et dispositifs anti-immigrés, de la stigmatisation des travailleurs et jeunes issus de l’immigration sous prétexte de « séparatisme ».

En conséquence de l’état de décomposition des partis traditionnels issus du mouvement ouvrier, de la politique d’autodestruction de ces partis par leurs dirigeants, de décennies de prise en charge des contre-réformes par ces partis, les travailleurs et la jeunesse ont été dépossédés par avance de la possibilité de s’exprimer sur leur terrain de classe dans le cadre de cette élection. Une fraction significative s’est réfugiée dans l’abstention, qui atteint un niveau historique dépassé uniquement en 2002. Une autre fraction a cherché à se saisir du vote Mélenchon : mais ce dernier s’est assis sur ces votes dès le soir du premier tour en appelant à refuser toute voix à Le Pen… sans dire mot de la candidature Macron.

Il revient aujourd’hui aux organisations syndicales de sortir les travailleurs et la jeunesse de cette impasse mortifère, en les appelant non pas à choisir quelle corde servira à les pendre, mais bien en préparant le combat contre l’un et l’autre des deux bourreaux.

Pour les travailleurs et la jeunesse, la victoire de l’un ou l’autre des candidats restés en lice est également glaçante : sur aucun point fondamental, les programmes énoncés par l’un ou par l’autre ne s’opposent du point de vue ouvrier ; ils se recoupent sur l’essentiel. C’est le programme commun de toute la bourgeoisie, sur lequel les deux candidats sont en concurrence : à tel point que le ministre de l’Intérieur de Macron, Darmanin, a pu déclarer que Marine Le Pen était « trop molle » à ses yeux.

 

Le projet de déclaration soumis à ce BDFN par le secrétariat fédéral commence pourtant par isoler la seule candidature dite d’ « extrême-droite » pour la présenter comme un danger vital pour « la république ». Est-ce bien le rôle d’une organisation de défense des travailleurs que de revendiquer la défense de la Vème République, ce régime où tout l’exercice du pouvoir politique est subordonné à la volonté d’un président-Bonaparte ? Et en quoi ce régime serait-il menacé par l’extrême-droite, qui en tire au contraire profit au point de se retrouver aujourd’hui aux portes de l’Élysée ? C’est une forfaiture.

En 2002, puis en 2017, c’est sur le terrain du « front républicain » que les dirigeants des partis et organisations issus du mouvement ouvrier ont accepté de s’effacer, d’appeler à voter pour des ennemis des travailleurs, de leur servir la soupe électorale sous prétexte de « faire barrage » à l’extrême-droite : le résultat, c’est qu’en vingt ans le score de l’extrême-droite a progressé de 14 points. Au cours de ces années, tous les acquis ouvriers ont été mis à mal, la chasse aux immigrés n’a cessé de s’intensifier, la marche à l’État policier n’a cessé de s’accélérer. Voilà les fruits pourris du « front républicain » ; voilà les fruits pourris du « dialogue social » avec la bourgeoisie, sur le terrain de la bourgeoisie, que le « front républicain » prolonge. Et voilà aussi le « terreau » de l’extrême-droite.

Aujourd’hui, tous les travailleurs et jeunes le savent pertinemment : le programme de Macron, c’est le parachèvement de ce travail de destruction des acquis. La retraite à 65 ans ; le pillage de la Sécurité Sociale, la liquidation des droits des chômeurs, le travail obligatoire gratuit pour les bénéficiaires du RSA ; la destruction de la Fonction Publique, des statuts, de l’enseignement public ; la fin du droit aux études etc. Or, la ministre de Macron pour la Fonction Publique, de Montchalin, l’a déclaré sans détour : « la logique (…) c’est de rassembler », il n’y aura « pas de compromis sur les programmes ».

Dès lors, la question est simple : chaque voix supplémentaire portée sur la candidature Macron sera une balle dans le pied de tous les travailleurs ; moins le président élu pourra se prévaloir d’un vaste soutien électoral, meilleures – ou plutôt moins mauvaises – seront les conditions dans lesquelles nous pourrons tenter d’y faire face.

La seule responsabilité des organisations syndicales, c’est de préparer les travailleurs à ces affrontements inévitables.

C’est pourquoi la responsabilité de la FSU est de se prononcer sans la moindre ambiguïté :

- Pas une voix pour Macron, pas une voix pour le Pen ;

- La FSU doit rejeter intégralement les programmes des deux candidats ;

- La FSU doit annoncer dès maintenant qu’elle refusera de s’associer sous quelque forme que ce soit à la mise en œuvre de ces programmes : ce qui signifie refus de tout « dialogue social » sur ce terrain ;

Et ce afin de créer les conditions d’un front uni des organisations syndicales pour permettre aux travailleurs et à la jeunesse de faire face à l’offensive à venir.

 

 


 

 

Déclaration du courant Front Unique :

A 6 jours des présidentielles, la direction de la FSU signe un accord avec le gouvernement !

Assez du soutien à Macron et à son gouvernement de liquidation des acquis des travailleurs !

Que la direction de la FSU se prononce pour :

Pas une voix pour Macron-Pécresse-Le Pen-Zemmour, aux deux tours de la présidentielle !

 

Toute honte bue, la direction de la FSU (avec également celles de l’UNSA, de la CGT, de Solidaires, de la CFDT et de la CGC) a signé ce 4 avril un nouvel accord avec la ministre de la FP (le 5ème en moins d’un an). Pourtant, Amélie de Montchalin, au nom du gouvernement Macron-Castex, applique avec le plus grand zèle la loi de transformation de la FP qui anéantit les prérogatives des CAP et aggrave, en particulier, les conditions de travail des agents de la FP territoriale. Et alors que l’inflation atteint des sommets, elle maintient résolument le blocage du point d’indice.

Amélie de Montchalin qui mène une campagne active pour la réélection de Macron, s’est déclarée « très heureuse » de cette signature dans un tweet (ici) avec photo où elle se montre ravie au milieu des signataires. Ce tweet se trouve sur la page d’accueil du ministère de la FP.

Indépendamment du contenu de cet accord de méthode, il faut souligner la volonté des dirigeants syndicaux signataires d’apporter jusqu’au bout – à 6 jours du 1er tour des élections présidentielles ! – leur soutien au gouvernement et à Macron. Et cela, alors que celui-ci affiche ostensiblement un programme de guerre contre les travailleurs, et contre les enseignants en particulier.

Lors du Bureau national de la FSU du 30 mars, les deux tendances qui co-dirigent notre fédération (UA et EE) ont validé cette signature. Au contraire, le courant Front Unique (tout comme les courants URIS et Émancipation) s’y est vigoureusement opposé. Nous publions ci-dessous l’intervention de notre représentant lors de ce Bureau national.

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Intervention du représentant du courant FU au Bureau national de la FSU, le 30 mars 2022

Le projet de texte d’appréciation sur l’accord de méthode prévoyance anticipe sur « des négociations ministérielles (…) dès janvier 2023 pour une mise en œuvre en janvier 2024 ».

Voilà qui a le mérite d’être clair : c’est une véritable profession de foi en faveur de la réélection de Macron qu’il s’agit de signer. On nous dit que la signature d’un accord de méthode n’apporte « aucune garantie » : mais en signant cet accord, au contraire, les directions syndicales apporteraient à Macron toutes les garanties sur le fait qu’elles s’inscrivent par avance dans l’accompagnement de la mise en œuvre de son programme.

Le même Macron a annoncé son projet le 17 mars dernier, au lendemain même du dernier CDFN. Chacun a pu mesurer depuis à quel point il s’agit d’un plan de guerre contre les acquis ouvriers, en même temps qu’un plan complet de démantèlement de l’Éducation Nationale et du statut des enseignants :

- jusqu’à 20h de travaux obligatoires pour les bénéficiaires du RSA, et donc création d’un sous-prolétariat en concurrence avec les travailleurs qui sont encore protégés par ce qui reste de code du travail ;

- recul de l’âge légal du départ en retraite jusque 65 ans

- université payante pour la jeunesse et liquidation des filières non rentables

- feu sur les statuts des fonctionnaires avec l’annonce d’un nouveau « contrat » intégrant une multitude de nouvelles tâches ; liquidation des règles nationales de rémunération et de progression de carrière ;

- liquidation des horaires et des programmes nationaux renvoyés « au local »

- mise en concurrence des établissements et utilisation des parents d’élèves comme masse de manœuvre dirigée contre les enseignants et personnels ;

- un pouvoir de recrutement octroyé aux chefs d’établissement ;

- la liquidation pure et simple de l’enseignement professionnel public.

Dans ces conditions, l’urgence pour la FSU devrait être de rejeter en bloc ce plan de guerre : et ce faisant, de dénoncer les manœuvres de Macron pour engager dès aujourd’hui les concertations sur le terrain de ce programme !

La direction fédérale nous demande au contraire, aujourd’hui, de signer un nouvel accord, « accord de méthode » dont la signification première est de constituer un accord politique avec Macron.

Pour le courant Front Unique, la seule place de ce texte est à la poubelle.

 

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 328 - 28 mars 2022 :

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Le programme du candidat Macron :

un plan complet de démantèlement de l’Éducation Nationale et du statut des enseignants, dans la continuité des dernières contre-réformes 

Dès maintenant, il faut imposer aux directions syndicales :

- qu’elles affirment publiquement leur rejet total du programme Macron ;
- qu’elles annoncent dès maintenant qu’elles refuseront toute concertation sur ce programme et organiseront le combat pour l’empêcher ;
- qu’elles prennent position aux élections : aucune voix, ni au premier ni au second tour,
quel que soit le cas de figure, pour Macron, Pécresse, Le Pen, Zemmour.

 

Macron a annoncé son « programme ». Pécresse a crié « au vol ». C’est dire que les deux programmes sont strictement identiques. Identiques aussi ceux de Le Pen et de Zemmour qui se contentent d’épicer le plat avec abondance de propos racistes, d’annonces de chasse aux immigrés (chasse que Darmanin organise déjà par ailleurs).

La plus grande probabilité est du côté de la reconduction de Macron. Il est donc nécessaire d’apprécier très exactement ce qu’il annonce

Dans le cadre d’une offensive généralisée contre les acquis sociaux ...

« Les Français devront travailler plus ». Macron veut parachever la liquidation des droits des chômeurs. Il entend imposer jusqu’à 20 heures de travail aux bénéficiaires du RSA, c’est-à-dire constituer un sous-prolétariat surexploité rentrant en concurrence avec les travailleurs encore protégés par ce qui reste du code du travail. Il veut repousser à 65 ans, l’âge légal de départ à la retraite, liquider les régimes spéciaux et le code de la fonction publique. Pour la jeunesse, il a annoncé le projet de rendre l’université payante, de liquider toutes les filières jugées non rentables par le patronat etc.

La liste des attaques programmées est loin d’être complète…

...Un plan complet de démantèlement de l’Éducation Nationale

Macron déclare la guerre au corps enseignant . Il indique : « Cela ne va pas plaire à tout le monde ».

- Il s’agit de faire feu sur le statut des fonctionnaires  dans le cadre d’une nouvelle étape du démantèlement de la Fonction Publique. Contre le traitement indiciaire et la fonction publique de carrière, Macron affirme sa volonté de « rebattre les cartes de l’organisation de la rémunération » et d’aller vers « des progressions plus différenciées » en s’appuyant sur les conclusions du rapport Peny-Simonpoli issu de la conférence sur les perspectives salariales. « On propose un pacte aux enseignants : on vous demande de nouvelles missions qu'on est prêts à mieux payer comme le remplacement des profs absents, ça doit être une obligation, le suivi individualisé des élèves, l'accompagnement sur le temps périscolaire. Pour les enseignants en place je propose un nouveau contrat. On augmente leur rémunération s'ils sont prêts à changer leur organisation. Toutes les nouvelles embauches sont sur la base de ces nouveaux contrats »... (toutes les citations de Macron proviennent du site Le Café pédagogique).

Le pacte de Macron, c’est la destruction du statut, de la qualification disciplinaire. L’enseignant devra désormais être animateur, conseiller d’orientation. Son horaire pourra être indéfiniment augmenté au gré du remplacement des professeurs absents.

Quant à l’augmentation des salaires (les enseignants débutent actuellement à moins d’1,2 SMIC !), la réponse est claire : « La revalorisation nationale compte tenu de la masse salariale, n'est pas la plus efficace » et « On ne va donc pas payer les professeurs de façon uniforme dans le pays ». C’est la liquidation des règles nationales de rémunération et de progression de carrière.

- Il s’agit de parachever la liquidation des programmes et des horaires nationaux

« On renvoie au local. La réforme ne sera pas la même dans les quartiers nord de Marseille, à Troyes et dans les Hautes Alpes... on donne la liberté aux acteurs locaux. » Des programmes différents selon la population scolaire : les écoles pour riches et les écoles pour pauvres…

- La mise en concurrence des établissements, les enseignants sous contrôle

« On sait bien que dans une école on va avoir un professeur qui va changer les résultats des élèves et un autre non. On doit se donner les moyens de le mesurer. Cette transparence est bonne. Je veux la généraliser. Comme cela on pourra aussi comparer les méthodes pédagogiques »

Les associations de parents d’élève seront élevés au rang de juges de la qualité des enseignants, de leurs méthodes pédagogiques, et évidemment au bout du compte du contenu de l’enseignement. On sait ce que cela donne aux États Unis par exemple où ici ou là, telle ou telle association évangéliste interdit que Darwin soit enseigné dans l’école.

- Des chefs d’établissements dotés du pouvoir de recrutement

« Je veux que les directeurs aient la possibilité de récuser des profils et participent à la décision ». Pour être affecté dans un établissement, il faudra faire allégeance au « projet » de l’établissement.

- Liquidation totale de l’enseignement professionnel

Macron promet « une rémunération des lycéens professionnels, en changeant totalement de logique de formation, en s'inspirant de ce que nous avons réussi sur l'apprentissage ».

A juste titre, Le SNUEP-FSU (syndicat des lycées professionnels) analyse :  « [Macron] a aussi annoncé le 15 mars dans la presse la nécessité « d'un outil de gestion des compétences qui sonne la fin de l'hégémonie des diplômes » En les supprimant, il s’attaque aux conventions collectives, jugées gênantes et contraignantes par les organisations patronales. »

Deux questions auxquelles les directions syndicales doivent répondre clairement :

 

Ce programme est à rejeter en bloc, c’est ce que doivent dire les directions des organisations syndicales. En conséquence, elles doivent dénoncer les manœuvres de Macron pour les engager dans une concertation sur ses objectifs et donc annoncer qu'elles n'y participeront sous aucune forme !

La nécessité de cette rupture est d'actualité : il est par exemple inacceptable que les dirigeants syndicaux participent à la mise en œuvre de l’« expérimentation » de Marseille qui prévoit la nomination des enseignants par les chefs d’établissement. Il faut d’ores et déjà exiger : sortez sans délai de cette concertation pour la liquidation de notre statut ! Rien ne sera possible si les enseignants eux-mêmes n’imposent pas aux dirigeants syndicaux une telle rupture !

Mais qui pourrait croire que les directions syndicales se disposent à faire front contre le programme Macron si, comme cela s'est fait en 2017, elles appelaient, sous une forme ou sous une autre, à voter Macron, par exemple, sous prétexte de « lutte contre l’extrême droite » au deuxième tour ?

Il faut que, dès maintenant, les directions syndicales FSU, CGT, FO indiquent avec la plus grande clarté : pas une voix pour Macron , et pas une voix pour Pécresse, le Pen, Zemmour qui défendent le même programme !

 


 

 Lettre de Liaison N° 327 - 24 mars 2022 :

[Version pdf]

 
Alerte aux doctorants :

EN JUIN, LE NOUVEAU PROJET DU GOUVERNEMENT OU COMMENT DÉGAGER LES DOCTORANTS AVANT LEUR DIPLÔME ?

La responsabilité des dirigeants du SNCS et du SNESUP :

APPELER À L’UNITÉ POUR LE RETRAIT DU PROJET
SORTIR DES CONCERTATIONS
S’ADRESSER AUX DOCTORANTS POUR ORGANISER LE COMBAT !

 

TheMetaNews, « journal pro chercheur », rapporte dans sa newsletter du 28 janvier qu’un avant-projet de modification de l’arrêté codifiant le doctorat est en cours de discussion et précise le calendrier : « L’objectif est d’avoir une circulaire en juin pour que tout soit opérationnel en septembre. »


Sur le site Academia, l’avant-projet a été publié. Nous communiquons le lien : https://academia.hypotheses.org/33617


Il prévoit principalement deux mesures :


C’est également la consécration du pseudo-doctorat de droit privé, la participation totale des entreprises privées aux écoles doctorales et donc la soumission de ces dernières aux prérogatives des premières (Article 5). C’est aussi un serment, en cas d’admission, à respecter les « principes et les exigences » de l’intégrité scientifique tels que définis par le ministère dans le cadre des restrictions des libertés académiques (Article 20). C’est enfin, le « doctorat » par la validation d’acquis, qui remet en cause ce diplôme, socle commun des qualifications dans la recherche et des statuts des enseignants-chercheurs (Article 11).


Il n’y a donc rien à discuter dans ce projet.


Pour autant, dans les échanges de la Commission Administrative du SNCS, le Secrétaire général du SNCS avoue :


« le SNCS, avec le SNESUP, a fait et continuera de faire le maximum pour faire modifier les articles 13 et 17, et aussi d'autres points problématiques. »


Depuis des mois donc, les dirigeants du SNCS et du SNESUP élaborent avec le gouvernement, dans le dos des doctorants et des syndiqués, ce projet contre les doctorants, ce qui ne peut amener qu’à son application.


L’expérience le prouve : discuter sur la LORE (avec Parcoursup), sur la LPR et ses décrets d’application n’a eu comme seule conclusion que l’application de ces lois, défaites historiques pour la jeunesse et les travailleurs.


La Secrétaire générale adjointe du SNCS ajoute :


« Donc en attendant la nouvelle version, nous ne voyons pas l’intérêt de faire peur à nos collègues doctorants avec des trucs qui vont, on espère, retourner dans un fond de tiroir… »


Prétendre ne pas vouloir « faire peur à nos collègues doctorants » c’est leur cacher ce qui les menace et protéger le gouvernement, d’une colère justifiée. Car, chacun le sait d’expérience, avec lui rien « ne retourne dans un fond de tiroir ». En fait, elle cherche à justifier que les dirigeants du SNCS et du SNESUP ont sciemment caché le projet aux doctorants et aux syndiqués pour éviter toute opposition dans les syndicats qui les aurait amenés à exiger le retrait et donc à rompre la concertation, contradictoire avec cette exigence.


Par ce fait, les dirigeants illustrent ce qu’est la « concertation » avec le gouvernement : ni une discussion, ni un moyen d’obtenir les informations sur les projets du gouvernement, mais bien une aide à l’application de ses plans privant les travailleurs de leurs syndicats en tant qu’instruments de défense de leurs intérêts.


Il n’y a pas à attendre ! C’est pourquoi Front Unique informe nos collègues doctorants et les syndiqués du projet.

La responsabilité immédiate des directions du SNCS et du SNESUP  est :


Et qu’elles appellent l’ensemble des organisations syndicales de l’enseignement supérieur (CGT FERC-Sup, FO ESR, SUD Education) et étudiantes (en premier lieu l’UNEF) à faire l’unité sur cet objectif.

 

 

 


 

 Lettre de Liaison N° 326 - 15 mars 2022 :

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Intervention Front Unique dans le débat général (Cdfn FSU 15 et 16 mars 2022) 

 

Depuis le début de la guerre engagée par Poutine, l’Ukraine est dévastée sans répit par les bombes. On compte déjà des dizaines de milliers de morts et de blessés. Et des millions de civils ont fui leur foyer. 

Il faut dénoncer et condamner la guerre de la Russie contre l’Ukraine, exiger l’arrêt immédiat des bombardements et le retrait total des troupes russes d’occupation. 

Il faut défendre inconditionnellement le droit du peuple ukrainien à disposer de lui-même. 

Mais aujourd'hui, au nom de la "solidarité avec le peuple ukrainien", on essaie de faire croire aux travailleurs que l'issue serait dans le renforcement de l'OTAN, dans le militarisme à tout crin avec la progression des budgets militaires en Allemagne, en France. 

Mais l’Otan est une coalition impérialiste instrument de guerre contre les peuples comme en Corée, ou en Afghanistan. Et souvenons-nous que c’est l’OTAN qui en mars 1999 a dévasté la Serbie sous un tapis de bombes. 

L’OTAN a méthodiquement conduit son expansion dans toute l’Europe orientale pour exercer une constante pression sur la Russie et la menacer militairement. 

Nous devons exiger le retrait des troupes de l’OTAN de l’Europe et en particulier des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie. 

Si notre solidarité est pleine et entière envers le peuple ukrainien, l’issue contre cette guerre ne peut venir que de la mobilisation internationale du mouvement ouvrier et de la jeunesse. Et en premier lieu des travailleurs et des jeunes Russes qui, chaque jour, se dressent héroïquement contre Poutine et sa guerre criminelle. Ils sont brutalement réprimés, arrêtés, emprisonnés, jugés et condamnés. 

La responsabilité de notre fédération est d’organiser au plus vite une manifestation à l’Ambassade de Russie pour exiger la fin de la guerre contre l’Ukraine, pour que cesse la répression contre les manifestants russes et que soient libérés sans délai ceux qui sont emprisonnés. 

Et il faut s’opposer aux sanctions contre la Russie qui affectent sa population civile comme ce fut le cas pour les peuples d’Irak et d’Iran. 

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Macron, à la faveur de la guerre cherche à bénéficier d’un effet d’union nationale. Et hélas, jusqu’à présent, partis et syndicats liés au mouvement ouvrier ont pleinement répondu à ses attentes. 

Macron en profite pour formuler ouvertement un programme de choc contre des pans entiers des conquêtes ouvrières : 

Sécurité sociale et système de santé. 

Enseignement supérieur avec facs payantes. 

Feu sur l’enseignement public, son fonctionnement, ses personnels et leur statut. 

Et surtout sans aucune retenue, il annonce la couleur quant aux retraites : 

Travailler plus longtemps avec un recul de 3 ans de l’âge de départ à la retraite. Et la suppression annoncée des régimes spéciaux. 

Il veut poursuivre et amplifier la démolition de la fonction publique et des acquis statutaires des fonctionnaires, remettre en cause leur rémunération liée à des grilles de carrière basées sur le point d’indice. 

Point d’indice bloqué depuis plus de 10 ans qui a fait reculer dramatiquement le pouvoir d’achat d’autant plus avec l’envolée actuelle de l’inflation. 

La responsabilité de notre fédération est de dénoncer l’ensemble du programme de Macron qui est la poursuite et l’amplification considérable de celui mis en œuvre depuis 5 ans. 

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Nous sommes à moins d’un mois du 1er tour des élections présidentielles et les organisations se réclamant de la défense des travailleurs ne peuvent être neutres vis-à-vis des principaux candidats des partis de la bourgeoisie, les Macron, Pécresse, Le Pen et Zemmour. 

Notre fédération doit clairement condamner leur programme et appeler à empêcher leur élection. 

Mais dès à présent dans deux domaines, avant même les élections, il est possible pour notre fédération de combattre concrètement Macron et son gouvernement. 

Sur les retraites, Macron, tout en mettant en avant sa volonté déterminée de reculer à 65 ans l’âge de départ à la retraite et de liquider les régimes spéciaux, en appelle déjà à la concertation sur son plan destructeur. Il veut s’appuyer sur des discussions-cautions avec les représentants syndicaux pour faire aboutir sa contre-réforme. 

Dès à présent, notre fédération doit indiquer qu’elle refusera toute discussion sur cette contre-réforme et qu’elle se battra bec et ongles pour l’interdire

D’ores et déjà, le gouvernement veut s’appuyer sur le Conseil d’orientation des retraites pour justifier ses mauvais coups. Le COR, s’appuyant sur la participation des représentants syndicaux, a pour ADN le soutien aux gouvernements et à leurs projets contre les travailleurs. 

Notre fédération doit donc décider de quitter enfin et sans délai le COR et s’adresser aux autres organisations syndicales pour qu’elles fassent de même. 

Ce jeudi, une grève est convoquée pour des augmentations de rémunérations et en particulier la fin du gel du point d’indice et sa substantielle revalorisation. Elle fait suite à celle du 27 janvier sur les mêmes revendications. Or rappelons que la veille, le 26 janvier, tous les représentants syndicaux avaient signé avec la ministre du blocage du point d’indice l’accord PSC qualifiée par elle de « victoire historique ». Un nouvel accord dit de méthode est en préparation sur le volet prévoyance de la PSC, accord soumis à signature avant la fin du mois. 

Il serait donc envisagé de signer, 10 jours avant le 1er tour des élections, un 5ème accord en moins d’un an avec la ministre De Montchalin. Ministre qui met en œuvre la loi de destruction de la FP et le blocage sans fin du point d’indice, tout en annonçant, comble du cynisme, son augmentation lors du prochain quinquennat. 

Il faut le dire nettement : signer avec ce gouvernement juste avant les présidentielles vaudrait appel à voter Macron et blanc-seing accordé à son programme de choc. 

Ce serait une nouvelle forfaiture contre les personnels, contre le syndicalisme, contre notre fédération. 

Cela ne peut se faire ! 

 


 

Conseil national de la FSU, le 15 mars 2022

Intervention du courant Front Unique dans le débat « Place des femmes dans la FSU »

 

Le 8 mars, La FSU était parmi les signataires de l’appel à une « grève féministe », « une déferlante pour l’égalité » ! On ne peut pas dire qu’il y ait eu une déferlante !

Car les femmes travailleuses savent très bien que tous leurs droits sont en train de régresser sous le feu des contre-réformes du gouvernement, ce dont le texte d’appel au 8 mars ne dit mot !

Par contre, c’est en masse qu’elles ont fait grève le 13 janvier contre Blanquer, le porte flingue de Macron, dont les réformes saccagent l’Éducation nationale, les statuts, et maltraitent les enseignants qui sont, dans leur grande majorité, des enseignantes.

Car que vaut le droit à l’IVG, à la contraception sans l’hôpital public ? Rappelons que ce gouvernement a réussi l’exploit de fermer des milliers de lits d’hôpitaux en pleine crise sanitaire.

Que vaut l’exigence d’un salaire égal, d’un travail moins précaire, quand le droit du travail et les statuts sont détruits et que le salaire est « au mérite » ?

Les premières victimes de la remise en cause du droit aux études, ce sont les jeunes filles issues des couches populaires, cela s’applique déjà avec Parcoursup, la réforme du lycée.

Les femmes travailleuses savent que ce gouvernement n’hésite pas à utiliser la matraque contre elles quand elles manifestent contre sa politique comme les aides-soignantes, ou le 7 mai à Paris.

Le texte d’appel au 8 mars ciblait ses attaques contre l’extrême droite. Qu’est-ce que cela signifie, à la veille des présidentielles, sinon appeler à voter pour Macron ou Pécresse ?

Et maintenant que Macron est quasiment assuré d’être réélu, il déploie un programme de choc pour accélérer la destruction de pans entiers des conquêtes ouvrières.

Le combat pour l’émancipation des femmes ne peut pas être dissocié de celui de l’ensemble des travailleurs contre la remise en cause des conquêtes sociales qui vise à ramener l’ensemble du prolétariat des dizaines d’années en arrière.

Alors pourquoi faire de la précarité, des bas salaires, de la violence, du travail déconsidéré, … une affaire de femmes ?

Et je voudrais citer cette adresse de l’organisation de femme qui fut la plus importante pendant la Commune l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés :

« La Commune, représentante du grand principe proclamant l'anéantissement de tout privilège, de toute inégalité, par là même est engagée à tenir compte des justes réclamations de la population entière sans distinction de sexe, distinction créée et maintenue par le besoin de l'antagonisme sur lequel reposent les privilèges des classes gouvernementales ».

Louise Michel, dans ses Mémoires, disait aussi :

« Parmi les plus implacables lutteurs qui combattirent l’invasion et défendirent la République comme l’aurore de la liberté, les femmes sont en nombre. » « On ne s'inquiétait guère à quel sexe on appartenait pour faire son devoir. Cette bête de question était finie » « On a voulu faire des femmes une caste, et sous la force qui les écrase à travers les événements, la sélection s’est faite ; on ne nous a pas consultées pour cela, et nous n’avons à consulter personne. Le monde nouveau nous réunira à l’humanité libre dans laquelle chaque être aura sa place. »

150 ans plus tard, les mots de ces femmes exceptionnelles doivent nous servir de guide, à nous militantes de la FSU.

Nous devons être les plus implacables combattantes pour défendre les conquêtes ouvrières que les partis bourgeois veulent réduire à néant et donc faire en sorte que notre fédération soit l’instrument de cette défense :

Parce que c’est par là que passe aujourd’hui le combat pour l’émancipation des femmes.

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Ci-dessous les motions du courant Front Unique au Conseil National de la FSU, le 16 mars 2022

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Présentation de la motion Pour l’arrêt de la guerre russe contre l’Ukraine

Depuis 21 jours en Ukraine, les troupes du Kremlin bombardent sans répit la population. Alors qu’il pensait réussir une offensive éclair, Poutine se heurte à la résistance héroïque des masses qui tentent de faire refluer l’offensive, souvent à mains nues.

Il faut aussi souligner Les différentes formes d’opposition russe à la guerre, avec comme exemple récent le passage à l’antenne de la journaliste Marina Ovsiannikova, brandissant des mots d’ordre contre la guerre et contre la propagande officielle. Le terme « courage » ne suffit pas à qualifier les actes de tous les opposants en Russie puisqu’ils risquent jusqu’à 15 ans de prison depuis la promulgation d’une loi, il y a deux semaines, suite à l’interdiction des médias officiels russes par l’Union Européenne.

En sanctionnant la Russie, les puissances occidentales ne font que rendre la résistance intérieure à Poutine plus difficile. Les sanctions ne pèsent pas sur le Kremlin. Pour s’en convaincre, il suffit de constater que les exportations d’hydrocarbures sont exclues en partie des sanctions puisque la plupart des bourgeoisies européennes ne peuvent pas se passer de la production russe.

Aujourd’hui la politique de l’UE et de la France, malgré les gesticulations de Macron, consiste à se situer à la remorque de la politique de l’OTAN, notamment par l’envoi de troupes aux frontières de l’Ukraine et une augmentation spectaculaire des budgets consacrés à l’armement et à la défense, en particulier en Allemagne.

Dans le texte action, on peut lire « La FSU milite pour une solution dans le cadre multilatéral de l’ONU ». Dans le cadre de l’ONU, aucune solution pour les masses ukrainiennes ne pourra émerger. N'ayons pas la mémoire courte : l’intervention française en Lybie a eu lieu sous l’égide de l’ONU. Pour quel résultat ? Une catastrophe humanitaire et sociale.

Il faut donc dès à présent que le CDFN mandate notre fédération pour qu’elle organise avec les autres syndicats du mouvement ouvrier une manifestation en direction de l’ambassade de Russie pour exiger le retrait des troupes russes d’Ukraine, l’arrêt de la répression contre les manifestants qui s’opposent à l’intervention du Kremlin et la libération sans délai de tous les opposants à la guerre déjà emprisonnés.

Le CDFN doit également exiger du gouvernement français le retrait des troupes françaises en Estonie et en Roumanie.

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Motion : Pour l’arrêt de la guerre russe contre l’Ukraine

L’Ukraine subit depuis trois semaines l’invasion russe avec des milliers de morts et de blessés et des millions de déplacés.

La responsabilité de la FSU est d’organiser une manifestation en lien avec les autres syndicats issus du mouvement ouvrier en direction de l’ambassade de Russie pour exiger :

Il est également de la responsabilité de notre fédération d’exiger du gouvernement Macron-Castex le retrait des troupes françaises stationnées en Estonie et en Roumanie en soutien à la politique expansionniste de l’OTAN.

(Pour : 8 / Contre : 54 / Abstention : 0 / Refus de vote : 23)

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Présentation de la motion

Pour le refus de toute concertation sur la contre-réforme annoncée des retraites

et pour le départ immédiat du Conseil d’orientation des retraites

C’est pour répondre au besoin du capital, donc du MEDEF, que Macron a annoncé le report de l’âge de la retraite à 65 ans et la suppression des régimes spéciaux. Le recul de l’impérialisme français sur l’échiquier mondial et européen rend absolument nécessaire pour les capitalistes le démantèlement de tous les acquis du prolétariat.

D’où Macron tire-t-il sa confiance pour annoncer son programme réactionnaire ?

De l’union nationale ouverte à la faveur de la guerre en Ukraine.

Du soutien des directions des organisations syndicales à sa politique. Pour preuve, la signature envisagée d’un nouvel accord avec le ministre de la FP, 10 jours avant les présidentielles.

D’un appel à voter contre l’extrême-droite qui épargne les autres candidats de la bourgeoisie, entre autres, Macron et Pécresse.

Sur les retraites, le gouvernement veut s’appuyer sur le Conseil d’orientation des retraites, organisme d’expertise et de concertation missionné par le premier ministre pour élaborer « un diagnostic partagé » et « formuler des propositions de nature à éclairer ses choix » (Sources : site du COR).

Des milliards d’exonérations de cotisations sociales ont été offertes aux patrons pour soutenir l’économie. Le diagnostic partagé avec eux ne peut donc qu’aboutir à la réforme du système de retraite. Pour les patrons, les cotisations sociales doivent retourner au capital pour continuer à engranger leur profit malgré la crise !

Participer au COR c’est donc bien apporter un soutien à un coup majeur contre les travailleurs. Coup qui est au programme de tous les partis de la bourgeoisie. 

C’est pourquoi, notre fédération doit indiquer qu’elle refusera toute discussion sur cette contre-réforme, quel que soit le cadre de concertation, et qu’elle portera le fer pour l’interdire. 

Le CDFN décide donc de la sortie de la FSU du COR et s’adresse aux autres organisations syndicales pour qu’elles fassent de même.

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Motion : Face à la nouvelle attaque annoncée par Macron contre les retraites,

refus de toute concertation de cette contre-réforme et départ immédiat du COR

Macron a annoncé une contre-réforme des retraites prévoyant en particulier le recul de l’âge de départ à la retraite à 65 ans et la liquidation des régimes spéciaux.

Pour cela le gouvernement veut s’appuyer à la fois sur la concertation avec les représentants syndicaux et sur le Conseil d’orientation des retraites pour justifier son projet.

Le CDFN de la FSU, réuni le 16 mars se prononce :

(Pour : 4 / Contre : 73 / Abstention : 0 / Refus de vote : 8)

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Présentation de la motion

Non à la signature sur le projet d’accord de méthode sur la prévoyance

La question qui est posée à travers la signature de cet accord de méthode est : Est-ce que la FSU va signer un accord avec le gouvernement quelques jours avant les élections ?

On nous explique que cette négociation sur la prévoyance est indispensable parce qu’elle re-couple la prévoyance avec la complémentaire santé qui ont été découplées par l’accord PSC et que ce découplage est une catastrophe !

Comme on nous avait expliqué qu’il fallait signer PSC à cause de l’ordonnance de février 2021. Ordonnance prise en application de la loi de transformation de la fonction publique !

Bref, La FSU serait condamnée à appliquer une loi dont elle demande l’abrogation.

Comment notre fédération peut-elle accepter de se faire dicter sa politique par le gouvernement ?

Alors à quoi sert cet accord ? C’est un accord de méthode sur les conditions dans lesquelles devront se mener les négociations sur la prévoyance. Un tel accord de méthode n’a pas de portée juridique. C’est donc une sorte de pacte entre le gouvernement et les organisations syndicales pour que se poursuive après les élections la même politique que nous avons subie depuis 5 ans avec Macron !

Et pourtant le texte Action en tire un bilan catastrophique : Démantèlement des services publics, gestion catastrophique de la crise sanitaire, atteinte aux libertés, répression, … toutes choses « qui nourrissent la progression des idées d’extrêmes droite. » 

Le texte Action explique ensuite comment Macron veut encore durcir cette politique : retraite à 65 ans, explosion de tout cadre national du service public, etc.

On pourrait s’attendre à ce qu’en conclusion, la FSU appelle à voter contre Macron, et tous les candidats qui ont le même programme.

Or le texte se conclut par … « pas une voie ne doit se porter pour l’extrême droite ! » En clair, cela signifie voter pour Macron ou Pécresse s’ils sont face à Le Pen ou Zemmour au second tour. C’est dire aux travailleurs et la jeunesse qu’ils sont condamnés à subir de nouvelles offensives anti-ouvrières

Quelle est la responsabilité de la FSU dans ce contexte ? C’est d’ouvrir une perspective.

C’est de clairement rejeter le programme de Macron qui est aussi celui de Pécresse, de Le Pen et de Zemmour. Et le rejeter pas seulement en parole mais en acte.

Et cela commence par le refus de signer ce projet d’accord de méthode sur la prévoyance.

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Motion : Non à la signature du projet d’accord de méthode sur la prévoyance

Le CDFN de la FSU se prononce contre la signature du projet d’accord de méthode sur la prévoyance. La signature avec le gouvernement d’un tel accord, à quelques jours des élections présidentielles, vaudrait soutien à Macron, président sortant et candidat.

(Pour : 8 / Contre : 62 / Abstention : 0 / Refus de vote : 15)

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Présentation de la motion

Pour l’annulation de la dissolution des associations « Palestine Vaincra » et « Action Palestine »

Le 24 février, Poutine lançait sa guerre contre l’Ukraine et ce même jour, Darmanin, à la demande de Macron, annonçait son intention de dissoudre deux associations de soutien au peuple palestinien.

Le texte Action condamne, dénonce, s’oppose à cette menace.

Mais aujourd’hui, on n’est plus face à une menace mais devant un fait tangible et avéré.

En effet, il y a tout juste une semaine, le 9 mars, le gouvernement a annoncé la dissolution du Collectif Palestine Vaincra et du Comité Action Palestine.

La responsabilité de notre fédération est donc d’exiger l’annulation immédiate de la dissolution de ces deux associations.

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Motion : Pour l’annulation de la dissolution du Collectif Palestine Vaincra et du Comité Action Palestine

Le 9 mars, le ministre de l’Intérieur a annoncé la dissolution des associations « Collectif Palestine Vaincra » basée à Toulouse et « Comité Action Palestine » à Bordeaux.

Le CDFN de la FSU réuni les 15 et 16 mars dénonce vigoureusement cette dissolution qui s’inscrit dans une offensive récurrente du gouvernement contre les libertés démocratiques, d’opinion, d’expression et d’organisation.

Le gouvernement Macron-Castex exprime ainsi encore une fois son soutien inconditionnel et indéfectible à l’État colonial d’Israël et exerce sa répression systématique contre tous ceux qui militent en défense du peuple palestinien et de ses droits nationaux.

Le CDFN de la FSU exige l’annulation immédiate de la dissolution du « Collectif Palestine Vaincra » et du « Comité Action Palestine ».

(Pour : 7 / Contre : 62 / Abstention : 0 / Refus de vote : 16)

 

 


 

 Lettre de Liaison N° 325 - 10 février 2022 :

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Au 10ème congrès national de la FSU à Metz (début février 2022), une très large majorité de délégués (*) a entériné la signature de l’accord PSC (protection sociale complémentaire) le 26 janvier, signature qui ouvre la voie à la destruction de la Sécurité sociale, acquis historique du mouvement ouvrier.
A l’opposé du quasi appel de la direction de la FSU à voter Macron (ou Pécresse) sous prétexte de « lutter contre l’extrême-droite », les travailleurs devront chercher à se saisir des organisations syndicales – dont la FSU – contre le gouvernement et les objectifs communs des candidats de la bourgeoisie (les Macron, Pécresse, Le Pen, Zemmour…).
C’est dans cette voie que peut être ouverte une issue politique conforme aux aspirations des travailleurs.

 

Intervention du représentant du courant Front Unique

à la clôture du congrès national de la FSU, le 4 février 2022

« Le congrès national de la FSU s’est tenu.

En entérinant la signature de l’accord PSC, il a renié ses positions antérieures, qui étaient les positions de toujours du mouvement ouvrier de défense de la Sécurité Sociale : « Chacun contribue selon ses moyens et a recours selon ses besoins ». Il a entériné un accord qui porte un coup de première importance à notre Sécurité Sociale fondée sur le salaire différé et socialisé.

Cette signature unanime des directions syndicales intervient quelques semaines avant les élections présidentielles.

Chacun le sait : les représentants du capital entendent utiliser le boulevard de ces élections pour porter des coups d’une brutalité inédite contre les travailleurs et la jeunesse. C’est ce qui ressort clairement des dernières déclarations du président du MEDEF.

Face à cette déferlante, malgré la signature de l’accord PSC, qui ne peut que dégoûter et décourager les travailleurs, il est inévitable que ces derniers cherchent demain à résister. Dans ce but, ils devront se saisir de leurs organisations syndicales, donc de la FSU.

Ils chercheront par conséquent à mettre ces organisations à leur service.

C’est pourquoi il est nécessaire de dire avant le terme de ce congrès, ce qu’ils sont en droit d’exiger d’elles.

C’est la responsabilité de la FSU de rejeter l’objectif affirmé du MEDEF de « réduire le coût du travail ».

C’est la responsabilité de la FSU de rejeter les déclarations de Macron indiquant que « la protection sociale doit moins peser sur le travail », mais aussi celles de Pécresse qui martèle que pour augmenter les salaires, il faut diminuer les cotisations sociales.

C’est sa responsabilité de rejeter l’exigence du MEDEF de diminution massive de l’impôt sur le capital, et de réduction de l’ensemble des budgets sociaux qui en est la conséquence inévitable.

Mais c’est aussi sa responsabilité :

C’est la responsabilité de la FSU de rejeter les objectifs communs des Macron, Pécresse, Le Pen, Zemmour :

C’est la responsabilité de la FSU de se prononcer pour le retrait immédiat de toutes les troupes impérialistes françaises des pays où elles stationnent.

Rejeter, autrement que dans les mots, ce programme commun de tous les candidats du capital, c’est dire dès maintenant que la FSU ne participera à aucune des instances de « dialogue social » visant à mettre en œuvre ce programme. C’est dès maintenant : quitter les concertations, que ce soit le COR, les groupes de travail d’application de la loi Rilhac ou l’« expérimentation » de Marseille), qui avant même les élections commencent à mettre en œuvre ce programme.

Une question immédiate est posée, celle de l’inflation, qui lamine le pouvoir d’achat des travailleurs.

La responsabilité de la FSU est d’indiquer que le combat pour l’augmentation massive des salaires passe par la défense inconditionnelle de la grille de la fonction publique et du point d’indice. C’est donc de revendiquer l’augmentation massive de la valeur du point, à l’exclusion de toute forme d’individualisation des rémunérations, et d’œuvrer à ce que se constitue le front uni des organisations syndicales pour faire valoir ces revendications.

C’est à condition d’adopter une telle orientation que la FSU peut contribuer à ce que soit ouverte, pour les travailleurs de ce pays, une issue politique conforme à leurs aspirations. »


(*) Une motion commune des courants Émancipation-URIS-Front Unique (« La FSU retire sa signature de l’accord interministériel sur la PSC. ») a été soumise au congrès le mercredi 2 février. Elle a recueilli 52 voix pour (522 contre ; 8 abstentions ; 17 refus de vote).

 

Toutes les motions du courant Front Unique et leur présentation ci-dessous

 

 

 


 

Toutes les motions du courant Front Unique et leur présentation

au 10ème congrès national de la FSU (Metz du 31 janvier au 4 février 2022)

 

Présentation de la motion Front Unique

Pour la défense de l’université publique contre l’université-entreprise payante

Macron, le 13 janvier, face aux présidents d'université déclarait : « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l'enseignement supérieur n'a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants. » Il jubilait : enfin, la bourgeoisie française est en passe de réaliser son programme défini depuis les années 60, de rattraper son retard vis-à-vis de ses concurrents anglais ou américains, avec des frais d'inscription prohibitifs, des étudiants endettés à vie avant même d'être entrés dans la vie active...

D'où vient l'assurance de Macron ? Du dialogue social. Après Parcoursup, la LPR a été longuement discutée avec les dirigeants syndicaux : si les syndiqués ont en définitive empêché la signature par la FSU du protocole d'accord, les dirigeants des syndicats de notre fédération se sont rués sur les discussions portant sur les décrets d'application : et maintenant, les décrets s'appliquent !

Et chaque fois que la jeunesse a cherché les voies du combat contre ces contre-réformes, elle a eu droit à la répression : les flics dans les facs, c'est pour ma génération une réalité systématique. Et pour les jeunes qui cherchent à s'organiser, très vite, ils sont chassés de leurs propres lieux d'études : par les flics, par les nervis d'extrême-droite comme à Montpellier. Et les dirigeants syndicaux, n'étaient pas là pour nous défendre ! Pendant qu’ils discutent avec le gouvernement, lui, il nous somme de nous taire et de nous mettre à genoux, comme les lycéens de Mantes-La-Jolie. On ne peut pas dialoguer avec le gouvernement et en même temps défendre la jeunesse face à lui et sa police.

Alors, face à l'offensive qu'annonce Macron, mais qui est aussi bien celle de la ministre de la LRU Pécresse, nous attendons de nos organisations syndicales qu'elles soient claires : que Macron ravale ses provocations, que la FSU et ses syndicats rejettent son programme ! Elles refuseront toute association à ce programme sous couvert de « dialogue social ».

C'est le sens de la motion Front Unique.


Motion : Pour la défense de l’université publique contre l’université-entreprise payante

Le 13 Janvier, devant les présidents d’université, Macron a annoncé le programme de la bourgeoisie menant à son terme l’œuvre de destruction de l’ESR entreprise par la LRU, Parcoursup et la LPR :
- L’université payante qui contraindrait les étudiants à s’endetter, et qui aurait pour premier effet l’exclusion de la jeunesse des couches populaires ;
- La généralisation de Parcoursup qui organiserait le tri sélectif des étudiants du collège jusqu’au master ;
- L’apprentissage et la « formation tout au long de la vie », destructeurs du caractère national des diplômes, privant la jeunesse de qualification, pour en faire une main-d’œuvre taillable et corvéable à merci pour le patronat ;

  • - La transformation de l’université publique en université-entreprise dont les allocations de moyens devraient dépendre des critères de rentabilité définis par la LPR (contrats, bibliométrie, mobilité vers le privé, création de startups, embauche de précaires …) ;

  • La transformation des organismes de recherche (CNRS, INSERM…) en agences de moyens avec le transfert du personnel de ces organismes aux universités. Le congrès de la FSU rejette, sans appel, ce programme. Il décide que la fédération ne participera d’aucune manière à la mise en œuvre d’un tel programme, et rendra publique sa position.

    (Pour : 49 / Contre : 384 / Abst : 51 / Refus de vote : 84) 
     

    Présentation de la motion Front Unique

    Pour l’abrogation de la loi Rilhac et le retrait de l’expérimentation de Marseille

    Avec la promulgation de la loi Rilhac le 21 décembre 2021, le gouvernement Macron-Castex-Blanquer concrétise un objectif poursuivi depuis de nombreuses années par les gouvernements précédents : instaurer un supérieur hiérarchique au sein des écoles.

    En effet, la loi opère un changement radical dans le fonctionnement des écoles primaires en dotant leur directrice et directeur d’une « autorité » dite « fonctionnelle ». Si ce caractère « fonctionnel » est encore mal défini, ce qui compte, c’est l’instauration de cette « autorité » qui sera précisée par décrets.

    C’est un bouleversement historique.

    Mais le gouvernement n’a pas attendu la promulgation de cette loi pour la mettre en pratique.

    L’annonce, en septembre dernier, du lancement de l’expérimentation de Marseille nous éclaire sur les véritables objectifs de ce gouvernement :

    - gérer l’école publique comme les écoles privées en les dotant d’un directeur ou d’une directrice « supérieur(e) hiérarchique » ;

    - permettre aux directrices et directeurs de recruter les enseignants sur postes à exigences particulières autrement dit des postes à profil ...

    Le gouvernement exprime ainsi un double objectif : détruire l’école publique et par conséquent en finir avec les statuts des enseignants du primaire.

    La Fsu écrit qu’elle exige l’abrogation de la loi Rilhac. Dont acte.

    Le SNUipp-FSU précise dans sa lettre aux adhérents directeurs et directrices que bien que les décrets ne soient pas encore publiés, la loi est déjà assez limpide... Et pourtant, elle précise qu’elle pèsera de tout son poids sur l’écriture des décrets d’application de cette même loi.

    Camarades, on ne peut exiger l’abrogation d’une loi et, en même temps, discuter de ses décrets d’applications car discuter des décrets c’est accepter ladite loi.

    On ne peut s’opposer à cette loi tout en laissant l’expérimentation de Marseille prendre corps !

    Camarades, la FSU doit refuser de participer aux discussions sur les décrets d’applications et exiger l’arrêt immédiat de l’expérimentation de Marseille, expérimentation qui concerne l’ensemble de la profession et pas seulement les collègues de Marseille comme cela a été rappelé tout à l’heure.

    C’est le sens de la motion que nous soumettons au vote.


     

    Motion : Pour l’abrogation de la loi Rilhac et le retrait de l’expérimentation de Marseille

    La loi Rilhac sur la direction d’école a été promulguée le 21 décembre 2021. L’étape suivante est la rédaction des décrets d’application.

    Parallèlement, la mise en place de l’expérimentation de Marseille se poursuit malgré l’opposition des collègues, expérimentation qui anticipe l’application de la loi Rilhac.

    Le congrès national de la FSU, réuni le 3 février 2022 se prononce :

    - pour l’abrogation de la loi Rilhac, et donc pour refuser toutes discussions concernant ses décrets d’application ;

    - pour l’arrêt immédiat de l’expérimentation de Marseille et pour refuser toutes discussions sur sa mise en œuvre.

    (Pour : 46 / Contre : 416 / Abstention : 30 / Refus de vote : 76)


     

    Présentation de la motion

    Pour la défense des garanties statutaires et l’augmentation massive du point d’indice

    Les fonctionnaires sont aujourd’hui confrontés à une diminution brutale de leur pouvoir d’achat :

    - blocage quasi total du point d’indice depuis 10 ans

    - reprise de l’inflation qui touche plus violemment les petits salaires à travers l’augmentation des dépenses incompressibles.

    La revendication d’augmentation générale des salaires est donc urgente. Mais il faut préciser.

    Lorsque le gouvernement, ses ministres Montchalin ou Blanquer parlent d’augmentation de salaire, ils expliquent : il faut « personnaliser les carrières. Le Grenelle de l’Éducation disait la même chose. 

    Montchalin avait convoqué la Conférence salariale en expliquant d’emblée : le système d’augmentation par la hausse du point d’indice est « à bout de souffle ».

    C’est à juste titre que la FSU avec la CGT et Solidaires, comme l’avait déjà fait FO, a décidé de quitter cette conférence. Néanmoins, Macron président comme le quasi candidat Macron n’a pas renoncé. Dans sa dernière déclaration, début janvier, il annonçait : « Il faut sans doute revaloriser les enseignants mais il faut surtout redéfinir leur service : annualisation, contribution aux tâches périscolaires, formation pendant les vacances. »

    Alors, si la « revalorisation générale des salaires et des pensions relève d’une revendication d’urgence » comme il est écrit dans le texte soumis au congrès ;

    Si, encore une fois comme indiqué, « la FSU refuse le conditionnement de la revalorisation à toute forme de contrepartie », notre congrès doit se prononcer clairement :

    - contre toute individualisation des salaires, contre le « salaire au mérite » ;

    - contre la soumission de la progression de carrière à l’arbitraire de la hiérarchie ;

    - pour la défense du point d’indice comme élément déterminant du salaire et pour la défense de la grille de la fonction publique.

    Il doit donc dénoncer les propos provocateurs de Macron visant à la destruction des garanties statutaires des enseignants.

    Il doit, en conséquence, et dans la continuité de sa décision de quitter la « conférence salariale », refuser de participer à toute concertation sur l’objectif de détruire les garanties statutaires.

    Il doit au contraire rechercher tous les moyens de l’action efficace dans l’unité des organisations syndicales pour l’augmentation des salaires de tous les fonctionnaires par l’augmentation massive de la valeur du point d’indice.


     

    Motion : Pour la défense des garanties statutaires et l’augmentation massive du point d’indice

    Le congrès de la FSU se prononce :

    - contre toute individualisation des salaires, contre le « salaire au mérite »

    - contre la soumission de la progression de carrière à l’arbitraire de la hiérarchie

    - pour la défense du point d’indice comme élément déterminant du salaire et pour la défense de la grille de la fonction publique

    Il dénonce les propos provocateurs de Macron visant à la destruction des garanties statutaires des enseignants

    Il indique, dans la continuité de sa décision de quitter la « conférence salariale », refuser de participer à toute concertation sur l’objectif de détruire les garanties statutaires.

    Il recherche, au contraire, tous les moyens de l’action efficace dans l’unité des organisations syndicales pour l’augmentation des salaires de tous les fonctionnaires par l’augmentation massive de la valeur du point d’indice.

    (Pour : 41 / Contre : 481 / Abst : 8 / Refus de vote : 69)


     

    Présentation de la motion commune Émancipation-URIS-Front Unique

    Pour que la FSU retire sa signature de l’accord interministériel sur la PSC

    Le texte du thème 2 sur la PSC (protection sociale complémentaire) indique que la « réforme s’inscrit dans le cadre d’une politique qui accroît les inégalités et affaiblit les services publics tout en diminuant le droit des personnels ».

    Le texte initial indiquait « que la FSU agirait pour que les agents conservent leur liberté de choix » et que « la participation de l’employeur ne justifiait pas la contrainte ».

    En effet comme d’autres camarades l’ont montré, la réforme de la PSC, c’est le cheval de Troie pour liquider la sécurité sociale.

    Le texte initial se proposait d’informer les agents de l’enjeu de la réforme de la PSC. Mais alors que les congrès départementaux se tenaient, 4 jours avant notre congrès national, les directions syndicales, dont celle de la FSU, se sont rendues à l’injonction gouvernementale. Elles ont signé l’accord la veille d’une journée d’action pour les salaires.

    Les congrès départementaux se sont tenus sans que les syndiqués disposent des éléments nécessaires pour se prononcer.

    Le congrès du Gard auquel j’ai participé et qui a examiné les enjeux de la réforme s’est prononcé unanimement contre la signature.

    Quant aux personnels, ils n’en ont pas entendu parler.

    La réforme de la PSC, c’est aussi une offensive contre l’existence de syndicats indépendants :

    Elle prévoit la mise en place de comités ministériels de « suivi et de pilotage » des contrats collectifs dans lesquels les organisations syndicales seraient associées à la mise en œuvre de la réforme, c’est-à-dire au démantèlement de la sécurité sociale.

    Rien n’oblige les organisations syndicales à se soumettre au chantage gouvernemental. Elles doivent au contraire le dénoncer et le combattre, ce qui signifie aujourd’hui le retrait de la signature de la FSU.


     

    Motion commune des courants Émancipation-URIS-Front Unique

    « La FSU retire sa signature de l’accord interministériel sur la PSC. »

    (Pour : 52 voix / Contre : 522 / Abst : 8 / Refus de vote : 17)


     

    Présentation de la motion Front Unique

    Pour le retrait des troupes française du Sahel

    Lorsqu’un enfant, armé d’un lance-pierre, abat un drone de l’armée française lors d’une manifestation visant à empêcher les convois militaires de l’opération Barkhane de circuler, le droit des peuples à disposer d’eux-même se manifeste de la manière la plus concrète et la plus immédiate.

    C’est ce qui s’est produit en novembre dernier au Burkina Faso.

    Depuis 2013, l’État français intervient au Mali pour préserver les intérêts du capitalisme français qu’ils se nomment, Bolloré, Areva, Orange ou même Dassault, qui se frotte les mains dès qu’un Rafale peut faire la démonstration de son efficacité.

    Malgré la constance de la politique française au Sahel, incarnée par Jean-Yves Le Drian, passé du gouvernement Hollande au gouvernement Macron, l’État français n’a toujours pas réussi à stabiliser la situation à son profit.

    Il est même dans la plus grande difficulté à mesure que ses hommes de paille au Tchad, au Mali, au Burkina Faso lui font défaut et que ses concurrents russes tentent de lui damer le pion.

    L’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali est un revers cinglant pour le gouvernement Macron.

    Mais surtout, c’est le rejet massif par les peuples du Sahel de la présence militaire française qui empêche le gouvernement français d’espérer se maintenir sous la même forme.

    Dans ces conditions, le chargé d’affaires des intérêts du capitalisme français, E. Macron tente de sauver les meubles en rhabillant l’opération Barkhane sous les habits du multilatéralisme en tentant d’agréger autour des troupes françaises les forces de ses alliés de l’Union européenne ou de la Cédéao. Mais le moins qu’on puisse dire c’est que ses alliés renâclent à mettre les pieds dans le bourbier du pré carré français qui ressemble de plus en plus à un champ de patates. Bien mal en a pris aux forces spéciales danoises de la force Takuba qui ont annoncé qu’elles se retiraient du Mali.

    Mais peut-être, certains croient aux sornettes de la lutte contre le djihadisme. Il suffit de porter son regard sur la situation de l’Afghanistan, après 20 ans d’intervention militaire impérialiste dans le plus parfait multilatéralisme et avec la sanction de l’ONU, pour comprendre ce qu’il en est réellement.

    D’autres croient peut-être à l’alibi de la défense de la démocratie, l’adoubement par E. Macron du fils du renommé dictateur du Tchad Idriss Deby suffit à y répondre.

    C’est pourquoi, en soutien aux peuples du Sahel, notre congrès doit se prononcer clairement et sans équivoque  pour le retrait immédiat et sans condition des troupes françaises au Sahel.

    C’est le sens de la motion Front Unique.


     
    Motion : Pour le retrait des troupes françaises du Sahel
    Considérant que la présence militaire française au Sahel n’a d’autres objectifs que la préservation des intérêts du capitalisme français.

    Le congrès de la F.S.U. se prononce pour le retrait immédiat et sans condition des troupes françaises du Sahel.

    (Pour : 49 / Contre : 366 / Abst : 10 / Refus de vote : 160)


     

    Présentation de la motion Front Unique

    Contre la répression dans les territoires d’Outre-mer

    J’interviens au titre du courant front unique et je défends la motion adoptée à l’unanimité par le congrès du SD 63 que nous reprenons à notre compte.

    En novembre 2021, un mouvement de classe d’une certaine importance dans les territoires d’outre-mer et notamment en Guadeloupe. C’est d’ailleurs un mouvement qui répond à l’appel à la grève générale de plusieurs organisations syndicales, ce qui n’est pas si courant avouons-nous-le, et cela fait écho à la grève historique de 2009.

    Face à cela, le gouvernement a répondu par l’envoi de renforts de police, le GIGN, le RAID. C’est dans ce cadre que certains militants ou syndicalistes ont été arrêtés, et poursuivis en justice, comme c’est le cas d’Éli Domota., qui précisément représente la grève de 2009.

    Si on regarde la plateforme de l’appel à la grève, on remarque qu’elle dénonce la suspension sans salaire des travailleurs de la santé non vaccinés, alors que depuis les soignants positifs ont été envoyés au travail.

    Quant à la situation économique et sociale elle n’a guère changé depuis plus de dix ans, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons adopté à l’unanimité la motion présentée ce matin par les sections d’outre-mer.

    On pourrait ajouter bien des choses sur la question de la répression outre-mer, mais l’arrestation et la poursuite en justice de militants et de syndicalistes, n’est pas une question guadeloupéenne, mais une question qui concerne l’ensemble du syndicalisme.

    C’est pour cette raison que nous nous adressons au congrès pour qu’il reprenne à son compte la position du congrès du SD 63.


     

    Motion unanime du congrès départemental FSU 63

    contre la répression dans les territoires d’outre-mer,

    soumise par le courant Front Unique au vote du congrès national

    « Face aux mouvements et à l’appel à la grève générale dans les territoires et collectivités d’outre-mer, et en particulier la Guadeloupe, le gouvernement Macron-Castex a répondu par la répression : envoi de troupes supplémentaires, arrestations, dont celle d’Éli Domota le 31 décembre, et mises en garde à vue.

    Le congrès départemental de la FSU, exige l’arrêt de la répression dans les territoires ultramarins, et la levée de toutes les poursuites contre les militants syndicaux, les grévistes, dont Éli Domota. »

    (Pour : 50 / Contre : 463 / Abst : 3 / Refus de vote : 69)


     

    Présentation de la motion Front Unique

    Pour l’arrêt immédiat de la répression en Algérie

    Il y a un manque dans le texte : c’est la question de la répression en Algérie.

    Cela nous concerne, pour une question de solidarité comme pour notre propre combat.

    Car notre gouvernement est au premier rang du soutien apporté à la dictature algérienne, qu’il conforte et légitime à travers sa politique.

    Certes, le Hirak ne fait plus l’actualité.

    Pour autant, le gouvernement Tebboune plie toujours sur les coups de la mobilisation des jeunes et des travailleurs.

    A l’heure où sont supprimées en Algérie les subventions aux produits de première nécessité, plongeant un peu plus dans la misère la population, le pouvoir algérien a besoin de museler son peuple et la jeunesse, d’empêcher par la force que s’exprime son rejet et les revendications. Il compte sur l’accentuation de la répression.

    Le mouvement syndical français doit rompre le silence et exprimer de toute urgence la solidarité avec les travailleurs et jeunes algériens, pour les libertés démocratiques et les droits à s’organiser. Nous présentons la mention à cet effet.


     

    Motion : Pour l’arrêt immédiat de la répression en Algérie

    Le congrès national de la FSU exprime sa totale solidarité avec les travailleurs et les jeunes algériens en lutte permanente pour les libertés démocratiques et le droit à s’organiser. En conséquence le congrès se prononce pour :

    - La libération de Fetih Gheras, dirigeant du MDS, qui vient d’être condamné à deux ans de prison, et des autres militants emprisonnés.

    - La levée de la suspension prise contre le PST, et de l’interdiction de création de sections syndicales, pour le libre droit d’organisation syndicale et politique

    - L’annulation des peines prononcées contre les travailleurs et syndicalistes de Numilog.

    A cet effet le congrès mandate la direction de la FSU pour envoyer une délégation à l’ambassade d’Algérie pour défendre ces exigences.

    (Pour : 48 / Contre : 359 / Abst : 12 / Refus de vote : 166)


     

    Motion Front Unique

    Pour l’arrêt des procédures engagées par le gouvernement contre « Nantes Révoltée »

    Le congrès national de la FSU exige solennellement l’arrêt de la procédure de dissolution annoncée par G. Darmanin, ministre de l’Intérieur, à l’encontre du média « Nantes Révoltée ».

    (Pour : 127 / Contre : 274 / Abst : 16 / Refus de vote : 168)

     

     


     

     Lettre de Liaison N° 324 - 31 janvier 2022 :

    [Version pdf]

     

     
    Pour que le congrès national de la FSU décide de retirer la signature sur l’accord dit de protection sociale complémentaire (PSC)

     

    Intervention de la représentante du courant Front unique

    à l’ouverture du 10ème congrès de la FSU à Metz, le 31 janvier 2022

     

    Camarades,

     

    Le 26 janvier, la ministre de la fonction publique et du blocage du point d’indice, Amélie de Montchalin, a recueilli la signature de toutes les organisations syndicales sur l’accord dit de protection sociale complémentaire.

    Par un tweet, elle a célébré l'événement en le qualifiant de "victoire historique" et a fait publier une photo où on voit cette ex-cadre d'AXA entourée par tous les représentants syndicaux.

    Oui, camarades ! Jour d’allégresse pour De Montchalin, pour le gouvernement Macron, pour le MEDEF. Jour de sinistre défaite pour la classe ouvrière et le prolétariat dans son ensemble. Mais une défaite singulière puisque les travailleurs n’ont pas même eu leur mot à dire ou la possibilité de combattre, la défaite étant scellée par la signature des dirigeants syndicaux unanimes.

    Il faut d’ailleurs le dire : cette signature s’est faite dans le dos des syndiqués qui pour leur immense majorité n’ont pas été informés des enjeux et qui ont souvent découvert, lorsque des militants les en ont informés, la signature de leur organisation dans la manifestation du 27 Janvier

    Il est inutile de rentrer dans le menu détail de l’accord.

    Il suffit de dire qu’instaurant l’obligation de contracter une protection sociale complémentaire, il pose le cadre indispensable pour le transfert jusqu’à liquidation complète de la Sécurité Sociale au profit des assurances privées.

    Il suffit de dire qu’il pose le principe de la rupture du lien intergénérationnel puisque la cotisation des retraités – à laquelle l’État ne contribuera pas - pourra se monter jusqu’à 175 % de la « cotisation d’équilibre ».

    Il suffit de dire que l’accord instaure non seulement une inégalité entre actifs et retraités mais même entre fonctionnaires des différents ministères, puisque le montant de la dite cotisation dépendra du contrat particulier passé dans tel ou tel ministère avec tel ou tel assureur en fonction de la pyramide des âges, du ratio actifs/ retraités.

    Avec cet accord une nouvelle vanne est ouverte pour le flot ininterrompu d’attaques pour la destruction complète de la Sécurité sociale, notre Sécu, cette institution ouvrière résultat du combat glorieux de la classe ouvrière de ce pays à la libération.

    Il n’est pas étonnant que le 24 Janvier, quelques jours après l’annonce de la signature de la direction de la CGT, Geoffroy de Roux de Bézieux présente le « programme » du Medef pour l’après présidentielles.

    Dans ce programme, le maître mot : baisser le coût du travail, c’est-à-dire augmenter l’exploitation de la force de travail.

    Et pour ce faire, encore et toujours, en finir avec les cotisations patronales, avec le salaire différé ; Ainsi en rend compte Le Monde :

    « Le mouvement d’employeurs milite également pour un allègement du coût du travail, l’idée étant de remplacer des contributions patronales par des « prélèvements fiscaux » (CSG ou TVA) »

    Les candidats aux présidentielles favoris du MEDEF avaient comme de juste précédé les désirs de celui-ci.

    Macron avait lui même déclaré qu’il fallait « cesser de faire porter la protection sociale sur le travail » (il faut comprendre cesser de faire financer la protection sociale sur les cotisations patronales, salaire différé et socialisé).

    Pécresse propose, quant à elle, d’augmenter les salaires par diminution des cotisations.

    Pour tous , leur seul mot d’ordre : « La Sécurité Sociale doit être détruite »

     

    Il n’est pas étonnant non plus que dans le même temps, le Conseil d’orientation des retraites – avec l’ensemble des directions syndicales – soit saisi de l’étude « des conséquences du passage de l’âge légal de la retraite à 64 ans ».

    Le chemin des prochaines contre-réformes doit être dès maintenant pavé, et pour ce faire, il faut associer étroitement les directions syndicales.

     

    Alors, camarades, nous avons entendu cette rhétorique consternante :

    « Nous signons, mais nous sommes contre ! » « Nous signons, mais nous continuerons le combat ». « Nous signons mais nous conservons notre objectif du 100 % Sécu ».

     

    Quelle mascarade !

    L’accord, c’est l’accord 100 % destruction de la Sécurité Sociale.

    Les travailleurs jugent sur les faits : les dirigeants signent, c’est-à-dire qu’ils approuvent.

    Tout le reste est littérature.

    Dans un peu plus de deux mois, auront lieu les présidentielles.

    Tous les travailleurs savent qu’ils ne peuvent rien espérer de ces élections car c’est le produit de décennies de trahisons des partis qu’ils ont dans le passé portés au pouvoir et qui ont avec constance pris en charge les exigences de la bourgeoisie.

    Mais les travailleurs savent aussi que ces élections vont constituer une rampe de lancement pour porter à un niveau inédit les attaques tous azimuts contre leurs acquis, comme contre ceux de la jeunesse.

    Notre congrès n’a pas à lui seul les moyens de renverser les rapports de force.

    Mais il peut prendre les mesures immédiates de rupture avec le gouvernement Macron.

    Il peut de manière immédiate se disposer contre l’offensive qui se prépare en prenant position, en rejetant l’ensemble des projets de contre réformes d’ores et déjà annoncées.

    Il peut, pour ce faire, s’appuyer sur la volonté des travailleurs de résister, dont par exemple témoigne la participation massive au 13 Janvier

    Il est scandaleux que quelques jours avant l'ouverture de notre congrès, instance souveraine de notre fédération, la direction, pour apporter au gouvernement sa signature, ait court-circuité notre congrès et bafoué les mandats fédéraux adoptés à Clermont-Ferrand en décembre 2019.

    Le congrès peut et doit légitimement décider que la FSU retire sa signature de l’accord PSC !

     

     


     

     

     Lettre de Liaison N° 323 - 26 janvier 2022 :

    [Version pdf]

     

     
    Le gouvernement a obtenu la signature de toutes les organisations syndicales de fonctionnaires sur son accord scélérat

     « protection sociale complémentaire », véritable cheval de Troie pour la destruction de la sécurité sociale.

    Dès à présent, il faut combattre à tous les niveaux pour le retrait des signatures de la FSU, de la CGT et de FO.

     

    Au Conseil national de la FSU du 25 janvier 2022,

    interventions du courant Front Unique contre la signature de l’accord PSC ::

    « Le projet d’accord PSC (Protection sociale complémentaire) découle notamment de la loi du 6 août 2019 dite de transformation de la Fonction publique.« Le projet d’accord PSC (Protection sociale complémentaire) découle notamment de la loi du 6 août 2019 dite de transformation de la Fonction publique.

    Celle-ci a liquidé les prérogatives des Commissions paritaires pour les mutations et les promotions. Et elle a permis d’augmenter drastiquement le temps de travail des agents des collectivités territoriales et de restreindre fortement leur droit de grève. Notre fédération s’est clairement prononcée pour son abrogation.

    Avec le projet PSC, le gouvernement Macron-Castex veut franchir un palier décisif vers la destruction de la sécurité sociale. Beaucoup a déjà été fait dans cette voie :

    Avec les exonérations massives des cotisations patronales – qui sont du salaire différé – et le tarissement du budget de la sécurité sociale qui en résulte.

    Et avec la montée en puissance de la CSG qui a permis au gouvernement de mettre la main sur le budget de la Sécu.

    L’accord PSC marquerait un saut qualitatif contre la Sécu.

    Tant que la complémentaire santé a un caractère facultatif et que son choix reste libre, l’Assurance maladie de la Sécurité sociale demeure la seule institution de Santé ayant un caractère obligatoire.

    Avec son principe « chacun participe selon ses moyens et bénéficie selon ses besoins », la Sécu s’oppose totalement à la logique du marché et des profits.

    La volonté exorbitante du gouvernement d’imposer la souscription obligatoire au contrat collectif choisi par les ministères prouve ses intentions.

    En voulant placer à côté de l’Assurance maladie obligatoire, une complémentaire santé obligatoire privée qu’il choisirait, le gouvernement pourrait à sa guise opérer un transfert des prises en charge de la première, en asséchant ses moyens, à la seconde qui augmenterait ses tarifs et réduirait ses prestations.

    De plus cette complémentaire briserait les solidarités intergénérationnelles avec pour les retraités des tarifs prohibitifs sans commune mesure avec ceux des actifs, en particulier pour les plus petites pensions.

    Tout cela est aux antipodes de nos mandats de congrès de 2019 comme notre direction fédérale est obligée de le reconnaître.

    Il n’y a donc qu’une conclusion à en tirer : le respect de notre congrès, instance souveraine de notre fédération, le respect des mandats en vigueur ne peut que nous conduire à refuser la signature demandée par le gouvernement.

    Mais notre direction veut s’affranchir de nos principes démocratiques. Alors que notre congrès ouvre ses travaux dans moins d’une semaine, elle voudrait décider à sa place, considérant qu’il doit devenir une simple chambre d’enregistrement de décisions illégitimes.

    Quels sont les arguments de notre direction pour justifier un tel forfait ?

    On peut les résumer ainsi :

    Le gouvernement nous demande de signer un accord qui bafoue nos mandats mais si nous refusons, il appliquerait une version encore pire. Notre direction fédérale évoque de la part du gouvernement « une sorte de chantage ».

    Et depuis quand une organisation syndicale constituée pour défendre les intérêts et la dignité des personnels devrait céder au chantage au lieu de le dénoncer publiquement ?

    Pourquoi notre direction n’engage-t-elle pas la mobilisation contre les maîtres-chanteurs ?

    Pourquoi n’œuvre-t-elle pas à constituer un front uni des syndicats pour la défense inconditionnelle de la sécurité sociale ?

    Dans tous les domaines, les gouvernements présidés par Macron ont porté des coups majeurs aux travailleurs, à la jeunesse, aux chômeurs, aux retraités, aux manifestants et aux migrants.

    Toutes ces arguments convergent vers la seule conclusion possible : le refus de signer !

    Mais il y a des éléments supplémentaires de contexte.

    Le 13 janvier, les enseignants, et en particulier ceux des écoles, se sont dressés contre le gouvernement et son ministre Blanquer.

    Comment appeler à la grève le 27 janvier contre le gouvernement en envisageant de signer la veille avec la ministre de Montchalin, ancienne cadre du groupe d’assurance AXA ?

    Chacun sait comment le gouvernement mettra en scène devant les medias la cérémonie de signature.

    Et nous pouvons imaginer comment les fonctionnaires dont les traitements sont dramatiquement bloqués depuis 10 ans ressentiraient une telle trahison qui plus est au moment où l’inflation galope.

    A 2 mois et demi du 1er tour des présidentielles, signer un accord dont l’application est prévue en 2024 ne pourrait que signifier le soutien au gouvernement et le souhait de la réélection de Macron. Et ce alors que ce dernier vient de formuler son programme à venir contre les enseignants et les Universités.

    Les directions de la CGT et de FO fonction publique ont décidé de bafouer leurs positions de congrès. Elles devront en rendre compte.

    Notre fédération, au contraire, doit pleinement respecter nos mandats fédéraux et refuser de signer l’inacceptable projet PSC. »

    -------------------------------------------------------------------

    Après le vote sur la signature (101 pour ; 21 contre ; 9 abst ; 9 refus de vote), le courant Front Unique a fait la déclaration suivante :

    « Des camarades ont utilisé un vocabulaire très explicite pour qualifier les agissements du gouvernement sur l’accord PSC : chantage ; pistolet sur la tempe ; couteau sous la gorge.

    Mais en 2022, me semble-t-il, il est encore possible de résister au gouvernement sans risquer l’emprisonnement et la torture !

    Nous savons que ce sont les actes qui comptent. L’unique signification de la signature, c’est l’approbation du texte proposé. Prétendre le contraire, c’est se payer de mots : il n’y a pas de signature d’opposition, de mobilisation ou de combat.

    Certains ont indiqué qu’il ne faudrait pas s’isoler des autres organisations syndicales et qu’il faut constituer avec elles un front syndical.

    Mais demain, avec la ministre lors de la signature, ce n’est pas un front syndical qu’on verra au ministère mais une association avec le gouvernement, gouvernement de guerre contre les travailleurs.

    Dans ces conditions, refuser la signature aurait valu refus de s’associer avec le gouvernement sur son projet scélérat. Et aurait sauvé l’honneur du syndicalisme, ce qui par les temps présents aurait été appréciable.

    Comme je l’ai dit au Bureau national du 17 janvier, le courant Front Unique considère que ce Conseil national n’avait pas la légitimité pour remettre en cause les mandats du congrès de Clermont-Ferrand. Nous combattrons donc au congrès de Metz pour le retrait de la signature sur l’accord PSC. »

     



    Congrès départemental de la FSU du Gard (Nîmes – le 11 janvier 2022)

    Motion adoptée à l’unanimité des 20 votants

    Non à la signature du protocole sur la protection sociale complémentaire

     

    Le congrès départemental de la FSU du Gard, réuni les 10 et 11 janvier 2022 :

     

    -attaché à la défense de la Sécurité Sociale : « Chacun contribue en fonction de ses moyens et a recours à la Sécurité Sociale en fonction de ses besoins »

    -considérant que le protocole d’accord sur la Protection sociale complémentaire se situe à l’inverse de ses principes (différence de contribution actif, retraité, et selon l’âge des retraités) ;

    -considérant que l’obligation d’affiliation s’inscrit dans une stratégie du gouvernement de liquider progressivement la prise en charge par la Sécurité Sociale au profit des assurances privées ;

    se prononce contre la signature par la fédération du protocole d’accord sur la protection sociale complémentaire.

    La FSU s’adressera aux autres fédérations de fonctionnaires pour que cette position soit la position commune des fédérations.

     

     Lettre de Liaison N° 322 - 8 janvier 2022 :

    [Version pdf]

     

    Le projet gouvernemental sur la « protection sociale complémentaire » FP est un véritable cheval de Troie pour la destruction de la sécurité sociale.

    Dirigeants syndicaux des fédérations de fonctionnaires (CGT, FO, FSU), ne signez pas cet accord ! Multiplions les initiatives pour empêcher cette signature !

     

    Le gouvernement Macron-Castex-Véran somme les directions syndicales de signer l’accord sur la « protection sociale complémentaire » dans la fonction publique (PSC) avec la date butoir du 26 janvier.

    De quoi s’agit il ?

    A la suite de l’« accord national interprofessionnel » de 2013, négocié par l’ensemble des directions syndicales (la CGT et FO n’ont pas signé), la loi dite de « Sécurisation de l’emploi » a instauré l’obligation pour les entreprises d’affilier les salariés à une mutuelle ou assurance privée complémentaire santé. En vertu de cette loi, le patron doit financer ladite complémentaire à hauteur de 50 %, le reste étant à charge du travailleur.

    C’est cette même mesure que le gouvernement Macron entend étendre aux fonctionnaires d’État, via cet accord négocié pendant de longs mois par toutes les directions syndicales.

     

    L’objectif : détruire la Sécurité Sociale

    Dans le même temps, les caisses de la Sécurité Sociale ont été systématiquement vidées par l’exonération des cotisations patronales. Entre 2013 et 2018, la hausse des exonérations patronales a atteint 44,2 %, celles-ci se montant à 37,1 milliards (source ACOSS). A partir de 2019, une nouvelle réduction de 6 points est accordée aux patrons sur tous les salaires jusqu’à 2,5 % du SMIC. Les exonérations se multiplient (sur les « zones de revitalisation rurale », les « bassins d’emploi à revitaliser », les contrats d’apprentissage etc.). La liste des exonérations est sans fin.

    L’objectif du gouvernement est clair, c’est la destruction de la Sécurité Sociale – conquête ouvrière à laquelle la bourgeoisie ne s’est jamais résignée – en tarissant méthodiquement son financement : les cotisations sociales qui ne sont rien d’autre que du salaire différé.

     

    L’insistance sur l’affiliation obligatoire

    Si à ce jour, la Sécurité Sociale est durement frappée, elle n’est pas détruite. Tant que l’affiliation aux mutuelles et assurances privées n’est pas obligatoire, la Sécurité Sociale demeure la principale institution de l’assurance maladie, de celle des accidents du travail, du financement des retraites (pour les salariés du privé), du versement des allocations familiales.

    On ne peut donc liquider totalement la Sécurité Sociale qu’en rendant obligatoire l’affiliation à une mutuelle ou assurance privée complémentaire. A partir de là, la voie sera ouverte à la substitution progressive de la prise en charge par des mutuelles et assurances privées à la prise en charge par la SS.

    C’est pourquoi le gouvernement Macron a fait de l’affiliation obligatoire le cœur de son offensive.

     

    Les « principes » de la protection sociale complémentaire : l’exact contraire de ceux de la Sécurité Sociale

    Le principe de la Sécurité Sociale est connu : « Chacun participe au financement selon ses moyens et bénéficie de la Sécurité Sociale selon ses besoins ». Conquête ouvrière, elle constitue un système de solidarité entre travailleurs, des actifs envers les retraités, des valides envers les malades, etc.

    La Sécurité Sociale est aux antipodes de tous les systèmes d’assurances privés où le montant de la cotisation dépend de l’âge, voire de l’appréciation de l’état de santé, et où le montant des remboursements dépend de la hauteur de la contribution individuelle de l’assuré.

    L’accord que le gouvernement soumet aux directions syndicales s’inscrit totalement dans cette logique :

    - La contribution de l’État à hauteur de 50 % (voir plus loin) ne vaut que pour les actifs. Il n’y a pas de contribution pour les retraités  Donc, ils paient davantage.

    - Mais en plus, la contribution des retraités augmente avec l’âge : 100% de la cotisation d’équilibre la première année de retraite (soit 60€), 125% au maximum la deuxième année , 150% les troisième, quatrième et cinquième années, 175% les années suivantes.

    - Les enfants mineurs sans activité professionnelle qui sont ayant droit de la couverture de l’assurance maladie via leur parent, devront s’acquitter d’une cotisation de 50% pour bénéficier de cette couverture collective.

    La variation de la contribution avec l’âge en particulier, c’est la porte ouverte à la généralisation d’une cotisation selon le caractère « à risque » de l’assuré, d’un principe généralisé de « bonus malus ».

     

    Il faut empêcher la signature de cet accord inique. Il faut interdire que ne pénètre, dans nos garanties collectives en matière de santé, ce véritable cheval de Troie qu’est l’accord PSC

    L’heure est grave. Au sommet des appareils syndicaux, se font entendre des voix pour la signature :

    « L’État va financer à hauteur de 50 % pour les actifs. Ce n’est pas à négliger ». Oui, l’État, le gouvernement Macron sont prêts à payer – grâce au blocage du point d’indice, la diminution constante des salaires réels, c’est-à-dire avec les économies faites sur nos salaires – pour la liquidation de la Sécurité Sociale. Ce n’est donc pas un cadeau, ou alors comme le dit très bien l’US Retraités « un cadeau empoisonné ».

    « La variation de la cotisation selon l’âge est sans doute regrettable, mais elle existait déjà avec les mutuelles ». Personne ne doute que les dirigeants des mutuelles, y compris ceux de la MGEN, ont, par les mesures qu’ils ont prises ces dernières années, pavé la voie de la réforme gouvernementale. Jusqu’à ce jour, ces mesures (niveaux différents de garanties selon la contribution, selon l’âge, etc.) étaient condamnées par les organisations syndicales. En demandant aux directions syndicales de signer l’accord, le gouvernement demande justement que celles-ci prennent en charge de telles mesures.

    L’accord sur la PSC doit prendre effet en 2024. La date butoir fixée par le gouvernement pour la signature est le 26 janvier, à la veille du congrès de la FSU, l’une des principales fédérations de la fonction publique d’État concernées par cet accord. Accepter de signer, ce serait placer le congrès de la FSU sous le signe du soutien à Macron et de toutes les attaques passées et en projet contre les conquêtes sociales (retraites, assurance chômage,  pillage de la Sécurité Sociale, loi de destruction de la Fonction Publique, saccage de l'hôpital et de l'enseignement public…). Et ce, au moment même où le quasi candidat Macron vient d’annoncer la suite, en se prononçant ouvertement pour la destruction du statut des enseignants (annualisation de leur temps de travail, stages obligatoires pendant les « vacances », nouvelles obligations de service comme les activités périscolaires au mépris de leur qualification, etc).

     

    Signer cet accord, ce serait à la fois porter un coup de poignard dans le dos de la Sécurité Sociale et se prononcer par avance pour le maintien de Macron au pouvoir.

    Il faut tout faire pour empêcher que cet accord soit signé. Partout avant le 26 janvier, prenons des initiatives dans ce sens ! (motions locales, pétitions, prises de position d’AG, de congrès départementaux, …)

     




     

     

     Lettre de Liaison N° 321 - 6 décembre 2021 :

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    Congrès de la FSU : contributions du courant Front Unique


    Les directions de la FSU et du SNUipp ont refusé de combattre la loi Rilhac

    Après un long parcours législatif, la proposition de loi sur la direction d’école pourrait être adoptée dès le 13 décembre permettant sa promulgation. Son principal objectif : opérer un changement radical dans le fonctionnement des écoles primaires en dotant leur directrice d’une « autorité » dite « fonctionnelle ». Si ce caractère « fonctionnel » est encore mal défini, ce qui compte, c’est l’instauration de cette « autorité » qui sera précisée par décrets.

    Ce serait un bouleversement historique, avec désormais, des directeurs supérieurs hiérarchiques de leurs collègues.

    Et ainsi, un objectif de longue date des gouvernements successifs pourrait se réaliser. Mais surtout, contrairement aux offensives précédentes, celle-ci n’aurait provoqué aucune mobilisation à la mesure de l’attaque.

    Qui porterait la responsabilité de cette défaite sans combat ?

    C’est bien sûr ceux chargés de susciter la mobilisation : les responsables du SNUipp, principal syndicat des instits et les dirigeants de notre fédération. A aucun moment, n’a été envisagée une réelle mobilisation à la hauteur des enjeux. La direction du SNUipp s’est contentée, pour l’essentiel, de s’adresser aux parlementaires pour leur demander de ne pas voter la loi « en l’état », bref d’améliorer une loi de guerre contre les enseignants. Aucune campagne de mobilisation pour le retrait de la loi Rilhac (le mot « retrait » étant banni), aucune perspective de manifestation nationale pour empêcher le vote de la loi comme le courant Front unique l’avait proposé en mars au CN de la FSU. Et, in extremis, et comme si la division parmi les équipes enseignantes était déjà anticipée, une pétition réservée aux seuls directeurs, et destinée, à propos de la loi, à « peser sur les discussions à venir sur sa déclinaison concrète par le ministère ».

    A Marseille, contre l’expérimentation de Macron, plus de 80 équipes d’écoles ont annoncé boycotter ce dispositif. Les instits de Marseille ont ainsi prouvé qu’ils étaient disposés à se mobiliser.

    Alors, face aux violentes déclarations de guerre du gouvernement contre les enseignants des écoles (loi Rilhac et expérimentation-Macron à Marseille),

    les responsables du SNUipp et de la FSU doivent enfin :

    - rompre avec le gouvernement,

    - quitter les groupes de travail sur la direction

    - et engager la mobilisation de toute la profession pour le retrait (l’abrogation) de la loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille.

    Yannick Blégent, Front Unique SNUipp 63

    Sans appel national au boycott des projets locaux d’évaluation (PLE),

    les enseignants sont restés isolés dans leur établissement

    Avec le PLE, Blanquer parachève la liquidation du baccalauréat, dans le cadre d’une autonomie toujours plus grande des établissements. Les enseignants doivent en effet élaborer eux-mêmes, lycée par lycée, les nouvelles modalités d’évaluation dans le cadre du contrôle continu. Celles-ci seront donc propres à chaque lycée. Tout le monde comprend que le caractère national du diplôme n’existe plus, transformé en « diplôme maison ». Le PLE a aussi pour effet de liquider la liberté pédagogique des enseignants, en les soumettant étroitement au ministère et aux autorités locales.

    Dans de nombreux établissements, les enseignants ont manifesté leur volonté de voir le projet rejeté. Dans certains, ils sont allés jusqu’à boycotter les demi-journées de concertation pour l’élaboration du PLE (au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand notamment). Mais sans appel national au boycott permettant de mener un combat uni, ces boycotts sont restés cantonnés à certains établissements.

    Refusant d’appeler à ce boycott, la direction nationale du Snes y a opposé un « Guide syndical pratique sur le projet d’évaluation locale ». On peut y lire justement que le PLE est « un outil de plus pour la casse engagée de l’Éducation nationale », « … de contractualisation », « … de casse du diplôme national », etc… Pourtant, le guide propose ses propres « préconisations à faire valoir dans les réunions des lycées ». En d’autres termes, obtenir un bon PLE, et non le retrait de celui-ci, de manière parfaitement contradictoire avec l’affirmation dans les publications du SNES d’une volonté de « retour à des épreuves nationales, terminales et anonymes » (L’US n° 811 p.4) !

    Aujourd’hui, alors que les collègues subissent quotidiennement les effets de la réforme Blanquer, et pas seulement concernant le contrôle continu, la direction nationale du SNES poursuit sa participation au « Comité de suivi de la Réforme ».

      - Comment écrire d’un côté, retour au bac national, et pratiquement, de l’autre, demander aux collègues d’écrire eux-mêmes de bonnes modalités de contrôle continu dans chaque établissement ?

      - Comment prétendre combattre la réforme, se prononcer pour son abrogation, et continuer de participer à une instance qui n’a d’autre but que suivre son application ?

    Une exigence s’impose : rompre avec le gouvernement, c'est-à-dire quitter immédiatement le Comité de suivi de la Réforme !

    Olivier Rougerie, Front Unique SNES 63

    Comment enrayer la marche à la destruction de l’ESR ?

    Les conditions d’étude et de travail à l’université se dégradent à grande vitesse. Les universités accumulent les plans d’austérité et profitent du distanciel pour gérer la pénurie.

    Le budget 2022 vient d’être adopté, il entérine un sous financement chronique, destructeur de l’ESR. Ainsi il ne couvre pas l’augmentation de salaire lié à la progression de carrière (le GVT), mais prévoit de financer la montée en puissance des primes. Il n’y aura pas de création de titulaires mais des milliers de contrats précaires. L’ANR, qui orchestre le financement par appels à projet, se paie la part du lion. A aucun moment nos syndicats n’ont combattu ce budget, qui est tel que la LPR l’a programmé. Cette loi a été massivement rejetée car son objectif est d’en finir avec notre statut de fonctionnaire, ses emplois pérennes, les grilles indiciaires, les dotations récurrentes à la recherche et aux formations, d’en finir avec les diplômes nationaux et toute référence au financement des universités sur la base du nombre d’étudiants.

    Ses décrets d’application se multiplient et ne laissent aucune illusion, le gouvernement veut aller très vite au bout de ses plans :

    • Création du contrat doctoral de droit privé, du contrat de projet qui pourra être rompu à tout moment, des chaires de professeur junior ;

    • Instauration du salaire au mérite avec le RIPEC ;

    • Vérification par l’HCERES du respect des critères de la LPR dans toutes les évaluations des labos, des personnels, des formations pour en faire dépendre les allocations de moyens ;

    • Création d’un comité pour « intégrité scientifique » sous la coupe de l’HCERES, nouvelle menace contre les libertés académiques ; … .

    Les textes défilent à un train d’enfer dans les instances de dialogue social : CNESER, Comités Techniques, bilatérales, CA …, et ce, dans le plus grand silence des directions syndicales. Celles-ci s’offusquent parfois d’un détail, mais peu importe au gouvernement : que ces instances approuvent, amendent ou refusent, ce qui compte, c’est que les représentants syndicaux jouent le jeu, fassent comme s’il s’agissait de discuter des revendications.

    Comment combattre dans ces conditions ?


    Les directions syndicales doivent rompre ce silence complice, quitter les instances qui valident les projets de décrets, et en exiger le retrait. Ainsi s’ouvrirait une perspective de mobilisation dans l’ESR contre ces plans destructeurs.

    Marie-Claire Saint-Lager, Front Unique SNCS 38

    La direction de la FSU doit quitter sans délai la « conférence salariale FP » qui vise à liquider la grille de rémunération basée sur le point d’indice

    Rien dans Pour de septembre et d’octobre sur cette « conférence » qui débutait le 17 septembre. A peine évoquée en novembre ainsi  : «  La ministre (…) a initié un processus de « conférence salariale », mais en affirmant qu’il n’était pas destiné à produire d’effets concrets avant 2023. La FSU estime donc que ce processus ne saurait rendre inutiles ou caduques des mesures urgentes destinées à améliorer le pouvoir d’achat (…) ». Circulez y a rien à voir !!!

    Or dans un communiqué intersyndical ,  le 16 novembre, qui évoque un possible retrait de la conférence, on trouve cet aveu : «  Il n’est donc pas question que nous abandonnions aussi peu que ce soit notre exigence d’une revalorisation forte et urgente du point d’indice, ce que la conférence exclut complètement de ses compétences ».

    Mais l’intersyndicale omet de décliner le contenu des « compétences » liées au blocage du point d’indice : la destruction de la grille et la liquidation du point d’indice bases de l’unité des fonctionnaires.

    La ministre répond : " Je vous réunirai le 9 décembre (...) pour aborder les enjeux de pouvoir d’achat de court terme » concluant : «  Je sais donc pouvoir compter pleinement sur votre engagement dans ces travaux (...) ». La confiance de la ministre dans ses « partenaires »   n’était pas usurpée : B.Teste s’empresse d’annoncer la participation à la réunion du 9 : «  Dans l'intersyndicale CGT-Solidaires-FSU, l'idée semble se dessiner d'annoncer un départ du processus à l'occasion de cette réunion du 9 décembre ». On ira donc le 9 et peut être alors ?...

    Quoi qu’il en soit, à l’issue de la rencontre du 9, la ministre pourra se targuer d’avoir pu réaliser l’essentiel de ses travaux, dont la conclusion était comme d’habitude connue à l’avance, avec la participation des « partenaires sociaux », plus que jamais « partenaires ».

    Il appartiendra aux congrès (départementaux et national) de tirer les enseignements de la contradiction désastreuse entre les affirmations de principe que l’on lit par exemple dans le thème 2 : « La FSU continue de revendiquer une revalorisation des agent-es de la FP par l’intermédiaire des grilles de carrière et de la valeur du point d’indice, seules garanties contre l’arbitraire » et la participation à une conférence dont les objectifs assumés sont la mise à mort de cette pièce maîtresse de notre statut.

    Jean-Michel Spinazze, Front Unique SNES 30

    Le soutien à la manifestation policière du 19 Mai : inacceptable !

    Le 19 Mai, à l’appel de tous les syndicats de flics, se tenait une manifestation à l’Assemblée Nationale. Au premier rang Darmanin, le ministre de l’intérieur. Parmi les manifestants, Faure, Roussel, Jadot côtoyaient Bardella du RN. La manifestation y a flétri le « laxisme de la justice » et réclamé davantage de moyens.

    La direction nationale de la FSU sous le titre « Communique de la la FSU du 14 Mai 2021 » a appelé à cette manifestation aux relents caractéristiques, sous couvert de reproduction du « communiqué de la branche intérieure du SNUITAM » :

    « ...nous nous joindrons (…) au rassemblement Citoyen de soutien à la Police Républicaine du 19 Mai prochain. (...). De même, nous invitons tous nos collègues, d’initiative, avec les citoyens, solidaires, à se rassembler sur l’ensemble du territoire ... »

    C’est inadmissible !

    Depuis, les « revendications » des syndicats de police ont été largement satisfaites dans le budget 2022.

    Le rapporteur LREM à l’Assemblée nationale déclare :

     Les crédits demandés pour la mission Sécurités connaissent une progression sensible en 2022, atteignant 22,7 milliards d’euros en autorisations d’engagement, en hausse de 6,8 %, et 21,6 milliards d’euros en crédits de paiement, en hausse de 4,2 %. La programmation 2022 marque ainsi une accélération de la tendance haussière (…). Les efforts auront été particulièrement massifs en termes de recrutement. ... le Président de la République a ainsi appelé à un doublement, en dix ans, de la présence des policiers et gendarmes sur la voie publique. »

    A l’inverse dans le même budget, Le Monde du 21/09 « En euros, (le) coût moyen par étudiant pour l’État, (est) en baisse pour la sixième année d’affilée (- 7,9 % depuis 2009). 1935 : Nombre de postes d’enseignants-chercheurs ouvert au recrutement en 2021 (3613 en 2011, soit - 46%) »

    Tel est le budget Macron. La place de la FSU est du côté d’Adama Traoré et de toutes les victimes des violences policières et non du côté de l’appareil policier qui les perpétue, du côté des travailleurs et de la jeunesse antillaise en révolte contre l’État colonial et non du côté du GIGN et du RAID, du côté des migrants noyés au large de Calais et non de ceux qui les matraquent et détruisent leur campement.

    60 ans après que la police « républicaine » ait balancé par dessus Seine et assassiné des centaines de travailleurs algériens qui manifestaient contre le couvre feu, cela doit être dit.

    Roland Michel, Front Unique SNES 63

    Antilles : pour le retrait des forces de répression coloniales et la réintégration

    immédiate des personnels suspendus

    Les Antilles françaises connaissent depuis plusieurs semaines une mobilisation très importante contre l’obligation vaccinale des professionnels de secours et de santé. D’abord en Guadeloupe puis en Martinique, les travailleurs se sont mobilisés pour exiger la réintégration des agents non vaccinés mis à pied alors même que le délabrement de l’Hôpital public dépasse largement celui subi en métropole.

    Malgré un niveau de vaccination des soignants approchant de 90%, comment comprendre cette mobilisation contre les conséquences de la loi du 5 août 2021 ? Parce que la santé des Antillais a été sacrifiée sur l’autel des profits des propriétaires de bananeraies jusqu’au milieu des années 1990, par l’utilisation de l’insecticide hautement cancérogène Chlordécone, près de 20 ans après son interdiction ailleurs dans le monde. La crainte d’un nouvel empoisonnement est palpable.

    Depuis le 22 novembre, le gouvernement Macron-Castex-Darmanin a envoyé le RAID et le GIGN, forces anti-terroristes, pour réprimer le mouvement de grève.

    L’État français est responsable de la situation et de son pourrissement par son mépris tout colonial envers les Antilles. Taux de chômage de 60% chez les moins de 30 ans, délabrement des services publics et du réseau d’eau potable, non remboursement par la Sécurité Sociale d’une partie des examens de suivi lié aux conséquences de l’empoisonnement au Chlordécone.

    Le 25 novembre, la FSU a tourné le dos aux travailleurs antillais en appelant à l’ouverture de négociations dans le cadre de la répression engagée par le gouvernement.

    Après avoir appelé à la levée des barrages, l’intersyndicale a signé, le 27 novembre, un « accord de méthode » avec l’État colonial français qui n’a rien lâché et dont la seule réponse est la répression.

    Pour permettre la satisfaction des exigences des travailleurs de Guadeloupe et de Martinique, il faut combattre pour que, en Métropole, le soutien aux travailleurs et à la jeunesse antillaise se traduise par le combat pour que les organisations du mouvement ouvrier se prononcent dans l’unité :

    Pour le retrait de l’appareil de répression de l’État colonial en particulier le RAID et le GIGN

    Pour la réintégration immédiate et sans condition des personnels suspendus

    Edouard CHUZEVILLE, Front Unique SNES 69

    Face à la menace d’une nouvelle « Nakba » en Palestine, la FSU doit se placer du côté du peuple palestinien, peuple opprimé, contre l’Etat colonial et raciste d’Israël

    Le 18 mai dernier, les masses de toute la Palestine historique sont parvenues malgré tous les obstacles à exprimer leur unité historique à travers une journée de grève générale massive : pour la libération de toute la Palestine, pour le droit au retour de tous les réfugiés.

    De son côté, l’État d’Israël, en organisant l’expulsion des palestiniens de Jérusalem-Est, en permettant à des centaines de milliers de colons de s’installer en Cisjordanie, en meurtrissant toujours plus la bande de Gaza, ne cache pas son objectif : provoquer une nouvelle Naqba (« catastrophe » de 1948).

    Que le gouvernement israélien ait changé récemment, après des élections qui ont conforté une large majorité parlementaire au Likoud et aux partis situés à sa droite, ne modifie rien à cet égard.

    Cette offensive n’est pas davantage en contradiction avec le défunt « processus » d’Oslo/Washington : elle en constitue le prolongement. Ce « processus » a permis de liquider largement l’OLP et le Fatah dans une « Autorité » et une police palestiniennes conçues dès l’origine comme des supplétifs d’Israël. Aucun accord n’a jamais mentionné la possibilité que fût proclamé un « Etat palestinien ».

    En juillet, l’assassinat d’un opposant à Mahmoud Abbas par la police de ce dernier a provoqué des manifestations à Ramallah : Abbas les a violemment réprimées. Pas un jour, la « coopération sécuritaire » entre l’Autorité palestinienne et Israël n’a, elle, cessé.

    Quant à la « communauté internationale », celle des parrains et alliés impérialistes d’Israël, il n’est pas nécessaire de longs développements pour constater quelle est sa position invariable : celle du soutien continu à l’Etat sioniste, martelé en toutes occasions.

    Dans cette situation dramatique, le rôle de la FSU n’est pas de déplorer que le « processus de paix » serait devenu « caduc » (thème 3)… pour aussitôt vouloir le faire renaître de ses cendres.

    Au contraire, le congrès doit renouer avec les traditions de la lutte anticoloniale en affirmant que la FSU se place inconditionnellement du côté du peuple palestinien, peuple opprimé, contre l’État d’Israël, raciste et colonial. Une position dont le prolongement pratique doit être, pour commencer, de soutenir et d’appeler au boycott de l’État d’Israël.

    Yvon Bréda, Front Unique SNES 59

     




    Conseil syndical du Snuipp 63 (8 novembre 2021)

    Motion direction d’école

    Le projet de loi Rilhac sur la direction d’école est à présent dans son étape finale avant adoption.

    Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 08 novembre 2021

    - exige à nouveau le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac (ou son abrogation si elle devait être promulguée),

    - refuse toutes discussions concernant les décrets d’application de la future loi sur la direction d’école ;

    - appelle à quitter les groupes de travail sur la direction d’école;

    - appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à reprendre ces positions à son compte et à tout mettre en œuvre afin de réaliser le front uni des organisations syndicales concernées sur ces positions.



    POUR : 3 / CONTRE : 5 / ABSTENTION : 2

    Motion Conférence salariale

    L’objectif de la « Conférence salariale fonction publique » convoquée par la ministre De Montchalin est de remettre en cause la grille de rémunération de la fonction publique basée sur le point d’indice, d’en finir avec les corps et les déroulements de carrière. La ministre veut parvenir à un diagnostic commun avec les représentants des organisations syndicales de fonctionnaires pour définir le programme que le gouvernement mettrait en œuvre afin d’atteindre cet objectif.

    Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 08 novembre 2021 :

    - condamne les objectifs du gouvernement contre les fonctionnaires et demande que les représentants de la FSU boycottent la conférence salariale et les groupes de discussions en lien avec le Grenelle et notamment le groupe de travail sur la « personnalisation » des carrières,

    - appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à adopter cette position et à agir pour obtenir de la direction de la FSU ce boycott immédiat.

    En obtenant que ce boycott soit partagé en particulier par CGT, FO et Solidaires, cela permettrait qu'une forte mobilisation unitaire soit enclenchée pour arracher d'importantes augmentations du point d'indice pour rattraper le pouvoir d'achat perdu depuis 10 ans et pour faire face au rebond de l'inflation.


    POUR : 8 / CONTRE : 0 / ABSTENTION : 2





    Collège Alphonse Taven à Montfavet : Adresse à la direction de la FSU

    Les personnels du collège A. Tavan, réunis en HIS le 18.10.21 à l’initiative de la section SNES, ont pris connaissance de l’ouverture par le gouvernement d’une conférence dite sur « les perspectives salariales dans la Fonction Publique », dans laquelle celui-ci veut associer les directions syndicales de la Fonction Publique à un chantier consistant à mettre à bas nos garanties statutaires en matière de rémunération - point d’indice, déroulements automatiques de carrières et grille unique Fonction Publique - pour leur substituer un système où « le travail paye davantage, où la progression soit plus rapide », en clair un système dit au mérite, pour faire baisser la masse salariale fonction publique.

    Aujourd’hui le gouvernement veut détruire la grille unique Fonction Publique au profit d’un système d’avancement et de rémunérations totalement individualisé.

    C’est pourquoi nous nous adressons à la direction de la FSU pour lui demander de quitter sans délai cette conférence, ainsi que les discussions du Grenelle de l’Education, qui poursuit le même objectif que la « conférence sur les perspectives salariales », par exemple à travers le groupe de travail sur la « personnalisation » des carrières.

    POUR : 9 - CONTRE : 0 – ABST : 0



     

     Lettre de Liaison N° 320 - 18 octobre 2021 :

    [Version pdf]

    Macron veut avancer dans la destruction du statut de la Fonction Publique avant la fin du quinquennat. Pour cela, son gouvernement a besoin que les dirigeants des syndicats participent à sa «  Conférence salariale de la FP ».

    Défendre les fonctionnaires impose d’affronter le gouvernement.

    La direction de la FSU doit rompre la concertation avec lui et quitter, sans délai, sa « conférence salariale » !

    A ce jour, les syndiqués de la FSU ne trouveront aucune information sur les objectifs de la conférence salariale convoquée par la ministre de la FP, dans la presse de leur fédération FSU ou de leur syndicat. Pourtant ces objectifs ne souffrent d’aucune ambiguïté !

    Selon la ministre De Montchalin elle-même, il s’agit de « porter un diagnostic transparent »   et des propositions pour réformer «  un système de rémunérations et de progression des carrières à bout de souffle », sur la base de « la rupture assumée avec les augmentations générales du point d’indice [...] à la fois inéquitables et coûteuses  ».

    Le gouvernement veut en finir avec la grille unique des rémunérations, individualiser les salaires selon les fonctions et la manière de « servir », et, plus fondamentalement, remettre en cause l’existence des corps à travers la transformation de la fonction publique de carrière en fonction publique d’emplois ! C’est la continuité des objectifs de la loi Dussopt d’août 2019. On retrouve également ce à quoi le Grenelle de l’éducation a ouvert la voie avec, par exemple, le groupe de travail  : «  Personnalisation : revalorisation des rémunérations et mobilités » qui s’est réuni le 14 septembre avec… la participation de la direction du SNES (Université syndicaliste du 28 août, p 2) !

    Le secrétaire fédéral, B.Teste, dans l’éditorial de Pour  d’octobre, ne se trompe pas lorsqu’il écrit : « Le gel de la valeur du point d’indice est en outre destructeur de la notion même de carrière quand le traitement qui est censé être « principal » tend à devenir accessoire au bénéfice de régimes indemnitaires beaucoup plus aléatoires ». Mais il écrit, deux phrases plus loin : « ce sera un enjeu dans le cadre du débat électoral », comme si les mois qui viennent (fin de la conférence en février) n’allaient pas être décisifs pour l’avenir de la base matérielle de notre statut qui garantit le cadre collectif de défense des fonctionnaires et fonde l’existence même de nos syndicats. « Débat électoral » et « journées d’action » ont pour fonction de cacher aux syndiqués la réalité de ce qui se trame dans la conférence avec, par la caution de nos représentants.

    L’inflation connaît un rebond spectaculaire qui accentue la perte du pouvoir d’achat des fonctionnaires dont le point d’indice est bloqué depuis 10 ans. Que les représentants syndicaux osent participer à une conférence dite salariale qui fait du blocage, ad vitam æternam, du point d’indice un axe intangible est proprement scandaleux ! Raison de plus pour leur imposer de quitter cette conférence et d’exiger de massives augmentations du point d’indice.

    L’acharnement de la direction de la FSU à accompagner les contre-réformes, via le dialogue social, se décline aussi dans ses syndicats nationaux. Ainsi la loi Rilhac a été adoptée sans que la direction nationale du SNUipp ne lève le petit doigt ! Et après avoir   participé docilement à tous les groupes de travail sur la direction d’école, elle se cache derrière une pétition réservée aux seuls directeurs d’école, comme si le fonctionnement   des écoles était déjà considéré comme leur domaine réservé. Pétition dont elle déclare que son objet est : « (…) peser sur les discussions à venir sur sa déclinaison concrète par le ministère » témoignant donc de sa volonté de travailler dans le cadre d’une loi qu’elle prétend pourtant rejete!

    A Marseille, plus de 80 équipes pédagogiques d’écoles refusent, et ont décidé de boycotter, l’expérimentation Macron attribuant aux directeurs le recrutement de « leurs » enseignants. Mais cet appel au boycott ne saurait rester local. Il doit être repris par notre fédération et plus particulièrement par le SNUipp, pour lui donner la dimension nationale qui s’impose.

    Même chose dans le secondaire où la direction du SNES, dans ses communiqués, continue de « revendiquer » l’abrogation de la réforme du Bac. Mais, face aux collègues scandalisés par la mise en place du contrôle continu (qui signifie la fin de leur indépendance pédagogique) et qui ont voulu s’y opposer en boycottant la mise en place des projets locaux d’évaluation (PLE),  elle publie un guide de mise en œuvre des PLE. Quel que soit son contenu, il laisse les collègues isolés, établissement par établissement, et se situe dans le cadre de la mise en œuvre des PLE.   A l’inverse, la responsabilité de la direction du SNES était d’exiger le retrait des PLE et d’appeler au boycott national des réunions pour leur mise en œuvre.

    Le projet de budget 2022 se situe totalement dans l’objectif de réduction massive des dépenses publiques (hors police et armée !). Il fait litière aussi bien des besoins des personnels – en nombre, en formation comme en rémunération – que de ceux de la majorité de la population et plus particulièrement de la jeunesse.

    La situation dans les universités, déjà dramatique pour les étudiants, va encore s’aggraver. Le recrutement d’enseignants titulaires est à l’arrêt, et les contractuels sont en passe de devenir majoritaires parmi les personnels.

    Pour notre syndicat l’heure n’est pas à on ne sait trop quel débat électoral ! Elle est au combat pour la défense du statut et contre le budget de misère. Pour cela une urgence : rompre le dialogue social.

    En particulier il est tout à fait décisif :

    1) D’informer pleinement et sans délai les collègues du contenu mortifère des projets gouvernementaux portés   dans la Conférence salariale de la FP.

    2) En conséquence de se retirer de cette conférence et appeler les autres fédération à faire de même.

    3) Préparer et organiser l’affrontement avec le gouvernement contre le projet de budget 2022.

    C’est ce combat dont les représentants du courant Front Unique seront porteurs dans toutes les instances de la FSU comme aux prochains congrès (départementaux et national).

    Du 5 au 25 novembre, renforcez notre combat en votant Front Unique !

     

    Adresse à la direction de la FSU
    (adoptée par les enseignants du collège Tavan d’Avignon réunis en heure d’information syndicale)


    Les personnels du collège A. Tavan réunis en HIS le 18.10.21 à l’initiative de la section SNES ont pris connaissance de l’ouverture par le gouvernement d’une conférence dite sur « les perspectives salariales dans la Fonction Publique », dans laquelle celui-ci veut associer les directions syndicales de la Fonction Publique à un chantier consistant à mettre à bas nos garanties statutaires en matière de rémunération – point d’indice, déroulements automatiques de carrières et grille unique Fonction Publique – pour leur substituer un système où « le travail paye davantage, où la progression soit plus rapide », en clair un système dit au mérite, pour faire baisser la masse salariale fonction publique.

    Aujourd’hui le gouvernement veut détruire la grille unique Fonction Publique au profit d’un système d’avancement et de rémunérations totalement individualisé.

    C’est pourquoi nous nous adressons à la direction de la FSU pour lui demander de quitter sans délai cette conférence, ainsi que les discussions du Grenelle de l’éducation, qui poursuit le même objectif que la « conférence sur les perspectives salariales », par exemple à travers le groupe de travail sur la « personnalisation des carrières ».

    (unanimité des 9 présents)

     


     

    Conseil national de la FSU des 12 et 13 octobre 2021

     

    Le courant Front Unique est intervenu pour que la FSU (en lien avec ses syndicats concernés) :

    - exige le retrait de la loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille

    - appelle au boycott national des projet locaux d’évaluation (PLE)

    - ouvre la perspective d’une manifestation nationale à l’AN contre le projet de budget de l’ESR

    - annonce son départ immédiat de la conférence salariale FP et exige d’importantes augmentations du point d’indice

     

    Intervention du courant Front Unique au Conseil national de la FSU, le 12 octobre 2021 (débat général)

    Le gouvernement Macron-Castex redouble ses attaques contre les travailleurs, les jeunes, les chômeurs, les fonctionnaires

    Contre les chômeurs durement frappés depuis ce 1er octobre avec la contre-réforme de l’assurance chômage.

    Contre l’ensemble des travailleurs, en remettant sur le tapis sa contre-réforme des retraites avec Edouard Philippe qui n’hésite pas à préconiser un départ à la retraite à 67 ans.

    Contre tous les jeunes. Les étudiants d’abord qui malgré l’allègement des mesures sanitaires ne voient pas leurs conditions d’études s’améliorer avec les budgets de misère de l’ESR qui depuis 10 ans ont cumulé leurs restrictions. Finis les repas à 1 euro pour tous.

    Et de plus en plus de jeunes sont évincés des études universitaires. Et le gouvernement, avec l’apprentissage et l’alternance, leur dénie le droit d’obtenir une formation qualifiante assurée par l’enseignement public. Il veut livrer tous ces jeunes aux besoins stricts des patrons et, avec son plan compétence, il veut leur fournir une main d’œuvre quasi gratuite.

    Et pour des centaines de milliers de jeunes, la contre-réforme des APL a signifié une baisse drastique de leurs allocations logement.

    Le rebond de l’inflation affecte toute la population mais ce sont les plus pauvres qui en subissent les effets les plus dramatiques L’explosion des prix de l’énergie, les augmentations des loyers et des denrées alimentaires et plus généralement de toutes les dépenses contraintes, les plongent dans l’angoisse d’un hiver froid.

    Si les salaires ont dans certains secteurs et de manière limitée connu des augmentations, rien pour les fonctionnaires dont le point d’indice est bloqué depuis 10 ans.

    Avec le rebondissement de l’inflation, comment les dirigeants des organisations de fonctionnaires peuvent-ils accepter de se concerter avec les responsables de ce blocage ?

    Comment peuvent-ils prêter un précieux concours au gouvernement, à sa ministre De Montchalin qui veut dans le cadre de sa conférence salariale en finir avec la grille de rémunération de la fonction publique basée sur le point d’indice.

    Il ne suffit pas au gouvernement que les indemnités soient en partie individualisées, il veut que la rémunération principale le soit aussi. Défendre ce qui subsiste du statut des fonctionnaires, préserver la grille de rémunération basée sur le point d’indice conduit à une seule conclusion : le boycott pur et simple de cette conférence.

    Dans les lycées, le gouvernement, dans le cadre de la liquidation définitive du bac comme diplôme national et l’instauration généralisée du contrôle continu, essaie d’imposer la mise en place de projets locaux d’évaluation. La seule réponse à la hauteur de l’attaque gouvernementale c’est de lancer la consigne nationale de boycott des PLE. C’est la responsabilité de la FSU et du SNES de lancer un tel mot d’ordre dans l’unité avec toutes les autres organisations d’enseignants du 2nd degré.

    Mais incontestablement, c’est contre le premier degré que le gouvernement concentre ses coups. Des annonces de Macron à Marseille à la loi Rilhac adoptée il y a 2 semaines, le gouvernement veut en finir avec le fonctionnement traditionnel dans les écoles primaires. Un fonctionnement démocratique où tous les enseignants, même le directeur, sont à égalité, on comprend que le gouvernement veuille instaurer la division au lieu de la solidarité et la hiérarchie à la place de l’égalité. Rien de nouveau dans cela.

    Mais ce qui est ahurissant, c’est la réaction de notre fédération et celle du Snuipp face à de tels assauts. Aucune campagne de mobilisation sérieuse contre la loi Rilhac n’a été envisagée pas plus que la perspective de manifestation nationale pour empêcher son adoption. Et maintenant une pétition réservée aux seuls directeurs comme si le fonctionnement des écoles était déjà considéré comme leur domaine réservé.

    Pour conclure, dans tous les domaines, le gouvernement se vante de faire aboutir tous ses projets destructeurs à grand renfort de concertation et de dialogue social. Et c’est un fait que tous les représentants syndicaux ont accepté de collaborer aux plus grands reculs sociaux de ces dernières années, au travers des concertations avec le gouvernement. Les justifications avancées telle : « On y va pour porter les revendications des personnels » sont totalement cyniques et fallacieuses. Car c’est, assuré de la présence des représentants des syndicats, que le gouvernement peut se permettre d’aller encore plus loin, encore plus fort par rapport à ses projets initiaux. Alors si on veut appliquer à bon escient la formule « Plus jamais ça ! », c’est bien concernant l’accompagnement des projets du gouvernement au travers de la concertation-collaboration. Notre fédération doit enfin rompre les concertations mortifères avec le gouvernement et engager une réelle mobilisation pour l’empêcher de nuire. Et cela commence par le boycott de la conférence « De Montchalin ».

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    Intervention de présentation de la motion FU sur la direction d’école

    Il n’aura suffi que d’une demi-journée pour que la loi Rilhac soit adoptée.

    Il est inutile de faire la liste des conséquences néfastes de cette loi sur l’enseignement primaire.

    En mars 2021, le courant Front Unique alertait déjà sur cette loi et appelait notre fédération à ouvrir la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée nationale quand serait connue la date de son examen en 2nde lecture.

    Le 5 juillet, le SNUipp-FSU clamait haut et fort qu’une ligne rouge était franchie avec l’annonce de la création d’emploi fonctionnel de directeur pour ceux totalement déchargés.

    Le 2 septembre, Macron annonçait à Marseille son expérimentation sur l’école, annonce faite quelques semaines avant le passage en deuxième lecture de la loi Rilhac à l’Assemblée nationale.

    Toutes ces attaques sont dénoncées dans divers textes de la FSU et plus précisément du SNUipp-FSU.

    Et pourtant, les concertations dans le cadre des groupes de travail sur la direction d’école continuent.

    Et pourtant, le 29 septembre , aucun appel national et central n’était lancé pour empêcher le vote de la loi Rilhac. Les jours précédents ce vote, les sections départementales du SNuipp étaient invitées à rencontrer les députés dans le but « de les amener à renforcer certains articles pour obtenir des avancées concrètes » tandis que les syndiqués étaient invités à les alerter pour qu’ils ne votent pas  cette loi « en l’état ».

    Tout comme l’appel des 50 directeurs et directrices contre la loi Rilhac, ce que subissent nos collègues marseillais concerne toute la profession, directrices, directeurs, adjointes et adjoints.

    Déjà, plus de 80 équipes pédagogiques de Marseille refusent l’expérimentation Macron et ont décidé de la boycotter. Cet appel au boycott ne saurait rester cantonner sur un plan local. Il doit être repris par notre fédération et plus particulièrement par le SNUipp, pour lui donner la dimension nationale qui s’impose.

    Des signaux fort peuvent être envoyés non seulement à la profession mais aussi au gouvernement :

    - quitter les groupes de travail sur la direction d’école,

    - exiger le retrait de la proposition de loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille,

    - appeler nationalement au boycott de l’expérimentation marseillaise qui a vocation à être généralisée.

    C’est le sens de la motion que nous présentons.

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    Motion Front Unique :

    Direction d’école : Pour le retrait de la loi Rilhac

    Pour le boycott et l’arrêt de l’expérimentation de Marseille

    Le gouvernement, avec l’adoption de la loi Rilhac en deuxième lecture à l’Assemblée nationale et l’expérimentation de Marseille, veut porter un coup décisif à l’enseignement primaire en mettant en place un nouvel échelon hiérarchique au sein des écoles primaires.

    Le CDFN de la FSU, réuni les 12 et 13 octobre 2021, exige le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac.

    Le CDFN de la FSU soutient et reprend à son compte l’appel au boycott des équipes enseignantes de 80 écoles marseillaises et exige l’arrêt immédiat et le retrait définitif de l’expérimentation de Marseille.

    (Pour : 6 / Contre : 57 / Abstentions : 14 / Refus de vote : 22)

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    Intervention de présentation de la motion FU sur les projets locaux d’évaluation

    Le projet local d’évaluation met en œuvre la destruction du caractère national du baccalauréat. Il normalise les modalités de notation des équipes pédagogiques au sein d’un même établissement dans le cadre de la mise en œuvre du contrôle continu du baccalauréat.

    Et c’est aux enseignants eux-mêmes, qu’il est demandé d’édicter les règles locales qui mettront en cause leurs libertés pédagogiques et baliseront leur soumission à leur hiérarchie locale.

    A juste titre, le SNES, et les autres syndicats de la FSU, demandent l’abrogation du baccalauréat Blanquer et le retour à un diplôme national et anonyme. Dans ces conditions, ce n’est certainement pas en adressant un guide de mise en œuvre du projet local d’évaluation, même de façon édulcorée, qu’on y contribuera. C’est au contraire en dressant tous les enseignants contre le projet local d’évaluation qu’on peut réussir à revenir sur la destruction du baccalauréat.

    C’est pourquoi :

    Le CDFN de la FSU, en lien avec les différents syndicats nationaux concernés, SNES, SNEP, SNETAP entr’autres, répond favorablement aux enseignants du lycée Blaise Pascal de Clermont Ferrand, qui après avoir boycotté la réunion de mise en place du projet local d’évaluation, le 30 septembre, se sont réunis en AG pour adopter une motion (30 voix pour et 2 abstentions) qui demande aux directions syndicales :

    - de prendre de prendre position pour le retrait pur et simple du PLE

    - d’appeler nationalement au boycott des réunions de mise en place des PLE.

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    Motion Front Unique :

    Pour l’appel national au boycott des projets locaux d’évaluation (PLE)

    Le projet local d’évaluation découle de la liquidation du bac comme diplôme national et anonyme. Il prévoit de mettre en œuvre le contrôle continu, établissement par établissement, et remet de fait en cause la liberté pédagogique des enseignants.

    Le CDFN de la FSU, en lien avec les différents syndicats nationaux concernés, SNES, SNEP, SNETAP entr’autres, répond favorablement aux enseignants du lycée Blaise Pascal de Clermont Ferrand, qui après avoir boycotté la réunion de mise en place du projet local d’évaluation, le 30 septembre, se sont réunis en AG pour adopter une motion (30 voix pour et 2 abstentions) qui demande aux directions syndicales :

    - de prendre position pour le retrait pur et simple du PLE

    - d’appeler nationalement au boycott des réunions de mise en place des PLE.

    (Pour : 6 / Contre : 63 / Abstentions : 11 / Refus de vote : 21)

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    Intervention de présentation de la motion FU sur le budget de l’ESR

    Les conditions de cette rentrée universitaire sont catastrophiques. Les conditions de travail sont déplorables. Le droit aux études et à une qualification pour la jeunesse est foulé aux pieds.

    Le budget de l’ESR pour 2022 entérine ce sous financement chronique qui détruit l’université et la recherche. Mais ce budget est tel que la LPR l’a programmé. Avec cette loi, le gouvernement veut en finir notre statut de fonctionnaire, ses emplois pérennes, les grilles indiciaires, les dotations récurrentes à la recherche et aux formations, en finir avec toute référence au financement des universités sur la base du nombre d’étudiants.

    Tels est le but des décrets d’application de la LPR qui tombent en rafale :

    • création du contrat doctoral de droit privé, du contrat de projet qui pourra être rompu à tout moment, des chaires de professeur junior,

    • instauration du salaire au mérite avec le RIPEC

    • vérification par l’HCERES du respect des critères de la LPR dans toutes les évaluations des labos, des personnels, des formations pour en faire dépendre les allocations de moyens.

    Ainsi ce budget ne couvre même pas les augmentations de salaire liées aux progressions de carrière (le GVT) mais prévoit de financer la montée en puissance des primes ;

    Il n’y aura pas de création de postes de titulaires mais des milliers de contrats précaires ;

    Par contre, l’ANR, qui orchestre le financement par appels à projet, se paie la part du lion. Tel est la réalité de ce budget.

    Le SNCS n’en dit rien.

    La CA du SNESUP se contente d’« interpeller les parlementaires sur les conséquences délétères de ce budget » et compte « porter la voix de la communauté universitaire sur ce sujet dans les diverses instances. »

    Mais n’est-ce pas ce qui est déjà fait  dans les instances qui préparent les décrets d’application de la LPR avec un train d’enfer ? Pour quels résultats ?

    Pour obtenir les postes et les moyens nécessaires, pour défendre nos statuts et le droit aux études pour les étudiants, le mot d’ordre qui s’impose est :

    A bas le budget 2022 de l’ESR !

    La responsabilité de notre fédération est d’œuvrer à la réalisation d’un front uni des syndicats des personnels de l’ESR avec les organisations étudiantes contre ce budget de misère !

    Sa responsabilité est d’ouvrir dès maintenant la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée Nationale au moment du vote du budget de l’ESR.

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    Motion Front Unique :

    Pour des postes, des moyens, pour la défense du droit aux études et des statuts des personnels

    A bas le budget 2022 de l’ESR ! Budget d’application de la LPR !

    Le projet de budget 2022 est conforme à la LPR. Il entérine le sous financement chronique de l’ESR comme une arme de destruction du droit aux études pour les étudiants et des statuts des personnels, de dislocation du cadre national de l’enseignement supérieur et de ses diplômes.

    Les financements sont redistribués de façon à appliquer la LPR et ses décrets d’application

    - pour remplacer le recrutement de titulaires par des précaires,

    - pour substituer à la progression de carrière (GVT), une grille basée sur un régime indemnitaire, à la tête du client,

    - pour généraliser les financements par appels à projet etc … qui génèrent précarité, compétition et inégalités à tous les niveaux.

    Notre fédération en lien avec ses syndicats de l’ESR doit initier une campagne d’information et de mobilisation contre ce budget. Elle doit œuvrer à la réalisation d’un front uni des syndicats des personnels de l’ESR et des organisations de jeunesse.

    Elle doit ouvrir la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée Nationale au moment du vote du budget de l’ESR à l’Assemblée Nationale.

    (Pour : 6 / Contre : 68 / Abstentions : 2 / Refus de vote : 26)

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    Intervention de présentation de la motion FU sur la « conférence salariale » FP

     

    Comme tous les travailleurs, les fonctionnaires sont percutés par un rebond de l’inflation.

    Mais pour eux, avec le blocage du point d’indice depuis 10 ans, cela se traduit par une baisse très accentuée de leur pouvoir d’achat.

    Le 6 juillet la ministre De Monchalin a annoncé la poursuite assumée du blocage du point d’indice.

    C’est simultanément qu’elle a lancé sa « conférence sur les perspectives salariales dans la fonction publique » ne masquant pas les objectifs poursuivis et en particulier contre la grille de rémunération basée sur le point d’indice.

    Le 21 septembre, De Montchalin a ouvert la seconde phase de sa conférence en présence des représentants de 9 organisations syndicales de fonctionnaires, comme elle l’a annoncé dans un communiqué.

    Dans son discours, elle a déclaré vouloir « engager une réflexion structurelle sur les carrières et les rémunérations dans la fonction publique » et a évoqué, en associant les représentants syndicaux, « notre responsabilité collective est de préparer l’avenir et d’interroger les fondements de notre politique salariale et de ressources humaines ».

    Elle complète en disant « Notre diagnostic commun constituera une base pour dessiner des perspectives pour les carrières et les rémunérations pour les prochaines années ».

    Et elle ajoute que la vocation de la conférence est de « travailler à des propositions concrètes sur lesquelles la prochaine majorité qui sortira des urnes au printemps devra, d’une manière ou d’une autre, se positionner ».

    Il s’agit donc, pour le gouvernement actuel, de fournir à la prochaine majorité – qui pourrait bien correspondre à celle qui soutient actuellement ce gouvernement – les bases d’un nouveau déferlement contre les fonctionnaires.

    Cette conférence exclut toute augmentation du point d’indice et prépare la remise en cause de la grille de rémunération basée sur le point d’indice.

    Notre fédération consciente des objectifs poursuivis par ce gouvernement contre les fonctionnaires, refuse d’être instrumentalisée dans son opération conférence salariale. Aussi notre fédération doit-elle annoncer son départ immédiat de cette conférence et appeler les autres organisations de fonctionnaires de faire de même.

    Ainsi seraient posées les bases d’un front uni des syndicats des fonctionnaires pour exiger des augmentations importantes du point d’indice en particulier au moment de l’examen du budget 2022 de l’État.

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      Motion Front Unique :

      Pour le boycott de la « conférence salariale » Fonction publique

      Pour d’importantes augmentations du point d’indice

      La « Conférence salariale fonction publique » convoquée par la ministre De Montchalin ne souffre d’aucune ambiguïté ! Ce n’est en rien l’ouverture d’une négociation sur les salaires, la ministre ayant exclu toute augmentation du point d’indice.

      L’objectif est de remettre en cause la grille de rémunération de la fonction publique basée sur le point d’indice. D’en finir avec les corps et les déroulements de carrière.

      La ministre veut parvenir à un diagnostic commun avec les représentants des organisations syndicales de fonctionnaires pour définir le programme que le futur gouvernement aurait à mettre en œuvre pour parachever la destruction du statut des fonctionnaires et la liquidation de la grille de rémunération de la fonction publique basée sur le point d’indice

      Le Cdfn de la FSU, réuni les 12 et 13 octobre, condamne les objectifs du gouvernement contre les fonctionnaires et demande que les représentants de la FSU boycottent la conférence salariale qui en est le vecteur.

      La FSU s’adresse aux autres organisations syndicales de fonctionnaires pour qu’elles fassent de même et qu’ensemble soit enclenchée une forte mobilisation pour arracher d’importantes augmentations du point d’indice, en particulier au moment de l’examen du projet de budget 2022.

      (Pour : 5 / Contre : 78 / Abstentions : 4 / Refus de vote : 14)

     

     


     

     
    Lettre de Liaison N° 319 - Supplément Lycée - 3 octobre 2021 :

    [Version pdf]

    On nous communique :

    Les enseignants du lycée Blaise Pascal Clermont-Ferrand boycottent majoritairement la mise en place du « projet local d’évaluation » et, réunis en assemblée générale en appellent aux directions nationales des syndicats pour :

    - qu’elles se prononcent

    pour le retrait des « projets locaux d’évaluation »

    - qu’elles appellent nationalement

    au boycott des réunions de mise en place de ces projets

     

    Dans tous les lycées de France, les enseignants sont en ce moment même invités, lors de deux demi-journées de concertation, à élaborer les nouvelles modalités d’évaluation dans le cadre du contrôle continu à travers l’élaboration d’un « Projet Local d’Evaluation » (PLE) propre donc à chaque établissement.

    Rappelons que ces « projets locaux d’évaluation » visent à détruire le caractère national du bac en le transformant en « diplôme maison » qui ont aussi pour effet de liquider l’indépendance pédagogique des enseignants visant à les soumettre étroitement dans l’exercice de leur métier au ministère et aux autorités locales.

    Pas un enseignant n’ignore ce fait.

    Pas un enseignant n’en ignore les conséquences dans son rapport aux élèves quotidiennement dans la salle de classe, au contrôle permanent de l’administration et des parents d’élèves.

    Pas un enseignant n’ignore non plus que ces demi-journées de concertation ont pour objet qu’ils élaborent et mettent en place eux-mêmes le projet.

    En d’autres termes qu’ils doivent nouer eux-mêmes la corde avec laquelle ils seront pendus !

    C’est dans ce contexte qu’au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, alors que les collègues étaient conviés à la première demi-journée de concertation, en présence de l’administration et de deux IPR (donc sous la pression maximale de la hiérarchie administrative), la majorité a décidé de boycotter la réunion après l’intervention de la représentante FO de l’établissement, avec le soutien du représentant du Snes.

    Réunis ensuite en AG, spontanément, les collègues y ont adopté une motion amendée d’un lycée de Haute-Loire, qui tout en dénonçant justement le projet et ses conséquences, se cantonne à un combat local qui n’offre aucune perspective de combat national pour défaire le gouvernement.

    Considérant que la question décisive pour défaire le gouvernement était celle d’un appel national des directions syndicales au boycott des réunions de mise en place des PLE, ils ont aussi adressé une motion aux directions nationales de l’enseignement public :


    "Les enseignants de Blaise Pascal réunis ce jour le jeudi 30 septembre, pour la demi-journée de mise en place du PLE (Plan Local d'évaluation) s'adressent aux directions syndicales nationales qui ne l'ont pas déjà fait :

    -prononcez-vous pour le retrait pur et simple du PLE.

    -appelez partout au boycott."

    33 Pour et 2 Abstentions
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    Pourtant, à ce jour, ce n’est pas la position nationale des directions syndicales : ni sur le « Retrait pur et simple du PLE », ni sur le « boycott ».

    Celle du Snes, syndicat majoritaire de la profession, diffuse dans les établissements un « Guide Syndical Pratique sur le Projet d’Evaluation Local » s’ « opposant » au Guide de l’évaluation ministériel. On peut y lire que le PLE est « un outil de plus pour la casse engagée de l’Education nationale », « … de contractualisation », « …de casse du diplôme national », etc… tout en proposant ses propres « préconisations à faire valoir dans les réunions des lycées ». Celles-ci sont déclinées en 7 points : des « revendications » (Sic !!!) jusqu’à l’étape du CA où le PLE doit faire l’objet d’une simple « présentation » et non d’un vote, « même pour avis » !

    En clair, il n’est nullement question d’un boycott, même local, mais bien d’une écriture « syndicale » du projet, donc de la mise en place du contrôle continu, donc de manière parfaitement contradictoire avec l’affirmation dans les publications du SNES d’une volonté de « retour à des épreuves nationales, terminales et anonymes » (L’US n° 811 p.4) ! A ce jour, aucune publicité n’est d’ailleurs faite sur le boycott de la réunion au lycée Blaise Pascal.

    On peut faire le même constat avec le SNLC FO qui indique dans son tract daté du 24 septembre 2021 titré « Non au PLE », il n’est nullement question d’un appel national au boycott mais:  « Les réunions prévues pour élaborer le PLE doivent être l’occasion de réaffirmer le refus de la réforme Blanquer du lycée, le refus de s’inscrire dans le projet local d’évaluation, le refus de faire son propre malheur ! » On demande donc aux enseignants de porter le fer…localement, établissement par établissement.


    Le courant Front Unique considère que ce qui s’est passé au lycée Blaise Pascal de Clermont Ferrand a une signification claire : les collègues rejettent massivement les PLE. Ils seraient prêts à répondre à un appel national au boycott des PLE. Ce qui manque c’est l’appel des dirigeants à un vrai combat centralisé pour le retrait des PLE !

    Ce qui s’est passé au Lycée Blaise Pascal a une signification similaire à la prise de position des 40 écoles primaires de Marseille annonçant leur volonté de boycotter la mise en œuvre du plan Macron (incluant notamment la nomination des collègues dans leur poste par le directeur d’école).

    Le courant Front Unique appelle partout à engager le combat sur l’orientation adoptée par les enseignants du lycée Blaise Pascal

     

     


     

     Lettre de Liaison N° 319 - 29 septembre 2021 :

    [Version pdf]

    Intervention du courant Front Unique au Bureau National de la FSU (le 27/09/2021)

    Direction d’école :

    - Pour le retrait pur et simple de la loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille

    - Pour le boycott des groupes de travail où ces attaques majeures sont déclinées

     

    La journée du 23 septembre a marqué un sommet dans le discrédit de la notion de grève, comme arme de mobilisation pour obtenir satisfaction ou pour imposer le retrait d’un projet gouvernemental. Les différents appels n’offraient aucune perspective. Et pourtant, les personnels étaient appelés à offrir une journée de salaire au gouvernement, au moment où leur pouvoir d’achat s’effondre d’autant plus que l’inflation connaît un spectaculaire rebondissement.

    Comme on pouvait s’y attendre, les personnels ont massivement boycotté cette journée à tel point que notre secrétaire général l’a qualifiée de « grève de militants ». Et semble-t-il, personne, ici, n’ose arguer de la faible participation à cette journée, pour stigmatiser le manque supposé de combativité des personnels.

    Mais comment ne pas rapprocher cette journée du 23 septembre de ce qui s’était passé l’avant-veille. Le 21, la ministre De Montchalin, ouvrait la « conférence sur les perspectives salariales dans la fonction publique » et elle pouvait se réjouir de la participation des 9 organisations syndicales de fonctionnaires.

    Que valent les proclamations sur la revendication de déblocage du point d’indice quand on accepte de poser avec la ministre qui est responsable de ce blocage. Et qu’on accepte de participer à une conférence dont l’objectif est de liquider la grille de rémunération des fonctionnaires basée sur le point d’indice.

    Alors que chacun sait que le gouvernement veut parachever la destruction du statut des fonctionnaires déjà bien avancée avec la loi du 6 août 2019.

    Alors revendiquer l’augmentation du point d’indice et la défense inconditionnelle de la grille de rémunération des fonctionnaires impose à la direction de notre fédération de quitter immédiatement la « conférence » et d’appeler les autres représentants des organisations de fonctionnaires à en faire autant.

    Nous sommes à l’avant-veille de l’examen de la proposition de loi Rilhac à l’Assemblée nationale. Et compte tenu de l’absence totale de mobilisation à l’appel des directions des syndicats concernés, à commencer par le principal d’entre eux, le SNUipp, il est assez probable que cette proposition de loi soit adoptée dans l’essentiel de sa version aggravée par le Sénat au mois de mars.

    Il faut souligner que la direction nationale du SNUipp, a persisté dans sa volonté délibérée de refuser d’engager la profession dans le combat contre le gouvernement.

    En mars, elle s’était contentée de s’adresser aux sénateurs. Et là, elle persiste en demandant aux enseignants d’envoyer un message aux députés pour leur demander « de ne pas voter la proposition de loi en l’état ».

    Au Conseil National de mars, notre courant avait soumis au vote une motion qui demandait que le CN « condamne cette loi et en exige le retrait pur et simple. » et que notre fédération ouvre « la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée nationale quand sera connue la date de l’examen de la loi Rilhac en 2ème lecture. » (avec comme résultat : 7 pour / 89 contre / 8 abstentions et 31 refus de vote).

    Cette loi Rilhac, avant même son adoption, est déjà aggravée par les déclarations marseillaises de Macron voulant imposer que les directeurs de 50 écoles recrutent leurs enseignants.

    Il faut apprécier que les équipes enseignantes de 40 écoles de Marseille ont appelé au boycott de cette expérimentation car les instits ont bien compris la portée de l’expérimentation-Macron, destinée à être généralisée.

    Que notre fédération et son syndicat concerné, le SNUipp, se mettent au diapason de ces courageux enseignants des écoles marseillaises en déclarant le boycott de tous les groupes de travail sur la direction dans lesquels va être déclinée la mise en œuvre d’un coup historique contre les enseignants des écoles. Et qu’ils se prononcent clairement pour le retrait pur et simple et immédiat de la loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille.

     

     


     

     Lettre de Liaison N° 318 - 22 septembre 2021 :

    [Version pdf]

    Transformation des directeurs d’école en fonctionnaires d’autorité ayant le pouvoir de nomination des enseignants, liquidation de la grille unique de la Fonction Publique et du point d’indice comme valeur de référence pour l’ensemble des fonctionnaires :

     LE GOUVERNEMENT MACRON-CASTEX-BLANQUER AMPLIFIE LA GUERRE CONTRE LES ENSEIGNANTS ET L’ ENSEMBLE DES FONCTIONNAIRES.

    IL S'APPUIE POUR CELA SUR LA CONCERTATION QU'IL MÈNE AVEC LES DIRIGEANTS SYNDICAUX.

    NUL NE PEUT ACCEPTER LA POURSUITE DE CETTE CONCERTATION !

     

    Du discours de Macron à Marseille à la loi Rilhac

    A Marseille le 2 septembre, Macron a conclu son discours de dénigrement des enseignants par l’annonce d’une expérimentation confiant aux directeurs de 50 écoles, le recrutement de « leurs » enseignants. Répondant à cette provocation, les instits de 40 écoles marseillaises ont appelé « à boycotter l’expérimentation Macron-Blanquer ». Et à juste titre, ils écrivent que celle-ci ayant « vocation à être généralisée (...) impliquerait la fin d’un mouvement des personnels fondé sur des critères communs (barème) assurant pour chaque enseignant.e la possibilité égale aux autres d’accéder au cours de sa carrière aux postes de son choix.

    Cela inféoderait tout au long de leur carrière les enseignants à des entretiens d’embauche, contribuant à les museler pour rester « recrutables » à leur prochaine mutation.

    Cela donnerait un pouvoir énorme au directeur/à la directrice, supérieur hiérarchique de fait et subordonnerait par voie de conséquence les adjoint.es. » 

    Cet objectif gouvernemental de placer, à la tête des écoles devenant « autonomes », un chef, relais de la hiérarchie et ayant autorité sur les enseignants, on le retrouve également dans la proposition de loi Rilhac qui revient à l’Assemblée nationale ces jours-ci.

    On apprend sur le site du SNUipp en date du 17 septembre que : « Les organisations syndicales SNUipp-FSU, SNUDI-FO, CGT Educ’action, SNALC et Sud Education exigent l’abandon de ce projet d’expérimentation, du projet de loi Rilhac et du statut d’emploi fonctionnel. »

    Certes cette formulation se rapproche du mot d’ordre qui devrait être avancé : « Retrait pur et simple, et immédiat ».

    Mais que valent les mots et les écrits quand ils sont contredits dans les faits. Quand, le 14 septembre, tous les représentants syndicaux ont répondu « comme un seul homme » à la convocation de Blanquer et lui ont demandé des explications sur la mise en œuvre de l’expérimentation marseillaise.

    Début juillet, la direction du SNUipp a écrit : « la ligne rouge est franchie ! »

    Et c’est bien la guerre que le gouvernement a déclaré aux enseignants des écoles.

    Alors, le véritable combat pour le retrait du plan Macron et de la loi Rilhac commence par la rupture totale avec le gouvernement, l’arrêt de toute participation aux diverses concertations mises en place par ce dernier.

    Tel est le sens de la motion présentée par le représentant Front Unique au Conseil syndical du Puy-de-Dôme, le 14 septembre :

    « Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 14 septembre 2021

    - rejette le Plan Macron pour l’école annoncé à Marseille et en exige le retrait immédiat,

    - appelle à refuser de participer aux réunions de concertation visant la mise en place de ce projet et plus largement aux groupes de travail sur la direction d’école ;

    - exige à nouveau le retrait pur et simple du projet de loi Rilhac ;

    - appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à reprendre cette position à son compte et à tout mettre en œuvre afin de réaliser le front uni des organisations syndicales concernées pour imposer ces retraits. » (Vote : 3 pour, 4 abstentions, 3 contre)

     

    Dans le même sens, le 16 septembre, le conseil syndical du SNUipp de l’Hérault  a adopté à l’unanimité, cette motion :

    « Considérant que la proposition de loi Rilhac, l’« expérimentation » de Marseille et les mesures de Blanquer annoncées début juillet ont le même but :

    - dynamiter le statut des enseignants des écoles en les soumettant à l’autorité de directeurs d’école transformés en supérieurs hiérarchiques avec mission de recrutement ;

    - et mettre en concurrence enseignants et écoles,

    Le conseil syndical du Snuipp34, réuni le 16 septembre 2021 à Montpellier, se prononce pour le retrait pur et simple de l’« expérience » de Marseille et de la proposition de loi Rilhac et demande que cette position soit mise au centre de la communication de notre syndicat.

    Le Cs du Snuipp34 demande au Conseil national de décider que le Snuipp refusera de participer aux concertations et aux groupes de travail sur la direction d’école chargés de mettre en œuvre ces projets. 

     

    Après la loi de transformation de la Fonction Publique, la « conférence salariale » vise à dynamiter le statut , à liquider la grille unique et la référence au point d’indice

    L’offensive contre le statut des enseignants s’inscrit dans l’objectif plus global de dynamitage du statut de la Fonction Publique. Après la « loi de transformation de la Fonction Publique » – précédée par 15 mois de concertation avec les directions syndicales – la nouvelle étape de liquidation du statut de la FP passe par la « conférence salariale » convoquée par la ministre Montchalin.

    Le 6 juillet, elle a annoncé que le point d’indice resterait bloqué, comme il l’a été tout au long du quinquennat de Macron. Elle a justifié « une rupture assumée avec les augmentations générales du point d’indice pratiquées lors des précédents quinquennats : à la fois inéquitables et coûteuses ». Elle a dénigré « un système de rémunérations et de progression de carrières à bout de souffle, dont les défauts structurels et d’attractivité ont été révélés par la crise ». Et elle a annoncé « entre juillet et février, une conférence inédite pour repenser le système de rémunération et de carrière. ». Cette « conférence sur les perspectives salariales » a pour but « d’établir un diagnostic sur les rémunérations et les carrières dans la fonction publique et de proposer des pistes d’évolution. Ses conclusions sont attendues en mars 2022. »

    La conférence est complétée par les concertations ouvertes secteur par secteur, depuis le Ségur de la santé, étendues maintenant au Grenelle de l’éducation pour les enseignants avec notamment un groupe de travail sur la « personnalisation » des carrières, aux négociations ouvertes aux douanes et aux finances au motif de « reconnaître l’investissement des agents ».

    Est il possible de prêter la main, par la participation à une telle « conférence », à cette entreprise de destruction du statut, de la grille unique et du point d’indice qui constituent le socle d’une défense commune de tous les fonctionnaires en matière de carrière et de salaire ? Est il possible de faire semblant d’y voir un cadre où il serait possible de défendre une prétendue « revalorisation » des salaires ? Évidemment non !

    Partout il faut faire valoir l’exigence que les fédérations de fonctionnaires quittent sans délai la « conférence salariale » de Montchalin, condition préalable à tout combat effectif pour une augmentation générale des fonctionnaires par une augmentation massive du point d’indice.

    Tel est le combat des militants pour le Front Unique des syndicats de l’Enseignement Public. Pour vous joindre à ce combat, prenez contact avec les militants !

     

     


     

     Nous remercions les 171 adhérents de la FSU qui, en apportant leur candidature, ont permis que la liste Front Unique soit enregistrée. Ci-dessous le texte d’orientation de notre courant qui sera soumis au vote des syndiqués de la FSU du 4 au 25 novembre.

    Le gouvernement Macron-Castex-Blanquer disloque l’enseignement public, pulvérise les statuts, liquide le bac et les diplômes nationaux, attaque la grille de rémunération de la fonction publique et réprime toute manifestation d’opposition à sa politique. Ce gouvernement est l’ennemi des enseignants, des fonctionnaires, des travailleurs ! La direction de la FSU doit enfin rompre la concertation-collaboration avec lui !

     

    Macron et son gouvernement veulent des chefs dans les écoles !

    A Marseille le 2 septembre, Macron a multiplié les attaques contre les enseignants et indiqué vouloir imposer dans 50 écoles le recrutement des instits par les directeurs.

    Ce serait l’autonomie des écoles avec à leur tête un chef qui, relais de la hiérarchie, aurait autorité sur les enseignants. La proposition de loi Rilhac (sur la direction d’école) qui poursuit le même objectif revient à l’Assemblée nationale fin septembre. Et début juillet, s’appuyant sur les « conclusions » du Grenelle, Blanquer avait imposé, dès cette rentrée, l’application anticipée de cette loi pour certains directeurs. Il faut noter que cette annonce de Blanquer a été faite au cours d’un des nombreux « groupes de travail » de l’agenda « social » du ministère dont l’objet est d’associer les représentants syndicaux aux attaques gouvernementales.

    Pour briser cette offensive majeure contre les instits, la FSU et le SNUipp doivent :

    - refuser clairement toute autorité hiérarchique pour les directeurs d’école et se retirer, sans délai, des groupes de travail sur la direction d’école ;

    - exiger le retrait pur et simple de l’expérimentation de Marseille, de la loi Rilhac et des décisions de Blanquer concernant les directeurs ;

    - réaliser le front uni des syndicats concernés pour imposer ces retraits.

    Le Grenelle de l’éducation : une offensive « systémique » contre le cadre national de l’enseignement et contre les statuts

    La seule finalité du Grenelle de l’éducation dont les conclusions avaient été commandées par Blanquer, était de donner une assise « concertée » à une offensive « systémique » contre le statut et le cadre national de l’enseignement.

    La revalorisation, sauce Blanquer, ce sont des primes pour une fraction des enseignants et en aucun cas de véritables hausses de traitement. Et depuis 10 ans, avec le blocage du point d’indice, le pouvoir d’achat de tous les fonctionnaires a diminué malgré les avancements d’échelon.

    Mais surtout cette pseudo-revalorisation vise à masquer l’essentiel :

    - Recrutement par « validation des acquis de l’expérience » donc sans concours et hors statut.

    - Instaurer dans le second degré une hiérarchie intermédiaire (« permettre aux enseignants qui le souhaitent d’exercer avec des services mixtes (assistance à l’inspection, aide aux chefs d’établissements) »)

    - Au nom d’une gestion « au plus près des territoires » et d’une « révolution des ressources humaines », en finir avec le barème pour les affectations pour parachever la liquidation des commissions paritaires.

    - Renforcer « l’autonomie des établissements », développer l’auto-évaluation des établissements et en fonction de cette évaluation, par un « contrat d’établissement » passé entre le rectorat et l’établissement, celui-ci se verrait attribuer des moyens spécifiques. Tout concourt à développer la concurrence entre établissements et entre personnels, tant pour les moyens que pour le recrutement.

    Alors les représentants de la FSU et de ses syndicats nationaux doivent rejeter clairement toutes les mesures du Grenelle et quitter sans délai les groupes de travail dans lesquels le gouvernement les décline.

    Fonctionnaires : le gouvernement veut en finir avec la grille de rémunération de la fonction publique au travers d’une « conférence sur les perspectives salariales »

    Le 6 juillet, la ministre de la FP a annoncé que le point d’indice resterait bloqué comme il l’a été tout au long du quinquennat de Macron. La ministre a justifié « une rupture assumée avec les augmentations générales du point d’indice pratiquées lors des précédents quinquennats : à la fois inéquitables et coûteuses ». Elle a dénigré « un système de rémunérations et de progression de carrières à bout de souffle, dont les défauts structurels et d’attractivité ont été révélés par la crise ». Et elle a annoncé « entre juillet et février, une conférence inédite pour repenser le système de rémunération et de carrière. ». Cette « conférence sur les perspectives salariales » ayant pour but « d’établir un diagnostic sur les rémunérations et les carrières dans la fonction publique et de proposer des pistes d’évolution. Ses conclusions sont attendues en mars 2022. »

    Blocage éternel revendiqué du point d’indice, liquidation de la grille de rémunération des fonctionnaires, avec à la clef la volonté de généraliser un système de primes individualisées et à la tête du client prélude à la liquidation du statut de la fonction publique. Et pourtant, les représentants syndicaux ont simplement pris acte du nouveau blocage sans claquer la porte et n’ont pas déclaré refuser de participer à la « conférence sur les perspectives salariales ». Pire, moins d’une semaine après, le 13 juillet, ils signaient tous un scandaleux accord sur le télétravail dans la FP et n’hésitaient pas, sans vergogne, à « poser », sagement rangés aux côtés de la ministre, alors qu’elle brandissait cet accord, tel un trophée. Et cela, alors que la veille, Macron déclarait de nouveau la guerre à nos retraites et affirmait : « La seule solution est de continuer à bousculer le système et les positions établies, les rentes, les statuts. »

    Moins de 2 ans après la promulgation de la loi de transformation de la FP, une semaine après le nouveau blocage du point d’indice, et alors que le gouvernement piétine sans répit les fonctionnaires, cette photo leur donne à penser qu’ils ne peuvent compter sur les dirigeants de leurs syndicats. C’est insupportable !

    Après la loi d’août 2019 contre la FP qui en particulier liquidait les commissions paritaires, après la LPR et ses décrets qui visent à anéantir les statuts dans l’enseignement supérieur et la recherche, c’est l’ensemble des fonctionnaires qui sont désormais confrontés à une offensive générale contre leur statut.

    La défense du statut implique la préservation intransigeante de la grille unique de rémunérations basée sur le point d’indice. La FSU doit réaffirmer cette exigence, dénoncer les attaques gouvernementales et refuser de participer de quelque manière que ce soit à l’opération « conférence sur les perspectives salariales de la FP ». Personne ne peut oublier que c'est grâce à la concertation intense des représentants syndicaux de la FP avec le gouvernement que celui-ci a pu faire passer sa loi de destruction de la FP d'août 2019.

    Et pour améliorer réellement le pouvoir d’achat de tous les fonctionnaires, la FSU doit combattre pour une importante augmentation du point d’indice.

    Le gouvernement Macron-Castex-Blanquer, gouvernement de guerre contre les travailleurs

    Ce gouvernement s'en prend violemment aux enseignants aux fonctionnaires et réprime violemment et à grande échelle. On ne peut citer, tellement ils sont nombreux, tous les cas de personnels qui ont subi la répression administrative pour avoir tenté de combattre la politique gouvernementale (Melle, Nîmes, Bordeaux, Clermont, Rennes, Bobigny etc). Mais aussi la terrible violence policière contre les manifestants et particulièrement contre la jeunesse.

    Avec sa loi "passe sanitaire", ce gouvernement réduit radicalement les libertés publiques et veut priver de salaire et d’emploi certains travailleurs non-vaccinés.

    Ce gouvernement prépare la plus violente offensive contre les retraites, il réduit drastiquement les indemnités chômage, il veut faire payer le train aux cheminots et le rendre gratuit pour les flics.

    Plutôt que de préparer le ralliement au vote Macron au nom du "danger de l'extrême droite", la responsabilité de la FSU est de rompre la concertation et d'œuvrer jusqu'au bout à la réalisation d’un front uni des syndicats pour l'affronter et lui infliger une défaite.

    Le 10 septembre 2021


     On nous communique :

     

    Motion du Conseil syndical du Snuipp34 sur la direction d’école

    (adoptée à l’unanimité le 16 septembre 2021)

     

    Considérant que la proposition de loi Rilhac, l’« expérimentation » de Marseille et les mesures de Blanquer annoncées début juillet ont le même but :

    - dynamiter le statut des enseignants des écoles en les soumettant à l’autorité de directeurs d’école transformés en supérieurs hiérarchiques avec mission de recrutement ;

    - et mettre en concurrence enseignants et écoles,

    Le conseil syndical du Snuipp34, réuni le 16 septembre 2021 à Montpellier, se prononce pour le retrait pur et simple de l’« expérience » de Marseille et de la proposition de loi Rilhac et demande que cette position soit mise au centre de la communication de notre syndicat.

    Le Cs du Snuipp34 demande au Conseil national de décider que le Snuipp refusera de participer aux concertations et aux groupes de travail sur la direction d’école chargés de mettre en œuvre ces projets.

    ------------------------------------------

    Motion sur la direction d'école présentée au Conseil syndical du SNUipp-FSU 63 du 14 septembre 2021

    A Marseille le 2 septembre, Macron a lancé une expérimentation dans 50 écoles de la ville qui accordera aux directeurs et directrices le pouvoir de recruter les enseignants.

    Bref d'en faire des chefs d'établissement comme dans les écoles privées.

    Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 14 septembre 2021

    - rejette le Plan Macron pour l’école annoncé à Marseille et en exige le retrait immédiat,

    - appelle à refuser de participer aux réunions de concertation visant la mise en place de ce projet et plus largement aux groupes de travail sur la direction d’école ;

    - exige à nouveau le retrait pur et simple du projet de loi Rilhac ;

    - appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à reprendre cette position à son compte et à tout mettre en œuvre afin de réaliser le front uni des organisations syndicales concernées pour imposer ces retraits.

    Vote : 3 pour, 4 abstentions, 3 contre

     


     

     Lettre de Liaison N° 317 - 12 juillet 2021 :

    [Version pdf]

    Intervention du courant Front Unique contre la signature de l’accord cadre sur le télétravail dans la Fonction publique (Conseil national de la FSU, le 12 juillet 2021)

    De toute évidence, la FSU doit refuser de signer le projet gouvernemental

    D’abord, le contexte :

    Le gouvernement multiplie les attaques contre les travailleurs et les jeunes, contre les fonctionnaires et leur statut, contre les enseignants et menace à nouveaux nos retraites.

    Le gouvernement réprime les mouvements sociaux, persécute les militants syndicaux, et se déchaîne contre la jeunesse comme à Redon, il y a 3 semaines.

    Le Snes écrit: « L’Éducation n’est pas épargnée dans l’entreprise de destruction pratiquée par le gouvernement» Le Snuipp, titre : « Direction : le Ministère franchit la ligne rouge ».

    Et sur la page d’accueil du site de notre fédération, la loi du 4 août 2019 est qualifiée de « loi de destruction de la FP ».

    Aujourd’hui, c’est la ministre Montchalin, en charge de cette démolition, qui demande aux organisations de fonctionnaires d’apporter au gouvernement leur soutien en signant un accord cadre dont il est à l’initiative.

    Cette signature est demandée une semaine après la confirmation du blocage du point d’indice.

    Alors que le gouvernement piétine les fonctionnaires, détruit leur statut et liquide toutes les garanties qui en découlent, il veut se prévaloir du soutien de leurs syndicats.

    L’accord cadre est donc d’abord un accord politique et déjà pour cette seule raison, notre fédération doit refuser le projet d’accord télétravail.

    Mais c’est également tout ce qu’il contient qui doit conduire à notre refus car cet accord est destiné à amplifier les attaques contre les fonctionnaires, à les atomiser, à pulvériser leurs capacités de résistance face aux nouvelles attaques programmées.

    Maintenant, le contenu de ce projet :

    Télétravail et enseignement à distance

    D’abord une curiosité : nos dirigeants affirment que l’enseignement à distance ne serait pas du télétravail alors que pourtant il correspond tout à fait à sa définition. Et dans le document soumis à signature, l’enseignement à distance ne figure pas parmi les formes de travail non assimilées à du télétravail.

    Blanquer et Vidal ont intégré toutes les potentialités d’économies en termes de locaux et de personnels que permettrait l’extension de l’enseignement à distance.

    Le Snesup informe que dans des universités, indépendamment de la crise sanitaire, des organisations hybrides d’enseignement sont programmées dont la seule justification est la gestion de l’insuffisance budgétaire et l’absence de recrutement des personnels nécessaires.

    Or, nous savons tous les conséquences délétères qu’a provoqué chez les étudiants et chez les enseignants l’enseignement à distance.

    Dans le secondaire, le recours à l’enseignement à distance permettrait de diminuer les postes des disciplines rares. Et au lieu d’assurer les remplacements, de renvoyer les élèves concernés à des cours à distance. Là sont les pistes pour continuer les suppressions massives de postes dans le secondaire.

    Le télétravail volontaire sauf quand il sera obligatoire :

    C’est ce qui est indiqué en page 2, je cite :

    « Le volontariat est un principe essentiel dans la mise en œuvre du télétravail.

    Toutefois le télétravail doit aussi, de façon exceptionnelle, pouvoir être mis en œuvre à la demande

    des employeurs sur le fondement des pouvoirs dont ils disposent »

    Et donc, le télétravail sera obligatoire dans des circonstances exceptionnelles que le ministère et les employeurs décideront. Parmi ces circonstances exceptionnelles, il est indiqué « notamment en cas de pandémie ou de catastrophe naturelle ». Ce notamment laisse toute latitude aux administrations d’y ajouter d’autres situations et en particulier les mouvements de grèves qui perturberaient les trajets ou l’activité des agents sur leur lieu de travail.

    Déconnexion : un droit tout théorique

    Il est indiqué que le droit à la déconnexion doit - je cite - « faire l’objet d’un accord à tous les niveaux pertinents ». Et pour que les choses soient claires, il est écrit : « Les modalités du droit à la déconnexion doivent être négociées dans le cadre du dialogue social de proximité. »

    C’est donc localement, en fonction de rapports de force le plus souvent défavorables, que les modalités de ce droit à la déconnexion doivent être négociées. Il y a donc très loin entre ce droit très hypothétique et son application réelle.

    Temps de travail et respect de la vie privée

    Il est indiqué : « Le télétravail appelle à une vigilance particulière des encadrants et des agents sur le risque accentué de dépassement des durées de travail et d’empiètement sur la vie personnelle ».

    Mais dans la relation de travail, il n’y a pas égalité entre l’agent et son encadrant, mais subordination. Qui d’ailleurs est largement accentuée par les promotions au mérite. Avec le télétravail, dans une situation d’isolement, l’agent se retrouvera davantage sous la coupe de son supérieur. D’autant plus que ce dernier est autorisé, par son contrôle numérique, à porter atteinte « au respect des droits et libertés des salariés, particulièrement le droit au respect de leur vie privée » à la seule condition que cette atteinte ne soit pas excessive.

    « L’impact du télétravail sur le collectif de travail et le télétravail comme levier de l’amélioration des pratiques managériales » (titre de la partie 6)

    Impacter le collectif de travail, utiliser le télétravail comme un levier pour renforcer les pratiques managériales, le gouvernement délaisse là les euphémismes et affiche nettement ses objectifs.

    Dans cette même partie : « la mise en place du télétravail est l’opportunité pour l’encadrant d’associer les membres de son équipe à une réflexion collective sur l’adaptation et l’amélioration de l’organisation du travail ». Ces « adaptation et amélioration » masquent en fait une transformation radicale impulsée par le gouvernement.

    Il est ensuite écrit : « Le télétravail comme le travail à distance remettent en cause certains modes de fonctionnement. (...) L’allègement des procédures et des chaînes hiérarchiques doit être recherché. » (p 10). Derrière ce jargon du New management, il y a la volonté de laisser croire qu’il y aurait égalité et proximité entre l’agent et celui qui le notera, le sanctionnera ou organisera la suppression de son poste ou de son service. Il y a ici également la volonté d’écarter l’organisation syndicale que l’agent peut interposer entre lui et sa hiérarchie.

    Dialogue social de proximité ou local

    Le gouvernement poursuit sa politique, celle de démolition de la fonction publique, les statuts nationaux sont ignorés. Et la seule possibilité d’obtenir un minimum de garanties pour les agents est renvoyée à un dialogue social de proximité, niveau où les rapports de force sont en général les moins avantageux pour les fonctionnaires. Cette déclinaison au plus près du local participe de la liquidation des statuts nationaux.

    Conclusion :

    Nos dirigeants avancent que ce projet contiendrait quelques avancées. Nous venons de voir ce qu’il en est vraiment. D’ailleurs, dans la dernière phrase du texte de justification de la signature que nos dirigeants souhaitent apporter au gouvernement, ils reconnaissent eux-mêmes pour ces droits nouveaux leur  « caractère non contraignant pour les employeurs » et admettent que des garanties réelles « restent à obtenir dans les négociations à venir aux différents niveaux. ».

    Comment oser évoquer un texte permettant de « cadrer », « borner », « socler », bref d’empêcher certaines dérives. Alors que celles-ci se déclineront au niveau local.

    Un projet porté par le gouvernement Macron-Castex-Montchalin, gouvernement de la démolition de la fonction publique ;

    un projet n’accordant aucune garantie aux agents mais qui vise à lancer de nouveaux assauts contre les fonctionnaires et leurs statuts.

    De toute évidence, notre fédération ne peut apporter son concours ni au gouvernement ni à son projet.
    La FSU doit refuser de signer le projet d’accord sur le télétravail.

    Résultat du vote sur la signature du projet d’accord sur le télétravail dans la fonction publique :

    pour (la signature) : 88 ; contre : 15 ; abstentions : 10 ; refus de vote : 2

    Déclaration du courant Front Unique à l’issue du vote

    Front Unique dénonce la décision de signature obtenue par notre direction fédérale.

    Cette signature est actée au moment où la grande majorité de nos adhérents et de nos électeurs – les enseignants – sont en vacances.

    Cette signature est actée au moment où nos instances, à tous les niveaux, sont en sommeil, comme l’a attesté le responsable du Snetap.

    Si les personnels ne peuvent se réjouir du soutien accordé au gouvernement dans la fonction publique, celui-ci, au contraire, pourra célébrer ce soutien demain devant les objectifs des médias.

    Dans ces conditions, soumettre une motion action à ce Conseil national dont le seul objet était de s’intégrer à l’agenda du gouvernement s’apparente pour le moins à une mascarade.

    Ce « en même temps » qui marie soutien au gouvernement et annonces de mobilisations contre lui est assez grossier.


     

     Lettre de Liaison N° 316 - 3 juin 2021 :

    [Version pdf]

     

    Grenelle : Blanquer annonce une offensive “systémique” contre le statut et la dislocation du cadre national de l’enseignement via l’ « autonomie » des établissements.

    Imposer aux dirigeants syndicaux qu’ils rompent leur collaboration à cette entreprise destructrice !

    Le 26 mai, Blanquer s’adressait au Conseil Économique Social et Environnemental (CESE), assemblée où collaborent dirigeants patronaux, syndicaux, représentants d’associations diverses et du gouvernement. Il y a expliqué qu’il reprenait à son compte les centaines de propositions du « Grenelle de l’Education ».

    En réalité, les conclusions du Grenelle avaient été soufflées par Blanquer lui-même. Et si dans ce Grenelle, la part réservée aux directions syndicales était des plus réduite, dans le même temps se tenaient en continu les ateliers de l’ « agenda social », où les directions syndicales ont siégé sans relâche.

    Vous avez dit « revalorisation »  des personnels ?

    Blanquer a commencé par faire des développements sur la « revalorisation » des personnels de l’Éducation Nationale. La première grande tromperie vise à faire croire que celle-ci était le but du « Grenelle », tromperie entretenue par le discours des dirigeants syndicaux critiquant l’« insuffisance » de cette « revalorisation ».

    Mais le tam tam sur la revalorisation vise d’abord à camoufler ce qui est au cœur de l’offensive, c’est-à-dire l’attaque contre le statut, le caractère national de l’enseignement, des programmes et des examens. Et la « revalorisation » Blanquer est en réalité dressée contre la véritable revendication salariale des enseignants  qui ne peut être exprimée qu’en augmentation du point d’indice.

    D’une part la somme de 400 millions, quand bien même elle serait répartie également entre les 1,1 million de personnels de l’Éducation Nationale, aboutirait à une augmentation mensuelle de….30 € par collègue ! Mais ce n’est même pas de cela dont il s’agit en réalité. Si l’on excepte la petite augmentation du salaire des débutants, tout le reste ou presque ira aux collègues « méritants », c’est à dire à ceux qui donneront des gages de bons petits soldats de la réforme Blanquer :

    - la prime aux directeurs d’école primaire est accompagnée d’une modification considérable de leur fonction, visant à les transformer en supérieurs hiérarchiques de leurs collègues et donc en rouages de l’administration

    - Blanquer veut créer une nouvelle catégorie d’enseignants, véritable nouvelle hiérarchie intermédiaire.

    - Les 400 millions serviront à financer les heures supplémentaires imposées aux collègues en particulier pour assurer les remplacements des collègues absents. La pandémie a révélé les énormes besoins en personnels de remplacement et s’est traduit par une grande quantité de remplacements non assurés… ou assurés par des personnels non qualifiés (jusqu’au recrutement d’animateurs). Blanquer y répond par le retour du décret De Robien que le gouvernement de l’époque avait du remballer devant la réaction des enseignants.

    Derrière l’écran de fumée de la prétendue « revalorisation », une violente attaque contre le statut...

    - Recrutement par « validation des acquis de l’expérience », Blanquer ouvre la voie à un large recrutement hors concours. Or, le statut de fonctionnaire d’État est directement lié au recrutement par concours.

    - « reconnaître le métier de directeur d’école, leur donner les moyens d’exercer leur fonction »... « Nous devons aller plus loin à travers la loi Rilhac et à travers la concertation avec les organisations syndicales durant le mois de juin ». On sait ce que cela veut dire. La proposition de loi Rilhac, qui doit passer en seconde lecture à l’Assemblée Nationale, transforme en réalité le directeur d’école en supérieur hiérarchique de ses collègues. Devant le CESE, Blanquer annonce sa volonté d’aller de l’avant à travers la concertation au-delà même de l’actuelle rédaction.

    - « permettre aux enseignants qui le souhaitent d’exercer avec des services mixtes (assistance à l’inspection, aide aux chefs d’établissements) ». Bref faire de certains collègues des « caporaux » avec une « carotte » indemnitaire.

    - instaurer une véritable « révolution des ressources humaines » « au plus près des territoires », transformer une gestion « quantitative » en une gestion « qualitative ». Chaque enseignant aura un « référent » rectoral pour tout ce qui concerne sa carrière. Après la destruction des commissions paritaires, restait à en finir avec le barème des affectations qui garantissait encore un semblant d’égalité entre les collègues en matière d’affectation. Blanquer annonce la fin du barème au nom du passage du « quantitatif » au « qualitatif ». C’est aussi la pulvérisation des statuts nationaux à travers la gestion « au plus près des territoires ».

    et contre le caractère national de l’Éducation

    - Renforcer « l’autonomie des établissements » « pour répondre aux besoins spécifiques ». D’ores et déjà, Blanquer a instauré l’évaluation et l’auto-évaluation des établissements. On en comprend le but. Selon que l’établissement est « bien » ou « mal » évalué, il bénéficiera de moyens inégaux qui lui seront attribués à travers un « contrat d’établissement » passé entre l’établissement et le rectorat. De tels contrats, déjà en place à titre expérimental dans certaines académies, ont vocation notamment à se substituer aux REP. La logique est celle de la mise en concurrence généralisée des établissements, tant au niveau des moyens que du recrutement.

    Une offensive systémique à travers un dialogue social quotidien

    Rien n’est possible – et Blanquer le sait – sans une association étroite des directions syndicales à cette offensive. Et c’est pourquoi, il a annoncé une véritable orgie de concertations :

    - dialogue social sur la répartition des fameux 400 millions d’euros qui aura lieu tout au long du mois de juin. Faut-il le préciser, le cadre défini interdira toute défense véritable des revendications salariales des personnels par une augmentation du point d’indice. Or non seulement une telle augmentation est exclue, mais Blanquer annonce la mise en place, dès ce mois, d’un « observatoire des rémunérations » auquel les directions syndicales doivent être associées. Il est clair que les recommandations d’un tel « observatoire » seront systématiquement opposées à toute réelle revendication salariale.

    - dialogue social sur le « statut » de directeur d’école (même si Blanquer ne prononce jamais ce mot) tout au long du mois de juin en lien avec la présentation de la proposition de loi Rilhac à l’Assemblée Nationale.

    - dialogue social pour imposer aux enseignants d’assurer les remplacements en heures supplémentaires en lieu et place du recrutement de personnels remplaçants etc, etc.

    Le gouvernement ne change pas une formule gagnante : « comité de suivi de la réforme du lycée », « comité de suivi de la réforme de la formation » etc. Toutes ces instances de « dialogue social » ont par le passé parfaitement rempli leur rôle d’accompagnement des contre-réformes. Il attend que la même méthode permette de faire passer cette « réforme systémique », ou encore « révolution des ressources humaines ».

    La première réaction que les enseignants sont en droit d’attendre de leurs directions syndicales n’est-elle pas qu’elles caractérisent l’offensive destructrice pour ce qu’elle est, et par conséquent, en exigent l’arrêt immédiat ?

    Et d’autre part, qu’elles annoncent, dès à présent, leur refus de participer à cette avalanche de réunions de concertation annoncées comme devant se tenir dès maintenant ?

    Or non seulement ce n’est pas le cas, mais en particulier, pour les responsables des syndicats majoritaires (SNES, SNUipp), leur réaction est strictement inverse. Elle consiste à se plaindre de l’ « insuffisance » des propositions Blanquer et même à se désoler … qu’elles ne fassent pas l’objet d’une loi de programmation pluri-annuelle ! Telle est par exemple le contenu de la réaction des dirigeants du SNES :

    « On est loin de la revalorisation historique promise par Blanquer » «  Ces annonces ne sont donc pas à la hauteur du déclassement salarial des personnels du 2d degré, qui est pourtant un des facteurs du manque d’attractivité de nos professions comme le montrent, tous les ans, les chiffres des concours de recrutement.

    La loi de programmation pluriannuelle est enterrée... » réaction du SNES en date du 27 Mai.

    En somme, il faudrait demander à Blanquer qu’il tienne ses promesses !

    Pour l’arrêt immédiat des concertations sur la mise en œuvre du « Grenelle » !

    Pour les véritables revendications : défense du statut et du caractère national de l’Enseignement public, réelle revalorisation des salaires par l’augmentation du point d’indice !

    Le courant Front Unique appelle à s’organiser pour imposer une telle orientation aux directions syndicales.

     

     


     On nous communique :

    Motion adoptée le 11 mai 2021 par le conseil syndical du SNUipp 63 contre les conclusions du « Grenelle de l’éducation »

    Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 :

    - rejette dans leur intégralité les conclusions du « Grenelle de l’éducation »,

    - appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à se prononcer en ce sens.

    (Pour : 8 ; Contre : 1 ; Abstention : 1)

     


     

    Bureau national de la FSU du 31 mai 2021

    Intervention du courant Front Unique contre la signature par la FSU

    de l’accord dit de méthode soumis par le gouvernement aux organisations syndicales

    sur la protection sociale complémentaire des fonctionnaires

    Il semble que le secrétariat national tienne absolument à signer un accord de méthode avec le gouvernement sur ladite protection sociale complémentaire (PSC). Ce genre d’accord découle d’une ordonnance prise en application d’un article de la loi dite de transformation de la fonction publique du 6 août 2019. Loi que notre fédération condamne et dont elle exige l’abrogation, certes de manière très formelle.

    Le gouvernement, dans cette négociation autour de la protection sociale complémentaire, veut transcrire dans la Fonction publique, un processus déjà à l’œuvre dans le privé et que notre congrès de Clermont-Ferrand de décembre 2019 a rappelé et dénoncé.

    Il est frappant de noter que dans un courrier récent envoyé par des organisations syndicales dont la nôtre au ministère de la Fonction publique, jamais n’est mentionnée la sécurité sociale.

    Or c’est bien d’abord la Sécurité sociale qui est au cœur de l’offensive gouvernementale derrière la négociation sur la PSC. Mais c’est aussi la poursuite des attaques contre les fonctionnaires, contre leurs statuts et contre les retraités de la fonction publique.

    En plus, au nom de chimères programmées pour 2026, c’est la poursuite du gel du point d’indice qui resterait d’actualité pour financer la participation de l’État à la PSC ainsi qu’également les économies réalisées par le maintien de la journée de carence pour les fonctionnaires.

    Sans compter la rupture d’égalité entre actifs et retraités qui serait consacrée.

    Il y a donc une opposition fondamentale à prétendre défendre les intérêts des fonctionnaires et des retraités et accepter de s’associer à cette opération gouvernementale. Envisager de signer un accord dit de méthode avec le gouvernement constituerait un véritable affront aux fonctionnaires après la mise en œuvre de la loi du 6 août 2019.

    Je rappelle les propos de notre représentante au Cdfn, le 26 mai :

    « Par la signature d’accords de méthode, les représentants syndicaux co-construisent le cadre des discussions. Or le contenu de ces discussions sera la liquidation des acquis des fonctionnaires. Le gouvernement veut ainsi exhiber la signature des représentants syndicaux pour dire « on liquide tous les acquis des fonctionnaires, et ceci en collaboration avec les organisations syndicales ».

    La FSU doit refuser d’être instrumentalisée par le gouvernement. Elle doit refuser de discuter de tout accord en lien avec la destruction d’acquis. »

    Une terrible crise économique et sociale va exploser dans les semaines qui viennent, et le gouvernement est bien déterminé à en faire payer le coût aux travailleurs, aux chômeurs, aux jeunes et aux retraités. Et le gouvernement considère que pour mener une telle offensive, il aura besoin des représentants syndicaux et c’est pour cela qu’il veut multiplier la signature d’accords, fussent-ils seulement de méthode.

    Nous demandons donc qu’un vote ait lieu sur cet accord de méthode et bien sûr, notre courant Front Unique votera contre.

     

    A noter que le secrétaire général de la FSU a refusé de soumettre la signature de cet accord avec le gouvernement au vote du Bureau national. Il a donc fallu qu’une motion soit soumise (par le courant Émancipation) pour qu’un vote puisse néanmoins avoir lieu :

    Motion : « Le BDFN de la FSU du 31 mai ne signe pas l’accord de méthode sur la PSC. »

    (Pour : 3 / Contre : 29 / Abstention : 1 / Refus de vote : 1)

     


     

    Conseil national de la FSU des 25 et 26 mai 2021

     

    Le courant Front Unique est intervenu :

    - pour dénoncer la manifestation du 19 mai à l’appel des syndicats de policiers et pour condamner le soutien que lui a accordé le secrétariat de la FSU

    - pour rejeter les conclusions du Grenelle et refuser les concertations de Blanquer

    - pour exiger le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac sur la direction d’école

    - pour se placer aux côtés du peuple palestinien et pour l’organisation effective de l’État d’Israël

     

     

    Intervention du courant Front Unique

    au Conseil national de la FSU, le 25 mai 2021 (débat général)

    Notre courant a décidé ce matin de ne traiter que d’un événement exceptionnel qui a eu lieu le 19 mai aux abords de l’Assemblée nationale.

    Ce jour-là, à l’appel de leurs syndicats, des milliers de policiers se sont rassemblés pour exiger le renforcement du caractère policier de l’État et pour dénoncer l’institution judiciaire et son supposé laxisme. Ils ont bien sûr bénéficié du soutien plein et entier de LR, de LREM et du RN. Ils avaient aussi l’appui du gouvernement qui chaque jour attaque les libertés démocratiques et veut encore accroître la présence policière selon les mots de Macron qui veut « plus de bleu sur le terrain ». Darmanin le ministre de la répression et de l’impunité policière, de la chasse barbare aux migrants, des exactions et violences policières contre les manifestants et contre les journalistes était tout à fait à sa place.

    Mais quel affront au mouvement ouvrier que les premiers secrétaires du PCF et du PS soient eux-aussi présents. Le premier exigeant « des flics ! des flics ! » et le second « un droit de regard de la police sur la justice ». Souvent les manifestants dénoncent la police en scandant « Police partout, justice nulle part », au contraire, pour ces dirigeants, cette dénonciation semble devenir une revendication.

    Déjà, il y a quelques semaines, au moment où le gouvernement avait entamé sa campagne maccarthyste à l’université au nom de sa lutte contre « l’islamo-gauchisme » et lancé une brutale offensive contre l’UNEF, des sénateurs de ces deux partis avaient voté un amendement dit « Unef » qui permet au gouvernement de pouvoir s’immiscer dans le fonctionnement interne des syndicats jusqu’à en imposer la dissolution. Quelle bassesse !

    Quel affront également au mouvement syndical que la participation et le soutien de la CGT, de FO et aussi hélas de la FSU, au rassemblement du 19 mai.

    Ce qui est essentiel aujourd’hui, c’est ce qui nous concerne directement, c’est-à-dire les positions adoptées au nom de notre fédération.

    Notre fédération regroupe en particulier les principaux syndicats d’enseignants, de la maternelle à l’Université. Nous avons une responsabilité particulière vis à vis de ces enseignants et des élèves qu’ils instruisent. Nous dénonçons les violences policières contre les lycéens lors de leurs mobilisations. Et nous n’oublierons jamais ceux agenouillés par des flics en armes à Mantes-la-Jolie et vantant « une classe qui se tient sage »

    Comment notre secrétaire général a-t-il pu cautionner et soutenir la participation du SNUITAM intérieur à cette manifestation et relayer ses communiqués ?

    L’existence de ce minuscule syndicat dans nos rangs permet à notre secrétaire général de justifier un soutien à cette manifestation au lieu de la condamner. C’est plus que regrettable !

    Et c’est pourquoi notre courant a soumis au congrès de Clermont-Ferrand une motion intitulée « La FSU ne doit pas syndiquer de policiers ».

    Et nous persistons et nous insistons : La FSU ne doit pas syndiquer de policiers !

    Dans les luttes sociales, dans les manifestations, les policiers ne sont pas pour nous des « frères d’armes », comme les désignent les dirigeants du SNUITAM Intérieur, ce sont des hommes armés par le pouvoir, qui à son service, avec le plus grand zèle, nassent, répriment, tabassent, matraquent, gazent, éborgnent, amputent et vont parfois jusqu’à tuer.

    Sous les ordres du sinistre préfet Lallement, le 15 mai à Paris, 4 200 flics et gendarmes ont chargé inlassablement les manifestants mobilisés contre les bombardements d’Israël à Gaza et les violentes exactions des colons et des flics de l’État colonial israélien contre les Palestiniens.

    Le 19 mai, un large front républicain intégrant le Rassemblement national, autour du gouvernement et de sa police s’est affiché.

    Et aujourd’hui, certaines organisations, dans un appel à manifester le 12 juin, évoquent certes « des lois liberticides » et dénoncent « un climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives » mais parviennent – quel tour de force ! – à ne pas nommer une seule fois le gouvernement qui en est l’instigateur et l’organisateur.

    Darmanin, celui qui juge Marine Le Pen « trop molle », veut s’appuyer sur le rassemblement du 19 mai en tant que symbole d’union nationale réalisée autour du gouvernement et de sa police pour s’en prendre aux libertés démocratiques y compris à la simple liberté d’expression. Sa plainte contre Audrey Pulvar (qui a osé juger « glaçante » la manifestation des flics à l’Assemblée Nationale) s’inscrit pleinement dans cette dynamique.

    Notre Conseil national doit condamner clairement ce qu’a signifié l’opération réalisée autour du rassemblement organisé par les syndicats de policiers le 19 mai à Paris.

    Notre Conseil national doit condamner le cautionnement et le soutien apporté par le secrétariat national de la FSU à ce rassemblement par la diffusion des communiqués du SNUITAM Intérieur d’appel à cette manifestation.

     

    Intervention de présentation de la motion FU :

    Condamnation du rassemblement du 19 mai à l’appel des syndicats de policiers

    Dans le texte action, trois faits sont rapprochés comme participant d’une situation très inquiétante.

    D’abord, « la publication de deux tribunes de militaires, soutenues par le Rassemblement National ».

    Le troisième étant : « la participation du Ministre de l’Intérieur à une manifestation de policiers qui a tourné à une remise en cause de l'indépendance de la justice ».

    Mais il y a une différence fondamentale entre ces 3 événements.

    Autant notre fédération est bien sûr étrangère et opposée aux deux tribunes évoquées, autant, par la décision du secrétariat national, la FSU s’est trouvé associée à la manifestation de policiers dont le texte Action indique qu’elle a « tourné à une remise en cause de l’indépendance de la justice ».

    Le rassemblement d’il y a une semaine aux abords de l’Assemblée nationale a été bien pire que ça. Il a forgé une unité nationale du PCF juqu’au Rassemblement national autour de Darmanin et donc du gouvernement Macron-Castex, gouvernement ultra-réactionnaire.

    Parce que le gouvernement et toutes les forces réactionnaires reprennent à leur compte systématiquement les positions du Rassemblement national, parce que les principaux syndicats de policiers sont ce qu’ils sont, personne ne pouvait douter de ce que serait le 19 mai.

    Et c’est pourquoi, il est condamnable que notre secrétariat national ait cautionné ce rassemblement. Ce qu’il a fait en soutenant et relayant les communiqués du Snuitam Intérieur qui appelait à ce rassemblement alors que l’honneur du syndicalisme lié au mouvement ouvrier exigeait de condamner par avance cette manifestation et de s’y opposer.

    La représentante du Snuitam, nous a rappelé hier, fort à propos, que son syndicat était essentiellement présent dans le ministère de l’agriculture et dans celui de l’environnement et que le Snuitam Intérieur ne regroupait, selon ses termes, qu’une « infime poignée d’adhérents ».

    Notre secrétariat national se verrait-il dicter son attitude par une « infime poignée d’adhérents » du Snuitam ?

    Ce serait inadmissible !

    Notre courant demande donc que notre Conseil national dénonce le rassemblement du 19 mai et qu’il condamne l’attitude du secrétariat national qui l’a cautionné par son soutien aux communiqués du Snuitam intérieur.

     
    Motion Front Unique :
    Condamnation du rassemblement du 19 mai à l’appel des syndicats de policiers

    Le CDFN de la FSU, réuni les 25 et 26 mai 2021, dénonce l’opération réalisée autour du rassemblement organisé par les syndicats de policiers le 19 mai à Paris.
    Le CDFN condamne le cautionnement et le soutien apporté par le secrétariat national de la FSU à ce rassemblement par la diffusion des communiqués du SNUITAM Intérieur d’appel à cette manifestation.
    (Pour : 5 / Contre : 86 / Abst : 5 / Refus de vote : 23)

     

     

    Intervention de présentation de la motion :

    Grenelle de l’éducation : Rejet des conclusions et refus des concertations

    La conférence du Grenelle de l'éducation se tient à 16h30. Ses conclusions, on les connaît. Blanquer ne s’en est jamais caché, il les a énoncées avant même le lancement du Grenelle.

    Le 6 mai, il a précisé devant les députés qu’il irait au bout de sa démarche.

    Il veut "personnaliser la carrière" des enseignants, c’est-à-dire en finir avec la grille d'avancement à l'ancienneté et y substituer « le mérite » pour une minorité et un alourdissement des obligations de service pour tous. Le café pédagogique estime à 350 millions d’économie par an l’impact de cette mesure, ce qui annule la prétendue revalorisation annoncée.

    Il veut accroître l’autonomie des établissements par la contractualisation au niveau local, avec les rectorats, instaurant de fait une concurrence entre établissements. Cette autonomie s’accompagnera du recrutement du personnel par le chef d’établissement.

    Ces projets s’inscrivent totalement dans les desseins de la loi de transformation de la fonction publique qui vise à liquider toutes les garanties statutaires dans la fonction publique. Le recours aux contractuels se substituant au recrutement statutaire par concours en est l’illustration. Mais cette loi modifie aussi le cadre et les pratiques du dialogue social dans la fonction publique.

    Ainsi l’ordonnance de février modifiant ce cadre a deux fonctions :

    • Une fonction pratique : substituer aux règles nationales des accords locaux dans nombre de domaines. Et même lorsque des accords nationaux seront signés, leur application sera négociée au niveau local, ce qui laisse de très grandes marges d’autonomie et de démolition des statuts via les conditions de travail.

    • Une fonction politique : par la signature d’accords de méthode, les représentants syndicaux co-construisent le cadre des discussions. Or le contenu de ces discussions sera la liquidation des acquis des fonctionnaires. Le gouvernement veut ainsi exhiber la signature des représentants syndicaux pour dire « on liquide tous les acquis des fonctionnaires , et ceci en collaboration avec les organisations syndicales ».

    La FSU doit refuser d’être instrumentalisée par le gouvernement. Elle doit refuser de discuter de tout accord en lien avec la destruction d’acquis.

    En conséquence, le CDFN rejette dans leur intégralité les conclusions du « Grenelle de l’éducation », et refuse de participer aux réunions bilatérales que Blanquer veut utiliser pour mettre en application la liquidation des statuts.

     

    Motion Front Unique :

    Grenelle de l’éducation : Rejet des conclusions et refus des concertations

    Aujourd’hui, à 16h30, J.M. Blanquer rendra publiques les conclusions du Grenelle de l’éducation.

    Mais ses conclusions, on les connaît déjà : "personnaliser la carrière" des enseignants pour en finir avec la grille d'avancement à l'ancienneté ; alourdir les obligations de service ; donner un véritable statut décisionnel aux directeurs d’école ; rendre les établissements autonomes sous contrat avec l’État, recrutement direct du personnel par les chefs d’établissement...

    La FSU s’oppose à la destruction des garanties statutaires des personnels et au démantèlement programmé de l’enseignement public.

    En conséquence, le CDFN de la FSU, réuni le 26 mai 2021, rejette dans leur intégralité les conclusions du « Grenelle de l’éducation », et refuse de participer aux réunions bilatérales que Blanquer veut utiliser pour mettre en application la liquidation des statuts.

    (Pour : 6 / Contre : 76 / Abst : 5 / Refus de vote : 30)

     

    Intervention de présentation de la motion :

    Retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac

    La proposition de loi Rilhac, adoptée au Sénat le 10 mars, devrait revenir prochainement à l’Assemblée nationale.

    Le passage au sénat a aggravé les conséquences destructrices de cette proposition de loi pour l’enseignement primaire :

    - réaffirmation de la délégation de compétences de l’autorité académique et d’une autorité fonctionnelle : le statut de directeur qui ne dit pas son nom, charge de travail plus lourde….

    - Une formation certifiante spécifique à ceux qui bénéficient d’une décharge complète d’enseignement : direction d’école à plusieurs vitesses et retour par la petite portes des établissements publics du primaire ;

    - Des actions de formation spécifiques proposées par le directeur à son IEN [Inspecteur] en prenant en compte les orientations de la politique nationale c’est-à-dire  la mise au pas des collègues et la restriction de la liberté pédagogique ;

    - Détermination de la décharge du directeur non plus uniquement en fonction du nombre de classes mais aussi en fonction des spécificités de l’école autrement dit déterminés au cas par cas, et dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État ce qui revient à signer un chèque en blanc...

    - Création d’un ou plusieurs référents direction d’école dans chaque direction des services départementaux de l’éducation nationale, référents déjà en place dans de nombreux départements.

    Contrairement à certaines organisations syndicales qui parlent de la direction d’école comme d’une profession, nous devons rappeler notre refus de la création d’un statut du directeur d’école, statut qui se dessine très largement, bien qu’il ne soit pas nommé ainsi dans la loi Rilhac.

    La direction d’école est et doit rester une fonction occupée par un enseignant ou une enseignante du primaire.

    Aussi, cette question mérite mieux qu’une simple occurrence au sein d’une liste d’évolutions pour la rentrée qui nécessitent que la FSU reste vigilante, critique dans l'analyse de la portée des politiques menées et mobilisée.

    Notre fédération doit exiger haut et fort le retrait pur et simple de cette proposition de loi.

    Notre fédération, en lien avec la direction du Snuipp, principal syndicat concerné, se doit, dès à présent, d’œuvrer à la mobilisation et à la réalisation du front uni des syndicats et des fédérations de l’enseignement pour imposer le retrait de cette proposition de loi.

    C’est pourquoi nous maintenons notre motion.

     

    Motion Front Unique :

    Retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac

    La proposition de loi Rilhac vise à faire des directeurs d’école des supérieurs hiérarchiques de leurs adjoints. Ses dispositions ont été aggravées lors du vote au Sénat le 10 mars 2021.

    Le CDFN de la FSU réuni les 25 et 26 mai 2021 se prononce pour le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac qui anticipe les conclusions du Grenelle.

    En lien avec la direction du SNUipp, principal syndicat concerné, notre fédération œuvrera à la mobilisation et à la réalisation du front uni des syndicats et des fédérations de l’enseignement pour imposer le retrait de cette proposition de loi.

    (Pour : 7 / Contre : 78 / Abst : 3 / Refus de vote : 31)

     

    Intervention de présentation de la motion :

    Aux côtés du peuple palestinien : pour l’organisation effective du boycott d’Israël

    La raison pour laquelle ce CDFN est amené à prendre position en soutien au peuple palestinien peut être résumée ainsi : pour la première fois depuis longtemps, la jeunesse palestinienne dans toutes ses composantes s’est mobilisée face à l’offensive coloniale de l’État d’Israël.

    A la suite de cette jeunesse, la mobilisation internationale en soutien au peuple palestinien a repris : le 22 mai, 180 000 manifestants se sont rassemblés à Londres, « l’une des plus grandes manifestations pro-palestiniennes de l’histoire britannique » selon le Guardian.

    La proclamation d’un « cessez-le-feu » entre Israël et le Hamas ne conclut rien du tout.

    Depuis des années, l’État d’Israël s’est engagé ouvertement dans la réalisation de son projet de « Grand Israël ». 400 000 colons sont installés en Cisjordanie, 15 000 habitants palestiniens de Jérusalem-Est avaient été expulsés dès avant la mobilisation en défense du quartier de Shaykh Jarrah. Quant à la bande de Gaza meurtrie, 70% de sa population est constituée de réfugiés.

    Les années Trump ont permis à l’État d’Israël de s’affranchir de toute limite : transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, loi sur la nationalité de 2018 qui proclame Jérusalem « entière et unifiée » comme capitale d’Israël et réaffirme Israël comme un « État juif », donc raciste.

    Biden s’est situé sur tous ces points dans la continuité de Trump. Plus que ses paroles, ses actes sont éclairants : Washington accordait une subvention militaire exceptionnelle de près de 800 millions de dollars à Israël au moment même où ce dernier bombardait Gaza.

    Quoi qu’il en soit des « mandats » fossilisés de la direction fédérale, la fiction du « processus de paix » de Washington/Oslo a été jetée aux oubliettes depuis des années. La vérité est que les accords de Washington ont parfaitement rempli leur rôle : les dirigeants de l’OLP ont reconnu Israël, ils ont ensuite liquidé leurs organisations au compte d’une Autorité palestinienne entièrement dépendante de Washington. La prétendue « solution à deux Etats », qui n’était qu’une sinistre farce, n’a jamais figuré dans le texte de ces accords.

    Quant aux suppliques à la « communauté internationale » lui demandant d’intervenir en faveur du peuple palestinien, elles ont depuis longtemps reçu leur réponse : tous les tenants de cette « communauté » ont assuré Israël de leur soutien.

    En France, l’Association France-Palestine Solidarité a fait appel à Macron : Macron a répondu en faisant arrêter le président de l’AFPS et en faisant interdire les manifestations de soutien à la Palestine.

    Les manifestants qui s’engagent le font sur la base de leurs propres conclusions et de leur propre expérience. Ils savent qu’il n’y a rien à attendre des gouvernements des grandes puissances impérialistes et ils agissent en conséquence. A Livourne, en Italie, les dockers ont bloqué un navire chargé d’armes à destination d’Israël. En Angleterre, plusieurs usines de fabrication d’armes pour Israël ont été fermées par des manifestants.

    C’est cela, le soutien réel et effectif au peuple palestinien : et c’est la responsabilité de la FSU, enfin, de s’engager dans le sens de ce combat et de le prendre en charge.

    Pour cela, le CDFN doit se prononcer :

    • Pour l’organisation unitaire, avec la CGT, FO, l’UNEF… du boycott effectif d’Israël (ce qui inclut dans notre champ de syndicalisation le boycott universitaire et scientifique) ;

    • Pour l’organisation d’une manifestation nationale unitaire à l’ambassade d’Israël.

      Motion Front Unique :

      Aux côtés du peuple palestinien : pour l’organisation effective du boycott d’Israël

      Expulsions à Jérusalem-Est, attaque contre la mosquée Al Aqsa, provocations et agressions contre le peuple palestinien, bombardement massif de Gaza, une fois de plus, l’État d’Israël a clairement réaffirmé et proclamé son objectif de la création du « Grand Israël ».

      Le CDFN de la FSU salue la mobilisation de la jeunesse palestinienne dans toutes ses composantes, réaffirmation de l’unité du peuple palestinien face à la colonisation et à un État raciste.

      Dans la tradition des luttes anti-coloniales, la place de la FSU est à leur côté.

      Il salue la mobilisation internationale d’envergure qui s’est développée pour exprimer le soutien des travailleurs et de la jeunesse au peuple palestinien.

      Il condamne l’arrestation du président de l’Association France-Palestine Solidarité, Bertrand Heilbronn, le 12 mars dernier, et l’interdiction à Paris des manifestations de soutien au peuple palestinien par Darmanin. Ces actes du gouvernement démontrent pour le peuple palestinien, il n’y a rien à attendre du gouvernement français, pas plus que des États-Unis ou de l’Union européenne qui constitue le 1er partenaire commercial d’Israël.

      En conséquence, le CDFN de la FSU déclare que le soutien réel et effectif au peuple palestinien ne peut passer que par l’organisation réelle et effective du boycott de l’État d’Israël : pas une arme, pas une marchandise ne doit être embarquée ni débarquée des ports et aéroports français en provenance ou en direction d’Israël. Ce boycott doit inclure le boycott universitaire et scientifique.

      Il décide de s’adresser aux organisations syndicales du mouvement ouvrier (CGT, FO) et aux organisations de jeunesse (notamment l’UNEF) :

      - Afin d’organiser dans l’unité une manifestation nationale de soutien au peuple palestinien à l’ambassade d’Israël

      - Afin d’organiser dans l’unité le boycott effectif de l’État d’Israël

      (Pour : 11 / Contre : 74 / Abst : 2 / Refus de vote : 33)

     

     

     


     

    On nous communique :

     

    Motion adoptée le 11 mai 2021 par le conseil syndical du Snuipp 63 contre la proposition de loi Rilhac :

     

    La proposition de loi Rilhac, adoptée au Sénat le 10 mars, devrait revenir prochainement à l’assemblée nationale. Le passage au sénat a aggravé les conséquences destructrices de cette proposition de loi pour l’enseignement primaire .

    Contrairement à certaines organisations syndicales qui parlent de la direction d’école comme d’une profession, nous rappelons notre refus de la création d’un statut du directeur d’école, statut qui se dessine très largement, bien qu’il ne soit pas nommé ainsi, dans la loi Rilhac. La direction d’école est et doit rester une fonction occupée par un enseignant ou une enseignante du primaire Aussi, il est indispensable de préparer dès à présent la mobilisation nécessaire à la tenue d’un mouvement de grève et de manifestations en direction de l’Assemblée nationale au moment où se tiendront les discussions au sujet de la loi Rilhac. Mettre un coup d’arrêt à cette loi rendra plus difficile la mise en place des conclusions du Grenelle.

    Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63

    - se prononce à nouveau pour le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac sur la direction d’école,

    - appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à se prononcer en ce sens

     

    Pour : 8 ; Contre : 1 ; Abstentions : 2

     


    On nous communique :

     

    Congrès académique du SNES-FSU de Montpellier – 27 avril 2021

    Motion UNEF

    Depuis plusieurs semaines, une violente campagne est initiée par la réaction des représentants de LR, LREM et JM Blanquer contre l’existence même de l’UNEF au faux prétexte de l’organisation de « réunions non mixtes » en son sein.

    Elle a atteint des sommets avec l’amendement adopté par le Sénat dans le cadre de la loi « séparatisme » menaçant de dissolution toute association supposée organiser en son sein des réunions réservées à des minorités raciales ou ethniques.

    Le gouvernement par l’intermédiaire de sa ministre Vidal a menacé de porter plainte contre l’UNEF, traitée de « fasciste » par Blanquer.

    Le Congrès académique du SNES-FSU de Montpellier dénonce l'interférence du gouvernement dans l'organisation interne des syndicats, toute discussion sur l’opportunité de telles réunions ou commissions relevant exclusivement des adhérents des syndicats.

    Il se prononce pour la défense de l’UNEF :

    - parce que l’UNEF est partie constituante du mouvement ouvrier de ce pays, de son histoire en particulier à travers les grands combats de celui-ci (lutte contre la guerre coloniale en Algérie, place dans la grève générale de Mai Juin 1968, contre la loi Devaquet en 1986, lutte contre le CPE etc.)

    - parce qu’au-delà des menaces contre l’UNEF, il s’agit d’une atteinte au droit d’organisation syndicale qui menace l’existence de toutes les organisations. Il s'agit de défendre l'UNEF par principe.

     

    Le Congrès académique s'indigne du vote des sénateurs. Il apporte tout son soutien à l'UNEF, dénonce la criminalisation de l'action syndicale et demande l'abandon du projet de loi contre les séparatismes. Il s'adresse à la direction nationale pour que le SNES reprenne cette position et œuvre à la réalisation d’un front uni des organisations syndicales en défense par principe de l’UNEF.

     

    Vote : Pour : 45; Contre: 0; NPPV: 0 ; Abstention : 3  

     

     


     

    Bureau national de la FSU le 12 avril 2021

    Offensive du gouvernement Macron-Castex contre l’UNEF,

    Intervention du représentant du courant Front Unique

    Depuis des semaines, le gouvernement mène une campagne frontale dirigée contre une organisation syndicale, l’UNEF, avec l’appui de toutes les forces les plus réactionnaires. Aiguillonnés par des appels à la dissolution de l’UNEF émanant des rangs de LR et du RN, plusieurs représentants du gouvernement et de la majorité ont multiplié les menaces à l’encontre de l’UNEF. Blanquer a indirectement qualifié l’UNEF de « fasciste » et indiqué réfléchir « à d’éventuelles évolutions législatives » pour s’en prendre à elle.

    Dans ce cadre, le Sénat a voté le 1er avril un amendement dit « amendement UNEF » au projet de loi « séparatisme » : ce texte constitue un signal d’alarme, le franchissement d’une ligne rouge pour tout le mouvement ouvrier.

    Ce texte prévoit d’aller jusqu’à imposer la dissolution d’une organisation syndicale ou d’une association sous prétexte qu’elle organiserait en son sein des réunions fermées à d’autres membres « à raison de leur couleur, leur origine ou leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion ».

    Les représentants des partis issus du mouvement ouvrier – PS, PCF – ont dans leur majorité soutenu et voté ce texte. Les sénateurs du PS ont non seulement voté, mais encore ils ont demandé et obtenu une réécriture de l’amendement afin de permettre le ralliement honteux de sénateurs du PCF ! Politiquement, c’est un feu vert d’une importance capitale pour le gouvernement. A ce titre, il doit être condamné.

    Cette offensive est dirigée frontalement contre les organisations syndicales. Par exemple, ni le CRIF, ni la myriade d’organisations pro-israéliennes, « non-mixtes » par essence et par destination, n’ont été inquiétés ni ne le seront à l’avenir. Les sénateurs jouent le rôle d’aiguillon dans une offensive qui reste assumée par le gouvernement. L’objectif commun à toutes les forces impliquées dans cette offensive, c’est bien de prétendre dicter aux organisations syndicales quelles réunions elles peuvent ou ne peuvent pas tenir, quelles orientations peuvent ou ne peuvent pas être défendues en son sein.

    C’est un nouveau développement dans la marche continue au renforcement du caractère policier de l’État, à la liquidation des libertés démocratiques qui ne cesse de s’intensifier depuis des années. Dans ce cadre, l’UNEF n’est pas ciblée par hasard.

    Face au renforcement de l’État policier, c’est la jeunesse qui, aux côtés de la fraction immigrée du prolétariat et des habitants des quartiers populaires, a été la première victime de la répression. Lorsqu’ils ont été assassinés, ni Rémi Fraisse, ni Adama Traoré, ni Steve Maïa Caniço n’avaient atteint leurs 25 ans.

    En juin 2020, ce sont des dizaines de milliers de jeunes venus des quartiers populaires qui se sont dressés, les premiers, contre l’état d’urgence dit « sanitaire » et l’interdiction de manifester, à la suite du comité Adama Traoré. Sans en être à l’initiative, l’UNEF avait pris sa place dans ces mobilisations. Cet avertissement a été pris très au sérieux par le gouvernement : c’est à partir de là qu’a commencé l’offensive qui allait déboucher sur les projets de loi dits de « sécurité globale » et de « lutte contre le séparatisme », ou encore sur l’offensive maccarthyste lancée par Vidal à l’université au nom de la chasse aux « islamo-gauchistes ».

    A l’université, l’offensive contre le droit aux études concrétisée par la mise en place de la sélection, la liquidation du bac, etc, exige, de même, que soit liquidée l’organisation historique de la jeunesse étudiante, celle dont les étudiants se sont saisis de 1968 au combat contre le CPE en passant par le combat contre la loi Devaquet en 1986.

    Mais l’UNEF est aussi le pont entre la jeunesse étudiante et le mouvement ouvrier, dont le syndicat est partie constituante depuis des décennies. Ce qu’il entend imposer dans un premier temps à l’UNEF, le gouvernement oeuvrera ensuite à l’imposer à l’ensemble des organisations syndicales.

    On se souvient qu’il y a quelques années, les gouvernements de Sarkozy avaient essayé de dicter aux organisations syndicales quelles orientations pouvaient ou ne pouvaient pas être exprimées au sein des organisations syndicales au sujet de la Palestine. Unanimement, le congrès de la FSU de Lille s’était prononcé en défense des syndicats et des militants menacés en raison de leurs positions sur ce terrain.

    Aujourd’hui, à nouveau, l’État entend imposer son droit de regard et d’interdiction sur la démocratie syndicale. Même la lettre aux sénateurs en date du 7 avril, signée par plusieurs dirigeants syndicaux dont le secrétaire général de la FSU, dénonce le fait « que le gouvernement veuille faire des syndicats des courroies de transmission de sa politique, en faire des rouages de l’État » et ce, tout en acceptant le cadre dit des « valeurs républicaines ».

    C’est une ligne rouge : la responsabilité de la FSU est aujourd’hui de réaffirmer que l’organisation et les débats au sein d’une organisation syndicale relèvent de cette seule organisation et de ses militants.

    Cette responsabilité appelle aujourd’hui des mesures concrètes : c’est pourquoi le BDFN doit décider aujourd’hui de proposer un front uni à l’ensemble des organisations syndicales pour la défense inconditionnelle de l’UNEF et du droit de réunion, rassemblement qui prendrait toutes les mesures et les initiatives nécessaires à ce combat de première importance.

    Je souhaite que cette proposition soit soumise au vote.

     

     

     


     

    Conseil national de la FSU – 16 et 17 mars 2021

    Après son intervention dans le débat général, le courant Front Unique est intervenu pour que la direction se prononce :
    – Pour le retrait pur et simple de la loi Rilhac, dotant les directeurs d’école d’une « autorité fonctionnelle » ce qui en ferait des supérieurs hiérarchiques de leurs adjoints ;
    Pour l’abandon pur et simple de l’enquête de Vidal impliquant le CNRS, dans son offensive maccarthyste dans l’ESR ;
    – Pour la condamnation du coup d’État en Birmanie et de la répression, pour le soutien à la classe ouvrière et à la jeunesse birmane ;
    – Pour la levée du déplacement d’office imposé par le Dasen du 93 d’une enseignante des écoles à Bobigny et pour sa réintégration immédiate sur son poste.

     

    Le compte-rendu intégral de nos interventions à ce CN se trouve sur notre site frontunique.com dans la rubrique : Intervention dans les instances de la FSU.

    Ci-dessous l’intervention et la motion pour le retrait pur et simple de la loi Rilhac.

     

    Intervention de présentation de la motion FU :

    « Retrait pur et simple de la loi Rilhac » (17 mars 2021)

    Dans les écoles publiques sont accueillis, élevés et instruits les enfants dès leur plus jeune âge. Leurs parents ont accès aux enseignants dans des relations de proximité, de confiance et d’estime.

    Dans des structures à taille humaine, les enseignantes (elles représentent 85% de la profession) assument bien plus que leurs enseignements dans le cadre d’une collégialité reposant sur un conseil des maîtres. La directrice ou le directeur, collègues de leurs adjoints, ont en charge d’harmoniser le fonctionnement quotidien et en même temps de répondre aux sollicitations de plus en plus nombreuses et comminatoires de l’autorité administrative.

    La bourgeoisie française veut en finir avec ce fonctionnement par trop démocratique et humain. Chirac, en 1987, avait voulu doter les directeurs d’une autorité hiérarchique provoquant une immense mobilisation. Sa défaite aux présidentielle de 1988 avait sonné le glas pour son projet. Plusieurs fois depuis, des initiatives aux mêmes ambitions ont été relancées.

    La proposition de loi Rilhac qui va dans ce sens est très sérieusement avancée. Sa version adoptée le 10 mars au Sénat formule que le directeur « dispose d’une autorité fonctionnelle ».

    Il deviendrait ainsi le relais de l’administration et disposerait d’une autorité sur ses adjoints.

    C’est donc bien un événement historique qui est en train de se produire, un bouleversement de toute la tradition des écoles publiques depuis leur création.

    Placer un chef dans les écoles,

    c’est y déchaîner un climat délétère, susciter divisions, zizanies et concurrences,

    c’est entamer un processus qui conduirait à ce que le directeur, chef d’établissement, puisse choisir ses adjoints et se débarrasser de l’un d’entre eux.

    Cette loi Rilhac, c’est la pointe avancée des conclusions du Grenelle de l’éducation, véritable entreprise de démolition de l’enseignement public et des statuts des personnels.

    La loi Rilhac est une attaque historique contre la base même de tout l’édifice de l’enseignement public. Elle n’est donc pas le domaine réservé du seul Snuipp même si celui-ci a une responsabilité prépondérante en ce domaine.

    C’est toute notre fédération qui est percutée par cette offensive inouïe et brutale contre le fonctionnement des écoles publiques.

    Notre fédération doit se prononcer pour le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac.

    Notre fédération doit affirmer que le directeur d’école doit rester un collègue de ses adjoints et pas devenir leur supérieur hiérarchique.

    Notre fédération en lien avec le Snuipp doit initier une campagne d’information et de mobilisation. Elle doit œuvrer à la réalisation d’un front uni des syndicats et des fédérations de l’enseignement public pour obtenir le retrait de la loi Rilhac.

    Notre fédération doit ouvrir la perspective d’une manifestation nationale à l’AN quand sera connue la date de son examen en 2nde lecture.

     

    Motion  : Retrait pur et simple de la loi Rilhac

    La proposition de loi Rilhac adoptée au Sénat le 10 mars dote le directeur d’une « autorité fonctionnelle ». C’est la remise en cause du fonctionnement historique des écoles publiques dans lequel le directeur a toujours été le collègue de ses adjoints et jamais pour eux un supérieur hiérarchique. C’est clairement une déclaration de guerre du gouvernement.

    Le CDFN de la FSU, réuni les 16 et 17 mars 2021, condamne cette loi et en exige le retrait pur et simple.
    En lien avec la direction du Snuipp, principal syndicat concerné, notre fédération œuvrera à l’information, à la mobilisation et à la réalisation du front uni des syndicats et des fédérations de l’enseignement pour imposer le retrait de la loi Rilhac.
    Notre fédération ouvrira la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée nationale quand sera connue la date de l’examen de la loi Rilhac en 2ème lecture.

    (7 pour / 89 contre / 8 abstentions / 31 refus de vote)

     

     


     

    Lettre de Liaison N° 315 - 20 mars 2021 :

    [Version pdf]

     

    Par la mise en place de "contrats locaux d'établissement", le gouvernement veut liquider tout critère national dans l'attribution des postes et des moyens

    et organiser la mise en concurrence générale des établissements

    C'est la responsabilité de la direction nationale du SNES de se prononcer pour l'arrêt immédiat de la mise en place des "contrats locaux d'établissement"

    et de cesser de participer aux groupes de travail avec l'adminisrtation qui les mettent en place

     

    Intervention du courant Front Unique au congrès académique du SNES de Nancy-Metz

    Le 16 mars 2021sur la défense du label REP

     

    A la rentrée de septembre, dans les académies d’Aix-Marseille, Lille et Nantes, 99 écoles, 33 collèges et 40 lycées expérimenteront les contrats locaux d’accompagnement. La liste a été publiée en février d’après l’US du 13 mars.

    Les académies d’Amiens, Normandie et Nancy-Metz expérimenteront quant à elles les projets inter-établissements dans le cadre de Cités éducatives.

    S’inquiéter comme dans l’US du 13 février que cette expérimentation se fasse sans protocole d’évaluation, c’est sous-entendre qu’avec un protocole d’évaluation déterminant les objectifs des CLA et les critères de réussite, cette expérimentation serait acceptable. Non, même avec une évaluation, cette expérimentation est à rejeter en bloc car elle préfigure bien le passage des REP en contrat local.

    C’est la délabellisation des REP et REP+, annoncée d’ores et déjà pour 2022 par la secrétaire d’Etat de l’éducation prioritaire au sénat. C’est la fin de l’attribution de moyens supplémentaires en REP selon des critères transparents qui prévalait jusque-là.

    Et c’est même plus largement une préfiguration de la façon dont tous les établissements (de la maternelle aux lycées) seront gérés à terme. C’est en effet l’une des conclusions du Grenelle de l’éducation.

    Le projet de Macron-Blanquer est qu’à l’avenir, l’attribution des moyens se fasse en fonction de contrats d’objectifs négociés avec le rectorat. Ces moyens seront donc inégaux et ce sera la mise en concurrence des établissements entre eux. Cette concurrence rendra impossible pour le syndicat l’organisation d’un combat unitaire pour la défense des postes et des moyens.

    Et ce sera aussi à terme, à ne pas en douter, la diminution des moyens pour tous. Ce que préfigurent déjà ces expérimentations qui vont se faire à moyen constants, par redéploiement de moyens pris ailleurs. Et ce sera aussi à terme le recrutement des enseignants sur profil par les chefs d’établissements pour appliquer le projet d’établissement.

    Le projet du gouvernement n’est ni plus, ni moins, une privatisation de l’enseignement. Et ce n’est pas un hasard si les établissements privés sous contrats sont impliqués dans l’expérimentation des cités éducatives.

    Dans les académies où les expérimentations ont lieu, les syndicats sont invités dans des groupes de travail mis en place par le rectorat. Y aller, même pour proposer d’autres critères que ceux du ministre, c’est déjà accepter l’expérimentation, c’est accepter de discuter dans le cadre d’une nouvelle forme d’attribution des moyens.


    Il faut boycotter ces groupes de travail.

    C’est pourquoi, le congrès académique de Nancy-Metz, aujourd’hui réuni, se prononce pour la défense inconditionnelle des REP :

    • NON à l’attribution des moyens sur la base d’un « contrat d’établissement » mais attribution des moyens selon les critères du label REP

    • Arrêt immédiat de l’expérimentation.

    • PAS de participation du SNES aux groupes de travail qui associent les syndicats sur la mise en place des expérimentations, donc sur la mise en place l'allocation contractuelle des moyens, dans ces académies.


    Motion présentée par le courant Front Unique sur la défense des REP

    A la rentrée, les académies d’Aix-Marseille, Lille et Nantes expérimenteront les contrats locaux d’accompagnement. Celles d’Amiens, Normandie et Nancy-Metz expérimenteront les projets inter-établissements dans le cadre de Cités éducatives.

    A terme, c’est le remplacement du label REP.

    C’est la fin de l’attribution de moyens supplémentaires en fonction de règles transparentes et nationales.

    C’est au contraire la mise en concurrence des établissements et la diminution des moyens pour tous.

    Le congrès académique du SNES de Nancy-Metz, réuni en visio-conférence le 16 mars, se prononce pour :

    • la défense des REP :

    • NON à l’attribution des moyens sur la base d’un « contrat d’établissement » mais attribution des moyens selon les critères du label REP

    • Arrêt immédiat de l’expérimentation.

    Le congrès mandate la direction du SNES pour qu’elle donne comme consigne :

    PAS de participation du SNES aux groupes de travail qui associent les syndicats sur la mise en place des expérimentations, donc sur la mise en place de l'allocation contractuelle des moyens, dans ces académies.


    Résultats du vote : Pour 16 Contre 31 Abstention 1

    ( La direction du SNES s'est prononcée contre cette motion en arguant "qu'on ne pouvait pratiquer la politique de la chaise vide" et "qu'on ne pouvait se contenter de l' existant". C'est au nom de la même argumentation que la direction du SNES participe au comité de suivi sur la réforme du lycée, sur la réforme de la formation des maîtres et toutes les réformes du gouvernement. On connaît le résultat!)

     

     

     


     

    Lettre de Liaison N° 314 - ESR - 24 février 2021 :

    [Version pdf]

     
    Sous couvert de chasse à « l’islamo-gauchisme », Vidal confie au CNRS une enquête pour « distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève justement du militantisme et de l’opinion » et provoque un tollé général.

    La responsabilité des directions syndicales de l’ESR :
    Appeler à une manifestation devant le ministère de Vidal
    Pour exiger l’abandon intégral et définitif de sa « commande »
    Ni rapport, ni enquête, aucune collaboration, ni implication du CNRS dans cette opération de police politique !

     

    Les déclarations de Vidal : une offensive maccarthyste dans l’ESR, instrumentalisant le CNRS

    Dans une interview au JDD du 21 février, Vidal a confirmé que son enquête « contre l’islamo-gauchisme qui gangrène l’université » sera bien menée par le CNRS. Elle persiste une semaine après ses déclarations coup de tonnerre sur Cnews où elle avait expliqué qu’une telle enquête devait faire le point « sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’université de manière à ce qu’on puisse distinguer de ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève justement du militantisme et de l’opinion. ».

    Cette violente attaque a suscité un tollé général de la communauté scientifique, scandalisée par l’utilisation d’un langage calomnieux propre à l’extrême droite (et néonazie) qui met l’université et la recherche sur le banc des accusés. Avec cette demande d’ « enquête », Vidal veut franchir un nouveau pas pour le compte du gouvernement qui veut s’arroger le droit de définir le contenu des recherches et lancer une chasse aux sorcières digne des années noires du maccarthysme aux États-Unis en suscitant la division, la peur et le soupçon.

    En ciblant, les études postcoloniales et décoloniales, les travaux portant sur les discriminations raciales, les études de genre, à l’université, Vidal donne un ton résolument politique à cette menace de censure. Le gouvernement Macron-Vidal emboîte ainsi le pas des Bolsonaro au Brésil, Orban en Hongrie, Erdogan en Turquie, et des … suprématistes qui soutiennent Trump !

    Dans cette croisade, elle a un allié, le PDG du CNRS, qui dans le communiqué du 17 février, annonce que le CNRS va « participer à l’étude souhaitée par la Ministre ». Tout en affirmant que l’islamo-gauchisme « n’est pas une réalité scientifique », entonnant le même discours que Macron au conseil des ministres du matin, il assure qu’il s’agit de donner à cette commande un « éclairage scientifique » et « des bases méthodologiques » ! Mais à quoi veut-il donner cet éclairage et des bases, s’il n’y a pas de réalité scientifique ? Non, c’est une attaque directe contre les libertés académiques qui menace particulièrement les sciences sociales et humaines. Mais aussi tous les agents et le CNRS lui-même qui deviendrait aux yeux de tous, un instrument de cette police politique dans ses labos et dans les universités.

     

    Dans la logique de la politique du gouvernement Macron-Castex-Vidal contre l’ESR et de leur LPR

    L’offensive de Vidal s’inscrit dans l’attaque frontale de Macron lui-même contre l’université. Celui-ci déclarait le 10 juin 2020 : « le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. …. Cela revient à casser la République en deux ». Blanquer a renchéri en octobre 2020. Vidal n’a donc pas commis un dérapage hors de contrôle.

    « Le Premier ministre Jean Castex reste lui silencieux et Emmanuel Macron garde ses distances. » dit la presse. Ils laissent en première ligne le « soldat Vidal » qui reste droite dans ses bottes, confortée par le soutien ouvert de Darmanin et … du RN et surtout par le chef de l’État qui la maintient à la tête de son ministère.

    Ces déclarations se situent dans la logique de la LPR. En effet il y a eu à l’automne la tentative de faire chapeauter cette loi par un article cadenassant les libertés académiques dans le cadre du « respect des valeurs de la république » et un autre instaurant un délit « de trouble à la tranquillité » passible de peine de prison pour réprimer toute mobilisation sur les campus. Et même si ce 2ème article a été retoqué par la suite, pour des raisons techniques le recours aux forces de l’ordre contre les mobilisations sur les campus est devenue systématique (Sorbonne, Bordeaux, Saclay, Nanterre …).

    La LPR a été promulguée le 24 décembre et le gouvernement a profité de la pandémie pour accélérer sa mise en place. Sous prétexte de crise sanitaire, il a institutionnalisé le distanciel et un fonctionnement en mode dégradé qui entraîne l’explosion des heures de travail au-delà des services, la dévalorisation des activités de recherche et d’enseignement. Sa politique fait éclater la pauvreté chez les étudiants et provoque une terrible sélection sociale. Et l’ordonnance qui donne toute latitude pour organiser les examens fac par fac, filière par filière, matière par matière, ruine le caractère national de leurs diplômes. Les étudiants de la Sorbonne qui se sont opposés à leurs conditions d’examens se sont fait dégager manu militari par la police.

     

    L’ « enquête » de Vidal, une pièce constitutive d’un État policier

    En fusionnant dans la LPR son plan de destruction de l’ESR avec des mesures liberticides, le gouvernement Macron-Castex-Vidal démontre que sa politique de la matraque et de répression politique lui est nécessaire pour porter les attaques les plus violentes contre la jeunesse et les travailleurs.

    Le gouvernement profite de l’état d’urgence sanitaire, indéfiniment prolongé, pour se doter de tout un arsenal de mesures qui sont autant de pièces constitutives d’un État policier : loi « sécurité globale »; décrets liberticides légalisant notamment le fichage des opinions politiques ; loi « séparatisme », loi raciste et xénophobe. A cela, il faut ajouter le traitement inhumain des migrants (expulsés, molestés, privés de tentes et de couvertures par grand froid ...).

    Il s'agit de museler, d'interdire toute opposition, tout mouvement contre cette politique ultraréactionnaire.

     

    A bas la commande de Vidal, clé de voûte d’une offensive maccarthyste dans l’ESR

    La condamnation de cette tentative de mettre au pas les chercheurs et les universitaires est unanime, à l’université, au CNRS. Cette enquête ne doit pas avoir lieu ! Des milliers d’universitaires, de chercheurs et de personnels de l’ESR réclament la démission de Vidal.

    Hier, Vidal affichait son mépris face à l’opposition à sa LPR, aujourd'hui l'enjeu pour elle est sa mise en œuvre. Dès janvier, elle annulait la qualification au CNU pour le concours de professeurs alors même que les candidats avaient déposé leur dossier. Le 19 janvier, le ministère a remis aux organisations syndicales le planning serré de la préparation de 22 décrets d’application de la LPR, la plupart dans le cadre de l’application du protocole LPR, pour être promulgués avant l’automne. Tout y passe, primes, CDI, recrutement EC hors qualifications CNU, « réforme » du Comité National (CoNRS), …. Chacun d’eux fait l’objet de discussions – qui se mènent dans la plus grande discrétion – avec le ministère. Signataires ou non du protocole, toutes les organisations syndicales sont conviées à la table des négociations. Quelle victoire pour le gouvernement si même les non signataires, dont la FSU – faisant fi du mandat de leurs syndiqués – se rendent à ces invitations !

    Aujourd’hui certaines d’entre elles, comme le SNCS-FSU et le SNESUP-FSU, sous la pression des chercheurs et des enseignants, demandent la démission de la Ministre. Comment dans ces conditions, les directions syndicales peuvent-elles continuer de participer à ces discussions avec Vidal et son ministère ? Comment mieux dire qu’ils n’en veulent plus sinon de rompre tout dialogue avec elle et son cabinet ? La direction du SNESUP le dit tout de go : il s’agit « remplacer » la ministre Vidal « pour retrouver le chemin du dialogue et que les dossiers puissent être traités sereinement » or le principal dossier actuel est la préparation … des décrets LPR.

    Les déclarations de Vidal le prouvent, rien ne peut être obtenu sans affronter ce gouvernement. Le SNCS-FSU s’est prononcé pour l’abandon de l’ « étude » commandée par la Ministre et que le CNRS n’y participe pas. La FSU et tous les syndicats de l’ESR doivent réaliser l’unité sur ces exigences.

    La responsabilité des directions syndicales de l’ESR est d’appeler à manifester devant le ministère pour exiger :

       - L’abandon pur et simple de la demande d’enquête de Vidal,

    - Aucune implication du CNRS dans cette opération de police politique

    Aucune collaboration, sous quelque forme que ce soit, à l’ « enquête » de Vidal !

     

    Obtenir satisfaction sur cette exigence ouvrirait la voie au combat contre toute la politique de Macron-Castex-Vidal dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche.

     

     

     


     

    Lettre de Liaison N° 313 -  3 février 2021 :
    [Version pdf]

      
    Le « Grenelle de l’éducation » a livré ses « conclusions » soumises à Blanquer :
    - recrutement des profs par les chefs d’établissements,
    - transformation des directeurs d’école en chefs hiérarchiques,
    - liquidation de la progression à l’ancienneté etc. :
    c’est la mort programmée du statut !
    La direction de la FSU et celle de ses syndicats,
    la direction de tous les syndicats de l’enseignement public doivent rejeter ces conclusions et refuser toute concertation à leur sujet.
    Il n’y a rien à discuter !

     

    Intervention de la représentante du courant Front Unique

    au Conseil National de la FSU, le 3 février 2021

    « Lorsque Blanquer annonce un Grenelle des professeurs, fin août 2020, il ne cache pas ses objectifs : sous prétexte de « revalorisation », il vise à une transformation profonde du système éducatif et du métier d’enseignant.

    Pas moins de 42 demi-journées de réunion se sont tenues depuis le 2 novembre.

    Quelles en sont les conclusions ?

    Dans le primaire, un statut de directeur d'école, responsable du pilotage pédagogique local, qui se situerait « à bonne distance entre ses pairs et l’IEN ». Le directeur d'école serait donc le co-évaluateur de ses collègues, déterminant leur progression de carrière. C'est l'aboutissement d'un projet des différents gouvernements depuis des décennies, à chaque fois rejeté par les enseignants.

    Dans le secondaire, recrutement hors mouvement des professeurs par le chef d'établissement. Après avoir supprimé les prérogatives des CAP, logiquement, le gouvernement veut liquider les barèmes du mouvement national. C'est un coup mortel au statut mais aussi à l'organisation syndicale elle-même dont la place auprès des collègues tient largement à la défense de ces acquis.

    Les moyens dont disposent les établissements ne seraient plus déterminés par le nombre d'élèves attendus mais en fonction d'un contrat entre l’académie et l’établissement. Autrement dit il n'y a plus de normes. C’est la loi de l'inégalité des moyens impliquant la mise en concurrence des établissements, et désolidarisant de fait le corps enseignant ! D'ores et déjà les DHG sont déterminées cette année par une prétendue étude sur le "profil de l'établissement".

    C’est aussi la fin de la progression de carrière à l'ancienneté ! Pire : en lieu et place de la grille des rémunérations indiciaires, est en tout et pour tout proposé « Un niveau minimum de rémunération d’entrée dans le métier », complété par une part variable sous forme de primes diverses et des primes « au mérite », « selon les résultats de réussite individuelle ou collective ».

    Enfin, c’est l’extension à l’infini du temps de travail exigible des enseignants : intégration aux obligations de service, en plus de l’horaire obligatoire devant élèves, d’un temps de travail en équipe, d’un temps de formation continue obligatoire, de crédits d’heures de remplacements sous forme d’astreinte. C’est l’explosion du statut d’enseignant !

    Le caractère "systémique" de l'offensive contenue dans les conclusions du Grenelle, si elles étaient mises en œuvre, signerait la fin du statut des enseignants et de l'Enseignement public, la fin de l’égalité de traitement de tous les élèves.

    Plusieurs mesures prises par le gouvernement posent déjà des jalons vers la mise en place de ce plan d'ensemble : ainsi les Infirmiers sont expulsés de la Fonction Publique d’Etat ; les REP sont liquidées au profit d’une répartition des moyens sur la base des contrats locaux ; des étudiants non fonctionnaires et sans concours sont placés en responsabilité devant élèves pour un salaire de misère...

    Voilà les conclusions du Grenelle ! Voilà le point de départ de la concertation à laquelle Blanquer entend convoquer les dirigeants syndicaux ! Voilà ce qui devrait être au centre du travail de ce conseil national !

    Et le CDFN devrait répondre à cette unique question : comment interdire à Blanquer et au gouvernement de mener à bien un tel projet ?

    La première décision à prendre est la suivante :

    Le CDFN de la FSU doit se prononcer pour le rejet de la totalité des  conclusions du Grenelle. Il doit alerter les collègues sur ces conclusions qui ne sont autres que celles du ministre : tout le monde le sait.

    En conséquence, Le CDFN doit décider de refuser la convocation du ministre sur ce terrain quel que soit le cadre, y compris « l’agenda social ». La destruction du métier d'enseignant, ça ne se discute pas, ça se combat ! »

     
    Motion Front Unique :
    Aucune concertation sur les conclusions du Grenelle de l’éducation
    Les conclusions du « Grenelle de l’éducation » dessinent une offensive générale contre le cadre national de l’enseignement public, contre l’égalité de traitement des jeunes scolarisés et contre les statuts des enseignants et personnels.
    En conséquence, le CDFN de la FSU, réuni les 2 et 3 février 2021, considère que ces conclusions sont inacceptables.
    Il se prononce pour le rejet de l’intégralité de ces conclusions. 
    La FSU et ses syndicats rejetteront, en conséquence, toute invitation du ministre à participer aux concertations sur ce terrain.
    (10 pour ; 86 contre ; 5 abstentions ; 28 refus de vote)

    Face à l’offensive du gouvernement Macron-Castex-Blanquer contre l’Enseignement public et contre les personnels, multiplions les prises de positions à l’adresse des directions syndicales (à commencer par celles de la FSU et de ses syndicats) pour qu’elles rejettent les conclusions du Grenelle et refusent toute concertation à leur sujet.

     


     

     

    Lettre de Liaison N° 312 -  25 janvier 2021 :


    [Version pdf]

     

    Appel à candidatures Front Unique pour le renouvellement du Conseil National de la FSU

    Le gouvernement accentue son offensive d’une violence inédite contre l’enseignement public , les statuts de ses personnels, dans le cadre d’une remise en cause générale des libertés démocratiques. La première exigence : que les directions syndicales, de la FSU et des syndicats nationaux, rompent ce dialogue social mortifère avec le gouvernement Macron-Castex-Blanquer-Vidal !

     

    Contre l’enseignement public et les diplômes nationaux

    Le gouvernement Macron-Castex-Blanquer profite cyniquement de la pandémie pour accentuer brutalement une offensive de démantèlement généralisé de l’enseignement public et des statuts :

    dans le primaire : mise en place rampante d’un statut de directeur d’école, supérieur hiérarchique et chargé d’imposer les mesures gouvernementales ; nouvelle offensive contre l’école maternelle ; diminution des postes aux concours de professeurs des écoles pour accentuer le recours aux personnels précaires (contractuels, étudiants)

    dans le secondaire : liquidation des REP remplacés par un système de contractualisation mettant en concurrence les établissements ; parachèvement de la liquidation du bac comme premier diplôme universitaire (Blanquer s’autorise même à changer les épreuves 15 jours avant et étend le contrôle continu aux épreuves de spécialité) et instauration d’une sélection pour l’entrée en fac, avec pour résultat l’éviction des jeunes d’origine populaire ; véritable massacre des contenus disciplinaires et poursuite des suppressions massives de postes.

    dans le supérieur : avec la LPR, réduction des heures de cours et de TD en faisant sauter les normes nationales ; instauration de diplômes « locaux » – utilisant la pandémie pour faire sauter toutes les normes nationales – ; contractualisation des universités avec le ministère aboutissant à des moyens différents selon les universités avec facs pour riches et facs de misère.

     

    Contre les garanties statutaires des personnels

    Pour les personnels, enseignants et non enseignants :

    destruction du statut de professeurs stagiaires. Seront mis devant les élèves des étudiants contractuels n’ayant pas encore passé le concours. Pour à peine plus de 800 euros par mois, ils seront mis en responsabilité devant des classes

    liquidation des garanties en matière d’affectation, de mutation, de carrière. Après la liquidation du rôle des commissions paritaires, instauration du management d’entreprise avec en particulier la perspective du recrutement par les chefs d’établissement, objectif central du « Grenelle de l’Education »

    dans le supérieur : dans le cadre de la LPR, nomination par les présidents d’université avec la suppression de la qualification par la CNU ; généralisation de la précarité à travers les « tenure tracks » (personnels surexploités non fonctionnaires avant titularisation éventuelle… pendant 6 ans !)

    expulsion de la Fonction Publique d’État des personnels non enseignants à commencer par les personnels de la Santé scolaire dans le cadre de la loi dite 4D.

     

    Organiser le combat pour défaire l’offensive gouvernementale ou s’associer à cette offensive via le « dialogue social » ?

    Force est de le constater : l’offensive gouvernementale se déploie sans obstacle réel. Est-ce parce que, comme le répète à l’envie les dirigeants syndicaux, en particulier ceux de la FSU, parce que les personnels « ne veulent pas se battre » ?

    Mais quel est le leitmotiv des directions syndicales ? Cela consiste à réclamer plus de dialogue social, à se plaindre de l’insuffisance de celui-ci alors que le dialogue social n’a pas d’autre objectif que d’associer les directions syndicales aux attaques gouvernementales. D’ailleurs, la réalité, c’est que le « dialogue social » pour la mise en place de la politique gouvernementale est ininterrompue :

    concertation sur la prétendue « amélioration » de la situation des directeurs d’école

    comité de suivi de la réforme du lycée et du bac

    participation quasi jusqu’au bout au « Grenelle de l’Education » et tout à fait jusqu’au bout aux « ateliers de travail » qui en dépendent et qui , méthodiquement programment le détricotage du statut

    participation à toutes les concertations préalables à la LPR et aujourd’hui demande de concertation sur la mise en œuvre des nouvelles procédures de recrutement dans le supérieur (déclaration SNESUP 13 Janvier) etc. etc.

    Une telle orientation, assortie de « journées  d’action » visant à soutenir ledit dialogue, pave la route du gouvernement et paralyse les possibilités de riposte réel des personnels.

    La première exigence : que les directions syndicales, de la FSU, des syndicats nationaux rompent ce dialogue social mortifère avec le gouvernement Macron-Castex-Blanquer-Vidal !

    Cette exigence est d’autant plus impérieuse quand on voit par ailleurs le gouvernement réprimer avec la dernière brutalité les collègues qui cherchent à s’opposer à sa politique : après les sanctions contre les collègues de Melle (même la justice dans ce cas n’a pas pu suivre Blanquer jusqu’au bout), autour des collègues du lycée Mauriac de Bordeaux !

    Cette répression s’inscrit dans le cadre de toutes les mesures d’instauration de l’État policier de Macron (loi Sécurité Globale, loi Séparatisme, décrets de fichage généralisé y compris concernant les activités syndicales). Il faut le noter : les syndicats de journalistes, les organisations de défense des droits démocratiques ont été laissés seuls dans leur tentative de se dresser contre les mesures liberticides de Macron en particulier le 17 Novembre dans la manifestation à l’Assemblée Nationale.

    Pour que la direction de la FSU, de ses syndicats nationaux rompent avec le gouvernement Macron-Castex-Blanquer-Vidal , pour que les syndicats combattent effectivement l’avalanche de « réformes » destructrices et l’instauration de l’État policier, portez vous candidats sur la liste Front Unique !

     

    (formulaire)

    [Version pdf]

     

     


     

     

    On nous communique :

    Adresse à la direction du SNES

    Les enseignants du collège Tavan (84), réunis en HIS le 19 janvier 2021 à l’initiative de la section SNES, ont pris connaissance du projet de réforme des concours et de destruction du statut de fonctionnaire stagiaire, qui impliquerait que les étudiants en M2 devraient mener de front 6 heures de cours devant les élèves, la formation INSPE, la rédaction du mémoire et la préparation du concours… pour 865 euros mensuels.

    L’architecture globale du projet de réforme de la formation initiale et des concours, à commencer par la mise en responsabilité des candidats, en qualité de contractuels, avant les concours, et l’introduction d’un oral qui relève de l’entretien d’embauche, est inacceptable.

    Les objectifs du gouvernement sont clairs : hausse de la précarité, assèchement du recrutement statutaire, formatage. Ce projet de réforme s’inscrit dans la logique de la redéfinition du métier voulue par le ministère.

    C’est pourquoi nous demandons au SNES de se prononcer pour le retrait du projet de réforme de la formation initiale et des concours et de quitter le comité de suivi des INSPÉ.

    Adoptée à l'unanimité des présents

     

     


     

    Appel à nos abonnés, à nos lecteurs,

    Au cours des derniers mois, le courant Front Unique a mené un combat intense contre le gouvernement Macron-Castex, lui qui conjugue la marche à l’État policier à la liquidation systématique des acquis ouvriers.

    Sur les lieux de travail et dans les instances syndicales, les militants du courant Front Unique ont combattu, en particulier, pour  :

    - que les dirigeants syndicaux s’opposent réellement à la LPR en refusant de signer le protocole LPR,

    - qu’ils boycottent le «Grenelle de l’éducation»,

    - qu’ils convoquent une manifestation nationale au siège du pouvoir pour imposer le retrait de la loi «Sécurité globale» et de toutes les lois liberticides.

    Pour que les délégués de notre courant puissent continuer à combattre au sein des instances nationales de la FSU, pour soumettre notre orientation au vote des syndiqués cette année, nous devons constituer une liste de 160 syndiqués de la FSU.

    Nous appelons nos militants, nos soutiens, nos abonnés et nos lecteurs à nous aider dans cette tâche en se portant candidat

    (formulaire)

    [Version pdf]


    Lettre de Liaison N° 311 -  4 janvier 2021 :


    [Version pdf]

     

    Compte Rendu Font Unique du 47ème congrès du SNCS – 10 & 11 décembre 2020

    A bas la LPR, son protocole et les lois liberticides !
     (LPR, « Sécurité globale » et de « loi confortant les principes républicains »)
    Front uni des organisations syndicales (CGT, FO, FSU, UNEF...)
     pour obtenir leur retrait intégral!
    Pour défaire Macron qu’elles appellent : à une grande manifestation nationale au siège du pouvoir

    Le congrès national du Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (SNCS-FSU), s’est tenu dans un contexte de marche accélérée vers l’instauration d’un état policier. L’Enseignement supérieur et la recherche est au cœur de cette offensive avec la LPR qui est devenue, en fin de parcours législatif, une des pièces de l’arsenal des mesures liberticides du gouvernement.

    Les délégués du courant Front Unique ont combattu pour que les dirigeants syndicaux prennent en charge le combat contre les lois liberticides : pour une manifestation nationale au siège du pouvoir exigeant leur retrait pur et simple.

    La motion présentée par Front Unique a rencontré un large écho au sein du congrès, relayée par les interventions d'autres délégués.

    L’appareil du SNCS s'est livré à diverses manœuvres pour empêcher le congrès de se prononcer sur cette motion. Dans n'importe quelle organisation fonctionnant démocratiquement, cette motion avait les voix pour être considérée comme adoptée. Il a fallu tout le raffinement d'un règlement intérieur taillé pour le bénéfice de l'appareil pour que prévale l'orientation minoritaire de l'appareil contre l'opinion majoritaire des délégués.

    Dans le même temps où la direction du SNCS s'opposait à cette motion, les dirigeants syndicaux de la FSU, la CGT, FO, de l’UNEF… décidaient de ne pas appeler à la manifestation du samedi 12 décembre à Paris laissant le champ libre à Darmanin et Lallement pour cogner sauvagement sur les manifestants. Il y a eu plus de 140 arrestations, la plupart libérés un ou deux jours après, la police n’ayant réussi à trouver aucun grief contre eux.

    Dans la continuité de l’action menée depuis la rentrée, les délégués front unique sont aussi intervenus pour que le congrès exige le retrait pur et simple de la LPR, dénonce son protocole et toute participation à son application. La direction du SNCS a maintenu mordicus son soutien au protocole LPR contre la volonté d’un grand nombre de syndiqués. Le désaveu de ce soutien s’est traduit dans les votes sur les textes d’orientation par la forte progression de notre courant qui a pratiquement doublé ses voix en passant de 54 à 98 voix (et de 10% à 16,5% des exprimés) et sa représentation à la commission administrative du SNCS, de 2 à 4 sièges.

    Rien n'est réglé. Le combat résolu pour la défense des libertés démocratiques, est plus que jamais à l’ordre du jour, le combat contre le gouvernement... contre ses attaques majeures déjà engagées et celles en préparation contre les droits et acquis des travailleurs, en supprimant les libertés démocratiques et en mettant en place un Etat policier.

    Ce combat est aussi celui pour replacer les syndicats au service des travailleurs contre l'appareil dirigeant des syndicats appareil bureaucratique de plus en plus intégré à la machinerie gouvernementale.

    C’est celui que mène notre courant pour imposer la rupture des organisations syndicales avec le gouvernement, et la convocation par les organisations syndicales d'une manifestation nationale unitaire au siège du pouvoir, à Paris, pour le retrait du projet de loi "sécurité globale".

    C’est sur cette perspective que nous vous appelons à soutenir et rejoindre notre courant Front Unique, en particulier en nous permettant de présenter notre orientation au vote des syndiqués de la FSU (formulaire sur notre site)

    ________

    Intervention Front Unique – débat général

    Nous sommes dans un tournant historique, loi de sécurité globale, LPR, « projet de loi confortant les principes républicains », décrets…, le gouvernement est en train d’assembler méthodiquement les pièces constitutives de l’État policier.

    Les manifestants sont sauvagement réprimés, gazés, mutilés par des policiers surarmés.

    Ce qui est en jeu est rien de moins que de savoir si oui ou non nous allons pouvoir continuer d’avoir le droit de lutter contre la politique du pouvoir, pour nos droits.

    Il y a eu cette semaine choc avec :

    • L’interpellation de journalistes à la manifestation du 17 novembre ;

    • L’évacuation brutale du camp de migrants place de la République ;

    • Et le tabassage en règle du producteur de musique.

    Les manifestations pour exiger le retrait du projet de loi de sécurité globale ont été massives et pourtant elles se sont tenues en marge de tout appel à la mobilisation par la FSU, la CGT et FO.

    Elles montrent une réelle disponibilité pour engager le fer contre le gouvernement pour qu’il retire son projet de loi, pour arrêter cette marche accélérée vers un état policier.

    Mais si aujourd’hui le gouvernement opère un tel tournant « sécuritaire », ce n’est pas par électoralisme.

    Il s’agit d’une guerre qu’il a engagée, non pas contre le coronavirus, mais contre la population laborieuse et la jeunesse. Parce que les capitalistes, pris à la gorge par la crise économique, veulent leur faire payer le coût de la crise pour continuer à extorquer leur profit. Ils veulent porter des coups historiques en liquidant des pans entiers des conquêtes ouvrières (la sécu, les retraites, les garanties collectives, le droit aux études, le droit à la santé …).

    La LPR concentre cette continuité.

    De façon inédite, le gouvernement assortit ses plans destructeurs de l’ESR à des mesures de répression … interdisant les mobilisations contre ces plans !

    Il a pu compter sur le dialogue social et la concertation pour associer les représentants syndicaux à l’avancée de ses plans afin d’annihiler, de paralyser toutes mobilisation contre lui. Car à cette étape, le gouvernement Macron-Castex-Vidal est parvenu à faire adopter sa LPR. Et ce, alors que jamais on n’avait vu un rejet aussi massif et aussi profond dans tous l’ESR. Car la LPR est la négation de toutes nos revendications, la résorption de la précarité, les financements pérennes, la hausse des salaires scandaleusement bas par l’augmentation du point d’indice, etc. Car elle généralise les fléaux qui gangrènent notre métier : la précarité, les appels à projet, la mise en concurrence qui cassent les acquis et le travail collectifs et fagocitent nos libertés.

    Le gouvernement a été intraitable, non seulement la LPR a été adoptée mais elle a été aggravée dans la dernière ligne droite. La question qu’on doit se poser c’est comment en est-on arrivé là ?

    A la fin de la séance mémorable du CNESER de fin juin, c’était clair le gouvernement était prêt à tout pour faire adopter sa LPR.

    Le 26 juin, FU a soumis une motion à la CA pour qu’elle décide

    • de boycotter toutes les discussions sur la LPPR

    • qu’elle prenne contact avec les autres syndicats de l’ESR

    • pour organiser dès la rentrée une Assemblée Nationale des délégués élus par les AG des labos et des facs

    • et une manifestation centrale à Paris au ministère

    Cette motion a été repoussée.

    Le gouvernement a profité des vacances d’été pour enclencher la procédure accélérée pour l’adoption de la LPR à la rentrée en septembre. Il a mené des tractations avec les directions syndicales pour mettre au point son protocole.

    Et dès le 31 août les instances de nos syndicats sont placées devant l’ultimatum de sa signature.

    La rentrée universitaire a été catastrophique, en pleine crise sanitaire, Vidal n’avait qu’une préoccupation : faire passer la LPR.

    D’autres l’ont dit et écrit, avec la signature du protocole, Vidal voulait se prévaloir du soutien de sa LPR.

    L’affaire était cousue de fil blanc, pouvait-on jouer aux faux naïfs ?

    C’est donc avec indignation et colère que les syndiqués ont appris que la direction de notre syndicat approuvait la signature de ce protocole.

    Comment accepter de sacrifier les précaires, nos statuts, nos libertés, pour quelques miettes ?

    Il y a un impératif pour nous ici : dégager le SNCS du soutien au protocole LPR.

    Alors on nous dit mais cela n’empêche pas d’être contre la LPR, la preuve, le SNCS signe tous les appels intersyndicaux.

    Mais comment peut-on être crédible auprès des collègues quand on soutien un tel protocole ?

    Comment le gouvernement peut-il craindre ces appels quand ceux qui les signent font passer ses cadeaux empoisonnés pour des avancées sur nos revendications ?

    Il y a l’appel aujourd’hui 10 décembre de l’intersyndicale de l’ESR.

    Concernant la LPR, les signataires demandent sa « non promulgation » et à Castex de les recevoir afin d’apporter « une réponse à la hauteur des enjeux ». Comme si Castex et Vidal, tout le gouvernement ne marchaient pas main dans la main. C’est bien Castex, qui le jour de la signature, portait le protocole comme un étendard.

    Plus on discute avec le gouvernement plus la LPR s’aggrave.

    La seule chose à demander est que la LPR soit dégagée, retirée purement et simplement.

    Nous sommes appelés à manifester à Matignon pour exiger le retrait de la loi sécurité globale.

    C’est effectivement là qu’il faut aller, en direction du siège du pouvoir.

    Mais pourquoi la réduire à une question d’universitaires ?

    C’est l’affaire de tout le mouvement ouvrier de toute la jeunesse, de tous les opprimés de ce pays.

    Pour riposter à la guerre que le gouvernement leur a déclaré, c’est au niveau des fédérations et confédérations syndicales, de la FSU, la CGT de FO, de l’UNEF … que se situe la responsabilité d’organiser la mobilisation nationale pour ces lois liberticides.

    Leur responsabilité est de se situer sur le terrain de la lutte des classes. C’est toujours sur ce terrain qu’il a été possible de défaire la politique des gouvernements.

    Il est évident que si le rapport entre le gouvernement et les travailleurs n’est pas renversé par une mobilisation générale contre cette loi, nous aurons toutes les difficultés de résister au feu roulant de la LPR.

    A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle !

    Nous devons demander à nos fédérations et confédération syndicales de convoquer une grande manifestation nationale au siège du pouvoir pour imposer le retrait de ces lois scélérates.

    ___________

    Présentation de la Motion : Retrait pur et simple des lois liberticides !

    Le gouvernement est en train d’assembler méthodiquement les pièces constitutives d’un État policier. Déjà avec son état d’urgence sanitaire, il définit ce qui dans nos vies est essentiel ou pas. Il restreint drastiquement le droit d’aller et venir, de se réunir, de se mobiliser, de se rassembler, les manifestations sont sauvagement réprimées … quand elles sont autorisées !

    La LPR est devenu une loi ouvertement liberticide visant à réprimer toutes mobilisations sur les campus. Elle donne des pouvoirs de police démesurés aux présidents des universités qui pourront décider des réunions « qui troublent l’ordre publique ». Rompant avec une tradition séculaire des libertés sur les campus, elle supprime définitivement les franchises universitaires, puisque les forces de l'ordre pourront intervenir directement et les procureurs pourront engager immédiatement des poursuites sous prétexte de flagrant délit.

    Il faut aussi rappeler les déclarations de Blanquer qui va jusqu’à accuser « la communauté universitaire, des organisations syndicales (UNEF, SUD éducation) » d'être les « complices intellectuels du terrorisme » voire « des auteurs intellectuels des attentats »! Et ce dans des termes que ne renierait pas le Rassemblement National. Un intervenant hier a expliqué comment la liberté de recherche dans les sciences humaines et sociales (SHS) est véritablement en danger. Des collègues ont été désignés à la vindicte des réseaux sociaux par des députes de LR comme de dangereux islamo-gauchistes. Les lois et décrets qui se succèdent, installent progressivement les délits d’intention et d’opinion mettant en danger des pans entiers de la recherche en SHS, en allant jusqu’à menacer pénalement les chercheurs de ces domaines.

    Avec son projet de loi Sécurité globale, le gouvernement veut franchir un cran supplémentaire :

    - Renforcer le rôle des polices locales et des sociétés privées de sécurité.

    - Instaurer le flicage généralisé des manifestants à coup de drones, de caméras mobiles et de reconnaissance faciale automatisée.

    - Et surtout, en empêchant la diffusion des images des exactions de la police, il veut consacrer l’impunité des violences policières.

    Le projet de loi «confortant les principes républicains » quant à lui ouvre la voie à un contrôle de l’ensemble des associations. Il stigmatise encore davantage les personnes musulmanes ou perçues comme telles.

    Trois décrets sont venus récemment donner la possibilité d’un fichage massif des militantes, de leur entourage (y compris des enfants mineur-es), de leur santé, de leurs activités sur les réseaux sociaux et de leurs opinions politiques et syndicales !

    C’est toutes nos libertés qui sont menacées ! 

    C’est le droit de manifester, le droit de s’opposer aux contre-réformes que le gouvernement voudrait interdire !

    Des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs ont manifesté, ils cherchent la voie du combat contre le projet « sécurité globale ».

    Qui peut comprendre que la CGT, FO et notre fédération la FSU se soient abstenues d’appeler haut et fort aux mobilisations le 17 à Paris et le 21 dans tout le pays ?

    Qui peut comprendre, que jusqu’à maintenant elles ne se soient pas encore prononcées pour le retrait de ces projets de loi ?

    Hier le secrétaire de la FSU dans son salut au congrès a banalisé cette situation et renvoyé dos à dos manifestants et policiers en expliquant « On est dans une situation inquiétante, les manifs ont dégénéré, Il y a des gens qui viennent pour casser Et des policiers qui gênent les manifestations ».

    Or il revient aux dirigeants des organisations syndicales du mouvement ouvrier, garantes des libertés démocratiques, d’ouvrir une perspective la mobilisation contre ces lois liberticides.

    A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle !

    La responsabilité des fédérations et confédérations syndicales est d’appeler dans l’unité à une manifestation nationale centrale, massive, au siège du pouvoir à Paris, sur le mot d’ordre de retrait pur et simple de ces lois liberticides. Notre congrès doit s’adresser à la direction de la FSU pour qu’elle œuvre en ce sens.

    Motion : Retrait pur et simple des lois liberticides !
    Le 47ème congrès du SNCS, réuni les 11 et 12 décembre, condamne l'ensemble des lois liberticides du gouvernement (LPR, Sécurité globale et projet de « loi confortant les principes républicains ») et en exige le retrait pur et simple.
    Il se prononce pour qu'une grande manifestation nationale au siège du pouvoir soit convoquée par les organisations syndicales (en particulier CGT, FO, FSU, UNEF...) pour imposer ce retrait.
    Il s'adresse à la direction de notre fédération, la FSU, pour qu'elle œuvre en ce sens.
    28 Pour, 27 contre, 20 Abs et 6 NPPV

    Présentation de la Motion : A bas la LPR et son protocole !

    Pourquoi nous devons nous prononcer contre ce protocole ?

    Parce que quoiqu’on dise, soutenir ce protocole signifie soutenir la LPR, seuls les syndicats pro-LPR l’ont signé. C’est ce que pense nombre de syndiqués, nos collègues. C’est la raison pour laquelle la FSU, sous la pression du SNESUP et du SNASUB, ainsi que la CGT, FO, SUD n’ont pas signé.

    Plusieurs intervenants ont décrit à quelle vitesse les conditions d’exercice de nos métiers de la recherche et de vie se dégradent. Les collègues ont bien compris que la LPR fait peser une menace vitale sur nos statuts et la recherche publique d’où le profond rejet qu’elle suscite et qui ne faiblit pas. Nos camarades de l’INRIA sont intervenus pour dire comment ce processus de destruction est en train de s’accélérer dans leur institut [qui a toujours été un précurseur dans l’application des contre-réformes].

    Et si soutenir la LPR en octobre était condamnable, mais que dire de ce soutien depuis les modifications qui en ont fait une loi scélérate ? C’est quelque part avoir sa part de responsabilité dans le fait que dorénavant les étudiants qui se mobilisent sur les campus risquent d’écoper plus de 45 000€ d’amendes et 3 ans de prison.

    Mais il faut rajouter que le protocole est l’un des piliers de l’application de la LPR.

    Vidal dans sa dernière lettre annonce que les chaires de professeurs juniors, actées dans le protocole, pourront atteindre 20% des recrutements dans les organismes de recherche, c’est la fin programmée des recrutements sur le statut de chercheurs à temps plein.

    Vidal vante le régime indemnitaire et de quelle manière ! Elle promet une prime de 7 à 8 000€ qui correspondrait à 1 ou 2 mois de plus ! Ce n’est pas du chercheur moyen dont elle parle, car dans ce cas cela correspond plutôt 3 à 4 mois de plus ! Il s’agit probablement des « stars » d’Antoine Petit [PDG du CNRS] qui considère qu’il faut en finir avec le régime égalitaire des revalorisations salariales par le point d’indice qui coûte beaucoup trop cher !

    Seront récompensés les plus « performants » à répondre aux critères de la LPR, dans la chasse aux contrats, la mobilité public-privé, la création de start-ups, ceux qui ramèneront des financements aux labos et à l’université et aussi ceux qui manageront le plus grands nombre de précaires.

    Et les autres ? Rappelons les propos menaçants de Macron lui-même aux 80 ans du CNRS concernant les chercheurs qui seront évalués comme « mauvais » : ils devront « en assumer les conséquences » !

    Quant à l’uniformisation des régimes indemnitaires entre organismes de recherche et universités. Pas d’angélisme ! L’objectif est de faciliter les mobilités pour lever tout frein à la dissolution des organismes dans de grands « pôles de recherche et d’innovation » concurrentiels et en voie de privatisation. Les présidents des 10 pôles d’excellence viennent de s’organiser pour former l’UDICE. Ils entendent bien mettre à profit les nouveaux pouvoirs que leur confère la LPR notamment vis-à-vis des organismes de recherche qu’ils veulent mettre sous leur coupe.

    Ils revendiquent le droit de regard sur les embauches dans les organismes, auront la main sur les recrutements des professeurs juniors. Directeurs de labos et présidents d’université vont être directement intéressés aux appels à projet sur lesquels ils vont prélever leur préciput qui vont atteindre 40% des contrats et qu’ils vont se partager. C’est eux qui finiront par décider des primes. Comme le CNU, le comité national va être vidé de sa substance, l’évaluation par les pairs par des instances nationales est directement menacée.

    Alors comment voir dans ces primes des avancées sur nos revendications ?

    Comment prétendre, comme le fait la motion de la CA du 8, que le SNCS va pouvoir porter [les revendications] pour faire évoluer ce protocole durant son application » ?

    Comment oserons-nous sortir la bannière du SNCS, devant nos collègues si notre syndicat s’associait à l’application de ce régime indemnitaire qui va instaurer le règne de la compétition [le « darwinisme » selon le PDG du CNRS] ?

    Pour faire passer ses plans destructeurs, le gouvernement cherche à faire des syndicats ses agents d’exécution. Il veut généraliser la signature de tels accords comme nous l’a annoncé hier Patrick Montfort. C’est un rôle destructeur pour le syndicat. Nous devons le refuser, il faut rompre avec le dialogue social.

    Plus que jamais les chercheurs, les IT, ont besoin de leur syndicat pour se défendre.

    La responsabilité de ce congrès est de dénoncer le protocole LPR et toute participation à son application.

    L’heure est au front uni des syndicats de l’ESR pour préparer l’affrontement avec le gouvernement et le défaire.

    Motion : Pour la défense inconditionnelle de l’enseignement supérieur et de la recherche publics, des statuts et des libertés démocratiques :
    A bas la LPR et son protocole !

    La LPR est la négation de nos revendications qui sont la création massive de postes statutaires de chercheurs et d’IT pour résorber la précarité, des financements pérennes pour la recherche, l’augmentation des salaires par celle du point d’indice … .
    Cette loi de précarisation, démultiplie les contrats précaires, généralise la concurrence à tous les niveaux avec la politique d’appel à projets, instaure un dispositif de primes individuelles en guise de revalorisation salariale. C’est une loi qui va détruire nos statuts, les organismes de recherche publics, les disloquer dans des établissements régionaux concurrents et en voie de privatisation.
    Elle remet en cause nos libertés et pénalise toute contestation au sein des universités.

    Le 47ème congrès du SNCS, réuni les 10 et 11décembre, se prononce pour le retrait pur et simple de la LPR. Il refuse d’apporter sa caution à une telle loi.
    C’est pourquoi il dénonce le protocole LPR et toute participation à son application.

    21 Pour, 43 contre, 10 Abs et 8 NPPV

     


     

     Motion FU présentée au Conseil départemental de la FSU de l’Hérault (8/12/2020)

    Le Cdfd de la FSU34 condamne l'ensemble des lois liberticides du gouvernement (LPR, Sécurité globale, Séparatisme) et en exige le retrait pur et simple.

    Le Cdfd se prononce pour qu'une grande manifestation nationale au siège du pouvoir soit convoquée par les organisations syndicales (en particulier CGT, FO, FSU, UNEF...) pour imposer ce retrait.

    Le Cdfd s'adresse à la direction de notre fédération pour qu'elle œuvre en ce sens.

    (Pour: 5 / Contre: 11 / Abstentions: 4



    Présentation des motions Front Unique au Conseil national de la FSU le 25 novembre 2020

     

    Intervention de présentation de la motion pour le Boycott du « Grenelle de l’Éducation » :

    Boycott du « Grenelle de l’Éducation »

    Quelques jours après l’assassinat de Samuel Paty, s’ouvrait le Grenelle de l’Éducation. Cyniquement, Jean-Michel Blanquer récupérait cette tragédie pour placer la concertation sous le signe de l’union nationale derrière le gouvernement,

    L’objectif assumé, c’est de « réfléchir à une évolution profonde des métiers des personnels de l’Éducation Nationale » sous la houlette de « personnalités issues de la société civile ».

    Démolir ce qui reste des statuts des enseignants et substituer un système de primes à la rémunération indiciaire pour tous, c’est bien le sens des annonces qui ont été faites par le ministre le 16/11/2020. C’est essentiellement par le biais des discussions sur la pseudo « revalorisation » que les dirigeants des organisations syndicales sont associées à l’entreprise de remise en cause des statuts, dans le secteur de l’Éducation comme dans ceux de la Santé, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Accepter de discuter cette pseudo « revalorisation », c’est accepter le dispositif du « Grenelle » qui est inacceptable.

    La revendication de la profession ce n’est pas des primes mais bien le dégel du point d’indice, le rattrapage du pouvoir d’achat perdu et l’augmentation des traitements indiciaires.

    Les primes sont, elles, directement associées à de nouvelles charges de travail, à de nouvelles « missions » ajoutées aux missions statutaires et rémunérées de la manière la plus défavorable. Qu’on en juge à l’annonce d’une « prime d’équipement » dérisoire, dont la contrepartie cousue de fil blanc est d’intégrer le télé-enseignement aux obligations de service !

    Au lendemain du vote à l’Assemblée Nationale de la « Loi Sécurité Globale », deux jours après une intervention policière d’une violence inouïe place de la République, personne ne peut ignorer que l’État Français vient de franchir une nouvelle étape dans sa marche à L’État policier.

    Lorsque Blanquer menace de faire preuve d’une très grande fermeté face à ceux qui tolèrent « la radicalité », il faut comprendre que les sanctions contre les 4 de Melle sont une illustration de ce qui attend ceux qui veulent s’opposer à la politique gouvernementale de démolition de l’enseignement public.

    A propos d’Avenir Lycéen, Blanquer est allé jusqu’à caractériser le SNES comme une officine d’« extrême gauche » dont les médias devraient ignorer les propos.

    Et il faudrait continuer de discuter avec lui, avec ce gouvernement qui nous déclare la guerre ?

    Plus que jamais, la participation de notre fédération et de ses composantes au dialogue social est injustifiable, alors que Blanquer semble impliqué dans un scandale d’État.

    Pour ne pas servir de caution au gouvernement, pour défendre les intérêts des enseignants, les représentants de notre fédération et de ses syndicats doivent quitter sans délai le Grenelle de Blanquer et s’adresser aux organisations issues du mouvement ouvrier, CGT-FO-UNEF, pour qu’elles en fassent de même. Elles doivent le dire clairement : à bas le Grenelle de l’éducation !

    Motion Front Unique pour le Boycott du « Grenelle de l’Éducation »

    Blanquer, au service du gouvernement Macron-Castex, a lancé l'opération "Grenelle de l’Éducation".

    Sous couvert d'une pseudo-revalorisation sous forme de primes, le Grenelle de l’Éducation vise à s'en prendre aux statuts au travers d'une redéfinition des métiers.

    Pour ne pas servir de caution au gouvernement, pour défendre les intérêts des enseignants, le CDFN de la FSU, réuni les 24 et 25 novembre 2020, se prononce pour le boycott immédiat du Grenelle de Blanquer.

    Le CDFN demande que les représentants de notre fédération s'adressent à ceux des autres organisations concernées (en particulier ceux de la CGT et de FO) pour qu'ils se prononcent dans ce sens.

    Le CDFN décide d'engager une mobilisation pour la satisfaction des revendications des personnels :

    - Déblocage immédiat du point d'indice et rattrapage du pouvoir d'achat perdu

    - Augmentation des rémunérations indiciaires pour tous

    (motion présentée mais non soumise au vote)

    ------------------------------------------------

    Intervention de présentation de la motion : Contre la marche accélérée à l’État policier

    L’intervention policière sur la place la République aussi ignominieuse qu’elle a été, n’a rien de surprenant, tant elle s’inscrit dans toute la marche à l’État policier du gouvernement Macron-Castex.

    Le vote hier de la loi dite de sécurité globale ajoute encore une pièce essentielle à cet État policier.

    Mais quand je vois que le texte Action à rallonge dilue cette transformation qualitative de la situation, je me demande où se situe la limite que devrait franchir le gouvernement pour que les dirigeants de notre fédération déclarent qu’il y a casus belli, et que face à la guerre déclarée, ils décident de rompre avec lui et d’engager le combat contre lui.

    On peut même se demander si pour certains, une telle limite existe.

    En mai 1958, contre le coup d’état de De Gaulle, la direction de la FEN s’était montrée digne de sa responsabilité en appelant à la grève générale contre ce coup d’État.

    Aujourd’hui le gouvernement assemble méthodiquement les pièces constitutives de l’État policier et s’il n’est pas stoppé, alors les conditions pour pouvoir combattre la politique du pouvoir deviendront très difficiles.

    Pour riposter à la guerre déclarée par le gouvernement au mouvement ouvrier, à la jeunesse et à tous les opprimés, la responsabilité de notre fédération est de se situer sur le terrain de la lutte des classes. C’est toujours sur ce terrain qu’il a été possible de défaire la politique de gouvernements.

    La responsabilité de notre fédération est, en commun avec les autres organisations du mouvement ouvrier et de la jeunesse, de préparer une grande manifestation centrale au siège du pouvoir, pour défaire la politique du gouvernement, pour défaire le gouvernement Macron-Castex.


    Motion Front Unique Contre la marche accélérée à l’État policier

    Pour l’abrogation de la LPR, pour le retrait de la loi dite de Sécurité globale, attaques d’une rare violence contre les libertés démocratiques, la responsabilité de notre fédération est de s’adresser aux autres organisations du mouvement ouvrier et de la jeunesse (en particulier CGT, FO et UNEF) pour préparer dès à présent une manifestation centrale au siège du pouvoir pour défaire le gouvernement Macron-Castex.

    (Motion présentée mais non soumise au vote)

     

     

     


     

    On nous communique :

    Motion présentée le 26 novembre 2020 au CDFD de la FSU 84

    Le 17 novembre, la loi LPR, bien que largement rejetée par les personnels, les étudiants et les principales organisations de l’enseignement supérieur et de la recherche, a été adoptée. Elle contient un amendement qui interdit aux étudiants et aux personnels de se mobiliser, puisqu’il prévoit jusqu’à trois ans de prison et 45000 Euros d’amende pénalisant « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement universitaire (…) dans le but de troubler la tranquillité et le bon ordre de l’établissement ».

    Le 24 novembre, a eu lieu le vote solennel de la loi dite de « Sécurité globale », qui prévoit entre autres jusqu’à 45000 Euros d’amende et un an de prison ferme pour la diffusion d’images de policiers dans l’exercice de leurs fonctions, ce qui « entre sinistrement en résonnance avec (…) la montée en puissance des violences policières » et remet directement en cause la liberté d’informer.

    Le samedi 21 novembre, dans de nombreuses villes, les travailleurs et les jeunes ont montré leur disponibilité à se mobiliser pour obtenir l’abrogation de la loi Sécurité globale et de l’ensemble des mesures visant à l’instauration d’un Etat policier et la liquidation des libertés démocratiques : des milliers de manifestants ont par exemple défilé à Toulouse et à Montpellier.

    Le CDFD 84 s’adresse donc à la direction de la FSU pour :

    • Qu’elle se prononce pour l’abrogation de la loi LPR et de la loi Sécurité globale.

    • Qu’elle organise la mobilisation centrale des travailleurs et des jeunes, dans l’unité avec les autres organisations syndicales, afin d’obtenir l’abrogation de ces deux lois.

    POUR : 2 - CONTRE : 1 - ABST : 7

     

     

     


     

     

    Lettre de Liaison N° 310 -  24 novembre 2020 :
    [Version pdf

     

     
    Pour le retrait/abrogation de la loi Sécurité Globale dans son intégralité !
    Pour l'abrogation de la LPR,
    attaques d'une rare violence contre les libertés démocratiques,
    Front Unique des organisations du mouvement ouvrier !
    Pour défaire Macron, qu'elles appellent à
    une grande manifestation nationale au siège du pouvoir !

     

    Intervention du courant Front Unique

    au Conseil national de la FSU le 24/11/2020

    Le 17 novembre, LPR et projet de loi Sécurité globale figuraient en même temps à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

    Il s'agit d'un nouveau pas décisif dans l'instauration d'un État policier sanctionnant de prison ferme l'exercice de la liberté de la presse et le droit de combattre à l'université les plans du gouvernement. Il s'agit de l'instauration d'un "monde d'après" où les libertés démocratiques sont réduites comme peau de chagrin.

    Déjà avec son état d’urgence sanitaire, le gouvernement restreint drastiquement le droit d’aller et venir, de se réunir, de se mobiliser, de se rassembler et de manifester.

    Il définit ce qui dans nos vies est essentiel ou pas.

    Il réprime brutalement la jeunesse qui début novembre ose se rassembler devant les lycées pour revendiquer des mesures de protection sanitaire.

    Il sanctionne violemment des enseignants de Melle qui se sont mobilisés contre sa réforme du lycée et du bac.

    Et il fait adopter définitivement la LPR qui pénalise toute contestation au sein des universités.

    Avec son projet de loi Sécurité globale, il veut franchir un cran supplémentaire :

    - Renforcement du rôle des polices locales et des sociétés privées de sécurité.

    - Instauration du flicage généralisé des manifestants à coup de drones, de caméras mobiles et de reconnaissance faciale automatisée.

    - Et surtout, en empêchant la diffusion des images des exactions de la police, il veut consacrer l’impunité des violences policières.

    Ce sont principalement les organisations de défense des libertés démocratiques et les syndicats de journalistes qui ont appelé à la mobilisation contre ce projet.

    Le 17 novembre, jour du début de l’examen de ce projet scélérat, un rassemblement s’est tenu à l’Assemblée.

    Les manifestants ont été durement réprimés et les journalistes particulièrement ciblés en anticipation de l’adoption de la loi.

    Le 21 novembre, dans de nombreuses villes, des manifestations importantes se sont opposées à ce projet de loi.

    A Paris, la manifestation a été interdite et seul un rassemblement dans une nasse a été autorisé avec un accès sous contrôle policier.

    Qui peut comprendre que la CGT, FO et notre fédération se soient abstenues d’appeler haut et fort aux mobilisations le 17 à Paris et le 21 dans tout le pays ?

    Qui peut comprendre, que jusqu’à maintenant elles ne se soient pas encore prononcées pour le retrait de ce projet de loi ?

    Il y a quelques jours, le CN du SNUipp et la CA du SNCS, se sont formellement prononcés pour le retrait de ce projet.

    On lit enfin dans le projet de texte Action destiné à être publié demain, le 25 : « la FSU exige le retrait de ce projet de loi. » C’est un premier pas bien que tardif, puis que c’est aujourd’hui – le 24 – que ce projet est censé être adopté en 1ère lecture à l’Assemblée.

    Mais comment empêcher le gouvernement de faire passer son projet ?

    D’abord, il revient aux dirigeants de notre fédération de s’adresser à leurs homologues des organisations du mouvement ouvrier (CGT et FO en particulier) pour qu’ils exigent aussi le retrait pur et simple du projet de loi Sécurité globale.

    Un front uni de ces organisations doit se constituer pour préparer, dès à présent, une manifestation centrale au siège du pouvoir pour imposer ce retrait.

    C’est la responsabilité de notre Conseil national de se prononcer en ce sens et de se placer à la hauteur de cette attaque historique.

    Car c’est bel et bien une guerre que le gouvernement a déclaré au mouvement ouvrier et à la jeunesse.

    Et pour lui, dans cette guerre tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Les capitalistes, pris à la gorge par la crise économique, veulent faire payer aux travailleurs le coût de la crise. Ils veulent porter des coups historiques contre le mouvement ouvrier et la jeunesse en liquidant des pans entiers des conquêtes ouvrières.

    Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement peut compter sur le dialogue social et la concertation qui remplissent parfaitement leur fonction en associant les représentants syndicaux à l’avancée de ses plans destructeurs.

    Ainsi, c’est la concertation généralisée sur la LPR et son protocole de pseudo revalorisation qui a permis au gouvernement de faire passer définitivement sa loi. Et même de se permettre d’aggraver encore son projet initial.

    La première revendication pour sauvegarder l’enseignement supérieur et la recherche, les personnels et les étudiants est d’abord de se prononcer clairement pour l’abrogation de la LPR.

    Qui peut penser qu’en implorant le gouvernement de ne pas appliquer sa réforme celui-ci pourrait y renoncer ?

    Quant au Grenelle de l’Éducation, Blanquer a clairement indiqué par ses annonces que sa pseudo-revalorisation, c’étaient des clopinettes pour la très grande majorité des enseignants et encore sous forme de primes avec le maintien du blocage du point d’indice.

    Mais ces millions brandis n’ont qu’une fonction : permettre une large opération de concertation généralisée dont l’objectif essentiel est l’attaque contre les statuts des enseignants, la liquidation des règles communes pour substituer aux solidarités, la concurrence entre les personnels et entre les établissements scolaires.

    Défendre les personnels de l’enseignement public commence par le boycott du Grenelle de l’Éducation. Telle est la responsabilité première des représentants des syndicats des enseignants et de ceux de notre fédération.

     


     

    Lettre de Liaison N° 309 -  13 novembre 2020 :
    [Version pdf

     

    Avec ses projets LPR et « Sécurité globale », le gouvernement Macron-Castex-Vidal-Darmanin déclare la guerre

    à la jeunesse et au mouvement ouvrier.

    Front uni des organisations du mouvement ouvrier et de la jeunesse pour arracher le retrait de ces projets scélérats !

     

     

    Le 24 septembre, était adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, le projet de loi LPR (« loi  de programmation de la recherche »). Ce projet est une attaque en règle contre l’enseignement supérieur et la recherche, le droit aux études, avec un vaste plan de précarisation des personnels, de privatisation, de mise en concurrence généralisée pour briser les statuts, concasser le cadre national, les vider de leur contenu et les mettre au service des intérêts directs du patronat. Les personnels et les étudiants se sont largement mobilisés avant le confinement de mars pour exiger le retrait de ce projet.

     

    En plus,  le gouvernement  a décidé de porter  un  coup majeur aux mobilisations sur  les  campus  universitaires  en donnant son aval à un amendement au projet LPR adopté par la commission mixte paritaire (composée de députés et de sénateurs) réunie le 9 novembre.

    Voici cet amendement introduit dans le projet de loi sous la forme d’un nouvel article :

    « Le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement, est passible des sanctions définies dans la section 5 du chapitre Ier du titre III du livre IV du code pénal »

    Ainsi donc, le gouvernement  entend  interdire  toutes les  manifestations dans les universités qui troubleraient « la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement », c’est à dire toutes les formes habituelles de mobilisation de la jeunesse étudiante (assemblées générales, interventions pendant les cours, occupations …). Et à la clef, la répression se veut terrible avec des peines d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende, portées - si les actions ont lieu « en réunion », c’est-à-dire à plusieurs - à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

    Avec cet amendement, la LPR passe du statut de loi destructrice au rang de loi de criminalisation, et le gouvernement veut profiter de la quasi-fermeture des universités et du confinement des étudiants pour faire passer, le 17 novembre, cette loi scélérate.

    Le gouvernement  continue  donc  de s’en prendre de manière délibérée et systématique aux libertés démocratiques (d’expression, de réunion, de contestation, de mobilisation, de manifestation ...). Encore la semaine dernière, ce sont des lycéens et des personnels de santé qui ont subi la répression du gouvernement avec ses violences policières.

    Le 17 novembre, débute en même temps, à l’Assemblée nationale, l’examen du projet de loi « Sécurité globale » dont l’article 24 interdit la diffusion d’images de policiers commettant des violences avec les mêmes sanctions pénales que pour l’amendement de la loi LPR.  Avec la restriction du droit à l’information,  c’est une nouvelle étape accélérant brutalement l’offensive de destruction des libertés démocratiques qui est franchie par le gouvernement.

    Le gouvernement Macron-Castex déclare une guerre généralisée au mouvement ouvrier et à la jeunesse. Il accélère la répression contre les mobilisations et contre toutes les libertés démocratiques. Il accentue encore sa marche vers un état policier.

    La responsabilité de l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier et en particulier de la CGT de FO et de la FSU et des organisations de la jeunesse et en particulier de l’UNEF est d’exiger le retrait immédiat des projets de lois scélérats LPR et « Sécurité globale ».

    Si le gouvernement persiste, leur responsabilité  est de préparer le combat contre lui pour obtenir l’abrogation de ces lois. La direction de la FSU doit s’adresser  sans délai aux autres organisations syndicales dans ce sens.

     

     

     


     

    Lettre de Liaison N° 308 -  8 novembre 2020 :
    [Version pdf]

     

    Face à l'urgence sanitaire, les dirigeants des organisations syndicales enseignantes (FSU, FO, CGT...) ont une responsabilité immédiate.

    Ils doivent reprendre à leur compte la revendication des enseignants mobilisés :

    - demi-groupes alternés sans enseignement en « distanciel »

    Ils doivent appeler nationalement à la grève jusqu'à satisfaction de cette revendication.

    Depuis la rentrée du 2 novembre, dans plusieurs dizaines d'établissements (notamment des lycées et lycées professionnels), des enseignants sont entrés spontanément en grève pour dénoncer la parodie de « protocole sanitaire » imposée par Blanquer dans l'enseignement public. Ils exigent la division immédiate de leurs classes en demi-groupes, l'alternance hebdomadaire de ces demi-groupes pour assister aux mêmes enseignements, sans que soit imposé aux enseignants un doublement de leur service au travers de l'enseignement « en distanciel ».

    Les enseignants mobilisés ont raison : dans un entretien accordé au Monde du 7 novembre, le chef du service de réanimation de l'Hôpital Saint-Antoine à Paris déclare déjà qu' « il y a des malades qui ne seront pas pris en réanimation. » Face à cette gabegie dont le gouvernement porte la responsabilité, les établissements d'enseignement public se taillaient déjà la part du lion dans l'identification des nouveaux « clusters » dès avant les vacances d'octobre, avec un tiers des foyers d'infection constatés. Les enseignants, les travailleurs et leurs familles ne veulent pas mourir pour sauver le capitalisme.

    Face à cette menace mortelle, Blanquer ment. Il affirmait encore au Figaro, vendredi 6 novembre : «Aujourd'hui vendredi, on est à 3528 élèves qui ont un test positif et 1165 personnels». Pourtant, entre le 2 et le 4 novembre, l'observatoire de la Santé Publique Geodes recensait 5 fois plus de contaminations entre 0 et 19 ans, avec 25 151 cas ! Le dernier mensonge du ministre vient couronner une série ininterrompue, ponctuée par l' « allègement » du protocole sanitaire le 22 septembre, l'éviction administrative de milliers de « cas contacts », l'occultation des données recensées par les rectorats.

    L'urgence sanitaire vitale concerne tout l'enseignement public, et au-delà toute la population laborieuse : elle ne peut trouver aucune réponse satisfaisante au cas par cas ! C'est pourquoi le dispositif annoncé par Blanquer le 5 novembre ne constitue aucune avancée pour les enseignants : les mesures définies dans la « souplesse locale », établissement par établissement, seront soumises au pouvoir discrétionnaire des rectorats, en contrepartie d'engagements anti-statutaires tels que le suivi en « distanciel »... ou le saccage du bac national sous couvert de contrôle continu. Blanquer se sert de la gabegie sanitaire pour accélérer la mise en place de ses contre-réformes !

    C'est donc aux dirigeants des organisations syndicales enseignantes de reprendre à leur compte, sans conditions, la revendication immédiate des enseignants, et d'appeler nationalement à la grève pour l'imposer au gouvernement. Or, l'appel intersyndical à la grève du 10 novembre occulte complètement la revendication des enseignants au profit d'un catalogue de « demandes » taillées sur-mesure pour le dispositif Blanquer : « des mesures pour les collèges », la prise en compte de la « spécificité » des lycées professionnels, « des précisions » sur les mesures de nettoyage... ou encore l'exigence d'un « plan de recrutement » des personnels qui permettrait au gouvernement de renvoyer sine die la satisfaction de la revendication immédiate des enseignants.

    Les enseignants doivent donc se regrouper, s'organiser pour imposer leur volonté aux organisations syndicales, sur le modèle de l'adresse envoyée aux dirigeants syndicaux par les enseignants du lycée de Riom le 5 novembre :

     

    Adresse aux directions des organisations syndicales adoptée par les enseignants du lycée Virlogeux de Riom (63)

    Les enseignants réunis en HMI à l’initiative du SNES au lycée Virlogeux de Riom (63) le 05/11/2020

    S’adressent aux directions des organisations syndicales pour qu’elles reprennent la revendication suivante :

    - Demi-groupes sans distanciel. (ce qui implique la modification du calendrier de l’année, des allègements de programme, et l’annulation des EC)

    Pour obtenir satisfaction sur de telles revendications, une action nationale est nécessaire : appelez à la grève jusqu’à l’obtention de la revendication.

     

     

     


     

    Lettre de Liaison N° 307 -  Enseignement Supérieur et Recherche - 30 octobre 2020 :
    [Version pdf]

    Contribution Front Unique au 47ème congrès du SNCS – 10&11 décembre 2020

    Avec les conditions catastrophiques de la rentrée, les coupes budgétaires, la LPR et la précarité, l'Enseignement Supérieur et la Recherche sont confrontés à l'offensive sans répit du gouvernement Macron-Castex-Vidal.
    Les leçons à tirer du combat contre la signature du protocole LPR :
    Front uni des organisations syndicales, FSU, CGT, FO, SUD et UNEF pour la défense
    de l'université et de la recherche publique et des statuts
    Rupture du dialogue social

     

    Protocole LPR :

    Le gouvernement n’est pas parvenu à museler la résistance à ses plans destructeurs de l’ESR

    A la rentrée le gouvernement n’avait qu’un but : arracher aux organisations syndicales la signature de son protocole d’accord au moment même où la LPR devait être adoptée en procédure accélérée. Le 12 octobre, l’accord est signé,  « Un premier accord sur les carrières et les revalorisations dans le cadre de la loi de programmation pour la recherche » annonce le journal du CNRS en première page. Mais sur la photo, seuls les représentants des syndicats ouvertement pro-LPR (SGEN-CFDT, UNSA et SNPTES) se tiennent aux côtés de Vidal et Castex.

    Manquent à l’appel FO, SUD, la CGT et surtout la FSU qui regroupe les principaux syndicats de l’ESR celui des enseignants-chercheurs (SNESUP) et des chercheurs (SNCS). Le gouvernement se donnait alors une dernière chance en acceptant la main tendue par la direction de la FSU et celle de ses syndicats concernés, qui, après un petit relookage de l’accord avaient demandé un délai d’une semaine pour réunir à nouveau leurs instances et réexaminer leur position.

    Mais celles-ci ont été confrontées à une levée de bouclier exprimant le rejet profond que suscite la LPR dans l’ensemble de l’ESR.

    Le 15 octobre, la CA du SNESUP et celle du SNASUB rejettent unanimement la signature du protocole. A la CA du SNCS du 16 octobre, les voix pour la signature fondent de 29 à 14, désavouant implicitement le vote plébiscite arraché à la CA du 8 octobre dans des conditions ultra-bureaucratiques.

    La FSU ne signera pas !

    C’est un camouflet pour tous ceux, le gouvernement et tous ses alliés dans les syndicats, qui voulaient museler les syndicats de l’ESR, les enchaîner à la LPR afin d’anéantir toute possibilité de résistance à la politique de casse de l’ESR et des statuts des personnels.

    Il reste que malgré cet échec, rien ne semble pouvoir empêcher le gouvernement de parvenir à ses fins et de faire adopter sa LPR. Que s’est-il passé ces derniers mois pour en arriver là ? Comment arrêter le bras du gouvernement ?

    Le lien intrinsèque entre le protocole et la LPR 

    Tout d’abord, ce protocole n’est pas une verrue qui est apparue dans la dernière ligne droite de l’adoption de la LPR. Il est, comme l’a dit Vidal, le résultat « d’une grande consultation avec les syndicats » qui a commencé en 2019. Fin novembre 2019, le ministère remet un document titré « LPPR, mesures indemnitaires ». Tous les ingrédients de la « revalorisation » du protocole, basée sur système de primes individuelles y sont déjà présents, y compris le budget de … 92M€ pour 2021 (0.6% d’une masse salariale qui, pour le périmètre concerné, atteint 14Mds€) ! Il faut rappeler qu’à l’époque le gouvernement prétendait compenser ainsi la baisse faramineuse des pensions qui découlaient de son projet de réformes des retraites et de la chute de 74,3% à 16,9% de son taux de cotisation, soit plusieurs milliards d’€ par an.

    Ce système de primes est basé sur l’extension aux enseignants-chercheurs et chercheurs des principes fondant le Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) applicable chez les BIATSS depuis 2014. Il comprend 3 composantes (une liée aux grades, et deux autres modulables liées aux fonctions et aux résultats (la performance) avec une véritable grille et des critères communs. L’objectif est clairement l’uniformisation pour faciliter, pour tous les corps, les mobilités entre organismes de recherche et universités. Il s’agit de mettre les agents en concurrence et aussi d’enlever tous les freins à la dissolution des organismes et des universités dans de grands « pôles de recherche et d’innovation »  concurrentiels et en voie de privatisation.

    Ce document « soulève » la question de qui va décider de l’attribution des deux parts variables. La réponse, le ministère l’a donnée avec son projet avorté au CT du MESR en février 2019. Elles ne dépendraient pas d’instances nationales basées sur l’évaluation par les pairs mais des DRH et des supérieurs hiérarchiques. Ceux-ci sont bien plus directement intéressés aux résultats financiers des appels à projet sur lesquels ils prélèvent leur préciput qu’aux résultats scientifiques ! Mais plus radicalement, ils seront incités à récompenser ceux qui vont leur permettre d’accroître leur dotation puisque la LPR prévoit la généralisation du « dialogue stratégique et de gestion » comme mode de financement. Celui-ci vise à ne plus baser la dotation en fonction des besoins (comme le nombre d’étudiants pour les universités ou un budget de recherche pérenne) mais sur une logique de projets et de résultats en adéquation avec la LPR (développement des recrutements hors statuts, de la mobilité public-privé, de l’enseignement à distance, de la création de startups …)

    L’aboutissement de « négociations » qui ont pavé la voie à l’adoption de la LPR en procédure accéléré dès la rentrée

    Malgré ce contexte explosif, alors que les contours de la LPR commençaient à devenir clairs, les directions syndicales ont accepté de participer de bout en bout en bout à ces négociations.

    En décembre 2019 se tient le congrès national de la FSU, le courant Front Unique propose une motion pour que le congrès exige « le retrait pur et simple du projet de LPPR » et se prononce contre la participation à « toute concertation visant à préparer cette loi notamment celle engagée sur les carrières et les primes ». Un dirigeant du SNESUP monte à la tribune pour appeler, au nom du SNESUP et du SNCS, à voter contre cette motion (https://www.snesup.fr/article/congres-fsu-2019-theme-1-du-congres-fsu-intervention-snesup-fsu-lppr-12-decembre-2019).

    Les concertations se sont poursuivies pendant que les personnels tentaient par tous les moyens de s’opposer à ce projet de loi. Elles ont continué pendant le confinement, alors même que toutes mobilisations étaient interdites et que les instances syndicales ne fonctionnaient plus. Après la séance du CNESER du 18 juin, il était évident que le gouvernement était déterminé à faire passer sa LPR en force et que dans ce but il était prêt à toutes les manœuvres pour enchainer les syndicats à sa loi. Le conseil des ministres adoptait le projet de LPR le 22 juillet et planifiait son examen en procédure accélérée par le parlement dès la rentrée de septembre.

    Le ministère a convoqué les syndicats en plein été pour préparer le protocole inscrit dans la LPR. Le 31 juillet, le secrétaire national de la FSU monte en première ligne pour accepter au nom de la FSU et de ses syndicats (SNESUP, SNCS et SNASUB) la discussion sur ce protocole concocté avec les syndicats pro-LPR. Cela aboutit à un document envoyé par le ministère le week-end du 30 août à la veille d’une ultime séance, le matin du lundi 31 août. Les directions syndicales se sont toutes pliées, sans mot dire, au calendrier du gouvernement.

    Sous la pression des personnels, CGT, FO, SUD et FSU ont refusé de signer le protocole LPR

    Dès que le contenu du protocole a été connu, le refus de la signature d’un accord qui les lie ouvertement à la LPR s’est exprimé dans tous les syndicats de façon très nette. Fin septembre, la CGT, FO et SUD avaient annoncé leur refus de le signer et aucune des instances des syndicats de la FSU n’avait approuvé la signature. Au Conseil national de la FSU du 22 septembre, Front Unique soumettait une motion contre la signature par la FSU de ce protocole. Contre toute attente, aucun des membres des courants qui se sont exprimé contre la signature dans leurs syndicats respectifs (École Émancipée (EE) dans la SNESUP et le SNASUB ou URIS dans le SNCS) n’ont voté cette motion ni même présenté une motion dans ce sens.

    La direction de la FSU a donc eu les mains libres pour négocier une nouvelle mouture du protocole. La nouvelle version est publiée le 5 octobre, avec - sans surprise - des modifications cosmétiques, et fixant comme échéance le 12 octobre. La direction du SNCS, qui n’a jamais caché sa volonté de signer quoiqu’il en coûte, a poussé le zèle jusqu’à convoquer une CA en urgence le 8 octobre pour respecter les délais du gouvernement, alors même que son calendrier en prévoyait une le 16 octobre. La FSU faisait repousser l’échéance d’une semaine, espérant avoir les mains libres pour signer.

    Peine perdue, les réactions venant du terrain sont claires, pas question de revenir sur le refus de signer. Elles sont d’autant plus virulentes que la rentrée universitaire est catastrophique : enseignants, IT et BIATSS sont tous les jours confrontés aux conséquences de l’asphyxie financière, du fait qu’aucun financement n’a été accordé pour faire face à la crise sanitaire. Partout les universités doivent opérer des coupes budgétaires parce que le gouvernement ne leur paie plus le glissement vieillesse technicité (GVT) et qu’il est clair qu’avec un tel budget les primes données aux uns seront payées par moins de recrutements, des suppressions de formations et d’heures d’enseignement, etc. Le 15 octobre les CA du SNESUP et du SNASUB confirment unanimement leur refus de signer.

    Seule la direction du SNCS a réussi à sauver sa mise à la CA du 16 en appelant à voter contre la motion Front Unique. Pour notre courant ce combat contre la signature devait se mener jusqu’au bout. La CA se devait de prendre en compte les multiples « remontées » de sections, de militants et sympathisants sidérés par la prise de position du 8 octobre. La caution à la LPR dans son ensemble qui généralise le financement par les appels à projet (1) et surtout celle apportées à la fin programmée du statut de la fonction publique via notamment les « tenure track » ne passent pas. A tel point que le SNCS n'a pas osé sortir ses banderoles à la manif du 13 à Paris où beaucoup de précaires étaient présents - sacrifiés sur l’autel de la LPR- de peur "de subir des réactions contre sa position " !!! Là encore, les représentants des courants EE et URIS (qui s’étaient dissous dans la tendance majoritaire « ensemble » et qui ont leur strapontin à la CA grâce à la direction du SNCS) ont manifesté leur réprobation contre la signature mais … ont refusé de remettre en cause la décision de la CA du 8 et renvoyé leur règlement de compte au congrès du SNCS en décembre.

    Conséquence, le 19 octobre, la direction de la FSU a pu se fendre d’un communiqué alambiqué où elle annonce son refus de signer tout en tentant d’en limiter la portée :

    «  Le SNCS, conscient des insuffisances mais analysant des avancées pour les rémunérations et les carrières des personnels des EPST, s’est prononcé très majoritairement favorablement lors de son instance délibérative du 8 octobre, et a confirmé très majoritairement sa position lors de son instance délibérative du 16 octobre. La FSU respecte les mandats de ses syndicats nationaux. Il appartient au SNCS d'étudier les éventuelles suites à donner à son mandat en dehors d’une signature fédérale. »

    Le fait est que, malgré toutes ses manœuvres, la FSU n’a pas signé.

    Les pseudo- « avancées » de ce protocole pour justifier le dialogue social

    Il est remarquable que toutes les organisations syndicales, signataires ou non, soient d’accord pour créditer ce protocole d’ « avancées » sur les revendications en termes de revalorisations et de carrière. Toutes ces négociations auraient servi à arracher des améliorations ? Le bilan, depuis leur début, en 2019, est tout autre. Loin d’avoir fait baisser les prétentions du gouvernement, elles lui ont permis de pousser son avantage plus loin, il y a inclus les « tenure track », et aussi la prise en charge totale de la LPR. Concernant les revalorisations, il n’a pas bougé d’un iota sur le fait qu’il n’y aurait pas de revalorisation via l’indiciaire et que tout passerait par le régime indemnitaire avec la généralisation des primes liées aux fonctions ou à la performance. Le budget pour 2021 reste identique, il a balayé toute illusion sur le fait que cela s’ajouterait à d’autres augmentations. Par contre il a prolongé son « plan » jusqu’en 2027 avec des promesses qui ne l’engagent en rien, lui permettant de faire miroiter des repyramidages, des revalorisations pour dans … 7 ans, autant dire aux calendes grecques ( voir le dossier de presse du protocole sur le site du ministère).

    Alors à quoi sert de mettre en avant des « avancées »  si ce n’est pour justifier ces mois de négociations dans le dos des travailleurs de l’ESR ? Pour justifier la poursuite du dialogue social pour des « améliorations » qui se révèlent être des reculs, pour courir après le mirage d’une « bonne » LPPR ?

    Un gouvernement en guerre contre les travailleurs

    Le bilan de ces mois de négociations démontre que loin d’affaiblir le gouvernement, celles-ci n’ont fait que lui donner les moyens d’accélérer son offensive. Il n’y a rien à attendre de ce gouvernement, son but est de réduire à néant tous les acquis des travailleurs, dans l’ESR comme ailleurs, dynamiter les statuts et privatiser l’université, soumettre recherche et enseignement à la loi d’airain du profit capitaliste. Il sait qu’il est de plus en plus rejeté, c’est pourquoi il a un besoin impérieux de ce dialogue social. Il a besoin de signer des accords avec les syndicats pour mener ses plans destructeurs à leur terme, pour paralyser toute résistance contre lui.

    Comme le protocole LPR, le but du Ségur de la santé était, sous couvert d'une « revalorisation »-bidon que les soignants attendent encore, d’associer les dirigeants des organisations syndicales à la mise à sac de leur statut et de l’hôpital public qui se trouve dans un état de délabrement encore plus avancé face à cette deuxième vague de l’épidémie du COVID que la première.

    Aujourd’hui il tente la même opération avec le Grenelle de l’éducation contre les enseignants, menant une instrumentalisation tous azimuts de leur émotion face à l’assassinat de l’un des leurs, dans un contexte de dégradation de leurs conditions de travail, produit d’une avalanche de contre-réformes et de campagnes de dénigrement répétées. Blanquer va jusqu’à accuser la communauté universitaire, des organisations syndicales (UNEF, SUD éducation) d'être les « complices intellectuels du terrorisme » voire « des auteurs intellectuels des attentats »!

    A bas le protocole ! A bas la LPR ! A bas les coupes budgétaires !

    Boycott de toutes les instances et concertations chargées leur application.

    Le gouvernement s’apprête à mettre en place un arsenal de décrets, de textes législatifs, de comité de suivi pour mettre en place son protocole et la LPR. Ils vont être à l’ordre du jour des CA, CT etc. Les conseils d’universités sont déjà en première lignes pour les appliquer. Actuellement sont à l’ordre du jour des conseils, les plans de réduction des coûts, l’embauche de contrats de mission. Les élus syndicaux doivent trancher entre primes, embauches, heures de cours etc. Ce n’est pas leur rôle, ils doivent refuser de participer à ces conseils et exiger le dégel des embauches sur postes statutaires, le maintien de toutes les heures de cours et des formations, exigez des postes et des moyens pour faire face aux exigences de la protection sanitaire des personnels et des étudiants.

    Face au feu roulant des attaques du gouvernement, plus que jamais les personnels ont besoin de leurs organisations syndicales. Leur rôle n’est pas d’être les agents d’exécution de la politique de casse des statuts, de généralisation de la précarité; leurs directions doivent porter les exigences des travailleurs. Ainsi, la pression des adhérents et des personnels a réussi à imposer à la FSU de ne pas signer le protocole du gouvernement malgré la volonté affichée de ses dirigeants.

    La tâche de l’heure est d’imposer le front uni des syndicats de l’ESR, FO, CGT, FSU et de l’UNEF pour la défense inconditionnelle de l’université et de la recherche publique, des statuts et du droit aux études pour les étudiants, des libertés démocratiques et académiques sur les campus.

    C’est cette orientation que défend Front Unique et que nous vous appelons à soutenir et à rejoindre.

     

    1 Tout chercheur ou enseignant-chercheur peut se reconnaitre dans cette lettre-acte d’accusation de Bruno Canard, chercheur en virologie au CNRS, qui s’est vu refusé ses appels à projet portant sur le coronavirus jusqu’en 2019 !

    http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article8783

     


    Lettre de Liaison N° 306 -  28 octobre 2020 :
    [Version pdf]

    Après l'assassinat de notre collègue Samuel Paty, Blanquer déclare : « L’expression « Pas de vague », je ne la supporte plus ». Avec son « Grenelle de l’éducation », il fait appel à la « société civile » pour détruire les statuts enseignants.

    La responsabilité des dirigeants des organisations syndicales (FSU, FO, CGT…), c’est de rompre l' « union nationale » avec le gouvernement:

     

    Pas touche aux statuts des enseignants !

    Dégel du point d’indice, rattrapage du pouvoir d’achat perdu, augmentation pour tous des rémunérations indiciaires !

    À bas le « Grenelle de l’éducation » !

    De manière unanime, les enseignants et personnels de l’enseignement public ont été touchés au cœur par l’assassinat de leur collègue Samuel Paty, décapité vendredi 16 octobre par un fanatique, à l’issue d’une cabale montée contre l’enseignant par un parent d’élève et alimentée par un militant islamiste.

    Mais c’est avec écœurement qu’ils ont constaté l’instrumentalisation tous azimuts de leur émotion, sans dignité ni respect pour la victime ou pour ses proches, dans le cadre de l’ « union nationale » autour de Macron et du gouvernement. Leur voix – que les organisations syndicales auraient à charge de faire entendre – est noyée, étouffée.

    C’est dans le prolongement de cette opération d’ « union nationale » que Blanquer a lancé son « Grenelle de l’éducation » chargé de procéder à une redéfinition du métier d’enseignant : il fait appel à la « société civile » pour décider à la place des enseignants de leurs conditions de travail et de leur rémunération !

     

    Samuel Paty : isolé, mis en cause, livré en pâture par sa hiérarchie

    Dès le 18 octobre, Blanquer s’est empressé de disculper le rectorat de Versailles dans la gestion de la cabale dirigée contre Samuel Paty : « Bien sûr qu'il y a eu soutien de Monsieur Paty. J'ai parlé avec la principale, avec la rectrice, j'ai vu aussi le travail des inspecteurs.» (Le Figaro, 18 octobre).

    Pourtant, les faits communiqués par la presse permettent d’établir comment le professeur d’histoire-géographie a été isolé et mis en porte-àfaux par sa hiérarchie :

      - le 6 octobre, au lendemain du cours de Samuel Paty sur la liberté d’expression, la principale du collège le convoque et lui demande de « s’excuser s’il a été maladroit ». Il est pourtant avéré, désormais, que les calomnies dirigées contre l’enseignant provenaient d’une jeune fille qui n’était pas présente lors du cours concerné !

      - le 8 octobre, le père de cette jeune fille est reçu par la principale en compagnie d’un « imam » accueilli ès qualité, Abdelhakim Sefrioui. Au sortir de cet entretien, ces derniers diffusent des vidéos sur les réseaux sociaux : le professeur est qualifié de « voyou », ses coordonnées sont diffusées…. et Sefrioui annonce des sanctions de la part de l’Inspection académique !

    • - le 9 octobre, Samuel Paty est à nouveau convoqué au bureau de la principale, en présence d’un inspecteur pédagogique, pour un « rappel » sur « les règles de la laïcité et de la neutralité ». La principale reçoit ensuite les parents d’élèves en l’absence de l’enseignant et diffuse un mail d’ « apaisement », aux antipodes d’une défense du professeur.

    • - le 12 octobre, Samuel Paty se rend au commissariat sur convocation des services de police « concernant la plainte d'un parent d'élève pour "diffusion d'images pornographiques". » (AFP, 20/10). Si la principale fait part de « d'appels menaçants depuis ce cours et des tensions autour du collège », c’est en son seul nom que l’enseignant porte plainte pour diffamation.

    • - la presse fait état d’une note des renseignements territoriaux des Yvelines datée du même jour : cette note « conclut que la communication entre la direction et les familles a permis d'apaiser les tensions, tensions principalement dues aux deux hommes qui se sont présentés. » (BFM, 19/10). Quatre jours plus tard, Samuel Paty est assassiné.

      Du 5 au 16 octobre : 11 jours aux cours desquels Samuel Paty n’a jamais bénéficié de la protection fonctionnelle que le rectorat devait lui accorder, a été laissé non seulement seul, mais traité en suspect par sa hiérarchie. 11 jours au cours desquels la cabale contre lui a pu se développer.

      C’est un scénario familier pour tous les enseignants : celui qui a donné naissance à l’expression « pas de vague » et qui fait des ravages dans la profession. Blanquer déclarait sur Europe 1 le 21 octobre à ce sujet : « Vraiment cette expression, je ne la supporte plus ».

      Et pourtant : si le rectorat de Versailles avait appliqué les lois existantes (droit pénal, laïcité, protection des fonctionnaires et respect des programmes nationaux) Samuel Paty aurait bénéficié d’une protection et d'une défense de sa hiérarchie, ses détracteurs auraient été rappelés à la loi et sanctionnés !

      En lieu et place d'une « union nationale » avec le gouvernement, la responsabilité des dirigeants des organisations syndicales devrait être de dénoncer ce scandale étouffé par le ministère !

    « L'Éducation nationale, notre majorité l'a particulièrement choyée, et nous allons continuer de le faire » (Castex à l’Assemblée Nationale le 20 octobre)

    Dès lors qu'il a procédé à son auto-disculpation, le gouvernement a besoin d'un « fautif » : bien vite, ce dernier est trouvé... il s'agit des enseignants. En rangs serrés, les chiens de garde se relaient dans les médias pour mettre les enseignants en cause : « autocensure », « manque de formation » voire de « courage »... En somme, si Samuel Paty a été décapité, c'est parce que les enseignants ont peur d'enseigner, ou enseignent mal.

    La volonté de mettre les enseignants en coupe réglée, de les transformer en courroies de transmission pures et simples de la propagande gouvernementale, de mettre à mort leur liberté pédagogique s'incarne déjà au travers de l'organisation de la rentrée du 2 novembre.

    Mais Blanquer va encore plus loin en proférant des attaques inadmissibles contre des enseignants et des organisations syndicales : il accuse la communauté universitaire, des organisations syndicales (UNEF, SUD éducation) d'être les « complices intellectuels du terrorisme » ! Et pour être encore plus clair, il conclut : « Je serai d'une très grande fermeté face à tous ceux qui, aujourd'hui, en se croyant progressistes, en réalité font le tri d'une forme de tolérance à la radicalité » (Europe 1, 22/10).

    Ces menaces sont très concrètes : lors de la mobilisation des enseignants contre la tenue des E3C, Blanquer avait déjà accusé les enseignants mobilisés d'être « radicalisés » et « anti-républicains ». À Melle (79), dans l'académie de Poitiers, 4 enseignants sont menacés d'une sanction disciplinaire malgré l'opposition unanime de toutes les organisations syndicales. Malheur à quiconque s'oppose aux injonctions ministérielles !

    L'auto-célébration du gouvernement culmine dans cette déclaration de Castex à l'Assemblée Nationale : « L'Éducation nationale, notre majorité l'a particulièrement choyée, et nous allons continuer de le faire » . Chacun connaît le bilan de ce gouvernement en la matière : droit aux études supérieures liquidé à travers Parcoursup, bac national détruit, contre-réforme des lycées, celle des lycées professionnels au bénéfice de l'apprentissage patronal, suppressions de postes par milliers, contre-réforme de la formation des enseignants, liquidation des commissions paritaires, « réforme »-destruction des retraites, gel du point d'indice...

    C'est bien cette politique de démolition méthodique de l'enseignement public que le gouvernement entend « continuer ».

    Blanquer fait appel à la « société civile » pour s'en prendre aux salaires et aux statuts... avec la caution des directions syndicales !

    De la même manière que les « parents d'élèves » sont utilisés contre les enseignants pour mettre ces derniers en coupe réglée, Blanquer pousse aujourd'hui l'avantage de l' « union nationale » pour lancer son « Grenelle de l'éducation » : il place tous les travaux de ce processus sous la houlette de représentants de la « société civile ». Comme de juste, ces « personnalités » font la part belle aux affidés du gouvernement ou au patronat : ainsi Pascal Papé, ancien rugbyman mais surtout PDG d'une entreprise de « consulting » pour les entreprises. Les enseignants savent depuis longtemps à quoi s'en tenir sur la « revalorisation » « concertée » depuis des mois avec les dirigeants syndicaux : la somme déjà dérisoire de 500 millions d'euros annoncée fin 2019 s'est réduite dans le projet de budget 2021 à moins de 400 millions. Une misère, dont la répartition via une augmentation des rémunérations indiciaires a été écartée dès le départ et qui doit être concentrée sur les premiers échelons sous la forme de primes.

    Mais Blanquer prévient : l'objectif est de « réfléchir aux modernisations de l’éducation nationale, pas seulement à l'amélioration de la rémunération, mais aux différents aspects de reconnaissance, les différents parcours personnels et enjeux de carrière, de santé, et de sécurité » (Les Echos, 22/10), en somme « une évolution profonde des métiers des personnels de l’Éducation nationale » - démolir ce qui reste des statuts enseignants, où le cœur du métier reste défini par la définition du temps de travail en heures de cours, et substituer un système de primes discrétionnaires à la rémunération indiciaire pour tous.

    Qu'on en juge aux intitulés des « commissions » mises en place : « mobilités », « déconcentration et autonomie », « numérique », « valeurs de la République », « gouvernance des écoles et des établissements », « encadrement », « collectifs pédagogiques »... tout se situe dans le prolongement des contre-réformes. C'est pour permettre la poursuite de la démolition méthodique de l'enseignement public, pour transformer les enseignants en factotums pédagogiques soumis à une hiérarchie plénipotentiaire que le gouvernement s'en prend aux statuts enseignants. Ces travaux se situent en opposition frontale avec les revendications des enseignants : en quarante ans, c'est jusqu'à 40% de leur pouvoir d'achat qu'ils ont perdu !

    Le « Grenelle de l'éducation » constitue ainsi la pointe avancée de toute la politique gouvernementale. La stratégie employée par le gouvernement dans l'enseignement public est identique à celle qui est employée dans les hôpitaux publics à travers le « Ségur de la santé », dans la recherche publique et l'enseignement supérieur au travers de la « Loi de programmation pour la recherche » : sous couvert d'une « revalorisation »-bidon que les travailleurs concernés cherchent encore, il s'agit d'associer les dirigeants des organisations syndicales à la mise à sac des services publics et des statuts.

    Or, le gouvernement s'est heurté dernièrement, dans l'enseignement supérieur, à une difficulté : sous la pression des personnels, les syndicats CGT, FO, et surtout FSU majoritaires parmi les enseignants-chercheurs et les chercheurs ont refusé de signer le « protocole salarial » associé à la LPR, sous la pression des syndiqués et malgré la volonté de signer affichée par les dirigeants. Un obstacle que Blanquer ne peut se permettre de rencontrer dans l'enseignement public, où le SNES, le SNUipp, le SNEP sont incontournables.

    Alors, les enseignants et personnels doivent se saisir de leurs organisations syndicales pour dénoncer les positions telles celle de Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, au sujet du Grenelle de l'éducation : « Le point positif c'est le mot « reconnaissance » utilisé par JM Blanquer » (Café pédagogique, 22/10) ! Et si le dernier numéro de l'US, le bulletin du SNES réussit à ne pas même prononcer le mot « Grenelle de l'éducation », on découvre en pages intérieures que la concertation sur le Grenelle a en réalité déjà commencé. Il faut donc exiger des directions syndicales, encore engoncées dans l' « union nationale » : rompez avec le gouvernement !

     Ce que veulent les enseignants et que les syndicats doivent reprendre à leur compte, ce sont les exigences : Bas les pattes devant nos statuts ! Dégel du point d'indice, rattrapage du pouvoir d'achat perdu, augmentation pour tous des rémunérations indiciaires ! Ces revendications sont incompatibles avec la participation au dispositif gouvernemental : c'est pourquoi les dirigeants syndicaux doivent cesser de participer à toutes les « concertations » sur ce terrain et se prononcer sans équivoque : À bas le Grenelle de l'éducation !

     

     


     

    Lettre de Liaison N° 305 Enseignement Supérieur et Recherche - 14 octobre 2020 :
    [Version pdf]

     

    A bas la signature du protocole LPR !

    Jusqu’au bout il faut combattre contre la signature de la FSU !

     

    Sur une photo du 12 octobre, publiée sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR), on voit Castex brandir, comme un trophée, le protocole d'accord dit de « revalorisation de l'ESR », partie intégrante de la Loi de Programmation de la Recherche (LPR). Il pose avec Vidal devant le siège du gouvernement, avec à leurs côtés, les représentants des 3 syndicats signataires, CFDT, SNPTES et UNSA - 3 syndicats ouvertement pro-LPR. Vidal dans un message évoque : « un moment historique, résultat d’une grande concertation avec les syndicats ». Le gouvernement prétend que cet accord est majoritaire. Pourtant, alors qu’il avait fixé une ultime limite à cette signature, il l’a repoussée au 19 octobre pour que la FSU puisse, a posteriori, apposer sa signature.

    En effet « majoritaire » ou pas, il est d’une importance primordiale pour le gouvernement que la FSU signe cet accord parce qu’elle regroupe les principaux syndicats de l’ESR celui des enseignants-chercheurs (le SNESUP) et des chercheurs (SNCS). Avec cette signature il s’agit d’anéantir toute possibilité de résistance à la LPR en les enchaînant à l’adoption et à l’application de sa loi.

    Car le gouvernement sait que la LPR est massivement rejetée parce qu’elle programme la généralisation de la précarité, la mise en concurrence à tous les niveaux avec les appels à projets tant pour la recherche que pour les formations, l’asservissement de la recherche au profit des entreprises privées, la liquidation des libertés académiques, la dislocation de l’ESR en « universités » régionales concurrentes et privatisées.

    Le volet « social» de la LPR n’est rien d’autre que le dynamitage des statuts avec la fin programmée des recrutements sous le statut de fonctionnaires, et, en guise de revalorisation, un système de primes individuelles basées sur la concurrence dans le zèle à appliquer la politique de la LPR. Le confinement a stoppé net la mobilisation dans l’ESR, et le gouvernement a profité de la crise sanitaire et des vacances pour accélérer sa procédure d’adoption. La préparation du protocole s’est faite pendant les vacances dans le dos des personnels de l’ESR et il a été publié le 31 août pour être signé avant la discussion de la LPR à l’AN le 21 septembre.

    Car dans l’ESR comme ailleurs, malgré la haine qu'il suscite, le gouvernement peut avancer dans son offensive parce qu'il prend appui sur la participation sans faille, jusqu'à l'association à ses projets, des directions syndicales. Dans les entreprises, alors que les plans de licenciements se multiplient, les accords dits « de performance collective » servent à les associer et à paralyser toute résistance à la liquidation d’acquis, à l’augmentation du temps de travail, à la baisse des salaires et aux licenciements. Quant au Ségur de la Santé, derrière des annonces d’augmentation toujours en attente, il s’agit de lier les syndicats au dynamitage statutaire de la fonction publique hospitalière qu’il prévoit (négociation locale du temps de travail et son annualisation, salaire lié à la performance, augmentation du plafond des heures supplémentaires etc.).

    Une telle compromission des directions syndicales avec le gouvernement pour appliquer la LPR s’est heurtée à une franche opposition. FO, SUD, la CGT ont refusé de signer, et dans la FSU l’opposition s’est exprimée jusqu’au niveau des instances nationales des 3 syndicats FSU de l’ESR. La CA du SNESUP a affiché dès le départ son refus net de signer. Même le secrétaire national du SNCS, ouvertement pour la signature, n’avait pas réussi à obtenir le blanc-seing pour signer de la CA qui s’est tenue le 18 septembre. La CA du SNASUB se prononçait aussi contre la signature.

    Mais la direction de la FSU a décidé de mener jusqu’au bout une bataille pour vaincre cette résistance pour porter secours au gouvernement Macron-Castex-Vidal. Elle a annoncé que les instances de ses syndicats allaient se réunir une nouvelle fois pour revoir leur position sur la signature. Elle s’appuie en cela sur le la capitulation de la CA du SNCS réunie à nouveau le 8 octobre. Ce jour-là, la direction du SNCS, en multipliant les manœuvres bureaucratiques, est parvenue à extorquer une approbation pour la signature. Elle prétend que cet accord prend en compte certaines revendications dont l’augmentation de la prime des chercheurs jusqu’à 6400€ annuel, tout en oubliant de préciser que c’est pour … dans 7 ans.

    Seule promesse à peu près fiable, une augmentation de 1000€ en 2021 de la prime « statutaire » pour les chercheurs et enseignants-chercheurs, sans garantie aucune qu’elle soit maintenue … l’année suivante. C’est brader à vil prix les statuts et les garanties que ce protocole sacrifie en échange ! En effet les chiffres parlent d’eux-mêmes, le gouvernement promet 92 M€ par an, c’est 0.6 % d’une masse salariale de l’ESR qui atteint 14 Mds€. En réalité il programme une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat et une compétition grandissante sur les primes. Quant aux personnels techniques, que valent les promesses les concernant au regard du budget annoncé ? 18 M€ en 7 ans, 3% de l’enveloppe totale de ce plan, alors qu’ils constituent plus de la moitié des travailleurs de l’ESR !

    Malgré toutes ses manœuvres, la direction de la FSU et tous ses affidés dans les syndicats nationaux de l’ESR n’ont pas encore réussi à venir à bout des résistances à la signature de ce protocole inique. Jusqu’au bout le combat contre la signature doit être mené.

    Pour se battre contre le feu roulant des attaques du gouvernement qui veut réduire à néant tous leurs acquis, pour vaincre et arrêter le bras du gouvernement Macron-Castex-Vidal, les travailleurs ont un impérieux besoin de leurs organisations syndicales mais pour cela il doivent se les réapproprier, imposer que leurs directions se soumettent aux exigences des travailleurs et non à celles du gouvernement ! Voici ce qui est au cœur du combat mené aujourd’hui contre la signature du protocole LPR dans l’ESR.

     

     


     

    Lettre de Liaison N° 304 - 28 septembre 2020 :
    [Version pdf]

     

    Au Conseil national de la FSU des 21 et 22 septembre 2020, le courant Front Unique est intervenu :

    - Pour que la FSU se prononce pour le refus de signer le protocole dit de revalorisation des personnels de l’ESR qui s’inscrit dans le cadre de la LPR ;
    - Pour que la FSU refuse de participer au « Grenelle des professeurs » organisé par Blanquer qui, sous couvert de pseudo-revalorisation, vise à redoubler les attaques contre les enseignants, leurs statuts et tout ce qui s’y rapporte.

     

    Intervention du courant Front Unique dans le débat général (21 septembre 2020)

    La crise sanitaire a déchaîné la crise économique et toutes deux ravagent la planète avec les pires attaques contre les travailleurs, les jeunes et les populations.

    En France, les plans de licenciements se multiplient, les accords dits de performance collective conjuguent liquidation d’acquis, augmentation du temps de travail, baisse des salaires et licenciements.

    Le gouvernement Macron-Castex veut exploiter les circonstances pour aider le patronat à porter des coups historiques au prolétariat. Il veut aussi accentuer les attaques contre les fonctionnaires, leurs statuts et ce qu’il reste des règles nationales quant à leur temps de travail, leur rémunération, leurs conditions de travail, leur déroulement de carrière.

    Il déchaîne la répression contre les travailleurs qui tentent de résister. Tout est prétexte pour déployer les flics contre les manifestants, contre ceux qui ne portent pas de masques, jusqu’au sein des établissements scolaires. Nous devons dénoncer et combattre la persécution orchestrée par Blanquer contre nos collègues de Melle.

    La scandaleuse condamnation de notre camarade Olivier Sillam témoigne de la marche ininterrompue à l’État policier que ce gouvernement poursuit Covid ou pas. Et la nouvelle doctrine policière qui consiste à « aller au contact » et intervenir dans les manifestations n’est que la systématisation de ce qui a été pratiqué à Nice et ailleurs.

    La détermination gouvernementale contre les migrants ne connaît pas de trêve. Signalons la récente interdiction préfectorale aux organisations humanitaires de livrer des repas à ceux de Calais. Et avec le projet de loi sur le « séparatisme », Macron poursuit le pillage du programme du RN.

    Le gouvernement reste pleinement concentré sur sa politique réactionnaire en faveur exclusive des capitalistes. Son plan de relance en est l’illustration avec des dizaines de milliards en faveur des capitalistes, la mise à disposition d’apprentis sans bourse déliée etc.

    Mais affaibli par la haine croissante qu’il suscite, pour poursuivre et amplifier ses attaques, il a besoin du soutien des directions des organisations syndicales. C’est pourquoi dès le départ, Castex a insisté sur la nécessité de renforcer le dialogue social avec elles. Le 16 juillet il a organisé une conférence du dialogue social qui a permis aux dirigeants de FO et de la CGT de se féliciter du changement de ton du gouvernement.

    Pourtant celui-ci n’a nullement renoncé à ses contre-réformes. Pour l’assurance chômage les mesures ont été simplement différées. Quant à celle des retraites, il a commandé au Conseil d’orientation des retraites (COR) un nouveau rapport pour justifier des mesures drastiques contre les actifs et les retraités.

    Notre fédération doit quitter le COR, instrument du gouvernement.

    Quant au Ségur de la Santé, derrière des annonces d’augmentation toujours en attente, le principal objectif du gouvernement, c’est le dynamitage statutaire de la fonction publique hospitalière qu’il prévoit (négociation locale du temps de travail et son annualisation, salaire lié à la performance, augmentation du plafond des heures supplémentaires etc).

    Dans la même perspective, les annonces de financement en moins, le gouvernement prépare un « Grenelle » dans l’Education. Là aussi, il s’agit pour lui de porter de nouveaux assauts contre les statuts des personnels.

    Aussi, notre fédération et ses syndicats doivent refuser de participer à ce « Grenelle ».

    Aujourd’hui, s’ouvre en procédure accélérée l’examen de la LPR (Loi de programmation de la recherche) à l’Assemblée Nationale. Son contenu est totalement conforme au projet LPPR qui avait suscité une forte mobilisation pour son retrait parmi les étudiants et les personnels de l’Enseignement supérieur et la recherche.

    Au moment où le gouvernement laisse les universités gérer une rentrée catastrophique, sa seule préoccupation est de faire passer sa LPR. Pour cela, il a concocté un projet de protocole dit de revalorisation dont l’objectif majeur est d’associer les dirigeants syndicaux qui le signeraient à l’adoption de la LPR.

    La CA du SNESup du 10 septembre, unanime, qualifie ce protocole ainsi : « Une « revalorisation » conditionnée à l’acceptation de la LPPR : un chantage inacceptable » et en conclut : « Le SNESUP-FSU s’oppose à la signature d’un accord qui pose comme préalable l’acceptation de la LPPR ».

    D’autres syndicats de notre fédération sont aussi sollicités pour apporter une caution au gouvernement par une éventuelle signature.

    Notre fédération qui est engagée sur cette question doit refuser cette signature.

        Présentation de la motion : Non à la signature du protocole LPR

    Au moment d’une rentrée universitaire catastrophique, le gouvernement n’a qu’une préoccupation : faire passer sa LPR.

    Il sait qu’elle est massivement rejetée, le confinement a stoppé net la mobilisation dans l’ESR, et il a dû profiter de la crise sanitaire et des vacances pour accélérer sa procédure d’adoption.

    C’est pourquoi il cherche à obtenir la caution des directions syndicales avec la signature d’un accord qui valide sa loi.

    En effet, le titre complet du protocole est : « Projet de loi de programmation pour la recherche [=la LPR] : « Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières »

    La CA du SNESUP a déclaré : « Une « revalorisation » conditionnée à l’acceptation de la LPPR : un chantage inacceptable » et s’oppose à la signature d’un accord avec un tel préalable.

    Le dernier tract intersyndical de l’ESR dénonce qu’il s’agit de : « faire acter en force les dispositifs de précarité prévus dans la LPR en « échange » de promesses d’augmentation de primes largement individualisées. »

    En fait, acter la disparition des recrutements sur les statuts de la fonction publique, et côté « revalorisations », les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le gouvernement promet 92M€ par an, c’est 0.6 % d’une masse salariale de l’ESR qui atteint 14 Md€. La part pour le personnel technique serait de 12 M€ : en moyenne 10€/mois et par agent !

    La sélection se fera sur les critères de la LPR qui s’attaquent aux libertés académiques et met tout le monde en concurrence : sur les appels à projet, l’implication dans le privé, dans l’enseignement numérique, accepter toujours plus de travail, etc.

    Le protocole planifie l’application du RIFSEEP aux chercheurs et enseignants-chercheurs et l’augmentation des parts variables pour les IT et BIATOS.

    Pourquoi ce CDFN doit se prononcer ?

    Parce que la FSU est directement impliquée :

    Ainsi Benoit Teste répondait le 31 juillet aux sollicitations du ministère, au nom de la FSU :

    « la FSU, avec ses syndicats concernés (SNESUP, SNCS, SNASUB), participera aux discussions que vous vous apprêtez à ouvrir, sans que cela ne préjuge d’un futur éventuel accord sur le contenu du protocole qui en résultera. »

    Le CDFN doit se prononcer contre la signature de ce protocole.

    C’est ce que veulent syndiqués, et au-delà tous nos collègues. Ainsi à Grenoble, la section SNCS, l’intersyndicale du campus CNRS, l’AG FSU du campus universitaire, tous se sont prononcées à l’unanimité contre la signature.

    Aucun ne comprendrait, qu’alors qu’ils se battent contre la LPR, contre les effets délétères de la politique gouvernementale, notre fédération accepte en leur nom un tel accord.

     

    Motion : Non à la signature du protocole LPR

     Le CDFN de la FSU, réuni les 21 et 22 septembre 2020 à Bobigny, se prononce contre la signature du protocole d'accord « Projet de loi de programmation pour la recherche (2021-2030) : Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières » qui vise à faire valider par la FSU, la LPR. 

     (Pour : 8 ; Contre : 59 ; Abst : 0 ; NPPV : 21)


    Présentation de la motion : Aucune participation au « Grenelle des professeurs »

    Une intervention [celle du co-secrétaire du SNUipp] faite à la tribune hier sur le « Grenelle des professeurs » indiquait : « Des moyens dérisoires, pas pour tout le monde et avec des contreparties »

    Mais que sont ces supposées contreparties ? Le projet de texte Action évoque :

    « des annonces sur une redéfinition des métiers dans le sens d’une plus grande individualisation et d’un alourdissement des missions »

    Et encore :

    une « "revalorisation" qui induirait le recours accru à la précarité, qui reposerait sur une individualisation des rémunérations basées sur le mérite, qui serait conditionnée à la dénaturation des métiers »

    Le texte Action affirme que la FSU n’acceptera pas de telles mesures.

    Mais ce qui justifie pour le gouvernement ce « Grenelle », c’est l’attaque en règle contre les statuts, les métiers et tout ce qui subsiste encore après la liquidation du rôle essentiel des commissions paritaires.

    Rappelons que pendant tout le processus qui allait conduire à la Loi de transformation de la Fonction publique, et dont l’aboutissant était connu dès le départ, le gouvernement n’attendait pas des directions syndicales et en particulier de celle de notre fédération qu’elles approuvent son projet. Il lui suffisait qu’elles acceptent de participer à tout le processus jusqu’à son adoption. Et hélas, c’est bien ce qui s’est produit.

    En cette rentrée, avec la crise sanitaire, nos collègues sont confrontés à des difficultés et des souffrances extraordinaires pour simplement tenter d’exercer leur métier.

    Ils subissent également les contre-réformes qu’ils ont combattues et qui s’appliquent sans relâche.

    Et encore une fois Blanquer se manifeste par son cynisme en parlant d’une « rentrée de la joie ».

    Comment notre fédération, ses syndicats pourraient-ils entrer dans des discussions avec le gouvernement Macron-Castex sur une « transformation profonde du système éducatif » selon les mots de Blanquer.

    Alors la responsabilité de notre fédération est de refuser toute participation à ces discussions programmées par le « Grenelle des professeurs ».

    Notre Fédération pourra alors mener une campagne contre le gouvernement pour exiger :

    - l’augmentation du point d’indice et le rattrapage du pouvoir d’achat perdu depuis des années,

    - la suppression de la journée de carence,

    • de véritables revalorisations dans le respect des statuts des personnels.

     

    Motion :
    Aucune participation au « Grenelle des professeurs »
    Fin août, Blanquer a annoncé la tenue d’un « Grenelle des professeurs ». Pour le gouvernement, il s’agit, après toutes les contre-réformes déjà réalisées contre l’enseignement public, de porter de nouveaux coups contre les statuts des enseignants (règles de rémunération et de nomination, obligations de service etc).
    Le CDFN de la FSU, réuni les 21 et 22 septembre 2020 à Bobigny, rejette cette opération et se prononce contre toute participation au « Grenelle des professeurs ». (Pour : 13 ; Contre : 45 ; Abs : 0 ; NPPV : 31)

     

       


       

    • Vous lirez ci-dessous la motion soumise par les élus FRONT UNIQUE lors de la CAN du SNASUB-FSU du 29 septembre 2020. Il faut noter qu'au delà de nos interventions certains élus au sein de la CAN se sont exprimés contre la signature, conduisant la direction du syndicat à modifier sa motion d'actualité pour écrire : « C’est dans ce sens que le SNASUB-FSU ne peut signer le projet de protocole »

      • Non à la signature du protocole LPR

        Au moment d’une rentrée universitaire catastrophique, le gouvernement n’a qu’une préoccupation : faire passer sa LPR.

        Il sait qu’elle est massivement rejetée, le confinement a stoppé net la mobilisation dans l’ESR, et il a pu profiter de la crise sanitaire et des vacances pour accélérer sa procédure d’adoption.

        Aujourd’hui, il cherche à obtenir la caution des directions syndicales avec la signature d’un accord qui valide sa loi.

        C’est l’objet du protocole dont le gouvernement a fourni deux premières versions. En effet, le titre complet du protocole est : « Projet de loi de programmation pour la recherche (la LPR) : « Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières »

        Le protocole concerne aussi bien les enseignants-chercheurs que les chercheurs et les BIATSS.

        L’ensemble des mesures visent à faciliter la casse des garanties statutaires inscrites dans la LPR.

        Cela signifie notamment :

        -Généralisation des recrutements par tenure-track en lieu et place des postes d’Enseignants-chercheurs (EC) sur statut

        -Accroissement des primes liées à la performance chez les EC et les chercheurs

        -Hausse de l’IFSE chez les BIATSS conditionnée à la mise en œuvre du Complément indemnitaire annuel (CIA) la prime à la performance.

        Les repyramidages envisagés chez les BIATSS ne concernent que certaines BAP ITRF ignorant la demande de requalification des autres BAP et des filières AENES et BIB soit 85% des agents!

        Côté « revalorisations », les chiffres parlent d’eux-mêmes et ne répondent en rien à notre

        revendication de revalorisation des carrières et des rémunérations. Le gouvernement promet 92M€ par an, c’est 0.6 % d’une masse salariale de l’ESR qui atteint 14 Md€… moins que l’inflation!

        Les hausses de prime chez les BIATSS sont symboliques.

        Ce protocole est un chantage inacceptable qui engage les organisations syndicales signataires dans un comité de suivi chargé non seulement d’examiner l’application dudit protocole et des mesures néfastes qu’il contient, mais « plus largement des mesures statutaires et indemnitaires issues de la LPR ».

        Il s’agit bien d’enchaîner les signataires à l’adoption et la mise en œuvre de la LPR.

        Nous refusons de conditionner une hypothétique revalorisation à la casse de nos garanties statutaires et à celle de la recherche et du Sup.

        Rejoignant les prises de position du SNESUP, de la Ferc CGT, Sud Recherche et de la CAA du Snasub d’Aix-Marseille la CAN du SNASUB-FSU, réunie le 29 septembre 2020 se prononce contre le protocole d'accord «Projet de loi de programmation pour la recherche (2021-2030):

        Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières» qui vise à faire valider la LPR par les organisations syndicales. Elle se prononce contre sa signature si le gouvernement entendait maintenir sa volonté de la soumettre l’approbation des syndicats.

        Faire échouer ce chantage du Ministère, ce serait œuvrer à l’affrontement pour le retrait de la LPR et pour obtenir une véritable revalorisation de nos carrières et salaires.

     


     

    Lettre de Liaison N° 303 - Supplément Clermont 19 septembre 2020 :
    [Version pdf]

    COMPTE RENDU DE L’INTERVENTION DES ELUS FRONT UNIQUE A LA CA ACADÉMIQUE DU SNES LE 14 SEPTEMBRE

    LA RESPONSABILITE DU SNES EST DE REJETER L’INVITATION DU MINISTRE A PARTICIPER A « L’ARNAQUE »  DU GRENELLE DES PROFS


    Intervention du courant Front Unique dans le débat général :

     

    «  Chaque jour, les travailleurs mesurent les effets dévastateurs de la crise économique (en particulier l’augmentation du chômage) dont l’épidémie du Covid 19 n’est qu’un amplificateur. 

    Crise du covid qui permet toutes les justifications à la bourgeoisie pour s’attaquer à ce qui reste d’acquis ouvriers. 

    Crise du covid qui par ailleurs n’a en rien mis fin aux violences policières, à la répression sous toute ses formes, y compris contre les militants syndicaux, bien au contraire, nous y reviendrons.

    Dans son offensive généralisée contre les acquis des travailleurs, le gouvernement Macron Castex Blanquer réserve aussi une place de choix à la destruction de ce qui reste du statut des enseignants à travers son « Grenelle des professeurs » annoncé le 30 août dernier, à l’image du « Ségur de la santé », ce dernier ayant marqué un pas important dans la pulvérisation du statut de la Fonction publique (négociation locale du temps de travail et de l’annualisation, salaire à la performance…. )

    Alors, que recherche réellement le gouvernement avec son Grenelle ? 

    Augmenter le salaire réel des enseignants par une augmentation du point d’indice ?

    Augmenter le nombre de postes statutaires d’enseignants recrutés sur la base de concours nationaux permettant une réduction significative du nombre d’élèves par classe ?

    Les enseignants savent bien que non ! Ils savent que derrière l’argument fallacieux d’une prétendue revalorisation salariale des enseignants, le gouvernement vise l’objectif de la liquidation complète du statut.

    En présentant le Grenelle, Blanquer ne le cache en rien : « ça passe par une transformation profonde du système éducatif : gestion des ressources humaines... promouvoir l'esprit d'équipe" (Voir Café pédagogique du 31 08 2020).

    Traduisons, cela veut dire accentuer l’autonomie, donc le pouvoir des chefs d’établissement dans tous les domaines, avancement, promotions, mutations…

     Cela veut donc dire la multiplication des mutations forcées à l’image de celle d’une collègue du Lycée de Chamalières quelques jours avant la rentrée (réintégrée depuis).

    Ce dispositif qui renvoie directement aux méthodes managériales du secteur privé complète évidement la liquidation des commissions paritaires, seules à même de permettre un contrôle réelle par les organisations syndicales et leurs représentants.

    Quelle est la position de notre syndicat par rapport à la présence au Grenelle ?

    Doit-il se « prêter au jeu » du « dialogue social » avec le gouvernement en rentrant dans les discussions sur « la transformation profonde du système éducatif » alors même que l’objectif du ministre est parfaitement clair ?

    Doit-il au contraire refuser de s’inscrire dans ce cadre et tout mettre en œuvre pour faire reculer le gouvernement et sa « contre-révolution scolaire » comme certains la nomment ?

    En effet, l’article de Marianne du 11 septembre sur ce sujet et intitulé « Les cinq attaques du duo Macron-Blanquer contre le métier de professeur » dit ce que la direction de notre syndicat ne dit pas. C’est quand même extraordinaire ! Je cite : « Dans ces conditions, l’inquiétude peut être de mise de manière on ne peut plus légitime. Car un des piliers de la contre-révolution scolaire actuellement en marche sous la férule du duo Macron / Blanquer réside dans la remise en cause fondamentale du métier et de l'expertise des enseignants»

    L’école ouverte au profit dans toutes ses dimensions passe nécessairement par la casse définitive du statut. Tel est l’objectif réel du Grenelle.

    L’article conclut sur « L'arnaque du futur Grenelle ». Est-ce vrai ou faux ?

    Frédéric Rolet, secrétaire générale de notre syndicat, a fait preuve de « son scepticisme » sur Europe 1 le lendemain de l’annonce de Blanquer .

    Quelle place y a t’il pour un quelconque scepticisme, pour la moindre interrogation, sur les objectifs du Grenelle? 

    Sceptique? Pour la direction  de notre syndicat les objectifs du ministre seraient ambigus?

    Est ce pour cela que rien n’a été encore publié sur le Grenelle par notre organisation ?

    Or les discussions devraient commencer en Octobre. C’est tout de suite qu’il faut alerter les collègues, c’est tout de suite qu’il faut prendre position, dénoncer, annoncer que nous ne nous prêterons pas à ce jeu de dupes.

    Indiquer d’ores et déjà que le Snes refuse toute participation au « Grenelle des professeurs » est la première des responsabilités de notre direction syndicale. »

    La direction académique a appelé à rejeter notre motion (voir plus bas) en expliquant :, « ne pas aller au Grenelle serait une erreur, il faut qu’on y aille pour porter nos demandes, comme la revalorisation du point d’indice, etc ». Chacun peut mesurer déjà les acquis engrangés par le biais du « dialogue social » sur la revalorisation depuis la loi de transformation de la fonction publique !!!.

    Sur ce dernier point de la « revalorisation », notons que le secrétariat académique a indiqué vouloir se battre pour obtenir le doublement de l’ISO. S’il apparaît qu’une telle augmentation de l’ISO serait un gain de pouvoir d’achat non négligeable, la seule revendication salariale conforme à la défense de notre statut et qui unifie tous les fonctionnaires est celle de l’augmentation du point d’indice, sans condition. Aujourd’hui, sans condition, cela veut dire, sans contre partie sur la destruction du statut. C’est ce que nous devons défendre !

    Nous avons aussi déposé une motion contre la répression syndicale dont est victime O. Sillam (adoptée à l’unanimité) et avons voté une motion en défense du combat des travailleurs de Biélorussie présentée par le secrétariat académique (adoptée à l’unanimité également). 

    Motion sur la répression :

    Le 9 septembre notre camarade O. Silam a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 5000 euros d’amende pour des slogans dans une manifestation à Nice. 

    La CA académique du Snes de Clermont exige la relaxe du camarade.

    La CA académique exige aussi l’arrêt des procédures judiciaires, et disciplinaires, les mutations d’office pour tous les camarades pour des raisons syndicales. 

    LLa CA académique estime qu’une campagne nationale publique et nationale contre la répression antisyndicale est nécessaire, tant à l’échelle du Snes, que de la fédération.  13 Pour 0 Contre O Abstention

    Motion « Pas de participation au « Grenelle des professeurs »  :

    La CA académique du Snes considère que cette concertation n’a pour but que de liquider ce qui rest du statut des enseignants.

    Le 30 aout dernier, Blanquer a annoncé la tenue d’un « Grenelle des professeurs ».

    En conséquence, elle s’adresse à la direction du Snes : « Aucune participation au « Grenelle des professeurs ».

    2 Pour 11 Contre 0 Abstention

     


     

    Lettre de Liaison N° 303 - Supplément 2 Clermont 19 septembre 2020 :
    [Version pdf]

    Pour le retrait de la LPR ( Loi de programmation de la recherche), les directions syndicales ne doivent pas signer le « protocole revalorisation »

    Le conseil départemental de la FSU 63 s’est prononcé à l’unanimité pour que nationalement la FSU se détermine contre la signature

    Intervention d’un représentant du courant Front Unique au conseil départemental le 16 septembre

    « Le gouvernement soumet à l’Assemblée Nationale dans quelques jours, le projet de loi LPR sur l’Enseignement supérieur. Ce projet est caractérisé par les organisations syndicales comme un projet de démantèlement de l’enseignement supérieur et de la recherche : suppression des critères de financement égalitaire au profit d’un financement différencié selon la qualité estimé des projets, donc différenciation en « pôles d’excellence » et facs misérables, généralisation de la précarité des personnels en particulier à travers l’instauration d’une nouvelle catégorie de précaires : les « tenure tracks » etc.

    En même temps, le gouvernement propose aux organisations syndicales de signer un « protocole dit de revalorisation ».

    L’intersyndicale a caractérisé elle même ce protocole :

    « Aujourd’hui la Ministre tente, à travers un protocole d’accord « relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières » de faire acter en force les dispositifs de précarité prévus dans la LPR en « échange » de promesses d’augmentation de primes largement individualisées » Intersyndicale du 8 septembre

    Sans entrer dans le détail, voici ce que contient entre autres ce protocole :

    « Un comité de suivi composé des organisations syndicales signataires du protocole d’accord sera chargé de contribuer à l’élaboration des textes réglementaires d’application du présent protocole et plus largement de l’ensemble des mesures statutaires et indemnitaires issues de la LPPR.( devenu LPR suite au Conseil d’État ndlr)

    Afin d’accompagner la mise en œuvre de la LPPR sur la durée de la programmation, les parties signataires se réservent la possibilité de convenir d’un commun accord d’un réexamen tous les trois ans pour préciser ou amender les stipulations du présent protocole.Pendant toute la durée de la LPPR, le comité de suivi sera réuni au moins une fois par an en formation élargie aux représentants des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche en présence desquels le présent protocole a été signé. « 

    S’agissant de la « revalorisation », voilà ce que dit le protocole :

    « .Les revalorisations programmées seront réparties entre ces trois composantes selon le schéma suivant: au moins 55% pour la composante liée au grade, 20% pour la composante fonctionnelle, au plus 25% pour la composante «individuelle. « .

    Il s’agit de la fameuse mise en œuvre du « salaire trinôme », qui non seulement abolit le principe statutaire qui lie la rémunération au grade et non à l’emploi, mais qui en plus fait compter pour un quart de la rémunération la « composante individuelle » c’est à dire le mérite apprécié par la hiérarchie.

    Cela suffit largement pour dire : en aucun cas, la FSU ne doit à travers ses syndicats signer un tel protocole.

    Motion adoptée à l’unanimité :

    Le CDFD ( Conseil départemental) de la FSU 63 considérant qu’à travers le « protocole » le gouvernement vise à associer les syndicats à la mise en œuvre de la LPR .

    Considérant que notre fédération s’est prononcé contre la LPR ;

    mandate son représentant pour que le CDFN ( Conseil National) adopte une position claire de non signature du « protocole »

     

     


     

    Lettre de Liaison N° 302 - 29 juin 2020 :
    [Version pdf]

    Le 14 juin, Macron a donné le signal de lancement d’une guerre-éclair contre l’enseignement public

    Pour y faire face, préparer l’affrontement inévitable, les enseignants doivent imposer leur volonté aux dirigeants des organisations syndicales :

    • À bas le « 2S2C » !

    • Retrait de la proposition de loi transformant les directeurs d’école en fonctionnaires d’autorité ! Retrait du projet de décret ouvrant le recrutement des chefs d’établissement au privé !

    • Rupture des « concertations » en vue du saccage de la rentrée 2020


     

    Lettre de Liaison N° 301 - 18 juin 2020 : Enseignement supérieur Recherche

    [Version pdf]

     

    La LPPR : Précarisation, privatisation, concurrence à tous les étages, universités-entreprises, sélection sociale :

    La responsabiblité des directions syndicales de l'enseignement supérieur et de la recherche (FSU, CGT, UNEF,...) est de réaliser un front uni pour
    Exiger le retrait pur et simple du projet LPPR
    Boycotter toutes les instances de concertation et d'application de la LPPR
    Organiser l'affrontement avec le gouvernement Macron-Phillipe-Vidal pour obtenir de retrait

     

     

    Faisant fi de l’opposition de l’ensemble des personnels de l’ESR, le gouvernement Macron-Philippe-Vidal a décidé de faire adopter son projet Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

    Comprenant 28 articles et un rapport annexe (de 47pages !), la LPPR programme :

    Un budget taillé pour appliquer la LPPR. Son plan budgétaire n’engage le gouvernement que pour 2021. Il planifie une augmentation ridicule inférieure à celle de l’an dernier ! Il proroge la politique d’asphyxie financière de l’ESR en l’amplifiant, car les budgets iront prioritairement à l’ANR, qui se taille la part du lion (+20%), et au financement de « l’attractivité des carrières » (92M€) c’est-à-dire des primes et des « nouvelles voies de recrutements » hors statut.

    La dislocation des statuts et de toutes garanties collectives des personnels avec :

    • La démultiplication des contrats précaires avec les « tenure tracks », les CDI de missions, mais aussi dans les entreprises avec les contrats doctoraux et postdoctoraux de droit privé, hors du cadre du code du travail … ;

    • Le renforcement et l’uniformisation des régimes indemnitaires de tous les corps pour « faciliter les mobilités entre les universités et les organismes » de recherche ;

    • L’application du régime indemnitaire aux enseignants-chercheurs (EC) et aux chercheurs (type RIFSEEP) pour y introduire une part variable basée sur l’engagement professionnel et individuel, notamment dans l’enseignement : une façon de faire sauter la référence au 192h de service des EC et d’imposer aux chercheurs à s’engager dans l’enseignement.

    La marche accélérée vers la dislocation de l’ESR en « grandes universités » régionales concurrentielles qui échappent au statut public …

    La ratification des ordonnances de décembre 2018 pour généraliser la formation d’« établissements expérimentaux », intégrant régionalement des universités, des écoles publiques et privées, des pans des organismes de recherche avec une liberté accrue dans la gestion des personnels (recrutement, primes, mobilité infra), de leur patrimoine, la possibilité de faire payer des prestations de services, d’exploiter des brevets et licences, de commercialiser les cours en ligne, de délivrer des diplômes maison, de fixer librement les frais d’inscription, de créer des filières sélectives … .

    fonctionnant comme des entreprises et financées en fonction des résultats avec :

    • L’évolution du mode de financement vers un « dialogue stratégique et de gestion » qui permettrait de ne plus baser la dotation des universités sur le nombre d’étudiants mais sur une logique de projets et de résultats en adéquation avec la LPPR (développement des recrutements hors statuts, de la mobilité public-privé, de l’enseignement à distance, mise en place de « pôles universitaires d’innovation » mêlant formations recherche et entreprises, … création de startup)

    • Tout un arsenal de mesures pour que les personnels se mettent au service des entreprises et appliquent avec zèle la politique du gouvernement, les détournant de leur missions premières de recherche fondamentale et de formation des étudiants : généralisation du financement par appel à projet au détriment des financements pérennes, …, primes d’intéressement, évaluation des « performances » dans la course aux contrats, partenariat et mobilité vers le privé … .

    La LPPR est une machine de guerre contre l’enseignement supérieur et de la recherche publique qui vise à saper tous leurs fondements. Un vaste plan de précarisation, de privatisation, de mise en concurrence généralisée pour briser les statuts, concasser le cadre national, les vider leur contenu et les mettre au service des intérêts directs du patronat.

    Une exigence s’impose : Retrait pur et simple du projet de LPPR !

     

    Le piège du dialogue social

    Dans sa lettre du 7 juin adressée au CNESER, la Ministre Vidal explique : « l’ensemble des enjeux de la programmation de la recherche, qu’ils soient de nature législative ou réglementaire ont vocation à faire l’objet d’un dialogue nourri, devant vous en tout premier lieu mais également avec les partenaires sociaux… ». Voilà à quoi servent CNESER, CT, … qui en moins d’un mois doivent se tenir pour qu’elle puisse soumettre son projet de LPPR au conseil des ministres du 8 juillet en se targuant d’avoir « dialogué » avec les « partenaires sociaux ».

    Les représentants de la FSU n’ont pas siégé à la 1ère séance du CNESER (qui s’est réuni en 2 fois, les 12 et 18 juin). S’agissait-il de signifier au gouvernement qu’ils refusent de collaborer à sa réforme liquidatrice ? Non ! C’est parce qu’« ils exigent le temps nécessaire à une concertation "en présentiel" pour défendre d'autres mesures, pour une loi de programmation ». Une semaine après, ils participaient à la 2ème séance du CNESER!

    Cela donne le véritable contenu des appels intersyndicaux à se mobiliser « pour exiger le retrait de ce texte et obtenir l’ouverture de véritables négociations». Ce qui compte c’est la deuxième partie de la phrase qui enferme la mobilisation dans les filets du dialogue social, terrain où le gouvernement est le maître.

    Examens, enseignement à distance, recherche COVID, …

    Le gouvernement a profité de sa loi d’urgence sanitaire pour accélérer ses contre-réformes

    Comment vouloir encore discuter avec un gouvernement qui a utilisé toutes les ficelles de la loi d’urgence sanitaire pour avancer au forcing dans ses contre-réformes ? Il y a eu la suppression de jours de congés, la prime COVID pour diviser les personnels, le processus de fusions d’universités qui s’est poursuivi (ex : Paris-Saclay est en train de mettre en place une charte-maison pour chaque catégorie de personnels). L’ordonnance 2020-351 du 27 mars a autorisé les chefs d’établissements à déroger au Code de l’Education afin qu’ils organisent les examens par n’importe quels moyens (examens en ligne, QCM, devoirs à la maison, télésurveillance) instaurant les diplômes à la carte et brisant leur caractère national. Pour cela ils se sont appuyés sur la participation de tous les élus syndicaux dans les conseils d’université.

    Et le gouvernement entend bien pousser son avantage. Ces examens ont légitimé l’enseignement à distance ouvrant la voie à sa généralisation. Pour les étudiants, le résultat de son test grandeur nature au cours du confinement est catastrophique, particulièrement pour ceux issus des couches populaires. Les enseignants, quant à eux, ont pu mesurer à quel point cela signifiait une dégradation de leur métier, de leurs conditions de travail et de leur liberté pédagogique.

    Sur son site le ministère donne la consigne aux établissements de « prévoir des enseignements en distanciel et/ou en présentiel dans une mesure et selon des modalités qu'il leur appartiendra de déterminer et qui leur permettront d'anticiper une éventuelle dégradation des conditions sanitaires. ». L’enjeu : donner encore plus de latitude aux instances universitaires pour définir leurs propres règles, accélérer le processus de suppression de toute référence à un nombre d’heures de cours en présentiel (comme le plancher des 1500 heures en licence) pour vider les diplômes de leur contenu, faire sauter la référence des 192h de service des EC, réduire le nombre d’enseignants, faire des économies sur les locaux, les moyens … et donner libre cours au marché lucratif des cours en ligne.

    Le combat pour le maintien de tous les cours en présentiel est partie intégrante de celui contre la LPPR.

    Côté recherche, les fonds dédiés à celle sur la COVID l’ont été via des appels à projet à court terme (garantie de résultats en 12 à 18 mois !) avec des sommes ridicules et à budget du MESRI constant. Dans le même temps le patron du trust Sanofi, qui a reçu 1,5 Mds € de CIR en 10 ans, s’est permis de menacer de réserver ses vaccins aux USA parce que les profits y sont plus juteux. L’alpha et l’oméga de la politique du gouvernement Macron-Philippe dans l’ESR est d’en faire un instrument dans les mains du capitalisme français pour faire face à la concurrence des autres impérialismes.

    Bref une politique en totale cohérence avec le programme de la LPPR. Prétendre qu’une autre loi de programmation est possible est un leurre et ne peut mener qu’à la défaite ! Et, c’est une évidence, le gouvernement profite que les universités, les labos sont vides de leurs étudiants et de leurs personnels pour faire passer son projet de loi. Il décide de maintenir fermées les universités promouvant le télé-enseignement pour des raisons soi-disant sanitaires alors qu’il ordonne la réouverture des écoles et des collèges!

    Comment préparer l’affrontement avec le gouvernement pour le vaincre 

    Cette LLPR est un véritable affront, la négation de toutes les revendications. Mais la question que chacun se pose : est comment arrêter le bras du gouvernement ?

    La première condition est que les directions syndicales de l’ESR (SNESUP, SNCS, SNASUB, CGT, FO, UNEF, …) réalisent l’unité sur un objectif clair :

    • Retrait pur et simple de la LPPR, il n’y a pas de loi de programmation à discuter avec ce gouvernement;

    • Réouverture de toutes les universités et maintien intégral de l’enseignement en présentiel.

    Qu’en conséquence, elles organisent le boycott de toutes les instances de concertation et d’application de la LPPR.

    Un tel boycott créerait les conditions de la mobilisation massive et centrale des personnels. Le premier effet serait de faire capoter le calendrier serré du ministère et l’empêcherait de perpétrer ses coups bas pendant les vacances !

    Et, pour dresser la force unie de tous les travailleurs de l’ESR (chercheurs, enseignants, ingénieurs techniciens, titulaires et précaires …) avec les étudiants, leur responsabilité est d’appeler dès la rentrée à une Assemblée Nationale des délégués élus par les AG des labos et des facs et préparer une manifestation centrale à Paris au ministère pour obtenir ce retrait.

     


     

    On nous informe de l'adoption à l'unanimité de deux motions par le Conseil syndical du SNUipp du Puy-de-Dôme le 9 juin 2020.

    La première s'adresse à la direction nationale du SNUipp pour qu'elle se prononce pour le retrait immédiat du projet de loi LREM qui vise à faire du directeur d'école un supérieur hiérarchique.

    La deuxième demande aux directions nationales du SNUipp et de la FSU d'appeler à des manifestations pour obtenir l'abrogation de la loi d'urgence sanitaire et de toutes les ordonnances qui en découlent.

    Motion Fonction de direction

    Face au danger que représente la proposition de loi visant à créer la fonction de directeur ;

    Face à l’urgence du combat à mener pour obtenir le retrait de cette proposition de loi,

    Conformément aux résultats des enquêtes menées nationalement rejetant massivement la création d’un statut des directeurs,

    le conseil syndical du SNUipp-FSU 63, réuni le 09 juin 2020, se prononce pour le retrait immédiat de cette proposition de loi visant à créer la fonction de directeur et appelle le secrétariat national du SNUipp-FSU à faire de même.

    Le conseil syndical demande fermement au secrétariat national du SNUipp-FSU de faire savoir au gouvernement que si le projet est maintenu, il appellera, dans les plus brefs délais, la profession à la grève et à la manifestation.

    Adoptée à l’unanimité

    Motion Loi d’état d’urgence sanitaire

    Constatant l’instrumentalisation faite de la pandémie pour maintenir l’état d’urgence sanitaire ;

    Constatant que la loi d’état d’urgence sanitaire est un moyen utilisé par le gouvernement pour porter atteinte notamment aux libertés syndicales et au droit à manifester mais également aux conquêtes sociales et aux droits des travailleurs,

    le conseil syndical du SNUipp-FSU 63, réuni le 9 juin 2020 demande au secrétariat national du SNUipp-FSU de s’adresser à la FSU pour qu’elle appelle, sans attendre la décision du Conseil d’État, à des manifestations, dans un cadre unitaire le plus large, pour obtenir l’abrogation de la loi d’état d’urgence sanitaire et de toutes les ordonnances qui en découlent.

    Adoptée à l’unanimité



    Lettre de Liaison N° 300 - 5 mai 2020 :
    [Version pdf]

    Intervention du représentant Front Unique, professeur des écoles, au CDFN de la FSU par visioconférence

    A bas le plan Philippe !

    A bas le pseudo-protocole sanitaire !

    Les dirigeants de la FSU doivent se prononcer sans détour :

    Pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai !

    Le confinement avait été décidé à l'improviste, en conséquence de la gabegie sanitaire dont le gouvernement et ses prédécesseurs portent la responsabilité : aucune anticipation, non-renouvellement des réserves stratégiques de masques, des tenues de protection et médicaments notamment.

    Pendant toute la période du confinement, le gouvernement a poursuivi sa politique criminelle en libéralisant par exemple le marché des masques au profit de grandes entreprises comme Michelin, Renault ou les grandes surfaces !

    Aujourd'hui, ce même gouvernement affirme d'un côté qu'il serait urgent de « déconfiner » sans aucune garantie sanitaire sérieuse, et de l'autre côté il prolonge sa loi dite d' « urgence sanitaire », ce qui lui permet de légiférer par ordonnance et de poursuivre sans entrave le saccage méthodique du droit du travail et des libertés démocratiques. Il ne combat pas l'épidémie, mais il l'invoque à sa guise pour cautionner sa politique anti-ouvrière !

    C'est dans ce cadre que nous sommes sommés de reprendre le chemin des écoles et des bahuts. Nous savons pertinemment que c'est au nom des intérêts économiques du capitalisme français que le gouvernement a décidé de sacrifier les enseignants et les enfants des familles populaires (parce que ce sont leurs parents qui sont envoyés au charbon) ; et de risquer de provoquer la 2ème vague de la pandémie.

    Le plan présenté par Philippe et voté au pas de charge par l'Assemblée présente deux caractéristiques fondamentales : le premier, c'est qu'il évacue de lui-même toutes les arguties sanitaires ou sociales invoquées par le gouvernement ; quel sens cela a-t-il d'envoyer les enfants en première ligne du déconfinement si ce n'est d'instaurer une garderie au compte du patronat ? Et d'autre part, c'est la dislocation programmée et consciente de la force constituée par les enseignants et personnels de l'Éducation Nationale qui rejettent massivement la réouverture des établissements scolaires : en étalant cette rentrée par niveaux, en décalant les réouvertures d'écoles, collèges et lycée, avec sa carte des départements “rouges” ou “verts” etc.

    Il est donc de la responsabilité de la FSU et de ses syndicats de dénoncer cette politique ! A bas le plan Philippe !

    Par ailleurs, il faut prendre très au sérieux les propos tenus par Blanquer dans son interview au

    Figaro du 3 mai : « Nous sommes en train d’inventer un système » . L'école « à la carte », en fonction des couleurs de département et des décisions des maires, l'école "au volontariat" des parents, sous contrainte du patronat et du gouvernement qui supprime le droit au chômage partiel, l'école avec des « priorités » pour certaines catégories plutôt que d'autres : c'est la destruction de l'enseignement public. C'est le saccage de toute pédagogie, le saccage des statuts (présentiel/distanciel...), le saccage de toute chance de préparer correctement la rentrée de septembre, ce qui veut dire que ce qui est expérimenté aujourd'hui a vocation à être prorogé !

    Cette réouverture crée avant tout les conditions d'un désastre sanitaire, avec un "protocole" qu'aucune autorité scientifique ne cautionne ; qui n'est même pas un protocole, car il dégage toute responsabilité du gouvernement. Ce sont des injonctions ineptes, irresponsables et intenables qui exposent les enseignants en première ligne du point de vue des responsabilités.

    Les enseignants se sentent dans l'impasse et l'impuissance parce qu'aucun appel syndical national n'exprime la seule revendication qu'ils veulent entendre : « il est hors de question de reprendre le 11 mai ! ».

    Il est de la responsabilité de notre organisation de ne pas laisser les enseignants isolés, reprendre le chemin de l'école lundi, la peur au ventre, la gorge serrée.

    Le communiqué de la FSU du 26 avril disait que « les conditio ns ne sont pas réunies pour une réouverture le 11 mai » . Depuis le discours de Philippe, cette appréciation a disparu ! Et les directions du SNES et du SNUipp lui emboîtent le pas, jusqu'à signer, pour cette dernière, un appel lamentable avec le SGEN-CFDT et le SE-UNSA. Ce tournant brutal et bureaucratique, imposé d’en haut, est d’ores et déjà rejeté par de nombreuses sections départementales du SNUipp.

    Benoît Teste nous dit que la FSU a déposé un préavis. Mais ça ne rassure pas les collègues ! Ça veut dire : chacun se débrouille dans son coin. C’est la marque de l’abandon d’un mot d’ordre qui unisse, c’est la marque de la volonté d’abandonner tout combat collectif et unitaire face au gouvernement.

    Benoît ajoute : « La grève, il ne faudrait pas que ce soit l e moyen principal. Il y a le droit de retrait, le droit d'alerte, il y a différents moyen s. » Mais le droit de retrait, c’est exactement la même chose : les collègues se retrouvent seuls, ce sont des actions individuelles soumises à la pression hiérarchique.

    Au contraire de cette orientation, le CDFN doit se prononcer clairement :

    Pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai !

    A bas le plan Philippe !

    A bas le " protocole sanitaire" !

    La FSU doit adresser un véritable ultimatum au gouvernement : si ce gouvernement persiste, il est de sa responsabilité d'appeler nationalement et dans l’unité avec les autres organisations syndicales à la grève pour permettre aux enseignants de résister.

    Le courant Front Unique infor me les enseignants et personnels

    Défense du pseudo-protocole, refus de se prononcer et d’appeler nationalement à la mobilisation contre le 11 mai : ce qu’ont expliqué les dirigeants de la FSU

    En ouverture de ce CDFN sans vote (pour la première fois de l’histoire de la FSU), Benoît Teste a précisé :

    « La FSU dépose un préavis de grève à partir du 11 mai pour couvrir les actions collectives destinées à obtenir le respect des conditions sanitaires strictes qui ne pourraient pas s’obtenir dans un autre cadre. L’écriture signifie que de l’avis du secrétariat, le 11 mai, la grève ne sera pas, ou il ne faudrait pas que ce soit le moyen principal pour obtenir les garanties sanitaires et pour contester éventuellement des réouvertures dans un cadre qui ne serait pas sécurisé. Il y a le droit de retrait, y a le droit d’alerte, il y a différents moyens (…) Ce n’est donc pas un appel à la grève, qui par ailleurs pourrait être mal compris, mal interprété. »

    Dans sa réponse aux interventions du CDFN, il a ajouté :

    Rejet de tous les amendements mettant en cause le pseudo-protocole Blanquer : « Il faut quand même qu'on dise à nos collègues qu'il faut s'appuyer sur ce protocole qui fixe des conditions minimales (…) Il ne faudrait pas qu'on donne l'idée qu'il ne peut pas être un point d'appui (…) Oui on est assez acritiques sur le protocole mais (sa phrase s’arrête, ndlr)… oui il faudra l’améliorer pour septembre. »

    La secrétaire nationale du SNES, Frédérique Rolet, est intervenue dans le même sens.

    Régis Metzger, représentant de la direction nationale du SNUipp, a indiqué que le pseudo-protocole répondait au besoin d'un cadre sanitaire national, et que l'enjeu était désormais de le décliner localement : « Le SNUipp sera aux côtés des professeurs, par un préavis de grève et autres outils : droit d'alerte, droit de retrait. C'est aux collègues sur place de décider de la reprise ou non. »

    Les enseignants et personnels apprécieront.



    Supplément à la Lettre de Liaison N° 299 - 30 avril 2020 :
    [Version pdf]

    On nous communique :

    Adresse aux dirigeants syndicaux adoptée à l'unanimité par les enseignants de l'école A. Dumas de Courbevoie (92), réunis en visio-conférence le 27/4/2020

    Contre l’avis de l’ordre des médecins ou du « conseil scientifique », contre la volonté d’une immense majorité d'enseignants, de parents d’élèves, le gouvernement Macron-Philippe est déterminé à imposer une rentrée scolaire le 11 mai.

    Le 26 avril, le communiqué de la FSU se concluait ainsi : « Dans l'immediat, les garanties sanitaires ne sont pas satisfaites et les conditions ne sont pas reunies pour une reouverture le 11 mai. »

    Les enseignants de l’école A. Dumas de Courbevoie (92), prennent acte de cette déclaration et appellent par conséquent la direction de la FSU à adresser d’urgence, dans l’unité avec toutes les organisations syndicales qui refusent le 11 mai, un ultimatum au gouvernement :

    • Pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai !

    • Si le gouvernement persiste dans ses intentions, la responsabilité des organisations syndicales est d’appeler nationalement à la grève le 11 mai.

      ( unanimité des 14 participants )

     

    Adresse aux dirigeants syndicaux adoptée à l'unanimité par les enseignants du collège Paul Éluard de Port-de-Bouc (13), réunis en visio-conférence le 28/4/2020

    Contre l’avis de l’ordre des médecins ou du « conseil scientifique » précisant que « le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités, avec des mesures barrières particulièrement difficiles à mettre en œuvre chez les plus jeunes », contre la volonté d’une immense majorité d’enseignants, de parents d’élèves, le gouvernement Macron-Philippe est déterminé à imposer une rentrée scolaire le 11 mai. Édouard Philippe entend coûte que coûte, présenter et faire voter son « plan de déconfinement » à l’Assemblée Nationale aujourd’hui.

    Les enseignants du collège Paul Éluard à Port de Bouc réunis en visioconférence ce 28 avril à 10h savent que cette réouverture représente un risque majeur de seconde vague et une mise en danger directe de la vie des élèves, de leur famille et des personnels.

    Il n’y a et il n’y aura aucune garantie que les établissements scolaires aient suffisamment de masques chaque jour, que la population scolaire soit testée régulièrement, que les conditions d’accueil dans les établissements permettent de faire respecter les gestes barrières.

    De plus, cette réouverture est le déni de notre métier d’enseignant, quand notre rôle sera essentiellement un rôle de garderie en présentiel et la poursuite d’un télé-enseignement.

    Le 26 avril, le communiqué de la FSU se concluait ainsi : «…dans l’immédiat, les garanties sanitaires ne sont pas satisfaites et les conditions ne sont pas réunies pour une réouverture le 11/05 »

    C’est pourquoi il est urgent que nos organisations syndicales lancent un ultimatum au gouvernement : « pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai ! »

    La responsabilité des organisations syndicales, en premier lieu du Snes et de la FSU, est de reprendre à son compte nos exigences :

    • Pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai !/p>

    • Rupture de toutes les « concertations » mises en place en vue d’organiser cette réouverture.

    • SSi le gouvernement persiste dans ses intentions, leur responsabilité est d’appeler nationalement à la grève le 11 mai !

      (unanimité des 25 présents)




     Congrès national de la FSU (Clermont-Ferrand / 9 au 13 décembre 2019)

    Toutes les interventions et motions du courant Front Unique

    [Version pdf]


    Intervention du représentant du courant Front Unique au Bureau national de la FSU (18/11/2019)

    Au moment où le gouvernement Macron-Philippe veut faire entrer son projet de contre-réforme des retraites dans sa phase décisive, il pourrait se rassurer en examinant son bilan composé d’autant de coups portés  à des acquis majeurs du prolétariat et de la jeunesse :

    - De la liquidation de pans entiers du droit du travail à la loi de sélection à l’Université avec Parcoursup,

    - De la contre-réforme du bac et du lycée aux graves atteintes contre l’enseignement professionnel

    - De la baisse des APL aux frais d’inscription multipliés par 16 pour les étudiants étrangers hors UE

    - De la loi Blanquer au décret imposant aux enseignants de travailler pendant une semaine de vacances scolaires

    - De la liquidation du statut des cheminots à la loi de destruction de la Fonction publique

    - Des décrets scélérats contre les chômeurs à la politique ignoble contre les migrants

    - Sans oublier une politique délibérée et assumée de violences généralisées contre les manifestants

    Et ce bilan est loin d’être exhaustif.

    Et pourtant, on sent aujourd’hui une certaine fébrilité du côté du pouvoir.

    Plusieurs suicides ont mis en accusation le gouvernement et sa politique.

    Le 13 septembre, par leur grève massive, les agents de la RATP ont témoigné de leur disponibilité pour engager le combat contre le gouvernement, contre sa contre-réforme des retraites.

    A la SNCF, coup sur coup, 2 grèves (qualifiées de « sauvages » par le gouvernement) ont déferlé hors du cadre de la concertation et du dialogue social.

    Et une mobilisation de tout le secteur hospitalier s’est dressé de fait contre le budget de la sécurité sociale adopté en 1ère lecture.

    Le gouvernement craint que la concertation généralisée qui lui a permis de préparer et d’appliquer ses attaques ne puisse plus être assumée par les dirigeants syndicaux.

    Il craint que ceux-ci soient amenés à rompre avec lui et à exiger le retrait de sa contre-réforme des retraites.

    Il craint que les dirigeants des syndicats de la FSU ne puissent plus justifier de poursuivre la concertation sur la pseudo-revalorisation des enseignants qui d’une part entérine la contre-réforme des retraites et d’autre part vise à les faire travailler davantage et à renoncer à une partie de leurs vacances.

    Le gouvernement craint que l’exigence du retrait pur et simple du projet de contre-réforme des retraites qui gagne du terrain dans les réunions de personnels et dans les instances syndicales, finisse par devenir l’objectif fixée à la mobilisation programmée pour le 5 décembre.

    Il sait qu’au sein même des organisations syndicales, ce mot d’ordre gagne du terrain et que son adoption risquerait d’entraîner le refus de concertation. En effet comment les dirigeants syndicaux pourraient-ils encore justifier de discuter d’une contre-réforme dont ils exigeraient le retrait.

    Toutes ces craintes hantent le pouvoir qui sait qu’un front uni dressé contre lui sur cet objectif clair le placerait dans une situation incertaine.

    A deux semaines du 5 décembre, le 1er ministre a besoin de pouvoir s’afficher avec les dirigeants syndicaux. C’est pourquoi il les a invités à Matignon. Mais Macron et Philippe ont déclaré que le système à points et la liquidation de tous les régimes spéciaux étaient intangibles. Comment les dirigeants syndicaux pourraient-ils répondre à l’invitation du pouvoir et se faire photographier sur le perron de Matignon aux côtés du chef du gouvernement ?

    Au contraire, les responsables syndicaux doivent refuser cette invitation, rompre avec le gouvernement et exiger le retrait pur et simple du projet de contre-réforme des retraites. Cette exigence devant être l’objectif de la mobilisation qui se prépare.

    Motion présentée par le représentant du courant Front Unique

    Le BDFN de la FSU, réuni le 18 novembre 2019, considère que le projet de contre-réforme des retraites basé sur un système à points et supprimant tous les régimes spéciaux dont le code des pensions est une attaque historique contre les travailleurs et les jeunes. Le BDFN en exige le retrait pur et simple et décide de refuser toute concertation sur ce projet. Aussi, Le BDFN décide que notre fédération refusera de répondre à l’invitation du 1er ministre la semaine prochaine.

    (2 pour / 18 contre / 9 refus de vote)



    Prises de position du conseil syndical du SNUIPP 63 le 7 novembre 2019

    Nous décidons de faire connaître les prises de position du conseil syndical du SNUIPP 63.
    Nous avons conscience de leurs insuffisances : ainsi le rappel juste du refus d’un « statut de directeur d’école » doit s’accompagner du refus de toute participation à une concertation qui, d’une manière ou indirecte, le mettrait à l’ordre du jour. De la même manière l’exigence juste de « retrait pur et simple » de la réforme Macron des retraites, l’appel à ne pas participer à la discussion sur la « prétendue revalorisation salariale » est affaiblie par la « recherche d’alternatives » - car c’est au nom de la « recherche d’alternatives » que les dirigeants syndicaux justifient la participation à la concertation.
    Nous livrons donc ces deux motions à la réflexion des lecteurs, comme l’expression de la volonté qui s’exprime malgré tout parmi les syndiqués de combattre le gouvernement et ses réformes, malgré les scories introduites par les pressions de l’appareil syndical en sens contraire



    Direction d’école
    Le constat est unanime, les conditions de travail dans les écoles doivent trouver des réponses urgentes mais également sur le long terme.
    La direction d’école souffre et nous avons besoin de consignes nationales pour garantir la protection des équipes pour :
    ➔ ne faire remonter à l’institution que ce qui est utile à nos élèves et à nos collègues ;
    ➔ que la formation des directeurs soit pensée sur toute la carrière ;
    ➔ que dans tous les départements, une réunion d’information annuelle soit tenue ayant à l’ordre du jour les conditions de travail et la protection des personnels ;
    Sur la question de la direction, le conseil syndical du SNUipp 63 réuni le 7 novembre, revendique :

    ➔ l’arrêt immédiat des pressions et des injonctions liées aux réformes ;
    ➔ la création urgente d’emplois statutaires pour l’aide administrative de l’école ;
    ➔ l’augmentation significative des temps de décharges ;
    ➔ une vraie indemnité de direction qui prenne en compte le travail invisible des directeurs et directrices.
    Conformément à ses mandats, le Conseil syndical du SNUipp-FSU 63, rappelle son opposition à la création d’un statut de directeur d’école ou de chef d’établissement du 1er degré. Il appelle le secrétariat national à s’adresser aux autres organisations syndicales sur cette question.
    Adopté à l’unanimité

    Retraites
    Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63, réuni le 7 novembre 2019 se prononce :
    ➔ pour le retrait pur et simple du projet de contre-réforme des retraites ;
    ➔ contre toute discussion salariale s’inscrivant dans le projet de contre-réforme des retraites ;
    ➔ pour la recherche d’alternatives à l’allongement continu de la carrière
    Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 appelle le conseil national à se prononcer dans le même sens afin que le secrétariat national reprenne ces positions et pour qu’il appelle la FSU a en faire de même,
    Vote : 9 pour et 1 abstention


     


    Texte d’orientation Front Unique – Vote dans le SNUipp (du 20/09 au 11/10)

    Aucune concertation avec le gouvernement sur sa contre-réforme des retraites !

    Front uni des organisations syndicales pour arracher son retrait pur et simple !

    Le gouvernement Macron-Philippe, c’est la répression et la mutilation des manifestants, les arrestations et les condamnations à la chaîne ; la traque des migrants, leur enfermement dans des conditions ignobles et leur expulsion ; l’armement des despotes qui mènent une guerre barbare au Yémen.

    Le gouvernement Macron-Philippe, c’est aussi la destruction systématiquement des acquis : liquidation du droit du travail, sélection à l’Université, contre-réformes du bac et du lycée et de l’enseignement professionnel, liquidation du statut des cheminots, remise en cause des droits des chômeurs …

    Le 28 juillet, il a promulgué la loi Blanquer qui offre un cadeau royal au privé avec la scolarisation obligatoire dès 3 ans, recrute des étudiants non-formés et sous-payés comme enseignants-remplaçants et interdit la libre expression des enseignants. Déjà une répression a été engagée contre les PE qui ont suivi la consigne syndicale sur les évaluations. Et un décret imposera 5 jours de formation pendant les vacances scolaires.

    Le 6 août, la loi de destruction de la fonction publique a été promulguée. Elle supprime les prérogatives des commissions paritaires, généralise le recours aux contractuels et entame l’extinction du statut de fonctionnaire. C’est une attaque d’une ampleur inouïe contre les personnels et leurs syndicats. Le MEN vient ainsi de réduire de 4,5% le nombre de décharges syndicales dès 2021.

    La responsabilité des directions syndicales est écrasante : avec la concertation généralisée et les journées d’action à répétition elles aident et confortent le gouvernement

    Depuis l’élection de Macron, elles ont accepté les concertations organisées par le gouvernement qui ont pour seul but la mise en œuvre de ses projets destructeurs. Pour la loi FP, Dussopt s’est d’ailleurs félicité de 15 mois de « concertations intenses ».

    Des mobilisations spontanées ont eu lieu contre la loi Blanquer et celle des lycées. Cela prouve la volonté des personnels de combattre le gouvernement. Mais les dirigeants syndicaux ont refusé de centraliser ces mouvements et, au contraire, ont encouragé le caractère local et disloqué de ces actions qui ne pouvaient ainsi triompher.

    Contre-réforme des retraites : un enjeu décisif

    Le gouvernement veut la liquidation des régimes spéciaux dont le Code des pensions et le recul à 64 ans de l’âge de départ à la retraite (« âge d’équilibre »). Bref, travailler plus longtemps pour une retraite diminuée et en particulier pour les enseignants comme l’a admis le 1er Ministre.

    Pendant 18 mois, les directions syndicales ont participé pleinement à la concertation avec Delevoye. Que valait leur prétendue "opposition" à la réforme quand leur présence constante signifiait leur consentement.

    D’ailleurs, la direction de la FSU a indiqué le 17 juillet vouloir discuter avec le gouvernement d'une prétendue "revalorisation des enseignants en lien avec la future réforme des retraites" (sic)

    Le gouvernement, bien conscient du caractère « explosif » de sa contre-réforme, veut amplifier la concertation pour atteindre ses objectifs. La seule orientation qui peut permettre de le stopper est celle que le délégué Front Unique a défendue, en juin, au congrès national du SNUipp :

    « Le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites prévoit la liquidation des régimes spéciaux, dont le code des pensions, l’instauration d’un système à points, un âge pivot avec pénalisation. Il s’agit de diminuer le montant des retraites et des pensions, d’augmenter la durée de cotisations et de reculer de fait l’âge de départ à la retraite. Par conséquent, le congrès national du SNUipp refuse toute discussion sur ce projet gouvernemental et en exige le retrait pur et simple. » (26% des votes).

    Pour la rupture avec le gouvernement, pour l’affronter et lui faire ravaler sa contre-réforme des retraites, votez Front Unique !

    Denis Dutheil (front unique.com)


     

     


    Motion de Solidarité avec les travailleurs et la jeunesse algérienne

    adoptée par le Congrès national du SNUipp (Perpignan, 3-7 juin 2019)

                En Algérie l’appareil militaro-policier est prêt à tout pour maintenir son pouvoir. Cela prend la forme d’arrestations de dirigeants politiques s’étant déclarés récemment contre le régime et de la répression brutale de manifestations. Il y a une responsabilité particulière du mouvement ouvrier français dans l’affirmation de la solidarité avec les travailleurs et la jeunesse algérienne.

                L’organisation de manifestations dénonçant la répression, devant l’ambassade d’Algérie à Paris et les consulats en province doit être engagée sans délai. Le Congrès national du SNUipp-FSU, réuni à Perpignan se prononce pour l’organisation de ces manifestations. Le SNUIPP-FSU prendra contact avec les autres organisations se réclamant du mouvement ouvrier et des libertés démocratiques pour organiser ces manifestations.

    Pour : 321 (98,2%) / Contre : 6 (1,8%) (Abstentions : 46 / Refus de vote : 3)

    Intervention de présentation de cette motion par un délégué du Puy-de-Dôme

    Depuis le 22 février, par millions, les travailleurs algériens et la jeunesse exigent d’en finir avec le régime.

    Dès fin mars, la répression débute. Le 14 avril, la violence policière s’intensifie avec gazages, canons à eau, balles en caoutchouc et arrestations de manifestants.

    Le 1e mai, les arrestations ciblent les militants syndicaux. Le 9 mai, c’est Louisa Hanoune, secrétaire du Parti des travailleurs, qui est arrêtée et soumise à la justice militaire.

    La hiérarchie militaire met ainsi à exécution les menaces proférées à maintes reprises par Gaïd Salah, chef de l'armée, et de fait du régime, de s’en prendre à tous ceux qui rejettent son processus de « transition ». Pour accuser de complot les manifestants, il s’appuie sur la Constitution algérienne, taillée sur mesure pour assurer le pouvoir de l’oligarchie.

    Ce que préfigure cette arrestation, c’est la répression de l’ensemble des militants syndicaux, politiques qui se prononcent pour que le système dégage. L’armée s’apprête à réprimer violemment les manifestants. Gaïd Salah veut réunir toutes les conditions pour en finir avec la mobilisation des masses, en premier lieu du prolétariat et de la jeunesse, y compris par un coup d’état militaire si le régime l’estime nécessaire.

    Notre congrès national doit prendre une position claire et nette de soutien inconditionnel à la mobilisation historique des Algériens visant à chasser le régime.

    La délégation du Puy-de-Dôme soumet au vote du congrès la motion suivante (ci-dessus).

     


     

    Compte-rendu du congrès du SNUIPP 63, le 16 mai 2019

     

    MOTION ALGERIE

     

            En Algérie  l’appareil militaro-policier est prêt à tout pour maintenir son pouvoir. Cela prend  la forme d’arrestations de dirigeants politiques s’étant déclarés récemment contre le régime et de la répression brutale de manifestations.  Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 considère qu’il y a une responsabilité particulière du mouvement ouvrier français dans l’affirmation de la solidarité avec les travailleurs et la jeunesse algérienne.

            L’organisation de manifestations dénonçant la répression, devant l’ambassade d’Algérie à Paris et les consulats en province doit être engagée sans délai. Nous appelons le Congrès national  à se prononcer en ce sens et pour la prise de contact avec les autres organisations se réclamant du mouvement ouvrier et des libertés démocratiques pour organiser ces manifestations .

     

    Pour : 16  Contre : 0  Abstention : 1  NPPV ; 0

     

    MOTION LOI BLANQUER/FONCTION PUBLIQUE

     

    Le projet de loi Blanquer, projet qui anticipe le projet de loi Fonction publique, va être discuté et apparemment amendé au sénat dans les jours qui viennent. Il sera donc à nouveau discuté à l’Assemblée nationale. Le projet de loi Fonction publique sera lui discuté en commissions les 2 et 3 mai 2019.

            Pour le SNUipp, ces deux projets de lois sont destructeurs tant pour l’école que pour la fonction publique et ses statuts : ils ne sont ni amendables, ni négociables.

            Aussi, le congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni le jeudi 16 mai  2019 se prononce pour :

    - le retrait pur et simple des projets de loi Blanquer et Fonction publique ;

    - la fin de toutes discussions avec le gouvernement sur ces projets (Loi Blanquer et loi Fonction Publique

    - pour que le SNUipp-FSU et la FSU s’adressent aux organisations et confédérations syndicales afin d’organiser une grève accompagnée d’une manifestation centrale à Paris la plus unitaire possible, en semaine, en direction de l’Assemblée nationale au moment du vote.                      Unanimité des 17 présents.

    MOTIONS VIOLENCES POLICIÈRES

     

    Le congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni le 16 mai 2019 condamne les violences policières orchestrées par le pouvoir politique, et les provocations qui ne visent qu’à limiter le droit de manifester.

    Par ailleurs, le congrès départemental exige :

    - l’abrogation de la loi dite « anti-casseurs »

    - la libération des travailleurs et jeunes emprisonnés ainsi que l’abandon de toutes les procédures abusives en cours contre les manifestants interpellés.

     

    Pour : 7  Contre:1  Abstentions : 7  NPPV : 0

     

    élément dissocié

     

    Enfin, le congrès départemental estime qu’il est de la responsabilité des organisations  syndicales d’œuvrer, par tous les moyens possibles, à la sécurité des manifestants notamment par la mise en place d’un véritable service d’ordre.

     

    Pour : 1  Contre : 12  Abstention : 1  NPPV : 1


     

    Contribution du courant Front Unique – Congrès national du Snuipp (Perpignan / 4-7 juin 2019)

    Rupture des concertations avec le gouvernement !

    Pour une manifestation centrale des enseignants et des fonctionnaires à l’Assemblée nationale pour empêcher le vote des lois Blanquer et Fonction publique.

    Un gouvernement de guerre contre les acquis

    Le gouvernement Macron-Philippe a liquidé le droit du travail, instauré la sélection à l’Université, déployé les contre-réformes du bac et du lycée et liquidé le statut des cheminots. Des dizaines de réunions de concertation avec les représentants syndicaux l’ont aidé à réaliser ses objectifs destructeurs.

    Il réprime sauvagement les manifestants, avance dans la voie de l’Etat policier et mène une politique ignoble contre les migrants. Aux présidentielles, le courant Front unique s’est opposé au front républicain en faveur de Macron et a combattu en vain pour que la FSU se prononce pour : « Pas une voix pour Le Pen ! Pas une voix pour Macron ! »

    Aujourd’hui, loin de restreindre ses attaques, le gouvernement les amplifie.

    Avec sa loi, Blanquer veut mettre au pas les enseignants. Il veut les placer sous l’autorité d’un « chef » avec le regroupement écoles-collège (EPSF). Cette « mutualisation » permettant de supprimer des postes d’adjoints et de directeurs. Avec la « scolarisation obligatoire à 3 ans », il offrirait un cadeau royal au privé. Et il veut recruter des étudiants non-formés et sous-payés comme enseignants-remplaçants.

    Le gouvernement s’en prend aussi aux enseignants en tant que fonctionnaires. Avec son projet de loi FP, il veut en finir avec les droits et garanties collectifs des fonctionnaires et liquider leur statut.

    Et contre l’ensemble des travailleurs, il concocte activement sa contre-réforme des retraites préparée depuis un an par la concertation acceptée par tous les responsables syndicaux.

    Les lois Blanquer et Fonction publique ne sont ni amendables, ni négociables,

    une seule exigence : leur retrait pur et simple !

    Derrière l’affichage de la « priorité au primaire », la réalité c’est : fermetures de classes, augmentation des effectifs et diminution drastique du nombre de postes aux concours de PE. La « bienveillance » affichée se manifeste à coups d’injonctions, de menaces et de sanctions. La remise en cause des règles des mouvements départementaux se rajoute à cela.

    Le 19 mars, les enseignants des écoles, largement mobilisés contre la loi Blanquer, ont exigé son retrait pur et simple. Alors assez de concertations pour des « améliorations », notre direction doit exiger uniquement ce retrait. Et pour l’obtenir, assez des « journées d’action », des initiatives locales et décentralisées. Pour gagner, il faut rassembler, concentrer la force des enseignants et des fonctionnaires. Et puisque c’est à l’Assemblée nationale que le gouvernement veut faire voter ses lois, c’est là qu’il faut appeler à une immense manifestation centrale pour empêcher ce vote et faire reculer le gouvernement.

    Notre courant a soumis cette orientation au Conseil national de la FSU en mars, mais les directions de la FSU et du SNUipp l’ont repoussée. Une grève sans manifestation nationale a été convoquée le 9 mai concernant la loi FP. Et une manifestation nationale sans grève des enseignants et des parents – un samedi ! – a été appelée par la FSU et ses syndicats contre la loi Blanquer.

    Nous persistons : seule une immense manifestation centrale des enseignants et des fonctionnaires à l’Assemblée nationale peut permettre d’empêcher les députés de voter les lois Blanquer et Fonction publique.

    26 avril 2019 / contact : Denis Dutheil (dutheildenis@gmail.com)

     


     

    COMPTE RENDU CA du SNES Clermont-Ferrand, 22 mars 2019

     

    La Commission administrative académique du Snes de Clermont, a eu lieu le 22 mars, quelques jours après que Macron a annoncé le recours à l’armée pour la répression des manifestations et des mouvements sociaux, en l’occurrence contre les « Gilets jaunes », mais personne n’est dupe, le message va bien au-delà à tous ceux qui souhaiteraient s’opposer à sa politique. La militarisation du « maintien de l’ordre » est un pas supplémentaire dans l’escalade répressive de ce gouvernement, et s’inscrit dans la suite ininterrompue depuis des années de dispositifs destinés à briser toute contestation sociale, au moins depuis l’état d’urgence de 2015. L’intervention militaire n’est jamais un acte anodin, et le commandant de la région militaire de Paris le rappelait par ses déclarations sur l’usage potentiel des armes contre les manifestants. Quant à Castaner il fixait la feuille de route du nouveau préfet de police de Paris en citant la référence de tous les « flics », le briseur de grève Clémenceau, qui réprima par l’armée les vignerons de Narbonne en 1907, les cheminots en grève 1908, et révoqua les syndicalistes enseignants.

    L’intervention du courant front unique a donc été la suivante :

    « A bien des égards, on est dans un moment un peu historique, un tournant. Le gouvernement Macron-Philippe, pourtant honni de toute part, a d’ores et déjà mis fin par la loi anticasseur au droit de manifester librement dans ce pays. La répression des manifestations des lycéens d’abord, des gilets jaunes aujourd’hui atteint des sommets, en termes d’interpellations, de violences, de blessés graves, notamment par l’utilisation d’armes condamnées notamment par l’UE, LBD ou grenades, de condamnations immédiates. Auquel il faut ajouter le recours à l’armée, pour la première fois depuis 1948, à l’époque contre la grève des mineurs. Tout ce dispositif légal et répressif déchaîné contre les gilets jaunes est une menace avant tout brandie en avertissement pour les travailleurs, notamment dans la perspective de la préparation de la mise en place de la contre-réforme des retraites. Ce gouvernement de répression, pendant cette agitation des gilets jaunes, continue à avancer dans la voie des réformes, comme le dit Le Monde du 13 février, sans controverse majeure ». Sans véritable rupture dans le dialogue social. Delevoye prépare ainsi depuis des mois la contre-réforme des retraites, et c’est ainsi que Buzyn peut se permettre de lancer l’idée du recul à 65 ans de l’âge de départ, dans le climat émolliant ainsi créé.

    -Sur la fonction publique, la discussion a commencé en septembre 2017, et a continué de la sorte presque jusqu’à maintenant, alors que les objectifs fondamentaux de la loi ont été annoncés dès l’ouverture de la discussion. Avec la matraque le dialogue social est l’anesthésiant nécessaire pour éviter la mobilisation des masses.

    -Or le projet de loi fonction publique est purement et simplement la liquidation du statut de fonctionnaire :

    Fin des règles de mutation, de progression de carrière, y compris possibilité de sanctions directement dans le cadre managérial, donc très largement la disparition des commissions paritaires. Salaire au mérite, donc attaque contre la grille, le point d’indice. Recrutement par contrat généralisé, et des pans entiers du recrutement de la fonction publique seraient retirés du recrutement par concours. Mise en place de la rupture conventionnelle, c’est-à-dire de fait, la possibilité de faire des plans de licenciements dans la fonction publique.

    Dans l’enseignement, il y a une déclinaison-anticipation sous la forme du projet de loi Blanquer, en voie d’adoption devant le parlement, en procédure accélérée, portant de manière ironique, une cruelle ironie, le nom d’école de la confiance !

    C’est un plan de dérégulation, de dérèglementation de l’enseignement, le regroupement des écoles et des collèges dans le cadre d’établissement communs, faisant passer le primaire sous la coupe d’une véritable direction d’établissement ? Dérèglementation, déqualification, préparation à la privatisation : établissements internationaux, ou financement par les communes des établissements privés et les jardins d’enfants, possibilité de faire faire les remplacements par les AED, réforme du recrutement avec le stage entre l’admissibilité et l’admission, avec des postes en moins, et des enseignants à peu de frais. Possibilité d’expérimenter y compris l’organisation annuelle dans l’établissement. Un des éléments historiques du statut de fonctionnaire c’est la libération de la tutelle de l’Etat en matière syndicale et politique, avec l’article 1 de la loi dite de la confiance, le devoir d’exemplarité imposé aux enseignants, il s’agit de faire taire l’expression de toute divergence dans l’espace public.

    Ce texte est donc devant le parlement en procédure accélérée, celui sur la fonction publique doit être présenté la semaine prochaine en conseil des ministres.

    C’est pourquoi il est clair que pour nous l’exigence c’est le retrait de ces deux projets. Cela ne peut se faire dans la discussion avec le gouvernement, mais cela nécessite de l’affronter. Par ailleurs la mobilisation du 19 mars, montre qu’il y a la volonté de ne pas accepter la politique du gouvernement, et que ce qui bloque ce n’est pas la question de combattre, mais dans le second degré très clairement ce sont les journées d’actions elles-mêmes l’obstacle. Grèves sans lendemain, manifestations nationales décentralisées, etc, mobilisation sans mots d’ordres… Il faut ouvrir une réelle perspective !

    Cela peut être fait le plus rapidement possible sur la loi Blanquer, en concentrant les forces face à l’assemblée nationale. Nous déposerons une motion en ce sens.

    L’autre question qu’il semble important d’aborder, c’est celle de l’Algérie. Evidemment pour des raisons évidentes et historiques. Pour des raisons d’actualité. Puisque, alors que la population algérienne rejette massivement la nouvelle candidature de Bouteflika, puis le nouveau subterfuge pour se maintenir au pouvoir, celui d’une « conférence nationale inclusive » qui lui sert à prolonger son mandat indéfiniment, pour trouver le moyen en modifiant la constitution d’assurer sa succession. Or il se trouve, que Bouteflika a trouvé un soutien infaillible en la personne de Macron. Dans un premier temps, celui-ci a souhaité que les élections se tiennent. Or le cadre même de ces élections a été rejeté par les Algériens par leur mouvement. Maintenant, Macron soutient l’initiative de cette conférence nationale inclusive. Bref, une organisation syndicale française doit s’exprimer sur cela. D’autant qu’en Algérie, il y a aussi, vu la nature du régime, une dictature militaire, une bureaucratie militaire rentière vivant des revenus du pétrole, à peine recouverte d’un voile civil (Bouteflika, mais vu son état, il a du mal à recouvrir quoique ce soit). Vu la nature et l’histoire de ce régime, la répression n’est jamais loin et son ampleur peut être terrible, comme en 1988, ou encore durant la décennie des années 90, avec 200 000 morts, dont une partie non négligeable doit être attribuée aux forces de répression. Donc là-dessus nous devons élever la voix de l’organisation syndicale. C’est notre devoir et cela s’inscrit dans une certaine continuité historique, notamment à l’époque de la guerre d’Algérie. »

    La direction du Snes, a admis la nécessité de se prononcer pour le retrait des projets de loi Blanquer et Dussopt de liquidation du statut de la fonction publique. Néanmoins, elle a opposé à toute volonté de combat réel, un plan d’action, déjà décidé au CDFN de la FSU quelques jours avant (et donc en refusant de le discuter), allant du 27 mars au 12 juin. Le 27 mars, rassemblement au rectorat, le 30, manifestation nationale décentralisée, donc manifestations académiques, grève le 9 mai, mais sans manifestation, manifestation le 12 juin. Sans compter le traditionnel 1er mai. De quoi décourager par avance toute bonne volonté. C’est à ce dispositif de dilapidation de l’énergie que le courant Front Unique a opposé sa motion.

    Motion front unique, Projets de loi fonction publique, projet de loi Blanquer

     

    La CA académique du Snes de Clermont, réunie le 22/03, constate :

     

    -que le projet de réforme de la fonction publique représente une véritable liquidation du statut de la fonction publique : recrutement contractuel, salaire au mérite, liquidation du rôle des commissions paritaires, mobilité imposée et licenciements déguisés pour accompagner les 120000 suppressions de poste

     

    -le projet de loi Blanquer, est une anticipation dans l’enseignement de cette gestion de la fonction publique. C'est la casse de l'école publique, la concurrence généralisée et l'inégalité entre les établissements, la casse des statuts et la caporalisation des enseignants.

     

    La grève majoritaire des professeurs d'école le 19 le montre : les collègues sont prêts à répondre à un mot d'ordre syndical si celui-ci est clair dans ses objectifs et vise réellement à affronter le gouvernement
    La CA académique s'adresse à la direction du SNES et de la FSU pour que les fédérations de fonctionnaires unies appellent dans l’unité à une manifestation nationale à l’assemblée nationale sur les mots d'ordre suivants :

    - retrait du projet de loi Fonction Publique

    - retrait de la loi Blanquer

     

    Pour: 2     Contre: 8       Abstentions: 8

     

    Sur la répression, l’enjeu pour la direction a été de tenter de rendre le texte adopté sans effet pour la fédération en faisant retirer la légitime adresse à la fédération pour qu’elle reprenne la position de la CA.

     

     

    Motion FU : Répression

     

    Le gouvernement a annoncé le 20 mars que les militaires de l’opération antiterroriste « sentinelle » seraient mobilisés pour maintenir l’ordre le 23 mars et que son dispositif serait renforcé, ainsi 7000 à 10000 soldats pourront se déployer contre la manifestation prévue ce jour.

    L’utilisation de l’armée, contre des manifestants   constitue un pas de plus dans la marche à l’état policier, et préfigure ce qui peut se généraliser dans le futur contre toute manifestation.

    C’est pourquoi la CA du SNES

    -se prononce pour le retrait de ces dispositions et exige du gouvernement et des autorités préfectorales que tout recours à l’armée sous quelque forme que ce soit, soit annulé.

    Elle s’adresse à la FSU pour que celle-ci reprenne ces positions

     

    Vote du texte sans la dernière phrase : 19 pour

    2evote sur toute la motion:Pour : 2      contre : 10      Abstentions: 7

     

    Le vote sur l’Algérie a repris la motion adoptée le lundi précédent en CDFD.

     

    Motion:Algérie

     

    La CA du SNES apporte son plein soutien aux mobilisations en Algérie, au combat engagé par les travailleurs et la jeunesse contre le régime Bouteflika et pour leurs droits démocratiques, qui incluent notamment les droits à une activité syndicale indépendante du pouvoir, elle se prononce contre la répression à l’encontre des manifestants et elle s’adresse au SNES national en ce sens.

    La CA du SNES dénonce le soutien de Macron au régime de Bouteflika

    La CA du SNES demande au SNES national d’apporter son soutien aux manifestations organisées en ce sens en France.

     

    Pour : 18

     

     

    Compte Rendu Front Unique

     CA du SNCS – FSU (22 mars 2019)

    La CA s’est tenue dans un contexte où le gouvernement avait décidé de déployer, pour la première fois depuis 60 ans, l’armée contre un mouvement social. En intronisant le nouveau Préfet de Paris, Castaner déclarait : « Votre modèle est Georges Clemenceau, sa main n’a jamais tremblé quand il s’agissait de se battre pour la France, la vôtre ne devra pas trembler non plus ». Effectivement la main de Clémenceau n’a pas tremblé quand il s’est agi de donner la troupe en 1906 pour écraser dans le sang les grèves dans les charbonnages suite à la catastrophe minière de Courrières (qui fit officiellement 1099 morts) puis continua les années suivantes à réprimer dans la violence les mouvements ouvriers.

    Cela se produit, peu après le 5 février, jour où Macron et son gouvernement ont fait adopter la loi liberticide « anti-casseurs ». C’est un fait : cette loi est passée sans qu’elle occasionne autre chose de la part des dirigeants syndicaux que des protestations purement platoniques. La CA du 25 janvier avait adopté une motion « Pour le retrait du projet de loi contre le droit de manifester, Contre la répression policière, Manifestation à l’Assemblée nationale pour empêcher le vote du projet de loi. » Mais cette motion n’a pas été retenue par la direction de notre syndicat prétendant qu’elle n’avait pas la majorité qualifiée.

    Il ne faut pas s'y tromper : cette loi, la violence de la répression policière contre les manifestations des Gilets jaunes n'est pour le gouvernement qu'une répétition générale de la répression qu'il prépare contre tout surgissement du prolétariat et de la jeunesse si ceux-ci se dressent contre les coups violents que le gouvernement prévoit de leur assener.

    Du projet de loi de « transformation de la Fonction publique » …

    Parmi ces coups, il y a le projet de loi contre la fonction publique (FP) dont la FSU dit qu’il « n’est ni plus ni moins qu’un projet de destruction du statut d’une brutalité inouïe ». Il sera présenté au conseil des ministres du 27 mars pour être soumis à l’Assemblée Nationale en mai. Ce projet prévoit :

    -  Mise en place d’une gestion managériale de type privé avec la liquidation des prérogatives des CAP et des CHSCT, portant un coup décisif aux délégués du personnel et aux organisations syndicales

    -  Vers le salaire au « mérite »

    -  Recours généralisé au contrat

    -  « Rupture conventionnelle de l’emploi » pour pousser les personnels à quitter la Fonction Publique.

    Ce projet est publié un an après le début des concertations dont, depuis le départ, Front Unique a constamment demandé l’arrêt. On ne peut que constater que le gouvernement, prenant appui sur tous ces mois de concertation a maintenu l’intégralité de ses objectifs initiaux.

    Les personnels de l’ESR comprennent très bien ce que cela signifie : 30% d’entre eux sont déjà contractuels. C’est déjà le lot de tous les jeunes chercheurs de moins de 35 ans – qui est l’âge moyen du recrutement sur un poste de titulaire et le nombre de recrutements est en pleine chute.

    Quant au salaire au mérite, le RIFSEEP commence à s’appliquer aux Ingénieurs et techniciens (IT) et en même temps se généralisent les indicateurs de performance visant à quantifier le « mérite » et à mettre en compétition les personnels, les équipes, les délégations régionales.

    Déjà des services entiers des fonctions support « craquent », les personnels sont au bord du burn out, cherchent à partir, des CDD démissionnent à cause de la dégradation de leur conditions de travail, des réorganisations successives, des tâches taylorisées, déshumanisées via la numérisation, la sous-traitance, les procédures chronophages et absurdes qui s’empilent … alors que le nombre de postes diminue ... . Les conditions de travail des chercheurs déjà en butte à la politique d’appels à projet, chronophage, anxiogène et génératrice de précarité, empirent. C’est une gestion du type France télécom qui s’installe pour aboutir à  de véritables plans sociaux masqués poussant les personnels hors de la Fonction publique et atteindre l’objectif de la suppression de 120 000 postes.

    Aujourd’hui la direction du CNRS veut appliquer le RIFSEEP aux chercheurs ([1]). Dans le compte rendu du Comité Technique du MESR (21/02/2019), les représentants de la FSU donnent la mesure de ce qui se prépare contre notre statut spécifique : « Le RIFSEEP envisagé crée une modulation des primes par évaluation hiérarchique » et non plus par une évaluation par les pairs via le Comité National. La direction du SNCS a annoncé à la précédente CA son intention de mettre en place une commission pour « préparer aux négociations du RIFSEEP ». Pourtant en 2017 elle signait un communiqué avec SUD et la CGT, et faisait signer une pétition, disant « non au RIFSEEP » ! Elle a opéré ce retournement sans s’embarrasser de l’avis des instances délibératives du SNCS, alors-même qu’elle a refusé la motion contre la loi-anticasseurs, prétextant l’application du règlement intérieur!!!  

    … au projet de loi dit de « programmation de la recherche » 

    Dès maintenant, avec son «  débat » sur une loi de « programmation de la recherche », le gouvernement se dispose pour son application dans notre secteur. Tout indique qu’il cherche à accélérer ses attaques contre la recherche publique et ses personnels. Le cadre des groupes de travail est fixé : « financement [y compris des établissements] par projet » « sur des programmes prioritaires » « compétitifs », « attractivité des carrières » ce qui veut dire modifier le recrutement (concours + « tenure track » ([2]) et « récompenser l’engagement individuel et collectif », évaluation sur les résultats incluant les contrats notamment avec l’Europe, « l’innovation » = mobilité vers le privé … .

    Les interventions devant la CA, du président de la CPCN([3]), de l’un des élus au CT du MESR et de P. Monfort, qui ont discuté avec les représentants du ministère, donnent la dimension de ce qui se profile : « c’est clair le ministère veut tirer parti de l’application de la loi de transformation de la FP dans l’ESR », « la comparaison avec les systèmes étrangers va nous obliger à justifier notre statut de fonctionnaires qui n’existe nulle part ailleurs », « on va se retrouver devant le choix entre notre statut ou celui des EPIC, comme le CEA, où ils gagnent plus mais ne sont pas fonctionnaires »  « or il y a des domaines scientifiques où il n’y a pas d’entrée d’argent [entrées qui financent les salaires dans les EPIC]»  « en plus [ils] ne bénéficient pas de la liberté académique » . Sur son blog S. Huet, ex-journaliste scientifique à Libération, résume le discours du premier ministre le 1er février devant les DU (directeurs de labos)  « Edouard Philippe demande aux chercheurs de choisir leurs renoncements » ! Il faut rappeler qu’en 1981, la fonctionnarisation de la recherche a permis de sortir de la précarité des milliers de chercheurs.

    Et pour bien fixer les idées, devant le colloque de la CPU (10/03/2019), Vidal a tenu « à rappeler, que « les universités sont et doivent être parties prenantes, au même titre que les organismes, à la préparation de la loi de programmation de la recherche ». « J’appelle à une nouvelle alliance entre universités, grandes écoles et organismes, entre chercheurs et enseignants-chercheurs, et je compte sur la consultation pour donner corps à cette nouvelle alliance».

    Au moment où l’urgence est le combat contre le gouvernement et son projet de loi de liquidation de la Fonction publique, la ligne défendue par le BN à la CA a été d’investir ses « débats » pour « faire remonter les revendications, tous les griefs sur le fonctionnement actuel, nos propositions ». Une intervenante à la CA avouait la difficulté de convaincre les collègues qui, dans les labos, étaient sans illusion sur l’issue du débat et voulaient le boycotter!  C’est du bon sens ! Mais à cette CA où été invité le président de la CPCN pour qu’il annonce la tenue d’une assemblée générale du Comité National (~ un millier d’élus), celle-ci prévue au départ pour « défendre l’emploi scientifique », a été recentrée sur le projet de loi de programmation du gouvernement ! Le gouvernement ne pouvait pas mieux rêver !

    Non au « débat » avec le gouvernement !

    Préparons, avec l’ensemble de la FP, les conditions du combat contre lui, pour l’affronter et le vaincre !

    En Algérie, les travailleurs déferlent par millions pour en finir « avec le système ». acceptent-ils quand Bouteflika